« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».Pierre Bourdieu (1992)
vendredi 29 janvier 2021
vidéo: Gisèle Sapiro, dialogue avec Alain Berland à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage, le Dictionnaire international Bourdieu (Beaux-Arts de Paris)
vendredi 6 novembre 2020
audio: Présentation du Dictionnaire international Bourdieu, par Gisèle Sapiro (avec Gérard Paris-Clavel)
audio: Présentation du Dictionnaire international Bourdieu, par Gisèle Sapiro (avec Gérard Paris-Clavel)
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, le 07.11.2020
vendredi 23 octobre 2020
Dictionnaire international Bourdieu (Sous la direction de Gisèle Sapiro)
Dictionnaire international Bourdieu
Sous la direction de Gisèle Sapiro
Cnrs
Culture & société
disponible le 5 novembre 2020
Présentation de l'éditeur
Près de 600 notices, une équipe de
126 auteurs venus de vingt pays et réunissant les meilleurs spécialistes
de Pierre Bourdieu, sociologues, politistes, philosophes, historiens,
anthropologues, littéraires… Par sa dimension collective, internationale
et interdisciplinaire, ce Dictionnaire renouvelle en profondeur l’état
des savoirs sur l’auteur de sciences sociales aujourd’hui le plus cité
au monde.
Les entrées portent aussi bien sur les concepts, objets de recherche,
méthodes, disciplines et courants intellectuels avec lesquels Bourdieu a
dialogué, que sur ses auteurs de prédilection et ses rapports avec ses
contemporains, ses ouvrages, les revues, éditions, associations qu’il a
fondées, les événements marquants comme la guerre d’Algérie, Mai 68, les
grèves de 1995, ainsi que les principaux pays de réception de son
travail (de l’Europe à la Chine et au Japon en passant par l’Amérique
latine, les États-Unis et le monde arabe). S’y trouvent également
abordés, entre autres aspects biographiques, la passion de Bourdieu pour
le rugby ou son aspiration de jeunesse à devenir chef d’orchestre, ses
relations avec ses professeurs (Raymond Aron, Georges Canguilhem, Jules
Vuillemin), les groupes qu’il a créés, sans oublier ses engagements
politiques, qu’il concevait sous la forme d’un « intellectuel
collectif ». Forme que ce dictionnaire incarne aussi à sa façon…
Comité éditorial :
François Denord, Julien Duval, Mathieu Hauchecorne, Johan Heilbron, Franck Poupeau
Coordination éditoriale :
Hélène Seiler
_Rencontre avec les sociologues Gisèle Sapiro, François Denord et Hélène Seiler, directrice, contributeur et contributrice du "Dictionnaire international Bourdieu" à la Librairie Petite Égypte 35 rue des Petits Carreaux, 75002 Paris Jeudi 29 octobre 2020 de 18:00 à 20:00
_"La suite dans les idées", France Culture, le 7/11/20
"Intelligence-service", France Inter, le 7/11/20
_Présentation à l’EHESS le 23/11, 17h30-19:30
Inscription requise pour assister à la visio-conférence auprès de Hélène Seiler (politika[@]ehess.fr)
mardi 6 octobre 2020
Dictionnaire historique de la comparaison. Mélanges en l'honneur de Christophe Charle, Sous la direction de Nicolas Delalande, Béatrice Joyeux-Prunel, Pierre Singaravélou, Marie-Bénédicte Vincent
Sous la direction de Nicolas Delalande, Béatrice Joyeux-Prunel, Pierre Singaravélou, Marie-Bénédicte Vincent
De la Sorbonne
Histoire contemporaine
2020
Présentation de l'éditeur
Qu'est-ce que la comparaison ? En quoi est-elle utile au raisonnement historique, et plus généralement aux sciences humaines et sociales ?
De l’histoire comparée proposée par Marc Bloch aux débats les plus récents sur l’histoire transnationale et connectée, ce dictionnaire offre un large panorama des références, des concepts, des débats, des méthodes et des outils essentiels à la mise en œuvre de la démarche comparatiste, à la fois dans l’espace et dans le temps.
Ses courtes notices seront utiles à celles et ceux qu’intéresse cette approche, qu’il s’agisse de la pratiquer, de la penser ou de la critiquer, notamment en histoire moderne et contemporaine. Le classement des quatre-vingt-quatre entrées en plusieurs rubriques « Épistémologies », « Boîte à outils », « Groupes sociaux », « Pratiques politiques », « Cultures européennes », « Lieux », « Croisements », « Temporalités » et « Collectifs » éclaire les axes et les enjeux explorés par les auteurs ici rassemblés. Principalement historiens et historiennes, sociologues ou spécialistes de littérature, ils ont pour point commun de dialoguer avec la pensée de l’historien Christophe Charle, dont toute l’oeuvre s’est efforcée de proposer une histoire sociale et culturelle comparée à l’échelle de l’Europe.
Introduction. La comparaison est une course de fond(s)
Nicolas Delalande, Béatrice Joyeux-Prunel, Pierre Singaravélou et Marie-Bénédicte Vincent
ÉPISTÉMOLOGIES
Bloch. Marc Bloch et la comparaison historique
Peter Schöttler
Bourdieu. Pierre Bourdieu
Gisèle Sapiro
Civilisation. Comparaison n'est pas raison – « civilisation et barbarie »
Annick Lempérière
Comparatisme. Comparatisme historique et histoire transnationale : choisir ou combiner ?
