« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 27 octobre 2021

Christophe Charle, Paris, "capitales" des XIXe siècles

 

 

Christophe Charle

Paris, 

"capitales" des XIXe siècle

Seuil

Points essais

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Cet ouvrage explore Paris dans toutes ses dimensions, politiques et sociales, quotidiennes et culturelles, symboliques ou imaginaires. Il s’agit de comprendre comment coexistent, mais plus souvent se heurtent plusieurs mondes et plusieurs époques sur un territoire toujours trop contraint malgré ses élargissements. Grâce aux images et aux témoignages du temps largement cités ou reproduits, on y saisit comment Parisiens et Parisiennes, natifs et nouveaux venus, classes dominantes et classes dominées, classes moyennes et citoyens mobilisés rêvent ou réalisent plusieurs formes urbaines, toujours décalées face aux besoins et aux urgences du temps. Tout prend une nouvelle ampleur dans cette capitale des révolutions et des ruptures, des modes et des cultures d’avant-garde, à la fois archaïque et moderne, toujours inquiète et inquiétante par sa masse humaine et ses tensions récurrentes. De l’invasion de 1814 au conflit de 1914, Paris se reconfigure sans cesse, fascine et fait peur jusqu’à l’autodestruction de 1871, suivie des renaissances flamboyantes de fragiles belles époques.

Christophe Charle

Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment dirigé La Vie intellectuelle en France (avec Laurent Jeanpierre, Seuil, 2016 ; « Points Histoire », 2018, 3 vol.).

 

 

lundi 7 septembre 2020

Didier Francfort , Beethoven, un encombrant génie


Didier Francfort 
Beethoven
un encombrant génie
Editions universitaires de Dijon 
2020


Présentation de l'éditeur
On s’attendait, en 2020, à vivre un grand moment beethovenien, avec d’imposantes manifestations commémoratives parsemant toute l’année. Il a fallu déchanter. Pourtant, la figure du compositeur est incontournable et sa musique omniprésente hante les mémoires. Elle resurgit dans d’improbables adaptations, dans du rock, du disco ou des chansons populaires.

Ce livre propose une histoire culturelle de telles appropriations. Mais les passions et les mythes beethoveniens ne relèvent pas seulement du collectif : chacune et chacun pourrait dire que sa perception d’une pièce composée par Beethoven dépend des conditions particulières dans lesquelles il ou elle l’a entendue pour la première fois. Ainsi la figure écrasante du grand compositeur se trouve démultipliée en une série de figures moins imposantes, plus singulières mais aussi plus proches de l’histoire quotidienne des individus replacés dans leur société. S’esquisse dès lors une série de micro-histoires de l’écoute. Le rapport individuel à l’œuvre est ainsi l’aboutissement d’une histoire complexe des recompositions successives d’un mythe beethovenien qui passe par des constructions de récits et d’images mais aussi par des pratiques musicales divergentes.

Didier Francfort est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lorraine. Il est spécialiste d’histoire culturelle et d’histoire de la musique.

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mercredi 27 septembre 2017

Dictionnaire culturel de Strasbourg, Sous la direction de Roland Recht et Jean-Claude Richez

