« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 9 juin 2016

écouter: Gabrielle Hecht, Uranium africain. Une histoire globale


écouter: Gabrielle Hecht, Uranium africain. Une histoire globale
Invité Afrique par François Mazet, 01.05.2016
Gabrielle Hecht
Uranium africain
Une histoire globale
Seuil
L'Univers historique 
2016

Présentation de l'éditeur
L’uranium de la bombe lancée sur Hiroshima provenait d’Afrique. À l’âge de l’équilibre de la terreur, pendant la guerre froide, Congo, Gabon, Madagascar, Niger, Afrique du Sud et Namibie ont fourni chaque année entre 20 et 50 % de l’uranium importé en Occident. Pour éclairer la place centrale du continent africain dans l’histoire du nucléaire, Gabrielle Hecht nous fait pénétrer dans ses mines.
La grande force du récit – car c’en est un, riche en histoires, nourri d’archives inédites et de très nombreuses interviews avec des acteurs locaux – est de montrer que la qualification de « nucléaire » est une construction variable selon les rapports de force, les moments, les lieux et les controverses technopolitiques, et qu’elle ne peut se réduire à des questions de radioactivité et de fission. Il fallut attendre 1990 pour que les mines d’uranium proprement dites soient définies comme des « installations nucléaires », quand en 2003 l’uranium nigérien supposé avoir été livré à Saddam Hussein était considéré comme suffisamment « nucléaire » pour justifier une guerre contre l’Irak : un décalage qui, en exemptant les acteurs des procédures de contrôle élaborées par l’Agence internationale de l’énergie atomique, fut bien évidemment propice au commerce de l’uranium. L’enjeu de ce livre est aussi de montrer, parfois crûment, les conséquences sanitaires et environnementales dévastatrices des rapports de forces politiques, commerciaux et humains qui sont au cœur de l’exploitation du minerai.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Charlotte Nordmann
Gabrielle Hecht, professeure d’histoire à l’université du Michigan, a publié en 2004 Le Rayonnement de la France. Énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde Guerre mondiale (1998, MIT Press).

lundi 28 octobre 2013

Pierre Fournier, Travailler dans le nucléaire. Enquête au cœur d'un site à risques

Pierre Fournier
Travailler dans le nucléaire
Enquête au cœur d'un site à risques
Armand Colin
2012

Introduction

Présentation de l'éditeur
Faut-il poursuivre ou en finir avec le nucléaire ? La catastrophe de Fukushima, au-delà du choc émotionnel qu’elle a provoqué, a ravivé la question dans le monde entier. Et en particulier en France où le secteur nucléaire est à la fois un fleuron de l’industrie, un mastodonte économique, un enjeu diplomatique, environnemental, politique. Inscrit dans le débat mais mal connu, le travail quotidien dans ces lieux clos mérite d’être étudié à la fois comme facteur de risques menaçant le secteur et comme principal moyen de prendre en compte ces risques pour les maîtriser.
Le sociologue Pierre Fournier a pénétré dans un site nucléaire pour en donner une vision de l’intérieur en y étant tour à tour intérimaire, stagiaire et ouvrier de sous-traitance. Au sein des équipes, il observe les façons d’agir, les relations entre les hommes, les manières de composer avec une connaissance toujours incertaine, les conflits qui surviennent et la place des risques qui pèsent sur les salariés.
Ni pro ni antinucléaire, au-delà des affrontements idéologiques, cette plongée au cœur du nucléaire français est un compte rendu d’enquête de terrain qui contribuera au débat en apportant un matériau original et précis.

Pierre Fournier est professeur de sociologie à l’université d’Aix-Marseille.