« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 15 avril 2024

Loïc Wacquant, Jim Crow. Le terrorisme de caste en Amérique

 

 

Loïc Wacquant

Jim Crow

Le terrorisme de caste en Amérique 

Raisons d'agir

Cours et Travaux

2024



Présentation de l'éditeur

On associe la notion de caste avec l’Inde brahmanique mais, dans le Sud des États-Unis entre les années 1890 et 1960, les Noirs, descendants d’esclaves, étaient traités comme une sous-caste, véritables « intouchables » dans le pays berceau de la démocratie. Jim Crow est le nom communément donné au système de domination raciale qui les tenait sous son emprise féroce et contre lequel le Mouvement des droits civiques de Martin Luther King s’est insurgé. Mais en quoi consistait-il au juste et comment fonctionnait-il ?
Loïc Wacquant dresse un bilan historique méticuleux visant à construire un modèle sociologique rigoureux de ce régime. Il montre qu’adossé au mythe de « la goutte de sang noir » bannissant le métissage, il se composait de quatre éléments étroitement imbriqués : une infrastructure économique de métayage virant à la servitude pour dettes ; un noyau social fait de duplication institutionnelle et d’exigence de déférence permanente des Noirs envers les Blancs ; et une superstructure de privation des droits politiques et judiciaires. Mais les Afro-Américains n’ont jamais acquiescé à ces trois mécanismes d’exploitation, de subordination et d’exclusion. Il a donc fallu les sécuriser au moyen d’un quatrième élément, la violence terroriste, violence protéiforme (intimidation, agression, viol, chasse à l’homme, pogrom, fouettage, lynchage et torture publique, mais aussi arrestations arbitraires, embastillements abusifs et exécutions hâtives du côté de la loi) qui plane sur chaque interaction sociale entre Blancs et Noirs et qui peut frapper à tout moment avec impunité pour communiquer un message politique strident : l’impériosité de la suprématie blanche.
Ce livre lucide et révélateur est une invitation urgente à repenser de fond en comble les rapports historiques mais aussi contemporains entre caste, justice et démocratie en Amérique ainsi que dans les pays qui, redécouvrant leur passé colonial, se débattent aujourd’hui avec la « question raciale ». Il est certain de changer l’idée que le lecteur se fait de la race, du terrorisme et de la démocratie en Amérique.

Loïc Wacquant est professeur de sociologie à l’université de Californie, Berkeley, et chercheur associé au Centre européen de sociologie et de science politique, Paris. Ses livres sont traduits en vingt langues et comprennent Invitation à la sociologie réflexive (avec Pierre Bourdieu, 2014), Les Prisons de la misère (2015), Voyage au pays des boxeurs (2022) et Misère de l’ethnographie de la misère (2023).

 

mercredi 21 novembre 2018

Aaron Cicourel, La justice des mineurs au quotidien de ses services


Aaron Cicourel
La justice des mineurs au quotidien de ses services 
Traduit de l'américain par Samuel Bordreuil
Institut d'Etudes Sociales 
Le geste social 
2018 


Présentation de l'éditeur
Publié pour la première fois en 1968, puis réédité plusieurs fois The Social Organization of Juvenile Justice (titre original) d’Aaron Cicourel appartient à la catégorie des classiques de la littérature sociologique. Près d’un demi-siècle après en voici une traduction en français.

Suivre les trajectoires des mineurs, supposément délinquants, pris qu’ils sont dans les mailles de leur justice; suivre au plus près – sur quatre ans, partageant leur quotidien - ceux qui les suivent : policiers, personnels du Contrôle Judiciaire. C’est-à-dire retracer, d’un entretien à l’autre, d’un rapport au suivant, l’avancée des dossiers que ces services instruisent sur ces jeunes, traquant ainsi ce qui dans ces dossiers, par déports successifs, tout à la fois éloigne du théâtre originel des frasques des mineurs leur ayant valu de tomber sous le radar, et permet in fine de boucler leurs cas comme manifestant le socle d’une histoire sur lequel ancrer verdict et préconisation : telle est la matière vive du livre ; et, d’aborder la sociologie de la délinquance, non par les délinquants, mais par ceux (les services) qui les réputent tels et ainsi les génèrent, voilà sa singularité.

En même temps, le livre d’Aaron Cicourel fait date, non seulement dans le champ de la sociologie de la déviance, mais dans l’histoire même de la sociologie parce qu’on y trouvera, noué comme rarement, un entrelacs réflexif entre singularité d’objet et potentiels des diverses méthodologies susceptibles d’honorer cette singularité. Un pied dans les ‘communities studies’ ; un autre dans la grille analytique de l’ethnométhodologie sans, pour autant, que les approches statistiques y passent par pertes et profits.
A tous égards, aussi bien pour ceux pour qui la délinquance et/ou la déviance est l’objet central de leurs recherches, que pour la corporation sociologique dans son ensemble soucieuse de savoir ‘où elle en est’, la lecture de ce classique enfin traduit apportera beaucoup.  

Aaron Cicourel (1928-) est Professeur émérite de l'Université de Californie à San Diego (UCSD). Il a reçu le doctorat honoris causa de l’Université de Fribourg (2007) et de la Complutense Université de Madrid (2008). Une part importante de ses ouvrages a été traduite en allemand, japonais, espagnol ou français (Editions du Seuil). Il constitue une figure centrale des sciences sociales de la seconde moitié du 20e siècle. Il a été introduit au public francophone par Pierre Bourdieu qui a veillé à la diffusion de son œuvre. Outre la délinquance juvénile, ses recherches innovantes ont porté sur des domaines variés : les méthodes d’enquête en sciences sociales ; le raisonnement médical en situation d’entretien entre médecin et patient ; le rapport entre aptitudes langagières et performances scolaires. La rigueur scientifique d’Aaron Cicourel s’est toujours accompagnée du souci de mettre la sociologie au service de la société, et en particulier des acteurs sociaux sur lesquels portaient ses recherches, afin de contribuer à la réflexion sur leurs conditions d’existence et, quand cela était possible, à leur amélioration.

mardi 4 septembre 2018

Monique et Michel Pinçon-Charlot, Étienne Lécroart, Les Riches au tribunal. L'affaire Cahuzac et l'évasion fiscale

Monique et Michel Pinçon-Charlot, Étienne Lécroart
Les Riches au tribunal
L'affaire Cahuzac et l'évasion fiscale
Seuil-Delcourt
2018

Résumé
En suivant le procès Cahuzac, les fameux « sociologues des riches » s’associent à Étienne Lécroart pour démonter les mécanismes de l’évasion fiscale, et montrer comment, chez les classes dirigeantes, la fraude se gère en famille. 





mercredi 22 novembre 2017

Pascal Marichalar, Qui a tué les verriers de Givors ? Une enquête de sciences sociales

 
Pascal Marichalar
Qui a tué les verriers de Givors ?
Une enquête de sciences sociales
La Découverte
L'envers des faits 
2017

Présentation de l'éditeur
Dans la petite ville de Givors, proche de Lyon, des hommes meurent les uns après les autres, emportés par des cancers à un âge relativement jeune. Leur point commun : ils ont travaillé pour produire des bouteilles et des pots à la verrerie qui a fermé ses portes en 2003. La compagne d’un verrier malade fait alors équipe avec un imprimeur à la retraite pour résoudre ce mystère. Ils comprennent vite que ce ne sera pas une enquête policière classique : c’est à eux de prouver qu’il y a eu un crime, et plus ils avancent vers la vérité, moins la justice semble disposée à juger les faits. Cependant, grâce à la force collective des verriers et de leurs soutiens, ils vont lever progressivement le voile sur un véritable scandale d’État.
Ce livre est une enquête sur cette enquête. Avec les outils des sciences sociales, l’auteur analyse les procédures, les mensonges et les injustices qui font que tous les jours autour du monde des millions de femmes et d’hommes sont mis en danger impunément.  