 
Dictionnaire culturel de Strasbourg 
Sous la direction de Roland Recht et Jean-Claude Richez
P.U.Strasbourg
2017
Présentation de l'éditeur
Petite préfecture des marches de l'Est, puis ville de garnison dotée d'une université et serrée autour de la flèche de sa cathédrale, Strasbourg connaît de profondes mutations entre 1880 et 1930. Elle se transforme en une grande ville moderne (Großstadt), une métropole fonctionnant en réseau avec d’autres grandes villes. Elle fait ainsi voler en éclats le cadre encore très largement provincial dans lequel elle était enfermée et la vie culturelle qui s’y déploie ne peut plus être pensée comme singulière et locale. Elle est désormais reliée aux courants artistiques, littéraires ou intellectuels qui se développent à la même époque tant en France qu’en Allemagne, et au-delà. La ville devient un creuset où s’élabore un monde nouveau, où se cristallisent tous les soubresauts du vieux monde. Comme l’a écrit l’historien Friedrich Meinecke, au seuil du XXe siècle, à Strasbourg « nous vivons comme dans une colonie mais aussi sur une terre volcanique fertile ».
Cent cinquante spécialistes se sont penchés sur les quelque sept cents entrées présentées ici. Le lecteur est ainsi entraîné dans des domaines aussi divers que la médecine, la biologie, la physique quantique, la sismologie, la linguistique, la littérature comparée, l’architecture, l’histoire, la poésie ou les arts visuels.
Il réunit les contributions de Matthieu Arnold, Valérie Assan, Frédéric Audren, Laurent Baridon, Rodolphe Baudin, Sabine Bengel, Gérard Bensussan, Dominique Beyer, Agathe Bischoff-Moralès, Georges Bischoff, Christian Bonah, Denise Borlée, Laurence Buchholzer, Claude Buridant, David Cascaro, Dominique Cassaz, Nathalie Charvet, Anne-Marie Châtelet, Amandine Clodi, Tricia Close-Koenig, Frédéric Colin, Jean Daltroff, Christine de Gemeaux, Karen Denni, Christophe Didier, Heinrich Dilly, Lara Diskus, Hervé Doucet, Jean-Marc Dreyfus, Guillaume Ducœur, Catherine T. Dunlop, Cécile Dupeux, Stéphanie Dupouy, Gaëlle Duval, Sophie Eberhardt, Jean-Louis Elloy, Éric Ettwiller, Serge Fauchereau, Laurent Fedi, Franck Fischbach, Beat Föllmi, Barbara Forest, Daniel Frey, Jean-Pierre Friedelmeyer, Florent Fritsch, Julien Fuchs, Monique Fuchs, Barbara Gatineau, Audrey Gay-Mazuel, Thomas Gluckin, Odile Goerg, Odile Gozillon-Fronsacq, Jean-Noël Grandhomme, Pascal Griener, Suzie Guth, Olivier Haegel, Albert Hamm, Cassandre Hartenstein, Annika Hass, Paul Heilporn, Jean-Pierre Hirsch, Michel Hoff, Geneviève Honegger, Dominique Huck, François Igersheim, Marie-Laure Ingelaere, Delphine Issenmann, Dominique Jacquot, Marie Jaisson, Kévin Janneau, Benoît Jordan, Jordy Catherine, Olivier Jouanjan, Christian Kempf, Richard Kleinschmager, Frank Knoery, Nelly Koenig, Alexandre Kostka, Pierre Krieger, Anne Kwaschik, François Labolle, Isabelle Laboulais, Thierry Laps, Edith Lauton, David Le Breton, Jean-Marie Le Minor, Nicolas Lefort, Daniel Lemler, Denis Leypold, Claude Lorentz, Christian Lutz, Jean-Yves Marc, Sylvain Marchal, Céline Marcle, Étienne Martin, Catherine Maurer, Laurent Mazliak, Anne Merker, Yannick Merlin, Anne-Doris Meyer, Jean-Philippe Meyer, Thomas Mohnike, Tobias Möllmer, Monique Mombert, Françoise Morvan, Bertrand Muller, Claude Muller, France Nerlich, Klaus Nohlen, Émilie Oléron Evans, Françoise Olivier-Utard, Norbert Olszak, Elisabeth Paillard, Louis-Napoléon Panel, Michela Passini, Christine Peltre, François Pétry, Estelle Pietrzyk, Marie Pottecher, Freddy Raphaël, Anne Rasmussen, Roland Recht, Jean-Claude Richez, Paul-André Rosental, Hector Sabo, Mathieu Schneider, Bernadette Schnitzler, Julia Schroda, Frank Schwarz, Jérôme Schweitzer, Elisabeth Shimells, Reinhard Siegmund-Schultze, Florian Siffer, Sébastien Soubiran, Anthony Steinhoff, Michel Steinmetz, Catherine Storne, Franck Storne, Nicolas Stoskopf, Léon Strauss, Sébastien Stumpp, Peter Sühring, Frédéric Tournay, François Uberfill, Jeroen van Gessel, Wolfgang Voigt, Klaus Volkert, Anne Vuillemard, Alfred Wahl, Roselyne Waller, Marie-Dominique Wandhammer, Patrick Watier, Christiane Weber, Edgard Weber, Eckhard Wirbelauer, Benoît Wirrmann,  Jean-Marie Woehrling, Bénédicte Zimmermann.




