Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



lundi 17 septembre 2012

Revue Savoir/agir n°21, Travail et dépossession

Revue Savoir/agir n°21
Travail et dépossession
Éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
Le dossier s’interroge sur la signification et les effets sur les travailleurs des nouvelles formes d’emploi et des statuts apparus depuis les années 1970 : travail intérimaire, emplois associatifs, statut d’auto-entrepreneur, groupements d’employeurs, développement des coopératives, etc.
Ces formes d’emploi sont au cœur de débats scientifiques et politiques sur ce qu’est et sur ce que doit être le travail. Etudiées séparément, elles sont rarement pensées ensemble. L’ambition de ce dossier est précisément de réfléchir à ce qu’elles veulent dire, et d’avancer dans la compréhension de ce qu’est le travail aujourd’hui. Ces formes d’emploi sont en effet au cœur de deux questions fondamentales : celle de la flexibilité et celle de l’investissement au travail. En plus de mettre au jour ce que ces réalités recouvrent, le numéro vise aussi à rendre compte de la façon dont ces deux dimensions s’articulent. Si la flexibilité est souvent – et à juste titre – associée à la souffrance au travail, il arrive qu’elle soit vécue un moteur de l’investissement au travail : le « succès » d’un dispositif comme celui d’auto-entrepreneur ne répond pas qu’à une nécessité économique qui consiste, pour un chômeur, à se créer son emploi. Il est aussi conçu comme une façon de s’approprier son travail, quelque soit le coût en termes de conditions de travail, l’auto-entrepreneur se faisant ainsi le complice de sa propre exploitation.

Éditorial
Le nouvel espace politique européen
Frédéric Lebaron

Dossier
Travail et dépossession
Manuel Schotté et Laurent Willemez

Quand la normalisation du travail subvertit la norme salariale
Karel Yon 
 
Le régime de l’auto-entrepreneur : une alternative désirable au salariat ?
Hélène Stevens

Le plein-emploi comme seule alternative à la précarité ?
Mathieu Grégoire 
 
Les aides à domicile
Emmanuelle Puissant

Des TUC aux « emplois d’avenir »
Matthieu Hély

Coopératives et travail autonome
Un entretien avec Alain Oriot

Grand entretien avec Patrick Lehingue et Daniel Gaxie
Comportements électoraux
(Nathalie Éthuin et Louis Weber)

Paroles

Quand l’activité syndicale n’est pas une mince affaire...
(Laurent Willemez)

La rhétorique réactionnaire
La politique du symbole
Gérard Mauger

Alterindicateurs
Les indicateurs sociaux et le débat public après le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi
Frédéric Lebaron

Actualité
Les résistances à la guerre d’Algérie
Nils Andersson

Aucun commentaire: