« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 21 avril 2026

Parution: La Reproduction au 21e siècle. Actualité de la sociologie de Bourdieu et Passeron. Sous la direction de Bertrand Geay, Jérôme Camus, Pierre Clément et Pierig Humeau



La Reproduction au 21e siècle

Actualité de la sociologie de Bourdieu et Passeron

Sous la direction de Bertrand Geay, Jérôme Camus, Pierre Clément et Pierig Humeau 

du Croquant

Champ social

2026

 

Présentation de l'éditeur

L’égalité des chances, dans le système scolaire, la méritocratie, comme gage de réussite, et la mobilité sociale, comme promesse, sont au cœur de l’idéologie dominante : le statut des individus n’est censé dépendre ni de la naissance ni de l’héritage. Or, force est de constater que les mécanismes qui déjouent ces croyances et assurent la reproduction des positions sociales d’une génération à l’autre semblent plus puissants que jamais. C’est précisément à la déconstruction de ces mécanismes que ce livre entend contribuer en revenant sur les apports et l’actualité d’un ouvrage fondateur pour la sociologie en général et la sociologie de l’éducation en particulier : La reproduction de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. Les auteurs réunis dans cet ouvrage collectif revisitent et actualisent, à partir de leurs propres travaux, les analyses de Bourdieu et Passeron pour proposer un panorama inédit de la reproduction sociale à l’école et par l’école dans la France du XXIe siècle.  

 

Table des matières

Préface 

Ludivine Bantigny

Introduction générale 

Jérôme Camus, Pierre Clément, Bertrand Geay
et Pierig Humeau

Partie 1 : La genèse et la réception de
La Reproduction

Introduction

Gisèle Sapiro

Un livre à brûler ? Éléments sur la genèse, la fabrique
et la réception de
La Reproduction

Pierre Clément

La réception américaine de La Reproduction : capital culturel, habitus et routinisation de la sociologie de l’éducation de Bourdieu 

Elliot B. Weininger, Annette Lareau

La Reproduction en Grande-Bretagne : réception et influence 

Michael Grenfell

La réception de l’ouvrage La Reproduction au Brésil :
une esquisse 

Ana Paula Hey

Partie 2 : Classes sociales, stratégies de reproduction et segments du système d’enseignement

Introduction

Gérard Mauger

Les stratégies familiales de reproduction : comment
se transmettent le capital économique et le capital culturel dans la France contemporaine ? 

Céline Bessière et Sibylle Gollac

L’internationalisation des stratégies de
reproduction des classes dominantes 

Anne Catherine Wagner

Un capital culturel anti-scolaire ? L’animation
dans le processus de reproduction 

Jérôme Camus et Francis Lebon

L’École, la domination et le populaire. Penser à
partir de
La Reproduction

Ugo Palheta

Le Bac Pro SAPAT, les contours d’une reproduction renouvelée des inégalités socio-sexuées 

Séverine Depoilly

Partie 3 : Curricula et luttes pour
le contrôle des institutions scolaires

Introduction 

Pierre Clément et Bertrand Geay

La nécessité sociologique de l’arbitraire culturel : sociogenèse du capital culturel international

Marie-Pierre Pouly

Pour une sociologie politique du curriculum :
avec et au-delà de
La Reproduction 

Pierre Clément

D’une culture humaniste et littéraire « classique »
à une culture de l’entreprise : la redéfinition du curriculum d’une classe préparatoire littéraire B/L

Cédric Laheyne

La réforme Chatel et l’injonction à « personnaliser »
au lycée : appropriations contrastées et
recompositions des rapports au métier enseignant

Camille Giraudon

Partie 4 : Pratiques et
productions/réductions des inégalités

Introduction 

Christian de Montlibert

La responsabilisation d’enseignants sous
doubles contraintes. Analyse relationnelle
des nouvelles stratégies de légitimation du système d’enseignement 

Sylvain Broccolichi et Christophe Joigneaux

Modalités pédagogiques : quelles contributions à la reproduction sociale ? Actualité et actualisations

Stéphane Bonnéry

Comment l’idéologie scolaire vient aux élèves ?
Une analyse de la violence symbolique
dans les classes 

Mathias Millet et Jean-Claude Croizet

Expérimenter une pédagogie rationnelle pour
réduire les inégalités à l’école primaire : conditions
de mise en œuvre 

Sandrine Garcia et  Anne-Claudine Oller

Partie 5 : Sélection et ségrégation

Introduction 

Franck Poupeau

Reproduction simple et reproduction élargie :
de la Sorbonne à Paris I-Panthéon-Sorbonne 

Christophe Charle

Reproduction et légitimation des inégalités à
l’épreuve de la seconde explosion scolaire 

Joanie Cayouette-Remblière et Alice Mercier

De l’espace social à la dimension spatiale
du monde social : vers une socio-géographie
des inégalités scolaires ? 

