« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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samedi 2 mars 2024

Louis Pinto, Le marché des idées. Les sciences humaines et leurs lecteurs

 

 
Louis Pinto

Le marché des idées

Les sciences humaines et leurs lecteurs

du Croquant

Champ social

2024



Présentation de l'éditeur

Les sciences humaines (philosophie, histoire, sociologie, ethnologie, économie, géographie, etc.) sont d’abord des disciplines savantes, matière à enseignement et recherche. Hors des circuits universitaires, elles sont en général abordées à travers des auteurs, des figures illustres célébrées dans les médias.
Mais elles n’ont guère été envisagées en fonction de leurs lecteurs. Qui sont ces gens ? Que lisent-ils et comment lisent-ils ?
Pour répondre à ces questions, une enquête a été nécessaire qui repose sur des questionnaires et surtout sur des entretiens approfondis. Elle vise d’abord à comprendre les différences entre lecteurs savants et lecteurs profanes, leurs choix et leurs critères de jugement.
Alors que les premiers sont redevables de la discipline qui les a formés et qui guide leurs pratiques professionnelles, les seconds sont disponibles pour des lectures qu’on peut appeler libres, dans la mesure où elles sont déliées des règles scolaires. Les lecteurs profanes apprécient des livres qui ne sont ni trop commerciaux (ceux des « intellectuels médiatiques ») ni trop « universitaires » et qui sont censés apporter une « rupture », un « ébranlement » dans les façons de penser : c’est précisément ce que proposent ou promettent éditeurs, libraires et critiques de livres. Les lectures libres permettent à la plupart des lecteurs d’accéder, hors du cadre des disciplines, à ce qui constitue, à leurs yeux, les marques de la condition d’intellectuel : la « pensée » (attribut, par excellence, du philosophe) et les causes intellectuelles (des thèmes de débats politico-idéologiques ayant accédé au statut d’objet intellectuel).
L’enquête sur les lecteurs est l’un des moyens de mettre en lumière le fonctionnement d’un marché des idées soumis au poids croissant d’autres univers, ceux de l’édition, de la presse et de la politique.

Louis Pinto,  sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS.

 

 

lundi 3 mai 2021

Julie Sedel, Dirigeants de médias. Sociologie d'un groupe patronal

 

Julie Sedel

Dirigeants de médias

Sociologie d'un groupe patronal 

Préface de Éric Neveu

PURennes

Res Publica

2021



Présentation de l'éditeur

Qu'est-ce qu'un dirigeant de médias ? Comment sont définies les frontières du groupe ? Alors que la sociologie française a produit une littérature féconde sur les élites économiques politiques, étatiques intellectuelles et artistiques, le patronat de presse est resté à l'écart des terrains d'enquête. Cette situation tranche avec l'abondante littérature anglo-saxonne sur le personnel de direction des médias d'information.
Résultat : dans les discours journalistiques et militants, le registre de l'autocélébration médiatique et son pendant symétrique, la dénonciation, alimentent le mythe du dirigeant de média tout puissant. L'objectif de cet ouvrage est de rompre avec ce sens commun en prenant pour objet d'analyse ce groupe professionnel. Il entend dépasser la personnification et l'anecdote pour dégager des logiques internes et externes, éclairer les différentes facettes de cette population, mettre en évidence les rouages de leur sélection.
Comment se fabrique un dirigeant de média national, en France ? Au terme de quel processus ? Quelles sont les ressources et les capitaux qui sont valorisés ? Quels rapports de force entre segments de l'élite révèlent-ils ? 