Hartmut Kaelble
Connexions. Comparaison, connexions et histoire globale
Rahul Markovits
Durkheim. Durkheim, sociologue comparatiste
Louis Pinto
Échelles. Les échelles de la comparaison
Michael Werner
Historiographies. Comparer les comparatismes
Michel Espagne
Transnational. Le concept de transnational
Anna Boschetti
BOÎTE À OUTILS |
Cartographie. Cartographier
Béatrice Joyeux-Prunel
Contrefactuel. Possibles du passé et histoire contrefactuelle
Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou
Genre. La comparaison systématique des femmes et des hommes : un outil épistémologique incontournable
Anne-Marie Sohn
Global. Mondialisations
Laurent Jeanpierre et Béatrice Joyeux-Prunel
Prosopographie. Prosopographie, quel outil pour comparer ?
Claire Zalc
Statistique. Les comparaisons statistiques
Antoine Prost
Textométrie. Pour une textométrie comparative
Jean-Philippe Genet
Urbex. Archives de hasard et séries maîtrisées (exploration urbaine et collections raisonnées) : que vaut la comparaison ?
Nicolas Offenstadt
GROUPES SOCIAUX
Aristocraties. Ordre ancien et aristocraties européennes de la fin du XIXe au début du XXe siècle
Alice Bravard
Écrivains. L’usage social du grand écrivain (en Occident)
Pierre Boudrot
Élites. « L’élite intellectuelle des Noirs civilisés », ou les damnés de la comparaison
Emmanuelle Sibeud
Noblesses. La radicalisation des noblesses britannique et italienne avant la Première Guerre mondiale
Maria Malatesta
Patrons. Les élites économiques
Hervé Joly
Policiers. Polices et gendarmeries dans l’Europe du XIXe siècle
Arnaud-Dominique Houte
Préfets. Préfets et gouverneurs dans l’Europe du XIXe siècle
Pierre Karila-Cohen
Universitaires. Comparer les universitaires
Emmanuelle Picard
Veuves et veufs. Veuvage masculin, veuvage féminin au XIXe siècle : une comparaison asymétrique
Jean-Paul Barrière
PRATIQUES POLITIQUES
Caricature. Pour une histoire comparée de la caricature européenne
Laurent Bihl
Centre. Du centrisme
Rosemonde Sanson
Éducation. Comparer pour tricher ? La fausse information au service de la promotion de la préscolarisation française au XIXe siècle
Jean-Noël Luc
Inégalités. La République et les inégalités
Nicolas Delalande
Intellectuels. Les intellectuels dreyfusards
Vincent Duclert
Néolibéralisme. La France et les États-Unis : la fin du New Deal ?
Philip Nord
Pétitions. La pétition et les modalités d’action collective de part et d’autre de la Manche au XIXe siècle
Benoît Agnès
Sécularisation. Religion et politique en France et en Grande-Bretagne
Clarisse Berthezène
Symbolique. Statues de grands hommes
Jacqueline Lalouette
CULTURES EUROPÉENNES
Artistes . Colonies d’artistes
Anne-Marie Thiesse
Chevaux. Chevaux et culture équestre dans l’Europe des notables
Daniel Roche
Espace public. Espace public intellectuel (Europe)
Laurent Jeanpierre
Magnétisme. Le magnétisme animal en France et en Allemagne
Bruno Belhoste
Mémoires. Comparer les mémoires
Étienne François
Morale. Morale religieuse, morale laïque
Philippe Boutry
Musique. Musique et colonialisme
Jann Pasler
Pèlerinage. Le pèlerinage, lieu de la comparaison
Dominique Julia
Philosophie. La réception de Hegel en France et en Chine
Qi Xiao
Racisme. L’Internationale raciologique fin-de-siècle
Carole Reynaud-Paligot
Sports. Déconstruire les catégories : le cas du spectacle sportif
Sylvain Ville
LIEUX
Asie. Relations internationales et Asie
Hugues Tertrais
Bas-fonds. Marges et bas-fonds
Dominique Kalifa
capitales. Capitales coloniales
Hélène Blais et Armelle Enders
États-unis. Christophe Charle, la modernité et les États-Unis : une rencontre ratée ?
Romain Huret
Europe(s). Europe du Nord, Europe du Sud
Jeanne Moisand
Exil. Les capitales de l’exil au XIXe siècle
Delphine Diaz
Facultés. Comparer les facultés de droit : entre histoire juridique et histoire intellectuelle
Jean-Louis Halpérin
Moyen-orient. Modernité : à l’ouest d’Aden
Olivier Bouquet
Opéra. L’Opéra de Paris pendant les Première et Seconde Guerres mondiales : l’art au service de la politique
Claire Paolacci
Quartiers. Histoire urbaine et avant-garde artistique : approche croisée entre Montmartre et Montparnasse
Laurent Bihl
Régions. Le national en tous ses états
Maïté Bouyssy
Universités. Universités médiévales, universités contemporaines
Jacques Verger
CROISEMENTS
Comptabilité. Savoirs marchands du premier âge moderne : entre principes généraux et adaptations locales
Jacques Bottin
Critique littéraire. L’histoire intellectuelle et la critique littéraire
Stefan Collini
Écrits sur l’art. Comparer en histoire de l’art
Michela Passini
Émotions. Les régimes d’émotionalité dans les trois « sociétés impériales » : l’exemple de 1914 et de 1919
Robert Frank
enquête. L’histoire en trois comparaisons. La source, le puits, le tuyau
Ivan Jablonka
Environnement. L’histoire environnementale au prisme du comparatisme
François Jarrige
Histoire de l’art. Histoire et histoire de l’art
Marie-Claude Genet-Delacroix
religions. L’histoire comparée des religions au fondement de la République
Julien Vincent
Sciences. Histoire des sciences
Stéphane Van Damme
Sociologie. Sociologie historique
Laurent Jeanpierre
TEMPORALITÉS
Après-guerres. Les après-guerres en Europe au XXe siècle
Christina Theodosiou
Empire. Le Second Empire
Xavier Mauduit
Guerres lointaines. Les guerres outre-mer du XIXe siècle
Sylvain Venayre
Guerres mondiales. Histoire comparée de la guerre depuis le XXe siècle
Jay Winter
Mai 68. « Spectres de Mai ». 1968 et la comparaison historique
Ludivine Bantigny
Printemps des peuples. 1848 et le « Printemps des peuples »
François Jarrige
Révoltes. Actualité du XIXe siècle
Pierre Vermeren
Sixties. Les années 1960 en Europe
Rémy Pawin
Trois glorieuses. Une Glorieuse Révolution à la française ?
