« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 18 novembre 2013

Sarah Abdelnour, Les Nouveaux Prolétaires

Sarah Abdelnour
Les Nouveaux Prolétaires
Textuel
2012

Lire un extrait


Présentation de l'éditeur
Que reste-t-il des prolétaires, cette classe ouvrière décrite par Marx comme exploitée, mais aussi comme capable de se révolter et d’entrainer la chute du capitalisme ? A première vue, il n’en reste rien : le monde ouvrier semble disparu, le travail moins dur et plus intellectuel, les luttes envolées, et le capitalisme toujours bien en place. Pourtant, l’auteur montre que la notion n’est pas si anachronique qu’il y parait, et qu’elle permet d’aborder les transformations du monde du travail.
Les nouveaux prolétaires, ce sont d’abord les mêmes que les anciens, soumis à un travail dur et des salaires faibles, puisqu’il ne faut pas oublier qu’un tiers des hommes en emploi aujourd’hui encore sont des ouvriers. Mais ce sont aussi désormais les employés. Et plus largement, ce sont les précaires, ces salariés fragiles et mal protégés qui se multiplient aujourd’hui, notamment parmi les femmes, les jeunes ou encore les immigrés.
Si des prolétaires, il y en a donc encore, sont-ils pour autant unis et capables de se mobiliser collectivement, et donc de former une classe sociale ? Les obstacles sont nombreux et les luttes fragiles, mais les classes populaires continuent de se battre pour exister politiquement.
- Le livre remet en question des lieux communs, sur la disparition du monde ouvrier, la « moyennisation » de la société, la fin du travail, ou encore l’extinction des grèves.
- Il décrit la transformation des formes de domination au travail, notamment par la pression du chômage et de la précarité, générateurs d’inégalités et de tensions sociales.
- Il réactualise Marx, en observant les capacités de résistance et d’organisation de cet archipel de précaires, malgré la perte de vitesse de la gauche et des syndicats.
Sarah Abdelnour est ancienne élève de l’Ecole normale supérieure de Cachan, agrégée de sciences économiques et sociales, doctorante au Centre Maurice Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS), et ATER à Sciences Po Paris. Après une recherche sur les mobilisations de salariés précaires de la Fnac, elle travaille actuellement, sous la direction de Florence Weber, sur la conception politique et les usages sociaux du régime de l’auto-entrepreneur.

vendredi 27 août 2010

Eric HOBSBAWM, Rébellions - La résistance des gens ordinaires : jazz, paysans et prolétaires


Eric HOBSBAWM
Rébellions
La résistance des gens ordinaires : jazz, paysans et prolétaires

Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Stephane Ginsburgh et Hélène Hiessler
Éditions Aden
2010


Présentation de l'éditeur
Nous connaissions la sentence révolutionnaire lancée comme un pavé à la face des puissants : « Un seul héros : le peuple ! » Eric Hobsbawm utilise son talent d’historien pour dénicher des parcours individuels et collectifs représentatifs de la classe opprimée en tant qu’actrice dans la lutte pour la transformation sociale. Ici, pas d’homme providentiel comme moteur de l’histoire ou du progrès : des gens, tout simplement. Dans cette série d’articles publiés entre 1959 et 1994, l’auteur s’attache d’abord à la tradition radicale issue des briseurs de machines anglais ou des cordonniers politisés du XIXe siècle et retrace la formation de la classe ouvrière. Il s’intéresse ensuite aux gens de la campagne, à la paysannerie traditionnelle et aux grands mouvements d’occupation de la terre. Il aborde également des sujets plus contemporains, comme la guérilla au Vietnam ou la révolte de Mai 68, avant de terminer par une série d’articles qui donnent sans doute à ce livre sa dimension la plus originale : le lien établi par Hobsbawm entre la politique et l’émergence du jazz, qu’il considère comme un phénomène anti-commercial et antiraciste, et l’un des rares développements majeurs du domaine des arts à émaner entièrement du milieu pauvre.

L’auteur : Eric Hobsbawm a été décrit par l'historien David Caute comme « vraisemblablement le plus grand historien vivant – pas seulement du Royaume-Uni, mais du monde ». The New York Review of Books a écrit que « la trilogie d'Eric Hobsbawm sur le XIXe siècle est l’une des plus grandes sommes historiques de ces dernières décennies ». Tony Judt, de l’Université de New York, estime qu’« Hobsbawm ne possède pas seulement plus de connaissances que d’autres historiens, il écrit également mieux qu’eux ». En 2003, il a reçu le Prix Balzan pour l’histoire européenne depuis 1900, notamment « pour sa brillante analyse de la douloureuse histoire de l’Europe du Vingtième Siècle et son habileté à marier la profondeur de ses recherches historiques à un grand talent littéraire. »


This collection of 26 essays range over the history of working men and women between the late 18th century and the present day, and brings back into print a selection of this celebrated historian's pioneering studies into labour history, together with more recent reflections previously unpublished in book form. Eric Hobsbawm's penetrating essays on labour history and social protest opened up a new field of study and set standards of wide-ranging, evocative, incisive analysis. Essays in this collection include the formation of the British working class; labour custom and traditions; the political radicalism of 19th century shoemakers; male and female images in revolutionary movements; revolution and sex; peasants and politics; and the common-sense of Tom Paine. More recent essays include meditations on the May Day holiday; the Vietnam War; socialism and the avantgarde; Mario Puzo, the Mafia and the Sicilian bandit Salvatore Giuliano; and the cultural consequences of Christopher Columbus. Throughout these essays runs a passionate concern for the lives and struggles of ordinary men and women - uncommon people, all of them.