Pascal Marichalar est sociologue et historien, chercheur au CNRS, membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux.

 

mardi 13 juin 2017

Grégory Salle, L’utopie carcérale. Petite histoire des "prisons modèles"

 
Grégory Salle
L’utopie carcérale
Petite histoire des "prisons modèles"
Amsterdam
2017

Présentation de l'éditeur
À quoi tient aujourd’hui la légitimité de la prison ? Au tournant sécuritaire commandé par la réaction néolibérale, assurément. Mais aussi à la croyance que la prison est perfectible, envers et contre tout. Régulièrement, des « prisons modèles » s’évertuent à raviver une utopie pénitentiaire moribonde. Les discours qui les accompagnent font miroiter la possibilité d’un enfermement enfin avantageux sinon salutaire, comme si jusqu’ici, par manque d’imagination, de volonté et de moyens, l’on n’avait pas vraiment essayé.
C’est oublier une histoire jalonnée de diverses tentatives, parfois grandioses, qui donne toutes les raisons d’en douter. Pour nous la remémorer, ce livre effectue une vaste mise en perspective dans le temps et l’espace. De Genève à Pékin en passant par Londres ou Saint-Pétersbourg, du début du XIXe siècle à nos jours, il rappelle des cas célèbres ou méconnus de « prisons modèles » qui, d’abord encensées, ont tourné au fiasco.
Au terme de ce détour, pourtant, il ne s’agit pas seulement de constater l’ampleur du fossé entre prétentions et réalités, ni même de dissiper une illusion. Mais de faire opérer aux « prisons modèles » le même renversement de perspective qu’aux prisons tout court : et si l’évidence aveuglante de leur échec masquait un genre de succès, le passage sous silence de la gestion différentielle des illégalismes dont la prison est le pivot ?



jeudi 15 septembre 2016

écouter: Caroline Rolland-Diamond, Black America Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle)


écouter: Caroline Rolland-Diamond, Black America Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle)
La Fabrique de l'Histoire par Emmanuel Laurentin, 09.09.22016

Caroline Rolland-Diamond
Black America 
Une histoire des luttes pour l’égalité et la justice (XIXe-XXIe siècle) 
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Parks. Dans la mémoire collective, ces trois noms résument trop souvent à eux seuls le long combat des Noirs américains pour l’égalité, la justice et la dignité. Au-delà du récit convenu centré sur ces grandes figures héroïques, Black America retrace la lutte des Afro-Américains, depuis l’émancipation des esclaves en 1865 jusqu’à nos jours, en redonnant toute leur place aux acteurs – et aux actrices – anonymes mais essentiels de cette histoire inachevée.
Proposant une analyse globale des mouvements de revendications noirs, l’auteure décrit avec talent la longue sortie de la ségrégation dans l’ancien Sud esclavagiste et les luttes radicales engagées par les Noirs pour y mettre un terme. Mais elle raconte aussi une histoire moins connue : celle de l’« apartheid américain » dans le Nord et l’Ouest et des mobilisations quotidiennes des Afro-Américains pour l’amélioration de leurs conditions de vie.
Alors que l’élection de Barack Obama en 2008 à la Maison-Blanche semblait annoncer l’avènement d’une Amérique post-raciale, le mouvement Black Lives Matter, né en réaction aux violences policières dont les Noirs sont victimes, rappelle que le problème des discriminations et des inégalités raciales reste entier.
Grâce à des recherches originales dans les archives, à une analyse minutieuse de la presse afro-américaine et à un suivi précis des recherches les plus récentes sur ces sujets, l’auteure offre avec Black America une grande fresque appelée à devenir une référence incontournable sur cette question essentielle de l’histoire des États-Unis.  
Caroline Rolland-Diamond, historienne des États-Unis à l’université Paris-Ouest-Nanterre, est spécialiste des mouvements sociaux américains. Elle est notamment l’auteure de Chicago : le moment 68. Territoires de la contestation étudiante et répression politique (Syllepse, 2011).
extrait

 

mercredi 23 décembre 2015

vidéo: Vanessa Codaccioni, Justice d'exception. L'État face aux crimes politiques et terroristes


Vanessa Codaccioni 
Justice d'exception 
L'État face aux crimes politiques et terroristes 
CNRS
2015

Présentation de l'éditeur
Qu’ont en commun d’anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l’OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d’Action Directe ? D’avoir été jugés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d’Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat.
Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l’arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l’OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd’hui, c’est toute la généalogie de l’antiterrorisme que ce livre retrace.
Par cet ouvrage passionnant qui s’appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l’État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l’utilisation de dispositifs d’exception en régime démocratique.

Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8, Vanessa Codaccioni est notamment l’auteure de Punir les opposants. PCF et procès politiques, 1947-1962 (2013).

mardi 10 novembre 2015

Vanessa Codaccioni, Justice d'exception. L'État face aux crimes politiques et terroristes


Vanessa Codaccioni 
Justice d'exception 
L'État face aux crimes politiques et terroristes 
CNRS
2015

Présentation de l'éditeur
Qu’ont en commun d’anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l’OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d’Action Directe ? D’avoir été jugés par la Cour de sûreté de l’État, une juridiction d’exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d’Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat.
Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l’arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l’OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd’hui, c’est toute la généalogie de l’antiterrorisme que ce livre retrace.
Par cet ouvrage passionnant qui s’appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l’État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l’utilisation de dispositifs d’exception en régime démocratique.

Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8, Vanessa Codaccioni est notamment l’auteure de Punir les opposants. PCF et procès politiques, 1947-1962 (2013).

lundi 12 octobre 2015

écouter: Alexis Spire & Katia Weidenfeld, L'impunité fiscale. Quand l’État brade sa souveraineté


La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 10.10.2015

Alexis Spire & Katia Weidenfeld
L'impunité fiscale 
Quand l’État brade sa souveraineté 
La Découverte
L'horizon des possibles
2015

Présentation de l'éditeur
Dans un contexte de disette budgétaire, plusieurs scandales ont amené la fraude fiscale sur le devant de la scène médiatique. Pourtant, si les gouvernements affichent leur détermination face à cette délinquance, en pratique, rares sont ceux qui passent devant un juge pour de tels actes. Les grandes entreprises et les contribuables fortunés s’en sortent le plus souvent avec des amendes. Les organisateurs des montages frauduleux à grande ou petite échelle ne sont, eux, jamais inquiétés. Ceux qui se retrouvent devant les tribunaux sont les moins aguerris aux procédures de l’administration : gérants de paille, petits entrepreneurs ou simples contribuables qui, par ignorance ou conviction, refusent le jeu du dialogue avec le fisc.
Comment expliquer cette impunité ? Pourquoi la fraude fiscale n’est-elle pas traitée en France comme un délit à part entière ? À partir d’une enquête au long cours dans les coulisses de l’administration et dans les arcanes des tribunaux, ce livre démonte les mécanismes qui font tourner la machine judiciaire… à vide. Mettre fin à cette tolérance permettrait pourtant de lever une contradiction témoignant d’un renoncement partiel de l’État à sa souveraineté : on ne peut affirmer la centralité de l’impôt dans le contrat social tout en maintenant dans l’impunité ceux qui s’en exonèrent volontairement. 
Alexis Spire est sociologue, directeur de recherches au CNRS. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués, dont Accueillir ou reconduire. Enquête sur les guichets de l’immigration (Raisons d’agir, 2008) et Faibles et puissants face à l’impôt (Raison d’agir, 2012).
Katia Weidenfeld est historienne du droit et juriste, directrice d’études à l’École nationale des chartes. Elle est notamment l’auteur deÀ l’ombre des niches fiscales (Economica, 2011).


mardi 20 mai 2014

video: "Justice, police : d’un public l’autre, entre hystérie sécuritaire et laxisme systématique" (avec Laurent Bonelli, Evelyne Sire-­Marin, Gilles Gourc)

 
« JUSTICE, POLICE : D’UN PUBLIC L’AUTRE,
ENTRE HYSTÉRIE SÉCURITAIRE ET LAXISME SYSTÉMATIQUE »