Jean-Claude Caron
COLLECTIFS
Engagement. L’Areser
Charles Soulié
Europe. De l’hygiène du détour à la sagesse du foisonnement : Christophe Charle, historien de l’Europe
Blaise Wilfert
Programme. La fabrique du comparatisme : retour d’expérience sur un programme franco-allemand
Martine Grelot, Isabelle Havelange et Sabine Juratic
Revue. Actes de la recherche en sciences sociales
Jérôme Bourdieu
Séminaire. Le séminaire et la fabrique de la comparaison
Marie-Bénédicte Vincent
transmission. « Un article à brûler » ? Les élèves de Christophe Charle, essai d’histoire sociale
Pierre Verschueren
Christophe Charle en fiche
Christophe Charle en capitales
Par les membres de l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (IHMC)
Les auteurs
mercredi 8 juillet 2020
à paraître: des livres de Bourdieu (et livres et film autour de ses recherches)
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Le Métier de Sociologue
Bourdieu, Chamboredon, Passeron
Ehess
janvier 2021
Points
février 2021
Alain Accardo
Quatrième édition revue et actualisée
Préface de Gérard Mauger
Agone
février 2021
mercredi 27 septembre 2017
Dictionnaire culturel de Strasbourg, Sous la direction de Roland Recht et Jean-Claude Richez
Il réunit les contributions de Matthieu Arnold, Valérie Assan, Frédéric Audren, Laurent Baridon, Rodolphe Baudin, Sabine Bengel, Gérard Bensussan, Dominique Beyer, Agathe Bischoff-Moralès, Georges Bischoff, Christian Bonah, Denise Borlée, Laurence Buchholzer, Claude Buridant, David Cascaro, Dominique Cassaz, Nathalie Charvet, Anne-Marie Châtelet, Amandine Clodi, Tricia Close-Koenig, Frédéric Colin, Jean Daltroff, Christine de Gemeaux, Karen Denni, Christophe Didier, Heinrich Dilly, Lara Diskus, Hervé Doucet, Jean-Marc Dreyfus, Guillaume Ducœur, Catherine T. Dunlop, Cécile Dupeux, Stéphanie Dupouy, Gaëlle Duval, Sophie Eberhardt, Jean-Louis Elloy, Éric Ettwiller, Serge Fauchereau, Laurent Fedi, Franck Fischbach, Beat Föllmi, Barbara Forest, Daniel Frey, Jean-Pierre Friedelmeyer, Florent Fritsch, Julien Fuchs, Monique Fuchs, Barbara Gatineau, Audrey Gay-Mazuel, Thomas Gluckin, Odile Goerg, Odile Gozillon-Fronsacq, Jean-Noël Grandhomme, Pascal Griener, Suzie Guth, Olivier Haegel, Albert Hamm, Cassandre Hartenstein, Annika Hass, Paul Heilporn, Jean-Pierre Hirsch, Michel Hoff, Geneviève Honegger, Dominique Huck, François Igersheim, Marie-Laure Ingelaere, Delphine Issenmann, Dominique Jacquot, Marie Jaisson, Kévin Janneau, Benoît Jordan, Jordy Catherine, Olivier Jouanjan, Christian Kempf, Richard Kleinschmager, Frank Knoery, Nelly Koenig, Alexandre Kostka, Pierre Krieger, Anne Kwaschik, François Labolle, Isabelle Laboulais, Thierry Laps, Edith Lauton, David Le Breton, Jean-Marie Le Minor, Nicolas Lefort, Daniel Lemler, Denis Leypold, Claude Lorentz, Christian Lutz, Jean-Yves Marc, Sylvain Marchal, Céline Marcle, Étienne Martin, Catherine Maurer, Laurent Mazliak, Anne Merker, Yannick Merlin, Anne-Doris Meyer, Jean-Philippe Meyer, Thomas Mohnike, Tobias Möllmer, Monique Mombert, Françoise Morvan, Bertrand Muller, Claude Muller, France Nerlich, Klaus Nohlen, Émilie Oléron Evans, Françoise Olivier-Utard, Norbert Olszak, Elisabeth Paillard, Louis-Napoléon Panel, Michela Passini, Christine Peltre, François Pétry, Estelle Pietrzyk, Marie Pottecher, Freddy Raphaël, Anne Rasmussen, Roland Recht, Jean-Claude Richez, Paul-André Rosental, Hector Sabo, Mathieu Schneider, Bernadette Schnitzler, Julia Schroda, Frank Schwarz, Jérôme Schweitzer, Elisabeth Shimells, Reinhard Siegmund-Schultze, Florian Siffer, Sébastien Soubiran, Anthony Steinhoff, Michel Steinmetz, Catherine Storne, Franck Storne, Nicolas Stoskopf, Léon Strauss, Sébastien Stumpp, Peter Sühring, Frédéric Tournay, François Uberfill, Jeroen van Gessel, Wolfgang Voigt, Klaus Volkert, Anne Vuillemard, Alfred Wahl, Roselyne Waller, Marie-Dominique Wandhammer, Patrick Watier, Christiane Weber, Edgard Weber, Eckhard Wirbelauer, Benoît Wirrmann, Jean-Marie Woehrling, Bénédicte Zimmermann.
