Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 17 septembre 2012

Revue Savoir/agir n°21, Travail et dépossession

Revue Savoir/agir n°21
Travail et dépossession
Éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
Le dossier s’interroge sur la signification et les effets sur les travailleurs des nouvelles formes d’emploi et des statuts apparus depuis les années 1970 : travail intérimaire, emplois associatifs, statut d’auto-entrepreneur, groupements d’employeurs, développement des coopératives, etc.
Ces formes d’emploi sont au cœur de débats scientifiques et politiques sur ce qu’est et sur ce que doit être le travail. Etudiées séparément, elles sont rarement pensées ensemble. L’ambition de ce dossier est précisément de réfléchir à ce qu’elles veulent dire, et d’avancer dans la compréhension de ce qu’est le travail aujourd’hui. Ces formes d’emploi sont en effet au cœur de deux questions fondamentales : celle de la flexibilité et celle de l’investissement au travail. En plus de mettre au jour ce que ces réalités recouvrent, le numéro vise aussi à rendre compte de la façon dont ces deux dimensions s’articulent. Si la flexibilité est souvent – et à juste titre – associée à la souffrance au travail, il arrive qu’elle soit vécue un moteur de l’investissement au travail : le « succès » d’un dispositif comme celui d’auto-entrepreneur ne répond pas qu’à une nécessité économique qui consiste, pour un chômeur, à se créer son emploi. Il est aussi conçu comme une façon de s’approprier son travail, quelque soit le coût en termes de conditions de travail, l’auto-entrepreneur se faisant ainsi le complice de sa propre exploitation.

Éditorial
Le nouvel espace politique européen
Frédéric Lebaron

Dossier
Travail et dépossession
Manuel Schotté et Laurent Willemez

Quand la normalisation du travail subvertit la norme salariale
Karel Yon 
 
Le régime de l’auto-entrepreneur : une alternative désirable au salariat ?
Hélène Stevens

Le plein-emploi comme seule alternative à la précarité ?
Mathieu Grégoire 
 
Les aides à domicile
Emmanuelle Puissant

Des TUC aux « emplois d’avenir »
Matthieu Hély

Coopératives et travail autonome
Un entretien avec Alain Oriot

Grand entretien avec Patrick Lehingue et Daniel Gaxie
Comportements électoraux
(Nathalie Éthuin et Louis Weber)

Paroles

Quand l’activité syndicale n’est pas une mince affaire...
(Laurent Willemez)

La rhétorique réactionnaire
La politique du symbole
Gérard Mauger

Alterindicateurs
Les indicateurs sociaux et le débat public après le rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi
Frédéric Lebaron

Actualité
Les résistances à la guerre d’Algérie
Nils Andersson

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