 

 

mercredi 25 septembre 2019

Pascal Durand, Médiamorphoses. Presse, littérature et médias, culture médiatique et communication


Pascal Durand 
Médiamorphoses 
Presse, littérature et médias, culture médiatique et communication 
P.U.Liège
Situations
2019


Présentation de l'éditeur
Anecdotique ou survoltée, l’analyse des rapports entre littérature et journalisme et, plus largement, entre culture et médias a longtemps été réservée aux historiens de la presse ou aux théoriciens de la communication. Ces rapports alimentent un nombre croissant de travaux dans le domaine des études littéraires. Objets de langage, les oeuvres étaient enfermées dans leurs propres contours. Voici qu’elles sont de plus en plus envisagées comme les produits de vastes configurations discursives, sociales et techniques, dont les variations à travers l’histoire font aussi varier leur perception et leur interprétation.
Le mot-valise médiamorphoses résume assez bien les choses et la conversion de notre regard sur ces choses. Adhésion des objets culturels à leurs supports. Relation circulaire des uns avec les autres. Mais aussi changements de perspective quant à ces objets, par effet de l’univers médiatique contemporain sur nos schémas de compréhension.
Ces processus sont abordés ici d’un triple point de vue. Point de vue historique, des années 1830 à nos jours : Lamartine, Mallarmé ou Dumas, Le Bon ou Tarde, Gramsci, Benjamin ou McLuhan sont tour à tour convoqués, acteurs autant que témoins des mutations de la sensibilité en régime journalistique puis médiatique. Point de vue analytique, sur des objets divers : de la poésie au roman-feuilleton, de la littérature à la publicité, des débats sur le reportage naissant aux formes journalistiques actuelles, des langages du pouvoir à la rhétorique réactionnaire. Point de vue théorique enfin, articulant esthétique et critique des médias : moyen d’entrevoir, derrière la rationalité des dispositifs et des théories de la communication, les fantasmagories que celle-ci recouvre, entre contrôle des esprits et évasion imaginaire.

Pascal DURAND est professeur ordinaire à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège. Parmi ses publications figurent La Censure invisible (Actes Sud, 2006), Mallarmé. Du sens des formes au sens des formalités (Seuil, 2008) et Histoire de l’édition en Belgique (avec T. Habrand, Les Impressions Nouvelles, 2018).

 

mardi 20 septembre 2016

Lire les sciences sociales: Présentation et discussion de La question climatique. Genèse et dépolitisation d'un problème public de Jean-Baptiste Comby, 19 octobre 2016

LIRE LES SCIENCES SOCIALES
Mercredi 19 octobre 2016

14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet, Salle 159
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
métro ligne 13 - Guy Moquet | Brochant , Bus 66 - La Jonquière
 Présentation et discussion (en présence de l'auteur) de :

La question climatique. Genèse et dépolitisation d'un problème public (Raisons d'agir, 2015)
de Jean-Baptiste Comby
par Stanislas Morel

Présentation de l'éditeur

Au cours des années 2000, la montée en puissance de la question climatique dans les médias généralistes français, en rendant plus évidents les dégâts environnementaux provoqués par le capitalisme, aurait pu conduire à interroger l'emprise des rationalités marchandes sur l'organisation des sociétés. Revenant sur la genèse et le déroulement ordinaire de ce débat public, ce livre montre comment s'est au contraire imposée une vision dépolitisée de la question climatique. Pour attirer l'attention des journalistes, les défenseurs conventionnels de cette cause doivent en livrer une version consensuelle propre à satisfaire les verdicts du «plus grand nombre». Ils développent alors une entreprise de moralisation des individus ce qui, du même coup, met à l'abri de la critique les logiques économiques et politiques engendrant la catastrophe écologique en cours. Et ce d'autant plus que les prescriptions «éco-citoyennes» occultent le coût environnemental plus élevé des styles de vie socialement valorisés, permettant ainsi aux plus favorisés de faire valoir leur bonne volonté écologique sans avoir à questionner leurs aspirations consuméristes. Loin d'être neutre, la dépolitisation des enjeux climatiques conforte une organisation sociale hautement inégalitaire et écologiquement dévastatrice. C'est donc à une sociologie des mécanismes concourant à la préservation de l'ordre établi que contribue l'enquête présentée dans ce livre. Ce faisant, elle ouvre des pistes pour penser autrement, et au-delà du seul cas français, une transformation sociale et écologique des «sociétés de marché».