mercredi 4 mai 2016
Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines, Tome 2, Sous la direction d'Olivier Christin
Car s’ils peuvent signifier un renouvellement nécessaire des catégories d’intelligibilité d’un monde en pleine transformation et une compétence linguistique accrue offerte à chacun d’entre nous dans la participation aux affaires publiques, ces changements lexicaux et conceptuels peuvent aussi recouvrir une véritable dépossession démocratique en nous enfermant dans des alternatives simplistes, des questions mal posées et des perspectives théoriques sans issue.
Il sera ici question de Race et de Civilisation, de Multiculturalisme et de Nation, de Dévouement et de Corporatisme, de Populisme et de Citoyenneté, de Terrorisme et de Victime, etc.
Réalisé par des politistes, des sociologues, des historiens et des archéologues, ce dictionnaire a pour ambition de décrire ce que sont réellement ces concepts apparemment familiers, ce qu’ils disent des hommes et des contextes, ce qu’ils nous obligent parfois à penser et ce qu’ils font à nos sociétés. Il veut en proposer des usages enfin critiques.
INTRODUCTION par Olivier Christin et Marion Deschamp
I. L’INVENTION PERMANENTE DE LA CITÉ MULTICULTURALISME, Francesco Garufo CITOYENNETÉ (des migrants), Gianni D’Amato NATION, Georges Lomné PEUPLE (Volk) et RACE (Rasse), Fabian Link POPULISME, Damir Skenderovic DÉVOUEMENT, Olivier Christin CORPORATISMO, CORPORATISME, CORPORATIONS, Laura Cerasi PRÉCARITÉ ET PREKARITÄT, Franz Schultheis TERRORISME, Marica Tolomelli VICTIME, Irène Herrmann
II. SOI ET AUTRUI GÉNÉRATION, Jérôme Bourdieu PERSONNE/PERSONHOOD, Chris Fowler GENRE, Xenia von Tippelskirch CIVILISATION, Lionel Obadia RELIGION POPULAIRE, Nicolas Balzamo CRÉOLISATION, Jane Webster INCULTURATION, Bernard Patary
mercredi 24 juin 2015
Sciences, technologies et sociétés de A à Z, Sous la direction de Julien Prud'homme, Pierre Doray et Frédéric Bouchard
Sous la direction de
Julien Prud'homme, Pierre Doray
et Frédéric Bouchard
Presses de l’Université de Montréal
Libre Accès
2015
PDF gratuit - ISBN 8792760634961
ePub gratuit - ISBN 9782760634978
Présentation de l'éditeur
Fruit du réseau d’expertise du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), ce livre mobilise plusieurs disciplines – sociologie, philosophie, management, communication, science politique, histoire, économie et scientométrie –, tout en mettant à l’avant des concepts communs. Le grand public, les étudiants, les décideurs et les chercheurs y trouveront un outil de référence nécessaire pour réfléchir autrement à ces questions qui nourrissent nos inquiétudes et nos plus grands espoirs.
lundi 18 août 2014
Annie et Gabriel Verger, Dictionnaire biographique des pensionnaires de l'Académie de France à Rome (1666-1968)
Annie et Gabriel Verger
Dictionnaire biographique des pensionnaires de l'Académie de France à Rome
1666-1968
préface d'Eric de Chassey
3 volumes
Editions de l'Echelle de Jacob
2011
lire l'introduction
Ce dictionnaire est le fruit d'une recherche de quinze ans basée sur des dépouillements systématiques dans les archives de la Villa Médicis et de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts, les archives nationales, les Etats civils, etc. Cet outil permet désormais à l'utilisateur d'observer de manière détaillée la trajectoire de chaque pensionnaire qui, ayant obtenu le Prix de Rome, a pu entrer dans cette prestigieuse institution qui a traversé les divers régimes politiques en restant au service des artistes français venant se former à l'école des grands maîtres italiens.
mardi 17 juin 2014
Dictionnaire des inégalités, Sous la direction de Alain Bihr et Roland Pfefferkorn
Sous la direction de
Alain Bihr et Roland Pfefferkorn
Armand Colin
2014
Présentation de l'éditeur
Riche de plus de cinq cents entrées, ce dictionnaire couvre l’ensemble des dimensions des inégalités sociales : inégalités entre classes, entre sexes, entre âges et générations, entre nationalités et groupes ethniques, ou encore entre différents espaces (centres et périphéries, villes et campagnes…). Afin de dépasser le seul cadre hexagonal, plusieurs entrées sont consacrées à des pays ou à des comparaisons internationales. Pour autant, ne sont négligés ni les débats et controverses ni les aspects méthodologiques relatifs à l’étude des inégalités et à leur mesure. Enfin, l’aspect systémique des inégalités est mis en évidence, en analysant comment celles-ci s’engendrent bien souvent conjointement.
Fruit de la collaboration de sociologues, ethnologues, historiens, géographes, économistes, statisticiens, philosophes, médecins et juristes, ce dictionnaire pluridisciplinaire, premier du genre, apporte un éclairage inédit sur le fonctionnement de nos sociétés.
215 spécialistes en sciences humaines et sociales
500 entrées – index des noms propres
statisticiens, philosophes, un éclairage inédit sur le fonctionnement de nos sociétés.
