« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 18 septembre 2019

audio: Antoine Lilti, L’héritage des Lumières. Ambivalences de la modernité


Chemins d'histoire,  par Luc Daireaux
Radio Clype
15 septembre 2019



Antoine Lilti
L’héritage des Lumières 
Ambivalences de la modernité
Ehess-Gallimard-Seuil
Hautes Études
2019


Présentation de l'éditeur
Les Lumières sont souvent invoquées dans l’espace public comme un combat contre l’obscurantisme, combat qu’il s’agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné.
Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n’ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d’autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu’un prêt-à-penser rassurant.
Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd’hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l’esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique postcoloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L’Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d’un mouvement qu’il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.

Antoine Lilti est directeur d'études à l'EHESS depuis 2011. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé et docteur en histoire, il a dirigé la revue Annales, histoire, sciences sociales de 2006 à 2011. Ses travaux portent sur l'histoire sociale et culturelle du XVIIIe siècle. Il a publié deux ouvrages : Le Monde des salons. Sociabilité et mondanité à Paris au XVIIIe siècle (Fayard, 2005) et Figures publiques. L'invention de la célébrité (Fayard, 2014).



vendredi 13 novembre 2015

vidéo: Daniel Roche, Lumières, sociétés, sciences au XVIIIᵉ siècle


"Mélasse optique" d'atomes de sodium refroidis par la lumière de faisceaux laser (Photographie : W. D. Phillips, NIST) 
Colloque de rentrée du Collège de France, Lumière, lumières
jeudi 15 octobre 2015 vendredi 16 octobre 2015
16 octobre 2015



mardi 6 janvier 2015

écouter: Antoine Lilti, Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)


écouter: Antoine Lilti, Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)
Licences Politiques par Alexis Fournol, 20.12.2014

Antoine Lilti
Figures publiques
L'invention de la célébrité (1750-1850)
Fayard
2014

Présentation de l'éditeur
Bien avant le cinéma, la presse à scandale et la télévision, les mécanismes de la célébrité se sont développés dans l’Europe des Lumières, puis épanouis à l’époque romantique sur les deux rives de l’Atlantique. Des écrivains comme Voltaire, des comédiens comme Garrick, des musiciens comme Liszt furent de véritables célébrités, suscitant la curiosité et l’attachement passionné de leurs « fans ». À Paris comme à Londres, puis à Berlin et New York, l’essor de la presse, les nouvelles techniques publicitaires et la commercialisation des loisirs entraînèrent une profonde transformation de la visibilité des personnes célèbres. On pouvait désormais acheter le portrait de chanteurs d’opéra et la biographie de courtisanes, dont les vies privées devenaient un spectacle public. La politique ne resta pas à l’écart de ce bouleversement culturel : Marie-Antoinette comme George Washington ou Napoléon furent les témoins d’un monde politique transformé par les nouvelles exigences de la célébrité. Lorsque le peuple surgit sur la scène révolutionnaire, il ne suffit plus d’être légitime, il importe désormais d’être populaire.
À travers cette histoire de la célébrité, Antoine Lilti retrace les profondes mutations de la société des Lumières et révèle les ambivalences de l’espace public. La trajectoire de Jean-Jacques Rousseau en témoigne de façon exemplaire. Écrivain célèbre et adulé, celui-ci finit pourtant par maudire les effets de sa « funeste célébrité », miné par le sentiment d’être devenu une figure publique que chacun pouvait façonner à sa guise. À la fois désirée et dénoncée, la célébrité apparaît comme la forme moderne du prestige personnel, adaptée aux sociétés démocratiques et médiatiques, comme la gloire était celle des sociétés aristocratiques. C’est pourtant une grandeur toujours contestée, dont l’histoire éclaire les contradictions de notre modernité.
Antoine Lilti est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Ses travaux portent sur l’histoire sociale et culturelle des Lumières. Il a notamment publié Le Monde des salons. Sociabilité et mondanité à Paris au xviiie siècle (Fayard, 2005).