 

jeudi 29 septembre 2016

Carlotta Sorba, Il melodramma della nazione. Politica e sentimenti nell'età del Risorgimento

Carlotta Sorba
Il melodramma della nazione 
Politica e sentimenti nell'età del Risorgimento
Laterza
Storia e Società
2015

Présentation de l'éditeur
«Qui stretti in famiglia giuriamo guerra eterna di sterminio a quelle belve vestite di umana forma, ai crudeli che questa terra dilaniano che, non sazi dei nostri tesori, il sangue stesso ci succhiano. Vendetta! Vendetta! Lo giuriamo!». È una pagina di unmélodel 1848, dove una giovinetta di forte tempra morale giura di combattere il nemico austriaco che opprime, sevizia, perseguita la patria succube da secoli dello straniero.
Una straordinariaesaltazione percorre in Italia le battaglie risorgimentali, mentre il lessico delle emozioni e dei sentimenti invade la politica. Persino i più moderati tra i patrioti utilizzano linguaggi, narrazioni, gestualità che risuonano di enfasi e di estremismo etico e si richiamano a quella immaginazione melodrammatica che, dalla fine del Settecento, attraversa in tutta Europa il teatro e la letteratura di finzione. È dunque sulle scene di Parigi, di Londra e di Milano che inizia il percorso di questo volume, perché è lì che per la prima volta si propongono testi insieme lacrimevoli e spettacolari, adatti a un pubblico largo e non acculturato. Ma è nell’Italia del 1848 che il melodramma della nazione esprime al meglio le sue potenzialità, permeando di sé i discorsi e la comunicazione politica, come le pratiche e i corpi dei patrioti, in un crescendo di pathos e teatralità.
Basandosi su una documentazione inconsueta – romanzi e testi teatrali minori, storie d’Italia narrate al popolo, giornali di moda e di teatro, materiali di propaganda – Carlotta Sorba esplora l’intreccio tra politica e mélo, gettando una luce nuova sugli strumenti espressivi della politica moderna e sulle loro radici storiche.
Carlotta Sorba insegna Storia dell’Ottocento e Storia e teoria culturale all’Università di Padova, dove dirige il Centro interuniversitario di storia culturale (CSC). Ha scritto saggi e curato volumi sui rapporti tra teatro, musica e società nell’Ottocento italiano ed europeo, tema a cui ha dedicato anche Teatri. L’Italia del melodramma nell’età del Risorgimento (Bologna 2001).

vendredi 16 septembre 2016

écouter: Christophe Charle, Laurent Jeanpierre, Thomas Brisson, Jean-Luc Chappey, Christian Delporte, Gisèle Sapiro, à propos de La Vie intellectuelle en France


écouter: à propos de La Vie intellectuelle en France 

Christophe Charle, Thomas Brisson et Jean-Luc Chappey
La Fabrique de l'Histoire par Emmanuel Laurentin, 16.09.2016

Laurent Jeanpierre, L'Invité des Matins par Guillaume Erner, 16.09.2016
Laurent Jeanpierre, L'invité des Matins (2ème partie) par Guillaume Erner, 16.09.2016

Christian Delporte et Gisèle Sapiro, La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert , 16.09.2016


 
La vie intellectuelle en France
I Des lendemains de la Révolution à 1914 
Sous la direction de Christophe Charle & Laurent Jeanpierre
Seuil
2016 

Résumé
Ce premier volume couvre une période qui s’étend des lendemains de la Révolution à 1914. Elle débute par la conquête des libertés d’expression, marquée par une imbrication forte entre le monde intellectuel et les pouvoirs politiques et religieux. Elle se prolonge par une phase déterminante d’autonomisation collective des intellectuels et d’affirmation de nouvelles sciences. Il en résulte une lutte entre eux pour définir les valeurs à faire valoir publiquement dans la nouvelle société démocratique.

