« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Buu-Sao. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Buu-Sao. Afficher tous les articles

mardi 8 avril 2025

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 256. Écologie et dominations II. Mobilisations sociales et recompositions des rapports de classe

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 256 

 Écologie et dominations II

Mobilisations sociales et recompositions des rapports de classe

Seuil

2025

 

 

Présentation de l'éditeur

Après avoir exposé (dans le numéro 255) l’intérêt de la notion de condition écologique des classes sociales pour étudier les rapports de domination à l’œuvre en matière d’environnement, ce numéro s’attache plus spécifiquement à la mobilisation de différents groupes sociaux face à des contaminations diverses (minières, industrielles) et aux enjeux professionnels liés à l’écologisation de leurs domaines d’activité. Dans quelle mesure les nuisances environnementales et les luttes sociales qu’elles génèrent favorisent-elles la recomposition des conflits de classe ?

Les cas des boues rouges de Gardanne comme celui des pollutions métalliques de la mine de Rio Tinto en Andalousie révèlent comment l’engagement écologique des milieux populaires peut être mis à l’épreuve par l’activité extractive et la gestion des résidus. De même, des projets d’agriculture urbaine encouragés par la « rénovation écologique » des quartiers permettent à des associations écologiques de mobiliser les classes populaires contre la dépossession de leurs lieux de vie. Cette mobilisation se fait au prix de l’imposition de pratiques écologiques issues des classes moyennes cultivées, parfois désajustées à leur mode de vie. D’autres secteurs non industriels et non urbains sont aussi touchés par ces transformations. L’évolution du métier de gardien de troupeaux en alpage vers une activité de protection des espaces naturels disqualifie ainsi le travail des anciens bergers face aux pratiques portées par une petite bourgeoisie culturelle en reconversion. Enfin, la diffusion de pratiques gestionnaires du sanglier dans les forêts françaises produit une exclusion des « petites chasses » populaires, sous la pression des « grandes chasses » bourgeoises, corrélatives d’une appropriation des lieux, des ressources et des usages par les classes dominantes.



 

jeudi 29 décembre 2016

Les lieux de la colère. Occuper l’espace pour contester, de Madrid à Sanaa. Hélène Combes, David Garibay, Camille Goirand

Les lieux de la colère
Occuper l’espace pour contester, de Madrid à Sanaa
Hélène Combes, David Garibay, Camille Goirand
Karthala
Questions Transnationales
2015

Présentation de l'éditeur
Dans bien des capitales, des places majestueuses, chargées d’histoire et de symboles, sont investies par des manifestants : les étudiants de la place Tian-An-Men à Pékin, les Indignés sur la Puerta del Sol à Madrid, les mères de disparus sur la Place de Mai à Buenos Aires, les contestataires sur le Zócalo de Mexico… Cette centralité de l’espace dans la construction de la contestation a été notée par de nombreux observateurs au cours des révoltes arabes et du mouvement Occupy. Or, en dépit de cette apparente évidence du lieu, la dimension spatiale n’a que rarement fait l’objet d’une attention en tant que telle dans la sociologie des mobilisations. Cet ouvrage s’attaque à cet angle mort. Il propose au lecteur de comprendre l’importance des lieux physiques et vécus et leurs effets sur l’action collective en suivant des mobilisations très variées – locales ou nationales-, d’hier ou d’aujourd’hui, de la péninsule arabique à la Bretagne, de New York à la Seine-Saint-Denis, de l’Amazonie péruvienne à Madrid.
Ont également contribué à cet ouvrage : Anahi Alviso-Marino, Martin Baloge, Doris Buu-Sao, Franck Gaudichaud, Marie Laure Geoffray, Stéphanie Guyon, Tudi Kernalegenn, Aurélie Llobet, Julie Metais, Héloïse Nez, Sylvie Ollitrault, Charlotte Pujol, Stéphane Tonnelat.
Hélène Combes est chargée de recherche au CNRS, rattachée au Centre de recherches internationales (CERI- UMR 7050), Sciences Po.
David Garibay est professeur de science politique à l’Université Lumière Lyon 2 et chercheur à l’UMR Triangle.
Camille Goirand est professeur de science politique à l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle (Institut des hautes études d’Amérique latine – IHEAL) et chercheur au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS – CNRS UMR 8026).