  • Laurent BONELLI, est maître de conférences en science politique à l’université Paris Ouest Nanterre. Co-­rédacteur en chef de la revue Cultures & Conflits, il est spécialisé dans les questions de sécurité urbaine, de surveillance et de lutte contre le terrorisme. Il a notamment publié La France a peur. Une histoire sociale de « l’insécurité » (La Découverte, septembre 2010). Il coordonne actuellement une enquête sur la justice des mineurs,
  • Evelyne SIRE-­MARIN, magistrate, est vice-présidente du Tribunal de grande instance de Paris. Elle a été présidente du Syndicat de la Magistrature, co-présidente de la Fondation Copernic et est depuis 2011 vice-présidente de la Ligue des Droits de l’Homme,
  • Gilles GOURC, contrôleur du travail et membre du syndicat CNT "Travail et Affaires sociales" de Rhône-Alpes, qui regroupe notamment les agents du ministère du travail, et auteur de "Corps au travail". 
  • Cinquième séance de la saison 2013-2014 du Séminaire mensuel de la Fondation Copernic, "GAUCHE ET PROGRES", en partenariat avec la revue Mouvements 18 mars 2014

(source Fondation Copernic)

vendredi 3 janvier 2014

écouter: Matthieu Bonduelle, Réformes de la justice: quels enjeux pour demain?

écouter: Matthieu Bonduelle, Réformes de la justice: quels enjeux pour demain?
émission de la Fondation COPERNIC, Modes d'emploi, FPP, 27.12.2013
Matthieu Bonduelle, ancien président du syndicat de la magistrature et juge d’instruction au Tribunal de Créteil.

vendredi 6 décembre 2013

écouter: Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales

écouter:

Wilfried Lignier et Céline Bessière, pour Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales
Le Bien commun par Antoine Garapon, 30.01.2014

Hélène Steinmetz, pour Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales
Du Grain à moudre par Hervé Gardette, 14.01.2014

Sibylle Gollac, pour Le Collectif Onze, Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales
Service public par Guillaume Erner, 28.11.2013

Le Collectif Onze
Au tribunal des couples
Enquête sur des affaires familiales
Odile Jacob
2013

Présentation de l'éditeur
Divorces et séparations conjugales sont aujourd’hui fréquents. Tout un chacun, marié ou ayant des enfants, peut avoir affaire à la justice familiale pour régler les conséquences de sa rupture. Cette institution publique est censée mettre en œuvre un droit identique pour toutes et tous. Mais les justiciables se voient-ils accorder la même attention selon leurs ressources et leurs conditions de vie ? Et la justice conduit-elle effectivement à plus d’égalité entre les hommes et les femmes ?
Pour le savoir, ce livre nous fait entrer au tribunal des couples, dans ces chambres de la famille des tribunaux de grande instance, où juges aux affaires familiales, greffières et avocats font face à un contentieux massif. L’ouvrage est issu d’une enquête d’une ampleur inédite, combinant données statistiques, observations d’audiences, consultations de dossiers et entretiens avec ces professionnels.
Pour ce faire, il a mobilisé, de l’enquête à l’écriture, une équipe de sociologues rassemblés ici sous le nom de Collectif Onze. Leur conclusion est sans appel : malgré les bouleversements de la vie conjugale et les transformations du droit de la famille, la justice participe à la reconduction de l’ordre social entre les sexes et entre les classes. 
Le Collectif Onze est composé de 11 membres des composantes françaises et québécoises du projet Ruptures. Il s'agit de : Céline Bessière (Université Paris-Dauphine), Emilie Biland (Université Laval), Benoît Coquard (Université de Poitiers), Aurélie Fillod-Chabaud (Institut Universitaire Européen), Sibylle Gollac (CNRS), Wilfried Lignier (CNRS), Muriel Mille (Université Laval), Julie Minoc (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Samuel Neuberg (EHESP), Sabrina Nouiri-Mangold (EHESS) et Hélène Steinmetz (ENS).

jeudi 13 octobre 2011

en ligne: Savoir/Agir n° 14, décembre 2010, « Justice en réforme, justices en luttes »

Savoir/Agir, n°14

Savoir/Agir n° 14, décembre 2010  « Justice en réforme, justices en luttes »

Il est disponible en librairie (prix public :15 €) et peut être commandé franco de port aux éditions du Croquant (http://www.atheles.org/editionsducr...)