La vie intellectuelle en France 
II. De 1914 à nos jours
Sous la direction de Christophe Charle & Laurent Jeanpierre
Seuil
2016 

Résumé
Ce deuxième volume s’étend de 1914 à nos jours. Les conflits qui se succèdent de la Première Guerre mondiale à la guerre d’Algérie consacrent la valeur de l’engagement politique des intellectuels dans un contexte d’institutionnalisation du travail de la pensée. La déploration actuelle de leur perte d’influence et de légitimité dans l’espace public masque quant à elle la vitalité, la nouveauté et les voies inédites d’expression des idées qui, jusqu’à aujourd’hui, ambitionnent de comprendre le monde, voire de le transformer.
Sous la direction de Christophe Charle (Université Paris 1, IUF) et Laurent Jeanpierre (Université Paris 8), cette somme collective en deux volumes réunit près de 130 des meilleurs spécialistes, français et étrangers, de l’histoire et de la sociologie des intellectuels et de la vie culturelle, scientifique, littéraire et artistique des deux derniers siècles.


vendredi 17 juin 2016

écouter: Vincent Robert, La petite-fille de la sorcière. Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand



écouter: Vincent Robert, La petite-fille de la sorcière. Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand
La Compagnie des auteurs par Matthieu Garrigou-Lagrange , 15.06.2016
Vincent Robert
La petite-fille de la sorcière
Enquête sur la culture magique des campagnes au temps de George Sand
Les Belles Lettres
2015

Présentation de l'éditeur
Au XIXe siècle, cela faisait longtemps qu'on ne brûlait plus de sorcières. Les pièces de procès n’existent donc pas. La justice est muette, à part quelques affaires d’escroquerie et de rares faits divers tragiques. Ne comptons pas trop non plus sur les tout premiers folkloristes : ces notables cherchaient surtout dans les mœurs campagnardes des vestiges de cultes ou d’usages antiques et en somme ne s’intéressaient guère aux paysans de leur temps. On a dû procéder autrement et partir de la littérature.
Relire La Petite Fadette, les Dus frays bessous du gascon Jasmin, d’autres œuvres d’écrivains ayant eu une enfance rurale afin d’y repérer ce que Carlo Ginzburg appellerait des traces : traces à demi effacées d’une culture essentiellement orale et très méprisée, indices ténus qu’il faut interpréter à la lumière de ce que les anthropologues et les folkloristes nous ont appris des contes et des croyances.
Il s’agit ainsi de reconstituer les logiques multiples d’un univers culturel très étrange à nos yeux, entre le rêve et le réel, peuplé de sorcières et de loups-garous, de devins et de feux follets. Et, en bon historien, d’inscrire ces croyances dans le temps : comprendre pourquoi, en dépit du mépris des Lumières qui faisait suite à la persécution sanglante des siècles précédents, elles étaient encore si vivantes au début du XIXe siècle ; puis tenter d’évaluer leur recul, ou plutôt les transformations qu’elles connaissaient à cette époque ; enfin apprécier l’enjeu politique qu’elles en vinrent à représenter lorsqu’en 1848 l’instauration du suffrage universel donna à des campagnards encore illettrés et « superstitieux » un poids décisif dans la destinée d’un pays.
Vincent Robert enseigne l’histoire politique et culturelle du XIXe siècle à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a notamment publié Le Temps des banquets. Politique et symbolique d’une génération, 1818-1848 (2010) qui a obtenu le prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois.

vendredi 23 octobre 2015

Christophe Charle, Birth of the Intellectuals : 1880-1900 [trad. en anglais revue, corrigée et complétée de Naissance des « intellectuels », Minuit, 1990]

Christophe Charle 
Birth of the Intellectuals : 1880-1900 
Polity Press
[trad. en anglais revue, corrigée et complétée de Naissance des « intellectuels », Minuit, 1990] 
2015

Présentation de l'éditeur
Who exactly are the ‘intellectuals’ ? This term is so widely used today that we forget that it is a recent invention, dating from the late nineteenth century.
In Birth of the Intellectuals, the renowned historian and sociologist Christophe Charle shows that the term ‘intellectuals’ first appeared at the time of the Dreyfus Affair, and the neologism originally signified a cultural and political vanguard who dared to challenge the status quo. Yet the word, expected to disappear once the political crisis had dissolved, has somehow endured. At times it describes a social group, and at others a way of seeing the social world from the perspective of universal values that challenges established hierarchies.
But why did intellectuals survive when the events that gave rise to this term had faded into the past ? To answer this question, it is necessary to show how the crisis of the old representations, the unprecedented expansion of the intellectual professions and the vacuum left by the decline of the traditional ruling class created favourable conditions for the collective affirmation of ‘intellectuals’. This also explains why the literary or academic avant garde traditionally reluctant to engage gradually reconciled themselves with political activists and developed new ways to intervene in the field of power outside of traditional political channels.
Through a careful rereading of the petitions surrounding the Dreyfus Affair, Charle offers a radical reinterpretation of this crucial moment of European history and develops a new model for understanding the ways in which public intellectuals in France, Germany, Britain, and the United States have addressed politics ever since.
Christophe Charle is Professor of Contemporary History at the University of Paris I Sorbonne.