Leïla Frouillou

Sélection et ségrégation. Les formes contemporaines
de reproduction scolaire 

Choukri Ben Ayed

Conclusion générale

Jérôme Camus, Pierre Clément, Bertrand Geay
et Pierig Humeau

Index


mardi 14 avril 2026

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 261 – avril 2026 // Du côté obscur de la famille (2)



 

Actes de la Recherche en Sciences Socialesn° 261 – avril 2026 // Du côté obscur de la famille (2)

Seuil

2026

 

 Présentation par la Revue

Ce numéro est la seconde partie du dossier consacré au « côté obscur de la famille », qui propose de (re) penser les rapports de domination à l’œuvre dans la famille pour comprendre les différents modes d’exercice du pouvoir qui s’y jouent. La vie familiale n’est ni un long fleuve tranquille, ni un sanctuaire protégé des logiques marchandes et capitalistes, ni un espace de liens électifs, comme l’ont clamé les théoriciens de la (post) modernité. Elle est parfois le lieu de violences extrêmes – féminicide, inceste – mais aussi de transactions quotidiennes engageant des rapports asymétriques entre parents et enfants, conjoints et conjointes ou encore aîné·es et cadet·tes. Mais la famille n’est pas un isolat : elle est traversée par d’autres institutions, notamment l’État social et le droit, qui l’encadrent, la contrôlent et participent parfois à renforcer les inégalités en son sein plutôt qu’à les réduire. Plus encore, ces institutions contribuent à définir la norme familiale d’où découlent des violences institutionnelles et des inégalités. Les articles de ce dossier explorent ainsi l’intervention de ces institutions et la façon dont celle-ci travaille les rapports sociaux de classe, de sexe et de race qui s’articulent au sein de la parenté. Ils portent sur différentes configurations socio-historiques, montrant comment les nœuds du pouvoir se recomposent à chaque fois : enquêtes sur les violences familiales en vue de placer les enfants dans le Paris dans l’entre-deux-guerres ; construction du droit de la famille en contexte post-colonial au Sénégal et au Bénin ; procédures d’émancipation des mineur·es dans la France contemporaine ; traitement des mères lesbiennes et des parents trans par la justice aux affaires familiales au Québec, au Chili et en France. Ces contributions montrent ainsi que le privé est plus que jamais politique.
 

 Sommaire

À l’indignation de tous »
Classes populaires et régulation des violences sur enfants à Paris dans l’entre-deux-guerres
Lola Zappi

Une domination sous tutelle
Désordres familiaux et usages du droit dans les procédures d’émancipation des mineur·es
Baptiste Coulmont et Camille François

Enquêter la justice et le droit de la famille en contexte post-colonial
Entretien avec Sophie Andreeta et Marième N’Diaye

Cet entretien a été réalisé par Altaïr Despres, Sibylle Gollac, Anne Lambert 

Les coûts familiaux et judiciaires du coming out
Trajectoires post-hétérosexuelles en France, au Québec et au Chili
Émilie Biland

Hors thème // L’histoire du droit, une science sociale
Entretien avec Jean-Louis Halpérin

Propos recueillis par Sara Dezalay, Sibylle Gollac  

 

 


vendredi 5 septembre 2025

Actes de la recherche en sciences sociales N° 258-259 , septembre 2025, Cinquante ans

 


 Actes de la recherche en sciences sociales N° 258-259 , septembre 2025

Cinquante ans

Seuil

  

4 Prendre Actes
Comité de rédaction
20 Des actes révolutionnaires
Les inventions d’une « revue très peu académique »
Julien Duval
58 La multiplication des revues de sciences sociales
(1975-2025) : crise de surproduction et spécialisation ?
Pierre Blavier
72 Une revue peut en cacher une autre
Liber, supplément d’Actes : brève histoire d’une utopie
Christophe Charle
94 Négatifs
Note sur les refus de publication d’Actes de la recherche
en sciences sociales (1983-2005)
Camille François
108 La fabrique d’Actes de la recherche
en sciences sociales
Portraits du « travail normal »
Anne Bory et Eleonora Elguezabal
126 La part du genre
Genre et approche intersectionnelle dans les revues
de sciences sociales françaises au XXIe siècle
Julien Boelaert, Samuel Coavoux, Estelle Delaine,
Altaïr Despres, Sibylle Gollac, Narguesse Keyhani,
Adèle Mommeja et Étienne Ollion
146 Résumés


mercredi 5 février 2020

Céline Bessière et Sibylle Gollac, Le genre du capital. Comment la famille reproduit les inégalités


Céline Bessière
Sibylle Gollac
Le genre du capital 
Comment la famille reproduit les inégalités 
La Découverte
L'envers des faits
2020