ALAIN BIHR Professeur émérite de sociologie à l’Université de Franche-Comté, membre du Laboratoire C3S
(Culture, Sport, Santé, Société).
Roland PFEFFERKORN est Professeur des universités à l’Université de Strasbourg, où il est directeur de
l’institut de Sociologie, membre du laboratoire Dynamiques européennes (UMR CNRS 7367).
Tous deux ont signé ensemble Déchiffrer les inégalités (1999) ; Hommes-femmes : quelle égalité ? (2002) ;
Le système des inégalités (2008).
Le comité scientifique : Claudine ATTIAS-DONFUT, Alain BIHR, Denis COLLIN, Pierre CONCIALDI, Jacqueline HEINEN, Bruno LAUTIER, Marylène LIEBER, Roland PFEFFERKORN, Fabrice RIPOLL, Patrick SIMON et Sylvie TISSOT.
samedi 9 octobre 2010
écouter: Olivier Christin à propos du Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines
Olivier Christin, 2ème partie de l'émission A plus d'un titre, 02.11.2010
Olivier Christin, La Suite dans les idées
par Sylvain Bourmeau, 09.10.2010
Olivier Christin, Questions d'époque, 07.10.2010
vendredi 17 septembre 2010
Dictionnaire des concepts nomades en Sciences Humaines + Introduction et foreword
Présentation de l'éditeur
foreword by Franz Schultheis
Lire l'Introduction
Olivier CHRISTIN
Né en 1961, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé d’histoire, membre de l’Institut universitaire de France (1999-2004), président de l’Université Lumière Lyon II (2008-2009), il est spécialiste de l'histoire religieuse du début de l'époque moderne. Il est actuellement professeur d'histoire moderne à l'Université de Neuchâtel.
RENCONTRE AUTOUR DU DICTIONNAIRE DES CONCEPTS NOMADES EN SCIENCES HUMAINES
Lundi 18 octobre, 19h30 : rencontre à la Villa Gillet (25 rue Chazière, 69004 Lyon, tél. 04 78 27 02 48) en partenariat avec la librairie Coquillettes de Lyon en présence de Igor Moullier, Raphaël Barat, Oissila Saaidia et Claude Prudhomme. Infos : Librairie Coquillettes (6 place Fernand Rey, 69001 Lyon, tél. 04.78.29.02.77)
Jeudi 28 octobre, 18h : rencontre à la librairie Compagnie (58 rue des Ecoles, 75005 Paris) en présence d’Olivier Christin, Laurent Jeanpierre et Eric Brian.
Samedi 30 octobre, 15h-17h : rencontre à la librairie Kléber (1 rue des Francs Bourgeois à Strasbourg) en présence d’Olivier Christin, Raphaël Barat et Samim Akgönül
mercredi 15 septembre 2010
Dictionnaire des historiens d'art allemands

Dictionnaire des historiens d'art allemands
Sous la direction de Michel Espagne & Bénédicte Savoy
CNRS
2010
Présentation de l'éditeur
De Jacob Burckhardt à Carl Einstein, de Winckelmann à Worringer, de Schlegel à Warburg, c’est un parcours exceptionnel que nous propose ce dictionnaire. Parcours à travers une discipline qui n’a jamais été cantonnée, dans les pays de langue allemande, au strict domaine de l’érudition artistique mais qui a souvent été un lieu d’affirmation culturelle, au même titre par exemple que la philologie classique ou la philosophie.
C’est un laboratoire, un foyer d’idées, de problématiques novatrices. Au confluent de l’esthétique, de l’histoire, de l’anthropologie, l’histoire de l’art allemande a irrigué toutes les sciences humaines. Le public français pourra en prendre la juste mesure avec cet ouvrage.
Ce dictionnaire témoigne de ce foisonnement culturel avec ses théoriciens, ses écrivains militants, ses collectionneurs, muséographes, défenseurs des avant-gardes – des impressionnistes à l’art primitif.
Michel Espagne, directeur de recherche au CNRS, est spécialiste des transferts culturels dans le monde germanique. Il dirige la Revue germanique internationale.
Bénédicte Savoy est professeur à la Technische Universität (Berlin). Elle est entre autres l’auteur d’ouvrages sur l’histoire des spoliations artistiques.
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L’Institut national d’histoire de l’art et le Centre Allemand d’Histoire de l’Art vous invitent à la présentation du Dictionnaire des historiens d’art allemands publié au CNRS éditions et dirigé par Michel Espagne et Bénédicte Savoy.
Elle aura lieu le mardi 5 octobre 2010 à 18 heures à l’Institut national d’histoire de l’art, salle G.Vasari.
dimanche 18 juillet 2010
à paraître: Dictionnaire des Concepts Nomades des Sciences Sociales + foreword par Franz Schultheis
On peut écouter: Olivier Christin à propos du Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines
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The foreword reprinted here has been writted by Franz Schultheis

Dictionnaire des Concepts Nomades des Sciences Sociales
Sous la direction de Olivier Christin
Metailie
(7 octobre 2010)
Présentation de l'éditeur
En partie inspiré d'entreprises antérieures, ce dictionnaire regroupe des textes consacrés à quelques-uns des termes ou des concepts à travers lesquels les sciences sociales et l'histoire pensent le monde social et se pensent elles-mêmes.
Mais à la différence des précédents ouvrages qui avaient choisi un champ bien précis (le vocabulaire des groupes sociaux, les concepts centraux des idéologies ou des formes constitutionnelles...) et surtout une seule aire linguistique, aucune discipline, aucune nation, aucune langue n'est privilégiée. Au contraire, les articles rassemblés ici et confiés à des spécialistes reconnus et de nationalités différentes décrivent la naissance, la carrière et la circulation, à travers les époques et les langues, de noms communs, d'expressions idiomatiques ou de termes apparemment techniques dont on porte au jour le caractère de constructions idéologiques et de produits de l'activité des acteurs sociaux.
