« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 8 avril 2025

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 256. Écologie et dominations II. Mobilisations sociales et recompositions des rapports de classe

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 256 

 Écologie et dominations II

Mobilisations sociales et recompositions des rapports de classe

Seuil

2025

 

 

Présentation de l'éditeur

Après avoir exposé (dans le numéro 255) l’intérêt de la notion de condition écologique des classes sociales pour étudier les rapports de domination à l’œuvre en matière d’environnement, ce numéro s’attache plus spécifiquement à la mobilisation de différents groupes sociaux face à des contaminations diverses (minières, industrielles) et aux enjeux professionnels liés à l’écologisation de leurs domaines d’activité. Dans quelle mesure les nuisances environnementales et les luttes sociales qu’elles génèrent favorisent-elles la recomposition des conflits de classe ?

Les cas des boues rouges de Gardanne comme celui des pollutions métalliques de la mine de Rio Tinto en Andalousie révèlent comment l’engagement écologique des milieux populaires peut être mis à l’épreuve par l’activité extractive et la gestion des résidus. De même, des projets d’agriculture urbaine encouragés par la « rénovation écologique » des quartiers permettent à des associations écologiques de mobiliser les classes populaires contre la dépossession de leurs lieux de vie. Cette mobilisation se fait au prix de l’imposition de pratiques écologiques issues des classes moyennes cultivées, parfois désajustées à leur mode de vie. D’autres secteurs non industriels et non urbains sont aussi touchés par ces transformations. L’évolution du métier de gardien de troupeaux en alpage vers une activité de protection des espaces naturels disqualifie ainsi le travail des anciens bergers face aux pratiques portées par une petite bourgeoisie culturelle en reconversion. Enfin, la diffusion de pratiques gestionnaires du sanglier dans les forêts françaises produit une exclusion des « petites chasses » populaires, sous la pression des « grandes chasses » bourgeoises, corrélatives d’une appropriation des lieux, des ressources et des usages par les classes dominantes.



 

vendredi 4 octobre 2024

Nicolas Renahy, Jusqu'au bout. Vieillir et résister dans le monde ouvrier

 

 

Nicolas Renahy

Jusqu'au bout 

Vieillir et résister dans le monde ouvrier

La Découverte

L'envers des faits

2024

 

Présentation de l'éditeur

Bruno, Christian, Clairette, Christiane et Viviane sont des " anciens de Peugeot " à Sochaux-Montbéliard. Cabossés par le travail en usine, ces retraités placent le militantisme syndical et la solidarité amicale au cœur de leur vie. À travers quelles expériences apprennent-ils à vieillir ensemble ?
À partir d'une plongée sensible dans leur quotidien, ce livre donne à voir une réalité méconnue : celle du vieillissement physique et social dans le monde ouvrier. Il jette une lumière nouvelle sur des enjeux oubliés de la réforme des retraites et sur la distance au politique dans les classes populaires, montrant l'importance des résistances locales au capitalisme et à l'extrême droite. Retrouvant, trente ans après, certains enquêtés de La Misère du monde, Nicolas Renahy propose une sociologie incarnée des vieillesses et des appartenances sociales, qui invite à repenser la condition ouvrière à l'aune des rapports de classe, de genre et de génération.
Ni passifs ni " inactifs ", ces anciens ouvriers et ouvrières sont loin d'être mis en retrait par leur retraite. Alors que la fin du monde ouvrier ne cesse d'être annoncée, ces " vieilles branches " continuent de lutter, d'être solidaires et de transmettre aux plus jeunes le sens du combat contre les injustices. Jusqu'au bout. 

Nicolas Renahy est sociologue, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE). Il a publié Les Gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale (La Découverte/Poche 2010), et a notamment codirigé Le Laboratoire des sciences sociales. Histoires d'enquêtes et revisites (Raisons d'agir, 2018), Mondes ruraux et classes sociales (EHESS, 2018), et Mépris de classe. L'exercer, le ressentir, y faire face (Croquant, 2021).



lundi 10 décembre 2018

écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales




écouter: Gilles Laferté et Lorenzo Barrault-Stella, à propos des Mondes ruraux et classes sociales
La Marche de l'histoire , mercredi 5 décembre 2018 par Jean Lebrun
Mondes ruraux et classes sociales
Sous la direction de Ivan Bruneau, Gilles Laferté, 
Julian Mischi & Nicolas Renahy
Ehess
En temps & lieux
2018
Présentation de l'éditeur
Partis à la rencontre d’agriculteurs prospères, de bûcherons indépendants, de chasseurs, mais aussi d’ouvriers et de cadres de la SNCF, d’instituteurs militant – ou non – contre les fermetures d’écoles, ou encore d’élus locaux plus ou moins aguerris, les auteurs de cet ouvrage livrent ici les résultats de cette ethnographie collective qui complexifie la lecture de l’espace social, au plus près de la manière dont les individus se positionnent les uns par rapport aux autres.
S’appuyant sur une enquête de terrain menée dans le centre est de la France, ce livre propose une analyse renouvelée des campagnes françaises, attentive à la diversité des groupes sociaux et aux rapports de classe qui traversent ces territoires. Une telle prise en compte de la dimension locale permet de prendre toute la mesure de ce qui construit, aujourd’hui, l’appartenance sociale au sein des mondes ruraux.