Présentation de l'éditeur
On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d’inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l’on sait moins, c’est que l’inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Conjointes et conjoints, frères et sœurs, pères et mères n’occupent pas les mêmes positions dans les stratégies familiales de reproduction, et n’en tirent pas les mêmes bénéfices. Fruit de vingt ans de recherches, ce livre montre que le capital a un genre.
Céline Bessière et Sibylle Gollac enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit. Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff et MacKenzie Bezos, des transmissions de petites entreprises à l’héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes. Ce livre analyse ainsi comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital.  
Céline Bessière est professeure de sociologie à l'Université Paris-Dauphine. Elle a publié notamment, De génération en génération. Arrangements de famille dans les entreprises viticoles de Cognac (Raisons d'Agir, 2010). Sibylle Gollac est chercheuse au CNRS. Elle a dirigé, avec S. Billaud, A. Oeser et J. Pagis, Histoires de familles. Les récits du passé dans la parenté contemporaine (Editions de la Rue d'Ulm, 2015).
 









 

dimanche 16 février 2014

Pierre Bourdieu et les statistiques, par C. Seibel, A. Desrosières, M. Gollac, J-P. Benzécri, H. Rouanet

Pierre Bourdieu et les statistiques, par C. Seibel, A. Desrosières, M. Gollac, J-P. Benzécri, H. Rouanet


 (Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à  mesure, Gilbert Quélennec)
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Claude Seibel, Les liens entre Pierre Bourdieu et les statisticiens, à partir de son expérience algérienne

video et article: Alain DESROSIERES, L’influence de Pierre Bourdieu

Michel Gollac, La rigueur et la rigolade - À propos de l'usage des méthodes quantitatives par Pierre Bourdieu

Jean-Paul Benzécri, « In memoriam : Pierre Bourdieu » L’@nalyse des données : histoire, bilan, projets, …, perspective

Articles d'Henry Rouanet: Pierre Bourdieu et l'Analyse des Données
 


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voir également:

en ligne: Articles de Pierre Bourdieu utilisant l'analyse géométrique des données

vendredi 6 décembre 2013

écouter: Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales

écouter:

Wilfried Lignier et Céline Bessière, pour Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales
Le Bien commun par Antoine Garapon, 30.01.2014

Hélène Steinmetz, pour Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales
Du Grain à moudre par Hervé Gardette, 14.01.2014

Sibylle Gollac, pour Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales
Service public par Guillaume Erner, 28.11.2013

Le Collectif Onze
Au tribunal des couples
Enquête sur des affaires familiales
Odile Jacob
2013

Présentation de l'éditeur
Divorces et séparations conjugales sont aujourd’hui fréquents. Tout un chacun, marié ou ayant des enfants, peut avoir affaire à la justice familiale pour régler les conséquences de sa rupture. Cette institution publique est censée mettre en œuvre un droit identique pour toutes et tous. Mais les justiciables se voient-ils accorder la même attention selon leurs ressources et leurs conditions de vie ? Et la justice conduit-elle effectivement à plus d’égalité entre les hommes et les femmes ?
Pour le savoir, ce livre nous fait entrer au tribunal des couples, dans ces chambres de la famille des tribunaux de grande instance, où juges aux affaires familiales, greffières et avocats font face à un contentieux massif. L’ouvrage est issu d’une enquête d’une ampleur inédite, combinant données statistiques, observations d’audiences, consultations de dossiers et entretiens avec ces professionnels.
Pour ce faire, il a mobilisé, de l’enquête à l’écriture, une équipe de sociologues rassemblés ici sous le nom de Collectif Onze. Leur conclusion est sans appel : malgré les bouleversements de la vie conjugale et les transformations du droit de la famille, la justice participe à la reconduction de l’ordre social entre les sexes et entre les classes. 
Le Collectif Onze est composé de 11 membres des composantes françaises et québécoises du projet Ruptures. Il s'agit de : Céline Bessière (Université Paris-Dauphine), Emilie Biland (Université Laval), Benoît Coquard (Université de Poitiers), Aurélie Fillod-Chabaud (Institut Universitaire Européen), Sibylle Gollac (CNRS), Wilfried Lignier (CNRS), Muriel Mille (Université Laval), Julie Minoc (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Samuel Neuberg (EHESP), Sabrina Nouiri-Mangold (EHESS) et Hélène Steinmetz (ENS).

samedi 8 septembre 2012

Risques du travail, la santé négociée. Sous la direction de Catherine Courtet et Michel Gollac

Risques du travail, la santé négociée
Sous la direction de Catherine Courtet et Michel Gollac
La Découverte
2012

sommaire et résumé

extrait: Marion Gilles et Serge Volkoff,  « Pourquoi tant de chiffres ? Tensions autour de la quantification de la santé au travail en entreprises »