On y rencontrera donc des vocables, des concepts, des expressions de nature très hétérogène et ne présentant pas les mêmes caractères de variabilité : certains relèvent de la description des groupes sociaux par eux-mêmes et par les sciences sociales (Avant-garde, Mouvement ouvrier, Junker...), d'autres des sciences de l'Etat et du savoir administratif (Administration, Moyenne, Droit musulman...), d'autres encore de constructions idéologiques particulières dont les conditions d'émergence et d'imposition de sens appellent à une mise en perspective (Occident, Laïcité, Absolutisme...). L'essentiel n'est donc ni dans le choix des termes, ni dans la poursuite d'une forme d'encyclopédisme. Seules importent la démarche et l'exemplarité de l'analyse, tournées vers la dénaturalisation et l'historicisation des usages lexicaux qui font des exemples retenus autant de cas d'école, c'est-à-dire de cas exemplaires sur lesquels penser ce que les structures académiques, les usages linguistiques, les routines et les inconscients intellectuels imposent de manière subreptice.
Renonçant à tout but normatif, ce dictionnaire a l'ambition d'apporter sur quelques cas significatifs des exemples d'enquêtes méticuleuses, associant sémantique historique, comparatisme et objectivation critique des conditions sociologiques et historiques de possibilité et d'opérationnabilité des concepts et des usages lexicaux des sciences sociales, qui montrent que les rapports et les conflits de sens sont également des rapports et des conflits de force. En mettant en avant la dimension " nomade " des concepts historiques, il s'agit ainsi de favoriser les bases d'un dialogue dans les sciences sociales européennes, conscient du poids des héritages socio-linguistiques.
Liste des contributeurs (universitaires) :
Giorgia Vocino (Université Ca' Foscarini de Venise), Simone Bellezza (Université de San Marino), Anna Boschetti, Gilda Zazzara (Université Ca' Foscari de Venise), Michele Nanni (Université de Padoue), Sandro Landi (EHESS), Guillermo Zermeno Padilla (Université El Colegio, Mexico), Alfonso Mendiola (Université Ibéro-américaine de Mexico), Irène Herrmann (Université de Genève), Lothar Schilling (Université de Fribourg).
Naima Ghermani (Université Grenoble II), Thierry Jacob, Nadine Beligand (Université Lyon II Lumière), Gilles Bertrand (Université Grenoble II), Laurent Jeanpierre (IEP de Strasbourg), Etienne Couriol (Université Lyon III), Laurent Baggioni (ENS-Lsh Lyon), Claude Prud'homme (Université Lyon II Lumière), Florence Buttay (Université Bordeaux III), Benedicte Zimmerman (EHESS), Eric Brian (INED), Oissila Saaidia (IUFM de Strasbourg), Samim Akgönül (Université Marc Bloch Strasbourg II-CNRS), Igor Moullier (ENS-Lsh Lyon).
Liste des concepts :
Absolutisme, Administration, Ancien Régime, Avant-garde, Cacique/Cacicazgo, Cacique/Caciquisme/Caudillisme, Confession, Droit musulman, Fortuna, Frontière, Grand Tour, Haut Moyen Âge, Histoire contemporaine, Humanisme civique, Humanitaire, Intelligentsia/Intellectuels, Junker, Laïcité, Mouvement ouvrier, Moyenne, Narratio/récit, Occident, Opinion publique, Travail.
Olivier CHRISTIN, né en 1961, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud, agrégé d'histoire, membre de l'Institut universitaire de France (1999-2004), président de l'Université Lumière Lyon II (2008-2009), est spécialiste de l'histoire religieuse du début de l'époque moderne. Il est actuellement professeur d'histoire moderne à l'Université de Neuchâtel.
Il est l'auteur entre autres de Une révolution symbolique : l'iconoclasme huguenot et la reconstruction catholique, Minuit, 1991 ; Les Réformes. Luther, Calvin et les protestants, Gallimard, 1995 ; La Paix de religion. L'autonomisation de la raison politique au XVIe siècle, Le Seuil, 1997 ; Les Yeux pour le croire. Les Dix commandements en image (XVe-XVIIe siècle), Le Seuil, 2003 ; Confesser sa foi, Champ Vallon, 2009.
actes du colloque ESSE Cas d’espèces, cas d’écoles
Réseau « Champ littéraire » - II - Traduction et circulation internationale des idées
[6-8 mars 2008]
Responsable : O. Christin Lieu : ENS Lyon
mercredi 28 avril 2010
parution: Christiane Chauviré et Stéphane Chevallier, Dictionnaire Bourdieu
| Extrait du livre | ||
| Table des Matières | ||
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Présentation de l'éditeur
Dans l’introduction, les auteurs rappellent que Bourdieu a souvent déploré
le faible écho rencontré par ses idées ; même si cette plainte peut
paraître sinon infondée du moins excessive, les auteurs estiment que, compte
tenu de la complexité de l’œuvre de Bourdieu, du fait tant des concepts qu’il
utilisait que de la langue, parfois « difficile » qu’il employait, la
diffusion (et, éventuellement la discussion) de cette œuvre exige des
éclaircissements.