Table de matières

Éditorial

L’ « après-crise » ou les habits neufs du néo-libéralisme, par Frédéric Lebaron

Dossier

Justice en réforme, justices en luttes, coordonné par Philippe Enclos et Laurent Willemez
Les valeurs fondamentales à l’épreuve de la perpétuelle réforme, par Jean-Claude Planque
Réformisme managérial et transformation de sens : justiciables et professionnels face à la « modernisation » de la justice, par Laurent Willemez
Réflexions sur l’évolution de l’action juridique syndicale, par Philippe Enclos
Pratiquer le droit des étrangers, défendre une cause, par Jean-Philippe Tonneau
Repenser la façon de faire la loi, avec Hélène Franco

Grand entretien avec Laurent Mucchielli

Le savant, l’expert et le politique : la production de connaissances sur les délinquances

Paroles

« Une vie qui nous convient ». La décroissance, « c’est aussi pour le bien-être de la planète et pour soi aussi... c’est un mieux-être », par Arnaud Mège

La rhétorique réactionnaire

Insécurité : le retour de Lombroso ? par Gérard Mauger

Chronique de la gauche de gauche

La Fase, un nouvel objet politique ? par Louis Weber

Actualité

Mouvement social. Un signe d’espoir, des questions d’avenir, par Daniel Rallet
Le sécuritaire au quotidien. Quelques réflexions autour du dispositif « Voisins vigilants », par Romain Mathieu

Alterindicateurs

Les techniques et les enjeux de la mesure de la délinquance, par Laurent Mucchielli

Europe

Les juristes ont-ils des idées ? Réflexions autour du droit communautaire, par Gaël Coron

Politiques d’ailleurs

Derrière le rideau de bambou : le coût social des Commonwealth Games de Delhi, par Laurent Gayer

jeudi 22 septembre 2011

Lawyers and the Construction of Transnational Justice. Edited by Yves Dezalay and Bryant Garth

Lawyers and the Construction of Transnational Justice
Edited by Yves Dezalay and Bryant Garth
Series: Law, Development and Globalization
Routledge
2011

Présentation de l'éditeur
Lawyers and the Construction of Transnational Justice will show students and scholars what it means in practice to talk about building transnational justice – both on the side of economic regulation and on the side of human rights and humanitarian law. It links national and transnational processes, tracing the activities of lawyers with their successful and less successful strategies to build institutions and credibility for a transnational legal field. Examples include developments in international criminal justice, including the unsuccessful quest to establish universal jurisdiction for the prosecution of human rights violators; the very successful efforts to build transnational trade and intellectual property regimes; and the relative success in building a European legal field. The introductory and concluding chapters by the co-editors, drawing on the sociology of Pierre Bourdieu, link the chapters together and explore the possibilities for a more institutionalized and unified transnational legal field – bridging the economic and corporate side with the human rights and humanitarian side. Addressing a range of international issues, Lawyers and the Construction of Transnational Justice is a major contribution to the field of sociology of law, as well as to debates about global governance.

