« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 5 octobre 2022

Gérard Mauger, Repères (III) pour résister à l'idéologie dominante

 

 

Gérard Mauger

Repères (III) pour résister à l'idéologie dominante

du Croquant

Savoir/agir

2022



Présentation de l'éditeur

Les Gilets jaunes ne furent pas ce que la « classe ouvrière » n’a jamais été ailleurs que dans l’imagination des intellectuels. Pourtant, ouvriers et employés représentent encore plus de la moitié de la population active. Mais il est vrai que l’effritement de la condition salariale depuis quarante ans, le chômage de masse, la précarisation et la délinquance endémique qui peut en résulter ont creusé le clivage entre établis et marginaux.

Par ailleurs, après Mai-Juin 1968, l’essor de la petite bourgeoisie nouvelle, la promotion de nouvelles causes dites sociétales accompagnent le déclin de la croyance au messianisme ouvrier qui s’est inversé en un racisme de classe, résumé dans la figure du beauf.

Mobilisés en dehors des organisations syndicales et politiques, semblant de ce fait incontrôlables, les Gilets jaunes ont ressuscité la peur des classes dangereuses dans les beaux quartiers. Le mouvement a été d’emblée réprimé avec une violence physique et symbolique spectaculaire.

Rassemblant des textes dont certains ont été écrits au fil du mouvement, l’auteur en propose une lecture sociologique renouvelée.

Table des matières

Introduction

Prologue. Neutralité axiologique et engagement sociologique

Première partie. Les classes populaires : « établis » et « marginaux »

Introduction. Les classes populaires : « établis » et « marginaux »

Les transformations des classes populaires en France

Les classes populaires ont elles perdu la partie ?

La menace du chômage

« Jeunes de cités ». Délinquance, émeutes et « radicalisation islamiste »

Deuxième partie. « Mépris de classe » et « respectabilité »

Introduction. « Mépris de classe » et « respectabilité »

Sociogenèse et usages de la figure du « beauf »

Domination et résistance

En quête de « respectabilité »

« Foule sentimentale ». Sur l’hommage populaire à Johnny Hallyday

Briser les barreaux de « la cage d’acier »

Troisième partie. Le mouvement des Gilets jaunes

Introduction. Le mouvement des « Gilets jaunes »

Les Gilets Jaunes. Sociogenèse d’une mobilisation

L’État face aux Gilets jaunes. Violence physique et violence symbolique

Des Gilets jaunes aux syndicalistes en grève. La question de la représentation

Gilets jaunes : « horizontalité », « manifs-émeutes » et « insurrection »

Quatrième partie. « Le monde d’après »

Introduction. « Le monde d’après »

L’ordre des « grandeurs »

Sauver « le monde d’avant »

« Les eaux glaciales du calcul égoïste »

 

Gérard Mauger, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS-EHESS-Paris I)

 

 

mardi 8 février 2022

en poche: Luc Boltanski, Rendre la réalité inacceptable - À propos de "La production de l'idéologie dominante"

 

Luc Boltanski

Rendre la réalité inacceptable

À propos de "La production de l'idéologie dominante"

Suivi de La constitution du champ de la bande dessinée 

et de La sociologie est toujours critique 

Points

Points Essais

2022

 

Présentation de l'éditeur

Dans l’effervescence des années 1970, de jeunes sociologues créent autour de Pierre Bourdieu une nouvelle revue : Actes de la recherche en sciences sociales. Cet objet scientifique non identifié associe, au service d’une approche critique, des enquêtes rigoureuses à des moyens graphiques empruntés à la bande dessinée. Dans un des premiers numéros, Pierre Bourdieu et Luc Boltanski publient « La production de l’idéologie dominante » (1976). Ce texte analyse la façon dont se fabriquent les thèmes qui, forgés dans des lieux de pouvoir, nourrissent les débats qui font l’actualité. Trente ans plus tard, Luc Boltanski revient sur la genèse de ce texte : il est toujours actuel, même si les thématiques dont se nourrit l’idéologie dominante ne cessent de se déplacer. Une idéologie pour rester dominante doit évoquer la nécessité d’un changement permanent.

Luc Boltanski Sociologue, directeur d’études à l’EHESS, il a publié chez Gallimard notamment Le Nouvel Esprit du capitalisme (avec Ève Chiapello, 1999), De la critique (2009) et Enrichissement (avec Arnaud Esquerre, 2017).

 

 

vendredi 11 janvier 2019

audio: Gérard Mauger, Repères (II) pour résister à l'idéologie dominante



Les oreilles loin du front, 09.01.2019


Gérard Mauger
Repères (II) pour résister à l'idéologie dominante
Du Croquant
Savoir/agir
2018

Présentation de l'éditeur
Ces repères pour résister à l’idéologie dominante transgressent les interdits récemment réactivés par divers rappels à l’ordre politiques et académiques.

Ils s’ingénient, en effet, à découvrir des « excuses sociologiques » aux « inexcusables » : qu’il s’agisse de s’interroger sur la sociogenèse des trajectoires djihadistes ou de tenter de rendre compte du vote FN d’une fraction des classes populaires. Ils s’efforcent de mettre en évidence divers procédés de légitimation d’inégalités « obscènes » : comme la célébration des « talents ». Ils mettent en évidence la division du travail discursif sur l’Union Européenne entre philosophes « à façon » et économistes « à gages ». Ils s’emploient à clarifier l’usage de catégories routinières (comme l’opposition « droite/gauche » ou la notion galvaudée de « populisme »), à dissiper le brouillage d’un champ politique devenu illisible et à rappeler les leçons de l’expérience grecque à ceux qui rêvent d’une « autre Europe ». Bien qu’ils s’imposent un double devoir de « réflexivité » et de « scientificité », ces repères qui mettent les ressources de la sociologie au service de ce genre de transgressions, s’exposent sans doute ainsi à réveiller toutes les formes d’anti-intellectualisme que suscite « l’engagement sociologique ». Pourtant, comme disait Durkheim, « la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif ».