Eclaircissements qu’ils se proposent de donner dans ce Dictionnaire qui
s’efforce de « donner à voir les implications théoriques et les fondements
anthropologiques » d’une sociologie et d’une anthropologie qui entendaient
produire des « effets de rupture et de dépassement des problématiques
antérieures ». Ceci afin, aussi, de mettre en évidence « l’identité
conceptuelle » propre de la pensée de Bourdieu. D’« Action » à
« Violence symbolique », en passant par « Capital »,
« Champ », « Classe », « Déterminisme »,
« Doxa », « Habitus », « Illusio »,
« Pouvoir symbolique », « Reproduction » ou encore
« Sens pratique », les principaux concepts de la sociologie de
Bourdieu sont définis, expliqués et illustrés par des exemples d’utilisation.
Un très utile instrument de travail, aux étudiants en sociologie et aussi
aux enseignants de SES.
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(Merci à Christiane Chauviré pour l'info, G.Q.)
Lire le compte-rendu par Christian de Montlibert
jeudi 28 janvier 2010
à paraître: Dictionnaire Bourdieu
Auteur : Chauviré, Chevallier
Editeur : Ellipses Marketing
(Version revue et augmentée du vocabulaire de Bourdieu par Chauviré et Fontaine)
Date de parution : 25/04/2010
Texte de présentation du Dictionnaire (Merci à Stéphane Chevallier, G.Q.)
« Il faut prendre les concepts au sérieux […]. » (QS, 121)
« Pour un tas de raisons - notamment parce que ceux qui auraient pu y être attentifs, comme les philosophes, n’ont pas voulu les voir, mais aussi et surtout parce qu’elles étaient occultées par ce qui était perçu comme la dimension politique, critique, voire polémique de mon travail -, les implications théoriques, les fondements anthropologiques - la théorie de la pratique, la philosophie de l’action, etc. - de mes recherches sont passées presque complètement inaperçues en France » (R, 134). Sans doute doit-on relativiser quelque peu la validité de ce jugement désabusé de Bourdieu à l’égard de la réception française de son œuvre théorique en rappelant qu’il est daté du séminaire de Chicago de l’hiver 1987. Durant la dernière décennie de sa vie, qui fut aussi la dernière de son siècle, l’auteur du Sens pratique a en effet activement œuvré à la reconnaissance de l’intérêt, pour la connaissance anthropologique, de l’idée de l’homme et de l’action humaine qui se dégageait de son travail sociologique. L’écho rencontré par des textes à dimension plus ouvertement théorique comme Réponses. Pour une anthropologie réflexive, Raisons pratiques. Sur la théorie de l’action ou Méditations pascaliennes a permis que la discussion de la philosophie de Bourdieu ne soit plus seulement l’apanage de quelques grands esprits étrangers (Habermas, Taylor, Searle, etc.). Il reste qu’il n’est pas illégitime d’estimer que le compte n’y est toujours pas et que la réception de la pensée de Bourdieu demeure encore, à bien des égards, à venir.
Une telle affirmation peut sembler paradoxale pour qui a à l’esprit la place considérable occupée par Bourdieu dans la vie scientifique et intellectuelle depuis un demi-siècle. L’auteur du Sens pratique a non seulement profondément marqué les sciences sociales, transformant les pratiques de recherche (il suffit de songer, pour ne prendre que deux exemples particulièrement marquants, à la très large adoption des principes de « construction d’objet » ou d’« objectivation du sujet objectivant ») et suscitant un nombre impressionnant de recherches empiriques dans les domaines les plus variés, mais le paradigme qu’il a proposé, à partir des concepts d’habitus, de champ, de capital ou encore de stratégie, a rencontré un immense retentissement dans l’ensemble des champs de production culturelle. Pourtant, un moment dominante, en dépit, mais aussi en raison, des polémiques qui ont souvent contribué à en occulter l’intérêt réel et les intentions profondes, la pensée du sociologue a fini par être considérée à tort comme acquise. Avec le temps, son assimilation, sincère ou polémique, à une vulgate sommaire menace même de la faire définitivement disparaître derrière l’interprétation simpliste ou erronée de quelques concepts et de quelques titres de livres.
A leur manière, les travaux de sociologie qui se réclament de Bourdieu ne sont pas épargnés par ce danger qui consiste, dans leurs cas, à transformer le corpus conceptuel du fondateur en un dispositif théorique dogmatique, purement académique, appliqué de manière routinière à tous les champs de la recherche et de la production de connaissance sur le monde social. Si le paradigme ne cesse, aujourd’hui encore, d’activer de nombreuses recherches, la qualité de ces dernières exige qu’elles ne se contentent pas de faire un usage mécanique de son opus operatum, mais qu’elles s’efforcent d’en ressaisir le modus operandi. Pour ce faire, il convient de ne pas se contenter d’une appréhension superficielle et fétichiste des principaux concepts que Bourdieu nous a légués, il faut s’efforcer de redonner vie à son activité conceptuelle, ou, pour le dire autrement, à sa pratique philosophique. L’auteur du Sens pratique ne réclame, en effet, pas seulement à être lu comme le sociologue considérable qu’il a été, mais comme un grand philosophe, l’un n’allant en réalité pas sans l’autre. Car, s’il entretenait une relation complexe avec la philosophie, s’il souhaitait que celle-ci, en tant qu’investigation conceptuelle, s’efface dans son œuvre, ce n’était certainement pas pour en consacrer la disparition, mais parce qu’elle devait n’être présente qu’à l’état pratique, à travers la construction de modes de pensée directement opérant dans le travail sociologique.