Biographie de l'auteur

Jean-Baptiste Comby est sociologue, chercheur au Centre d'analyse et de recherche interdisciplinaire sur les médias (CARISM) ainsi qu'au Centre nantais de sociologie (CENS) et maître de conférences à l'Institut français de presse de l'université Paris II.
Contact : lirelessciencessociales@gmail.com

(source: LLSS) 


mercredi 30 décembre 2015

vidéo: Jean-Baptiste Comby, La question climatique. Genèse et dépolitisation d'un problème public

Table ronde : Quel climat pour la presse ? 17 octobre 2015, Festival du livre et de la presse d'écologie

Jean-Baptiste Comby
La question climatique
Genèse et dépolitisation d'un problème public 
Raisons d'agir
Cours & Travaux 
2015

Présentation de l'éditeur
Au cours des années 2000, la montée en puissance de la question climatique dans les médias généralistes français, en rendant plus évidents les dégâts environnementaux provoqués par le capitalisme, aurait pu conduire à interroger l’emprise des rationalités marchandes sur l’organisation des sociétés. Revenant sur la genèse et le déroulement ordinaire de ce débat public, ce livre montre comment s’est au contraire imposée une vision dépolitisée de la question climatique.
Pour attirer l’attention des journalistes, les défenseurs conventionnels de cette cause doivent en livrer une version consensuelle propre à satisfaire les verdicts du « plus grand nombre ». Ils développent alors une entreprise de moralisation des individus ce qui, du même coup, met à l’abri de la critique les logiques économiques et politiques engendrant la catastrophe écologique en cours. Et ce d’autant plus que les prescriptions « éco-citoyennes » occultent le coût environnemental plus élevé des styles de vie socialement valorisés, permettant ainsi aux plus favorisés de faire valoir leur bonne volonté écologique sans avoir à questionner leurs aspirations consuméristes.
Loin d’être neutre, la dépolitisation des enjeux climatiques conforte une organisation sociale hautement inégalitaire et écologiquement dévastatrice. C’est donc à une sociologie des mécanismes concourant à la préservation de l’ordre établi que contribue l’enquête présentée dans ce livre. Ce faisant, elle ouvre des pistes pour penser autrement, et au-delà du seul cas français, une transformation sociale et écologique des « sociétés de marché ».
Jean-Baptiste Comby est sociologue, chercheur au Centre d’Analyse et de Recherche Interdisciplinaire sur les Médias (CARISM) ainsi qu’au Centre Nantais de Sociologie (CENS) et maître de conférences à l’Institut Français de Presse de l’Université Paris 2.

jeudi 24 décembre 2015

écouter: Jacques Le Rider, La censure à l'œuvre. Freud, Kraus, Schnitzler


La marche de l'histoire par Jean Lebrun, 19.10.2015
Jacques Le Rider
La censure à l'œuvre 
Freud, Kraus, Schnitzler 
Hermann
Des morales et des oeuvres
2015

Présentation de l'éditeur
Une société libéralisée peut-elle renoncer à toute censure ? Même dans les sociétés contemporaines, la liberté illimitée d’expression n’a jamais été instaurée et les opinions déviantes qui mettent en cause la norme du « politiquement correct » sont exposées à un retour en force de la censure. Le cas viennois prouve cependant que, pour la défense des valeurs d’une culture, la censure n’est pas une arme efficace : bien que la liberté de la presse soit un acquis des gouvernements libéraux des années 1860, la censure y était toujours à l’œuvre ; Freud lui donnait même le beau rôle d’instance régulatrice du processus de civilisation. Karl Kraus, le plus féroce des critiques du journalisme, démontait les nouveaux mécanismes de censure informelle et invisible par lesquels la presse informait ses lecteurs, c’est-à-dire soumettait leur perception de la réalité à un formatage quotidien. Ainsi, la modernité viennoise anticipait les théories de la censure structurale de Foucault et Bourdieu. Cela n'empêcha pas la censure impériale de rompre, en 1912, avec sa propre ligne "anti-antisémite" en interdisant la représentation du chef d'œuvre d'Arthur Schnitzler, Le Professeur Bernhardi, courageuse dénonciation de l'antisémitisme. Autant dire que la censure s'avère en définitive toujours inefficace et dangereuse, et qu'elle ne pourra jamais servir comme support d'une politique de civilisation.
Ancien élève de l'École normale supérieure (ENS Paris), Jacques Le Rider est directeur d'études à l'École pratique des hautes études à la chaire « L'Europe et le monde germanique (époque moderne et contemporaine) ».