mardi 29 septembre 2015

vidéo: François Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences

François Jarrige 
Technocritiques 
Du refus des machines à la contestation des technosciences 
La Découverte
2014

Présentation de l'éditeur
Les techniques promettent abondance et bonheur ; elles définissent la condition humaine d’aujourd’hui. Pourquoi les contester, et à quoi bon ? Les discours technocritiques ne masquent-ils pas des peurs irrationnelles, un conservatisme suranné, voire un propos réactionnaire ? Pourtant, depuis que les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de l’industrialisation, des individus et des groupes très divers ont dénoncé les techniques de leur temps et agi pour en enrayer les effets. L’introduction de machines censées alléger le travail, les macrosystèmes techniques censés émanciper des contraintes de la nature, la multitude des produits technoscientifiques censés apporter confort et bien-être ont souvent été contestés et passés au crible de la critique.
Contre l’immense condescendance de la postérité, Technocritiques est un ouvrage qui prend au sérieux ces discours et ces luttes. Depuis deux siècles, les technocritiques sont foisonnantes et multiformes, elles émanent des philosophes et des romanciers comme des artisans et des ouvriers ; elles se retrouvent en Europe comme dans le reste du monde et nourrissent sans cesse des pratiques alternatives. Toute une tradition de combat et de pensée originale et méconnue s’est ainsi constituée : ce livre d’histoire au présent tente de leur redonner vie tout en pointant les impasses des choix politiques mortifères portés par la foi en une « croissance » aveugle. Et, en filigrane, il montre comment s’est imposé le grand récit chargé de donner sens à la multitude des objets et artefacts qui saturent nos existences.  
François Jarrige est historien, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Bourgogne (Centre Georges-Chevrier). Il s’intéresse à l’histoire des mondes du travail, des techniques et aux controverses qui ont accompagné l’industrialisation. Il a publié Au temps des « tueuses de bras » (2009) et Face au monstre mécanique (2009).


lundi 4 mai 2015

en ligne: Entretien avec Anna Boschetti (par Francesco Fiorentino) à propos de son livre Ismes. Du réalisme au postmodernisme


Entretien avec Anna Boschetti (par Francesco Fiorentino) à propos de son livre Ismes. Du réalisme au postmodernisme,
 « Conversation avec Anna Boschetti », in Revue italienne d’études françaises, 4 | 2014
Anna Boschetti
Ismes
Du réalisme au postmodernisme 
Culture et société
CNRS
2014

Présentation de l'éditeur
Réalisme, futurisme, surréalisme, existentialisme, structuralisme, postmodernisme… Depuis le romantisme, il est devenu habituel de penser l’histoire littéraire, artistique et intellectuelle comme une succession d’Ismes.
Il faut mettre en cause cette fausse évidence, que l’enseignement scolaire et les usages savants perpétuent. Elle suggère l’image de « mouvements » unitaires et cohérents, alors que chaque label désigne des pratiques et des représentations très diverses. Elle fait sembler naturel le passage d’un Isme à l’autre, en occultant les questions que posent ces virages collectifs.
Pourquoi le succès et le déclin ? Pourquoi le scandale et les luttes passionnées, culturelles et politiques, nationales et internationales ? Comment expliquer le rôle capital que Paris a joué dans ces métamorphoses ? Qu’en est-il aujourd’hui ?
En dévoilant les transformations et les batailles dont notre regard est le fruit, ce livre éclaire le problème du changement dans l’histoire culturelle. Il montre, notamment, comment la continuité avec le passé et les ruptures, sociales et mentales, se combinaient, étroitement enchevêtrées, dans les « révolutions symboliques » qui se sont succédé depuis le milieu du XIXe siècle.
Professeur de littérature française à l’université de Venise, Anna Boschetti est notamment l’auteur de Sartre et « Les Temps Modernes » (Minuit, 1985) et de La Poésie partout. Apollinaire, homme époque. 1898-1918 (Le Seuil, 2001). Elle a dirigé L’Espace culturel transnational (Nouveau Monde, 2010).