Gestes théoriques précis, opérés dans un contexte théorique précis, pour répondre à des problèmes théoriques et empiriques précis, les concepts de la théorie de la pratique doivent, pour être réellement entendus et maîtrisés, être resitués en relation avec les mouvements de pensée en fonction desquels ils ont été construits. Le Dictionnaire Bourdieu ne peut évidement être qu’un modeste jalon de cette vaste entreprise d’éclaircissement conceptuel. Il ne revendique comme ambition, au regard du format qui est le sien, mais surtout de l’envergure de l’œuvre de Bourdieu, que de préparer le terrain, d’indiquer des directions essentielles à qui cherche à l’arpenter, c’est-à-dire à en comprendre la structure et à en mesurer l’ampleur. Privilégiant l’explicitation des intentions théoriques ayant conduit à l’invention de concepts (habitus, champ, illusio, etc.) ou au renouvellement de notions classiques issues de la tradition philosophique (le corps, la domination, le temps, etc.), il se veut, en effet, une voie d’accès privilégiée à la lecture éclairée de la sociologie de Bourdieu et à la découverte de la dimension majeure de la philosophie qu’elle engage.
Au premier abord, un tel projet semble se heurter frontalement à toutes les mises en garde du sociologue contre les dangers d’une approche scolastique - c’est-à-dire, en l’espèce, à la fois théorétique et scolaire - des concepts, la plus célèbre de ces mises en garde étant sans doute celle qui accompagnait la caractérisation de l’habitus dans Le Sens pratique : « Il faudrait pouvoir éviter complètement de parler des concepts pour eux-mêmes, et de s’exposer ainsi à être à la fois schématique et formel » (SP, 89, note 2). En prenant le parti de considérer les concepts de Bourdieu en eux-mêmes et pour eux-mêmes, il est certain que nous nous exposons, d’une part, à trahir la richesse d’une pensée qui se voulait à la fois systémique, ses principales notions ne se définissant qu’à l’intérieur du système qu’elles constituent, et plastique, ses mêmes notions étant suffisamment évolutives pour prétendre s’adapter à l’investigation empirique ; d’autre part, à transformer des instruments de pensée construits pour et par la recherche en objets formels taillés pour la glose, pour le commentaire académique ou même mondain.
Bourdieu n’a eu de cesse de rappeler que la posture de lecteur, comme celle d’exégète, instaure un rapport abstrait et décontextualisé au concept, dont elle encourage la réification et la fossilisation. Moins encore qu’une autre, sa pensée n’est conçue pour être disséquée en laboratoire ou exposée dans un musée. Contre la perspective de tels enfermements, le sociologue mettait en avant le caractère instrumental, perfectible et ouvert des concepts qu’il construisait. Il aimait, pour illustrer cette conception, reprendre la métaphore de Wittgenstein et affirmer qu’il s’efforçait de constituer une « boîte à outils théorique ». De même que c’est à l’usage, en pratique, que l’on découvre la qualité d’un outil, c’est à l’usage, en pratique, que l’on découvre la qualité d’un concept : « Il faut prendre les concepts au sérieux, les contrôler, et surtout les faire travailler sous contrôle, sous surveillance, dans la recherche. C’est ainsi qu’ils s’améliorent peu à peu, non par le contrôle logique qui les fossilise. » (QS, 121). Pour Bourdieu, les concepts ne sont donc pris au sérieux qu’en tant qu’ils participent d’une théorie appliquée, qu’ils sont inséparables d’activité scientifique d’expérimentation et d’observation qui permet d’en évaluer effectivement les effets d’intelligibilité.
Le lecteur du Dictionnaire Bourdieu doit donc être averti des limites inhérentes à l’exposé théorique de concepts savants créés pour être mis au travail dans la pratique scientifique. Il n’en reste pas moins qu’il ne peut manquer d’y avoir du sens à parler des concepts en eux-mêmes, comme l’a d’ailleurs fait longuement Bourdieu lui-même dans les nombreux textes sur lesquels s’appuie, en prenant le parti de les citer abondamment, la rédaction de ce dictionnaire. En premier lieu parce que la réalité de la recherche scientifique l’exige, dans la mesure où, même si le contrôle de la dimension opératoire et fonctionnelle du concept échoit, en définitive, au travail d’expérimentation du chercheur, ce dernier ne peut compter sur cette pratique elle-même pour s’auto-interpréter et se transmettre ; ou, pour le dire autrement, parce qu’il faut bien établir la connaissance des outils et en enseigner le mode d’emploi avant de pouvoir en évaluer l’usage. En second, parce la science de l’homme que pratiquait Bourdieu a débouché sur des prises de positions philosophiques dont il est essentiel de donner à voir « les implications théoriques et les fondements anthropologiques ». A l’exemple de la notion d’habitus, la plupart des notions fondamentales de la pensée de Bourdieu présentées dans ce dictionnaire dérivent de ou sont en dialogue avec la tradition philosophique. En cherchant à construire une sociologie et une anthropologie capable de dépasser à la fois le structuralisme et la phénoménologie, Bourdieu a abordé et traité, avec une originalité qui n’est pas étrangère à son effort pour s’abstraire du « point de vue scolastique », la plupart des questions classiques de philosophie générale. Et, en définitive, les effets d’intelligibilité produits par le dense réseau de concepts qu’il a progressivement élaboré ont non seulement représenté des effets de rupture et de dépassement de problématiques antérieures, mais ont contribué à forger une philosophie qui, même si elle est présentée par son auteur comme une philosophie négative, ne peut manquer d’avoir sa propre identité conceptuelle. En dépit de sa défiance à l’égard du théoricisme, Bourdieu savait que le travail du concept appelle de lui-même un travail sur le concept et que celui-ci comporte son propre effet d’intelligibilité. De ce point de vue aussi, il est important de prendre les concepts au sérieux.