samedi 16 mai 2015

Karl Kraus, Pro domo et mundo. Aphorismes et réflexions II

Karl Kraus 
Pro domo et mundo
Aphorismes et réflexions II
Traduction et préface de Pierre Deshusses
Rivages
2015

Présentation de l'éditeur
Après Dires et contre-dires, premier volume des aphorismes de Kraus (1874-1936) publié en 1909, ce deuxième volume publié en 1912 prolonge la veine polémiste de cet auteur viennois dont les attaques contre l’hypocrisie de la presse, le pharisaïsme des intellectuels, la soumission et le conformisme sont toujours d’actualité. Ses aphorismes allant de trois lignes à trois pages ont de quoi déconcerter, mais ce refus de s’en tenir, jusque dans la forme, à des modèles ressortit bien à la liberté totale de Kraus qui aborde tour à tour les relations avec les femmes, la vie des érudits et des imbéciles, la grandeur et la misère des journalistes. Parfois outrancier et injuste, il revendique ce droit à la juste provocation qui permet de faire tomber les masques et de dénoncer les vérités prétendument révélées.
 

vendredi 15 mai 2015

Sandra Vera Zambrano, L’emprise du journalisme échotier ? La médiatisation des professionnels de la politique dans la presse consacrée aux espaces privés des célébrités (1945-2008)

Sandra Vera Zambrano
L’emprise du journalisme échotier ? 
La médiatisation des professionnels de la politique 
dans la presse consacrée aux espaces privés des célébrités 
(1945-2008)
Préface d'Eric Darras
Avant propos de Julien Duval
Institut Universitaire Varenne/ LGDJ
2013

Présentation de l'éditeur
L'objectif de cet ouvrage est de rendre compte du rapport social qui fonde le travail de représentation politique dans la presse consacrée aux espaces privés des célébrités. Il s'agit de montrer que cette mise en scène du politique par les espaces privés cherche à légitimer un certain ordre social, y compris dans un espace qui paraît à première vue éloigné des questions politiques. Ainsi, partant du postulat de l'indissociabilité entre la production et la réception de tout processus de communication, deux hypothèses sont mises en avant. La première est celle de l'entretien de l'ordre politique et social par la réitération de la hiérarchie politique dans les magazines ainsi que par une conception conservatrice de la société. La seconde est celle de la subordination du champ journalistique à l'égard du champ politique : les journalistes reproduisent les hiérarchies politiques et co-construisent une supposée grandeur du personnel politique, et ce d'autant plus que « la politique » dans cet espace est principalement comprise comme nationale et liée au pouvoir exécutif.
Le dispositif empirique adopté - comportant un travail de recherche sur les archives des magazines féminins parus entre 1880 et 1945, une analyse de contenu des couvertures de Closer, France Dimanche, Gala, Ici Paris, Paris Match, Point de Vue, Public et Voici publiées entre 1945 et 2008, une objectivation statistique de l'espace social des pratiques culturelles des Français ainsi que plusieurs entretiens avec des journalistes - met en lumière quatre dimensions d'analyse : celle de la définition et de la délimitation de ce genre journalistique, celle de sa genèse, celle de la connaissance de ses lecteurs et, enfin, celle des évolutions du traitement journalistique des professionnels de la politique.

Sandra Vera Zambrano, ATER à l'IEP de Toulouse. Elle a auparavant contribué comme assistante de recherche pour la Commission Européenne (7ème PCRD, MediaAct), l'Université d'Amsterdam et l'Université de New York.

vendredi 20 février 2015

Sébastien Fontenelle, Éditocrates sous perfusion : les aides publiques à la presse, trente ans de gabegie

Sébastien Fontenelle
Éditocrates sous perfusion 
Les aides publiques à la presse, trente ans de gabegie
Libertalia
2014

Présentation de l'éditeur
« Les journaux et magazines “de référence” publient régulièrement de longues exhortations à “réduire la dépense publique”, et des anathèmes contre “la France des assistés”.
Mais depuis trente ans, ces mêmes publications sont littéralement gavées de millions d’euros d’aides publiques – qui ne servent à rien, puisque la presse écrite continue de s’enfoncer dans une crise structurelle. Mais qui représentent jusqu’à 12 % de leur chiffre d’affaires.
Cette gabegie, documentée par de nombreux rapports, est de celles qui font généralement, pour les journalistes spécialisés dans la chasse à l’“assistanat” et aux “gaspillages”, un scandale réussi.