lundi 30 mars 2015

Christophe Charle, La dérégulation culturelle. Essai d'histoire des cultures en Europe au XIXe siècle

Christophe Charle
La dérégulation culturelle
Essai d'histoire des cultures en Europe au XIXe siècle
PUF
2015

Présentation de l'éditeur
Le XIXe siècle fut le moment d’affirmation et de construction d’une véritable Europe des cultures où romans, opéras, pièces, musiques, idées nouvelles ont circulé comme jamais auparavant. La dérégulation culturelle fonde cette dynamique contradictoire où se rencontrent les forces du marché, les aspirations à la liberté créatrice, les volontés d’émancipation par l’accès aux pratiques culturelles, l’émulation entre anciennes et jeunes nations.
Christophe Charle propose ici une relecture originale des cultures nées dans une Europe qui exporte dans le monde entier livres, musiques, opéras, œuvres d’art, modes de vie et innovations techniques. Les frontières politiques et religieuses s’ouvrent, les censures s’atténuent, les héritages académiques laissent enfin place aux innovations et aux transgressions entre les genres, les arts, les pratiques et les publics. Synthèse de très nombreux travaux dans plusieurs langues et d’enquêtes originales issues de trois décennies de recherches personnelles et collectives de l’auteur, ce livre restitue la modernité sociale et symbolique d’un moment capital de notre patrimoine culturel.
Christophe Charle est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, spécialiste d’histoire sociale et culturelle comparée de l’Europe. Il a écrit ou dirigé une trentaine d’ouvrages, dont Discordance des temps, une brève histoire de la modernité (A. Colin, 2011), Histoire des universités (avec J. Verger, Puf, 2012) et Homo historicus (A. Colin, 2013).

mardi 2 décembre 2014

écouter: Rahul Markovits, Civiliser l'Europe. Politiques du théâtre français au XVIIIe siècle


écouter: Rahul Markovits , Civiliser l'Europe . Politiques du théâtre français au XVIIIe siècle
Licences Politiques par Alexis Fournol, 18/10/2014


Rahul Markovits 
Civiliser l'Europe 
Politiques du théâtre français au XVIIIe siècle
Fayard
2014

Présentation de l'éditeur
Chaque année, pointant le faible écho rencontré par les productions françaises à l’étranger, la presse anglophone annonce la « mort de la culture française ». Face à ces interrogations lancinantes, le xviiie siècle apparaît à certains comme un âge d'or, le temps béni du « rayonnement » européen, voire universel, d’une culture française contagieuse et irrésistible. De ce phénomène, quelle manifestation plus emblématique en apparence que les troupes de comédiens qui sillonnaient l’Europe, jouant Molière en langue originale aux quatre coins du continent, de Cadix à Saint-Pétersbourg et de Stockholm à Palerme ?
Contre une lecture nostalgique et mystificatrice, Civiliser l’Europe révèle et décrit les mécanismes à l'œuvre dans la dissémination européenne du théâtre français. En s’appuyant sur les méthodes nouvelles de l’histoire transnationale, Rahul Markovits met en lumière la diversité des situations. Princes et ministres en quête de prestige politique, diplomates et chefs militaires promouvant le soft power français, chefs de troupe et comédiens à la recherche d'opportunités économiques, administrateurs napoléoniens convaincus de l'influence civilisatrice des chefs-d'œuvre de la scène française : c'est de l'action de l'ensemble de ces protagonistes qu'est constituée la matière de ce livre.
Le théâtre français n’était pas perçu dans les cours princières comme un simple divertissement ni comme le signe d’une grandeur littéraire incontestée. Représentant aux yeux des élites françaises la quintessence de la civilisation qu'elles prétendaient incarner, il devint sous leur égide, parfois pacifique, parfois brutale, l’instrument d’une tentative d'unification culturelle de l’Europe. L’« Europe française » du Siècle des lumières ne nous tend pas le miroir de notre grandeur culturelle déchue. Elle nous montre que les dominations culturelles ne sont pas massives et univoques, mais souvent relatives et toujours localisées.
Rahul Markovits est maître de conférences à l'Ecole normale supérieure. Agrégé d'histoire, il est spécialiste de l'Europe des Lumières. Il a reçu, en 2012, le prix Etienne Raluze d'histoire locale européenne.  