Gérard Mauger, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS - EHESS - Paris 1)

mercredi 12 septembre 2018

Gérard Mauger, Repères (II) pour résister à l'idéologie dominante



Gérard Mauger
Repères (II) pour résister à l'idéologie dominante
Du Croquant
Savoir/agir
2018

Présentation de l'éditeur
Ces repères pour résister à l’idéologie dominante transgressent les interdits récemment réactivés par divers rappels à l’ordre politiques et académiques.
Ils s’ingénient, en effet, à découvrir des « excuses sociologiques » aux « inexcusables » : qu’il s’agisse de s’interroger sur la sociogenèse des trajectoires djihadistes ou de tenter de rendre compte du vote FN d’une fraction des classes populaires. Ils s’efforcent de mettre en évidence divers procédés de légitimation d’inégalités « obscènes » : comme la célébration des « talents ». Ils mettent en évidence la division du travail discursif sur l’Union Européenne entre philosophes « à façon » et économistes « à gages ». Ils s’emploient à clarifier l’usage de catégories routinières (comme l’opposition « droite/gauche » ou la notion galvaudée de « populisme »), à dissiper le brouillage d’un champ politique devenu illisible et à rappeler les leçons de l’expérience grecque à ceux qui rêvent d’une « autre Europe ». Bien qu’ils s’imposent un double devoir de « réflexivité » et de « scientificité », ces repères qui mettent les ressources de la sociologie au service de ce genre de transgressions, s’exposent sans doute ainsi à réveiller toutes les formes d’anti-intellectualisme que suscite « l’engagement sociologique ». Pourtant, comme disait Durkheim, « la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif ».
Gérard Mauger, sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS - EHESS - Paris 1)

mercredi 6 mars 2013

Gérard Mauger, Repères pour résister à l’idéologie dominante

Gérard Mauger
Repères pour résister à l’idéologie dominante
Éditions du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
L’idéologie dominante est un discours de maintien de l’ordre. De façon générale, elle porte chacun à se convaincre qu’il faudrait désormais accepter « l’ordre social » tel qu’il s’est imposé comme « allant de soi » : avec enthousiasme ou en traînant les pieds avec l’espoir de « sauver les meubles ».
Le souci d’ancrer ces « repères pour résister à l’idéologie dominante » dans l’actualité impose de se plier aux exigences d’un agenda fixé par les médias et/ou les politiques et exclut pratiquement toute possibilité d’enquête systématique. Ainsi ces « repères » ne concernent-ils que des échantillons « significatifs » de l’idéologie dominante (sur les classes populaires, sur quelques notions-clés de l’idéologie dominante, sur la vie politique) sans viser l’exhaustivité et sans prétendre à la représentativité.
Outre leur intention de clarification, de démystification, de rupture avec « le sens commun » (avec ses « évidences », son ethnocentrisme, ses propensions à la « déshistoricisation », à la « naturalisation », à la « psychologisation ») ces repères ont aussi, et peut-être surtout, une vocation pédagogique. En définitive, il s’agit, comme l’écrit Jacques Bouveresse, de « passer du statut de sociologue pour sociologues à celui de sociologue pour tout le monde », de montrer en acte l’intérêt d’une lecture sociologique des discours médiatiques et politiques et, ce faisant, d’une invitation et d’une initiation à la pratiquer pour son propre compte.
Gérard Mauger est sociologue, directeur de recherches émérite au CNRS, chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS-EHESS-Paris I) et membre de l’association « Savoir/Agir ».

Introduction : Repères. Pour résister à l’idéologie dominante

1ère partie : Un point de vue politique et sociologique

Introduction
1. Sur la « gauche de gauche »
Post-scriptum 1 : « Groupuscules, dissolvez-vous ! »
Post-scriptum 2 : Le sens du virtuel et le sens du possible
2. La sociologie de Bourdieu après Bourdieu
Post-scriptum 1 : Un article en trop
Post-scriptum 2 : Pour une politique « réflexive »
3. « Y aller ou pas ? » Que faire face aux émissions politiques sur l’insécurité ?

2ème partie : Sur l’idéologie dominante

Introduction
I / Sur les classes populaires
Introduction
1. Où sont passés les prolétaires ?
2. Populisme
3. Populisme (2)
4. Racisme de classe
5. « Issus de la diversité »
6. La question sociale occultée
7. Le silence des émeutiers
8. « Racaille »
9. Insécurité : le retour de Lombroso ?

II / Sur quelques notions-clés de l’idéologie dominante
Introduction
1. Monopoly
2. Mérite
3. Une nouvelle méritocratie
4. Moraliser le capitalisme
5. Responsabilité

III/ Sur le champ politique
Introduction
1. Les classes populaires et les jeux électoraux
2. « Panne civique »
3. Les « extrêmes »
4. Réforme
5. Mondialisation, altermondialisme, démondialisation
6. Clivages factices et équivalences en trompe l’œil dans le champ politique