Or la révélation que le contribuable nantit la presse écrite de gigantesques subventions ne leur inspire aucun commentaire. Car ici, le silence est d’or : l’éditocratie sous perfusion l’a parfaitement compris, qui continue de faire sponsoriser par l’État ses incessants appels à diminuer la dépense étatique… »
Sébastien Fontenelle est journaliste. Il est l’auteur de Poste stressante (Le Seuil, 2013) et de La Position du penseur couché (Libertalia, 2007). Il a contribué à l’ouvrage collectif Les Éditocrates (La Découverte, 2009).

mardi 6 janvier 2015

écouter: Antoine Lilti, Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)


écouter: Antoine Lilti, Figures publiques. L'invention de la célébrité (1750-1850)
Licences Politiques par Alexis Fournol, 20.12.2014

Antoine Lilti
Figures publiques
L'invention de la célébrité (1750-1850)
Fayard
2014

Présentation de l'éditeur
Bien avant le cinéma, la presse à scandale et la télévision, les mécanismes de la célébrité se sont développés dans l’Europe des Lumières, puis épanouis à l’époque romantique sur les deux rives de l’Atlantique. Des écrivains comme Voltaire, des comédiens comme Garrick, des musiciens comme Liszt furent de véritables célébrités, suscitant la curiosité et l’attachement passionné de leurs « fans ». À Paris comme à Londres, puis à Berlin et New York, l’essor de la presse, les nouvelles techniques publicitaires et la commercialisation des loisirs entraînèrent une profonde transformation de la visibilité des personnes célèbres. On pouvait désormais acheter le portrait de chanteurs d’opéra et la biographie de courtisanes, dont les vies privées devenaient un spectacle public. La politique ne resta pas à l’écart de ce bouleversement culturel : Marie-Antoinette comme George Washington ou Napoléon furent les témoins d’un monde politique transformé par les nouvelles exigences de la célébrité. Lorsque le peuple surgit sur la scène révolutionnaire, il ne suffit plus d’être légitime, il importe désormais d’être populaire.
À travers cette histoire de la célébrité, Antoine Lilti retrace les profondes mutations de la société des Lumières et révèle les ambivalences de l’espace public. La trajectoire de Jean-Jacques Rousseau en témoigne de façon exemplaire. Écrivain célèbre et adulé, celui-ci finit pourtant par maudire les effets de sa « funeste célébrité », miné par le sentiment d’être devenu une figure publique que chacun pouvait façonner à sa guise. À la fois désirée et dénoncée, la célébrité apparaît comme la forme moderne du prestige personnel, adaptée aux sociétés démocratiques et médiatiques, comme la gloire était celle des sociétés aristocratiques. C’est pourtant une grandeur toujours contestée, dont l’histoire éclaire les contradictions de notre modernité.
Antoine Lilti est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Ses travaux portent sur l’histoire sociale et culturelle des Lumières. Il a notamment publié Le Monde des salons. Sociabilité et mondanité à Paris au xviiie siècle (Fayard, 2005).


mardi 17 septembre 2013

Nicolas Kaciaf, Les pages « Politique ». Histoire du journalisme politique dans la presse française (1945-2006)

Nicolas Kaciaf
Les pages « Politique »
Histoire du journalisme politique dans la presse française (1945-2006)
P.U.Rennes
2013

Table des matières (Fichier pdf, 623 Ko)