lundi 1 décembre 2014

vidéo: Julie Verlaine, Les Galeries d’art contemporain à Paris. Une histoire culturelle du marché de l’art, 1944-1970


Les galeries d'art contemporain à Paris de la... par CentreHistoireSociale
Julie Verlaine
Les Galeries d’art contemporain à Paris
Une histoire culturelle du marché de l’art, 1944-1970
Publications de la Sorbonne
2013

Présentation de l'éditeur
Que se passe-t-il à l'intérieur des galeries d'art contemporain ? Lieux d'exposition des oeuvres d'art, lieux de rencontre entre artistes et amateurs, lieux de transactions économiques et de reconnaissance symbolique, les galeries sont au coeur du circuit de l'art contemporain, de l'atelier de l'artiste aux salons des collectionneurs et aux cimaises des musées. Faire leur histoire, c'est comprendre comment se construit la valeur artistique, comment les artistes bâtissent leur carrière, comment l'art se diffuse dans la société française.
1944: les marchands parisiens reconstruisent le premier foyer de création artistique mondiale. 1970 : la foire de Bâle sonne le glas de l'hégémonie parisienne, au profit de New York. Pourtant, pendant un quart de siècle, les galeristes défendent pied à pied leurs visions de l'art: certains se passionnent pour des inconnus, qu'ils révèlent au public; d'autres militent au côté des avant-gardes; d'autres encore accompagnent leurs artistes vers la consécration.
Toutes et tous impriment leur marque dans l'histoire de l'art. Fondé sur des archives inédites et une abondante documentation, cet ouvrage propose une histoire sociale et culturelle du marché de l'art parisien pendant les Trente Glorieuses. Les marchands se muent en galeristes: prospecteurs, agents, impresarios, ils se rendent indispensables aux artistes, aux critiques et aux collectionneurs. Adoptant le point de vue de Paris, ce livre met en évidence l'intensification et la diversification des échanges et des circulations entre des métropoles concurrentes.
Il constitue un indispensable complément à l'étude des oeuvres et des artistes, pour qui veut comprendre pleinement l'art du XXe siècle. 
Agrégée d'histoire, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure, Julie Verlaine est maîtresse de conférences en histoire culturelle contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et membre du Centre d'histoire sociale du XXe siècle (UMR 8058). Ses recherches portent sur les rapports entre arts et sociétés à l'époque contemporaine, avec une attention particulière pour le marché de l'art, l'histoire des collections publiques et privées et les processus de patrimonialisation.

mardi 13 mai 2014

Anna Boschetti, Ismes. Du réalisme au postmodernisme

Anna Boschetti
Ismes
Du réalisme au postmodernisme 
Culture et société
CNRS
2014

Présentation de l'éditeur
Réalisme, futurisme, surréalisme, existentialisme, structuralisme, postmodernisme… Depuis le romantisme, il est devenu habituel de penser l’histoire littéraire, artistique et intellectuelle comme une succession d’Ismes.
Il faut mettre en cause cette fausse évidence, que l’enseignement scolaire et les usages savants perpétuent. Elle suggère l’image de « mouvements » unitaires et cohérents, alors que chaque label désigne des pratiques et des représentations très diverses. Elle fait sembler naturel le passage d’un Isme à l’autre, en occultant les questions que posent ces virages collectifs.
Pourquoi le succès et le déclin ? Pourquoi le scandale et les luttes passionnées, culturelles et politiques, nationales et internationales ? Comment expliquer le rôle capital que Paris a joué dans ces métamorphoses ? Qu’en est-il aujourd’hui ?
En dévoilant les transformations et les batailles dont notre regard est le fruit, ce livre éclaire le problème du changement dans l’histoire culturelle. Il montre, notamment, comment la continuité avec le passé et les ruptures, sociales et mentales, se combinaient, étroitement enchevêtrées, dans les « révolutions symboliques » qui se sont succédé depuis le milieu du XIXe siècle.
Professeur de littérature française à l’université de Venise, Anna Boschetti est notamment l’auteur de Sartre et « Les Temps Modernes » (Minuit, 1985) et de La Poésie partout. Apollinaire, homme époque. 1898-1918 (Le Seuil, 2001). Elle a dirigé L’Espace culturel transnational (Nouveau Monde, 2010).