Introduction: Constructing Transnational Justice, Yves Dezalay and Bryant G. Garth 2. Lawyers, Humanitarian Emergencies, and the Politics of Large Number, Ron Levi and John Hagan 3.The Cause of Universal Jurisdiction: The Rise and Fall of an International Mobilization, Julien Seroussi 4. Lawyering War or Talking Peace? On Militant Usages of the Law in the Resolution of Internal Armed Conflicts: A Case Study of International Alert, Sara Dezalay 5. From Peacebuilding in War-Torn Countries to Justice in the Global North, Sandrine Lefranc 6. Legal Cosmopolitanism Divided: Stating, Codifying, and Invoking International Law of State Responsibility, Pierre-Yves Condé 7. Globalizing Intellectual Property Rights: The Politics of Law and Public Health, Diana Rodriguez-Franco 8. The Transnational Meets the National: The Construction of Trade Policy Networks in Brazil, Gregory Shaffer, Michelle Ratton Sanchez Badin and Barbara Rosenberg 9. The Force of a Weak Field: Law and Lawyers in the Government of Europe, Antoine Vauchez 10.The European Court of Justice in the Emergent European Field of Power: Transnational Judicial Institutions and National Career Paths, Antonin Cohen 11. Human Rights and the Hegemony of Ideology: European Lawyers and the Cold War Battle over International Human Rights, Mikael Rask Madsen

vendredi 10 décembre 2010

Savoir/Agir n° 14, décembre 2010, dossier « Justice en réforme, justices en luttes »


Savoir/Agir n° 14, décembre 2010
Le dossier : « Justice en réforme, justices en luttes » a été coordonné par Philippe Enclos et Laurent Willemez.
éditions du Croquant
2010


 Présentation
La justice n’échappe pas ni à la réduction du périmètre de l’État, ni à la caporalisation de l’action publique, à travers les hiérarchies qui se renforcent et le contrôle des agents des services publics. En même temps, elle est aussi un lieu de la lutte sociale, soit parce que les acteurs de la justice protestent contre les réformes qui les touchent, soit que parce que les citoyens s’emparent des dysfonctionnements et des scandales judiciaires pour en faire des enjeux revendicatifs. Ces questions constituent la trame des articles de Jean-Claude Planque, Philippe Enclos, Laurent Willemez, Jean-Philippe Tonneau et Hélène Franco.
Dans le grand entretien, Laurent Mucchielli analyse la production de connaissances sur les délinquances aujourd’hui par « le savant, l’expert et le politique » et l’usage médiatique souvent pervers qui en est fait.
Les rubriques habituelles : Paroles, Rhétorique réactionnaire, Chronique de la gauche de gauche, Les alterindicateurs, Actualité, Europe, Politiques d’ailleurs (voir le sommaire ci-après) complètent ce numéro de 120 pages.

Table de matières

Éditorial

L’ « après-crise » ou les habits neufs du néo-libéralisme, par Frédéric Lebaron

Dossier

Justice en réforme, justices en luttes, coordonné par Philippe Enclos et Laurent Willemez
Les valeurs fondamentales à l’épreuve de la perpétuelle réforme, par Jean-Claude Planque
Réformisme managérial et transformation de sens : justiciables et professionnels face à la « modernisation » de la justice par Laurent Willemez
Réflexions sur l’évolution de l’action juridique syndicale par Philippe Enclos
Pratiquer le droit des étrangers, défendre une cause par Jean-Philippe Tonneau
Repenser la façon de faire la loi, avec Hélène Franco

Grand entretien avec Laurent Mucchielli

Le savant, l’expert et le politique : la production de connaissances sur les délinquances

Paroles

« Une vie qui nous convient ». La décroissance, « c’est aussi pour le bien-être de la planète et pour soi aussi... c’est un mieux-être », par Arnaud Mège

La rhétorique réactionnaire

Insécurité : le retour de Lombroso ? par Gérard Mauger

Chronique de la gauche de gauche

La Fase, un nouvel objet politique ? par Louis Weber

Actualité

Mouvement social. Un signe d’espoir, des questions d’avenir, par Daniel Rallet
Le sécuritaire au quotidien. Quelques réflexions autour du dispositif « Voisins vigilants », par Romain Mathieu

Alterindicateurs

Les techniques et les enjeux de la mesure de la délinquance, par Laurent Mucchielli

Europe

Les juristes ont-ils des idées ? Réflexions autour du droit communautaire, par Gaël Coron

Politiques d’ailleurs

Derrière le rideau de bambou : le coût social des Commonwealth Games de Delhi, par Laurent Gayer