Présentation de l'éditeur
Les pages « Politique » La couverture de l'actualité politique a connu d'intenses métamorphoses dans la presse écrite française depuis 1945. Tandis que les pages Politiques des journaux de la Quatrième République s'affairaient avant tout à reproduire et commenter les travaux parlementaires et notamment les débats en séance, les services Politique se sont progressivement efforcés de mettre en scène les « coulisses » des partis et des institutions, de décrypter les stratégies individuelles et les « coups » médiatiques des acteurs, de mesurer leurs performances en prenant appui sur l'évolution de l'« opinion publique ». En rendant visibles d'autres facettes de l'activité politique, en mobilisant des genres et des rhétoriques inédites, les journalistes politiques vont ainsi redéfinir leurs positions vis-à-vis des luttes politiques et leurs rôles à l'égard de leurs publics. Ce livre vise à restituer l'histoire de ces transformations dans le contenu des pages Politique d'une dizaine de quotidiens et de l'hebdomadaires nationaux. Mais Il cherche surtout à comprendre ces changements qui émergent au tournant des années 1960 et 1970. S'appuyant sur une vaste enquête auprès des protagonistes de cette histoire, il met à l'épreuve trois scénarios explicatifs qui interrogent les incidences respectives de l'évolution des règles du jeu politique, des reconfigurations économiques de l'espace médiatique et du renouvellement générationnel des services Politique. 
Nicolas Kaciaf est maître de conférences en science politique à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, chercheur au VIP (Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines institutions publiques) et chercheur associé au CERAPS (Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales).

jeudi 25 avril 2013

video: La presse spécialisée professionnelle, avec Anne de Haro et Martine Rossard


« Jeudi d’Acrimed »
  8 novembre 2012
 


video: La presse spécialisée professionnelle
avec Anne de Haro (Filpac-CGT) et Martine Rossard (bureau national du Syndicat national des journalistes (SNJ/Solidaires)

mercredi 23 mai 2012

Sandro LANDI, Stampa, censura e opinione pubblica in età moderna

Sandro LANDI 
Stampa, censura e opinione pubblica in età moderna 
Il Mulino
2011

Présentation de l'éditeur
Nella formazione dell'Europa moderna, la stampa e la censura hanno svolto un ruolo cruciale nello sviluppo dell'opinione pubblica. L'autore ripercorre criticamente la storia del libro, soffermandosi su un tema come la nascita della libertà di stampa, rilegge l'evoluzione della censura valutandone le conseguenze culturali e civili, ed esponendo il processo di formazione di un'opinione pubblica in Europa si interroga sulle ragioni della prolungata assenza della stampa nel mondo arabo-musulmano. Una sintesi illuminante anche per capire le trasformazioni odierne della sfera pubblica.
Sandro Landi insegna Storia moderna nell'Università "Michel de Montaigne" di Bordeaux. Con il Mulino ha pubblicato "Il governo delle opinioni. Censura e formazione del consenso nella Toscana del Settecento" (2000).

lundi 30 janvier 2012

Amnésies françaises à l'époque gaullienne (1958-1981). Littérature, cinéma, presse, politique. études réunies par Nelly Wolf

Amnésies françaises à l'époque gaullienne (1958-1981). Littérature, cinéma, presse, politique



Amnésies françaises à l'époque gaullienne (1958-1981)
Littérature, cinéma, presse, politique
études réunies par Nelly Wolf
(Actes du Colloque "Amnésies Françaises", Lille III, mai 2010)
Classiques Garnier
2011

Présentation de l'éditeur
Le nouveau récit national inspiré par le général de Gaulle, et qui accompagne la modernisation de la société française, est indissociable d’une certaine amnésie concernant les traumatismes les plus récents de l’histoire de France: «drôle de guerre», Occupation, collaboration, guerre d’Algérie, décolonisation. C’est cette dépression mémorielle, et les déplacements de mémoire qu’elle a provoqués, que ce livre tente de mesurer et d’approfondir.