Présentation de l'éditeur
Analyser la santé au travail, c'est analyser le travail et ses transformations, les déterminants organisationnels et managériaux de l'activité, les contraintes qui pèsent sur elle et les ressources que les salariés mobilisent pour sa réalisation. C'est aussi analyser les transformations historiques de l'identification, de l'objectivation (scientifique, médicale, statistique) et de la prise en charge des pathologies dont le lien avec le travail est avéré ou suspecté. Entre conflits et définition de normes de protection ou de prévention, la santé au travail se négocie. Cette négociation ne porte pas que sur la reconnaissance et la réparation des maladies dites professionnelles ; elle influe sur le travail lui-même et détermine ses conséquences pour la santé.
Les contributions d'historiens, sociologues, économistes, ergonomes, psychologues, épidémiologistes, rassemblés dans cet ouvrage, sont issues de travaux de recherche parmi les plus innovants dans ce domaine. Elles associent l'examen des déterminants « objectifs » de la santé au travail à celui des processus sociaux qui président à cette objectivation. Leurs terrains d'observation et d'expérimentation s'attachent au poste de travail, à l'entreprise, à la branche et aux niveaux national et international, et visent à mieux comprendre les chaînes causales complexes qui font du travail un facteur de maladie ou de santé. Elles mettent ainsi en évidence les contraintes, mais aussi des marges de liberté. Mieux comprendre les liens entre santé et travail, c'est se donner les moyens d'agir.
Catherine Courtet, coordinatrice scientifique du département sciences humaines et sociales de l’Agence nationale de la recherche, a été responsable du volet recherche du Plan national Santé Environnement-1 et du Plan Santé Travail-1.
Michel Gollac, sociologue, administrateur de l’INSEE, est membre du Centre de recherche en économie et statistiques (CREST) et codirecteur du Groupe d’étude sur le travail et la souffrance au travail (GESTES).

vendredi 20 août 2010

Michel Gollac, La rigueur et la rigolade - À propos de l'usage des méthodes quantitatives par Pierre Bourdieu

Michel Gollac, La rigueur et la rigolade - À propos de l'usage des méthodes quantitatives par Pierre Bourdieu
Article paru dans Rencontres avec Pierre Bourdieu, sous la direction de Gérard
Mauger, Éditions du Croquant, 2005, aussi in Courrier des Statistiques, décembre 2004 - N° 112



Résumé
Au long de son oeuvre, Pierre Bourdieu fait des statistiques un usage remarquable à trois titres : le fond, le choix des méthodes et la forme de l'exposé. Il insère l'usage des statistiques dans une critique sociologique qui remet en cause des catégories de pensée et des préjugés sociaux : conscient du fait que la statistique est un outil critiquable car construit justement à partir de ces catégories, il l'utilise d'autant mieux. Dans le choix des méthodes, sa préférence va à l'analyse des correspondances multiples qui permet de construire des variables au-delà de celles existantes. Dans la forme, enfin, il traduit la créativité du chercheur et recherche la facilité de lecture, plutôt qu'il ne met en vedette la rigueur formelle des ses travaux. Au fil du temps, cependant, il a porté une attention croissante à la rigueur statistique sans renoncer à la rigueur critique de la sociologie. Ainsi Pierre Bourdieu a-t-il fait un usage original des statistiques pour nous faire voir le monde social sous un angle inattendu, avec le plus grand irrespect des catégories ordinaires de pensée. Cette combinaison de rigueur et de liberté peut demeurer une source d'inspiration. C'est ainsi que pour l'évoquer dans cet article, l'auteur a adopté un ton « décalé » qui, paradoxalement, renforce le sérieux de son propos.

Summary
Throughout his work, Pierre Bourdieu's use of statistics was remarkable on three counts: content, choice of method, and expository form. He incorporated the use of statistics into a sociological critique that challenged categories of thought and social prejudices. He realized that statistics was a tool open to criticism precisely because it was built on the basis of these categories­and he was thus able to use it all the more effectively. In his choice of methods, he preferred multiple correspondence analysis (MCA), which allows the construction of variables other than existing ones. As regards form, Bourdieu focused on the researcher's creativity and was more concerned to achieve readability than to showcase the formal rigor of his work. Over time, however, he paid increasing attention to statistical rigor without sacrificing the critical rigor of sociology. In sum, Pierre Bourdieu made innovative use of statistics to show us the social world from an unexpected angle, with the greatest irreverence for the ordinary categories of thought. This combination of rigor and freedom can still inspire. To discuss Bourdieu in this article, the author has accordingly chosen an «offbeat» style that, paradoxically, underscores the seriousness of his approach.