This book examines the new national narrative inspired by General de Gaulle, which is indissociable from a certain amnesia regarding the most recent traumas in French history: “phoney war”, Occupation, Collaboration, war in Algeria, decolonization.

mercredi 16 novembre 2011

écouter: Thierry Guilbert, L’« évidence » du discours néolibéral


écouter: Thierry Guilbert, L’« évidence » du discours néolibéral. Analyse dans la presse écrite
Liberté sur paroles, Radio Aligre, 6 juin 2011

Thierry Guilbert
L’« évidence » du discours néolibéral
Analyse dans la presse écrite
Éditions du Croquant
2011

Présentation de l'éditeur
« "Ce ne sont que des mots", dit l’adage populaire. Comme tout adage, celui-ci comprend une part de vérité et une part de fausseté et, comme tout énoncé à valeur générale, il sous-entend un "devoir faire". […] Or s’il faut se méfier des mots, leur dénier toute importance serait une attitude contradictoire : c’est justement parce qu’ils peuvent tromper que les mots méritent toute notre attention. »
Ainsi commence cet ouvrage qui se penche sur l’évidence du discours néolibéral en traitant de l’attitude des médias écrits à l’égard de l’actualité sociale récente : la représentation des mouvements sociaux de décembre 1995, d’avril-mai 2003, de l’automne 2010 ou encore de la « crise du CPE » de 2006 et de la « crise financière » de 2008.
A travers de nombreux exemples, l’auteur vise, non pas à mettre au jour un lexique propre au discours néolibéral, mais à analyser le fonctionnement à l’évidence de ce discours dans la presse et à en exposer divers procédés : l’utilisation des valeurs communes et de l’opinion publique, la « comparaison aux voisins » et la naturalisation de l’économie, la nomination des acteurs et des événements, et les procédés manipulatoires de persuasion.
La question fondamentale qui est posée dans cet ouvrage concerne le rôle des médias dans la fabrication des opinions et des connaissances partagées.

Thierry Guilbert, maître de conférences en sciences du langage à l’Université de Picardie (UPJV) et chercheur au CURAPP, poursuit depuis plus de dix ans un travail sur le discours néolibéral. Il a publié en 2007 Le discours idéologique ou la force de l’évidence aux éditions L’Harmattan.

mercredi 6 avril 2011

Thierry Guilbert, L’« évidence » du discours néolibéral. Analyse dans la presse écrite

Thierry Guilbert
L’« évidence » du discours néolibéral
Analyse dans la presse écrite
Éditions du Croquant
2011


Présentation de l'éditeur

« "Ce ne sont que des mots", dit l’adage populaire. Comme tout adage, celui-ci comprend une part de vérité et une part de fausseté et, comme tout énoncé à valeur générale, il sous-entend un "devoir faire". […] Or s’il faut se méfier des mots, leur dénier toute importance serait une attitude contradictoire : c’est justement parce qu’ils peuvent tromper que les mots méritent toute notre attention. »
Ainsi commence cet ouvrage qui se penche sur l’évidence du discours néolibéral en traitant de l’attitude des médias écrits à l’égard de l’actualité sociale récente : la représentation des mouvements sociaux de décembre 1995, d’avril-mai 2003, de l’automne 2010 ou encore de la « crise du CPE » de 2006 et de la « crise financière » de 2008.
A travers de nombreux exemples, l’auteur vise, non pas à mettre au jour un lexique propre au discours néolibéral, mais à analyser le fonctionnement à l’évidence de ce discours dans la presse et à en exposer divers procédés : l’utilisation des valeurs communes et de l’opinion publique, la « comparaison aux voisins » et la naturalisation de l’économie, la nomination des acteurs et des événements, et les procédés manipulatoires de persuasion.
La question fondamentale qui est posée dans cet ouvrage concerne le rôle des médias dans la fabrication des opinions et des connaissances partagées.

Sommaire

Introduction
Les trois pôles « démocratiques »
Qu’est-ce que le discours néolibéral ?
L’analyse du discours néolibéral

1.La dissimulation idéologique
a.Idéologie ou propagande ?
b.La double dissimulation

2.Ce que nommer veut dire
a.Nominaliser c’est présupposer !
b.Nommer les acteurs
c.Nommer l’événement

3.L’opinion pense que… ou le cheval de Troie
a.Les sondages d’opinion
b.La figure de l’opinion
c.La constitution des opinions partagées

4.Un « cadre naturel »
a.Cadres primaires
b.Manipulation des cadres

5.Le bon modèle
a.La compétition
b.La guerre des chefs

6.Argumentation ou manipulation ?
a.Rhétorique de la persuasion
b.Figures argumentatives
c.Moules argumentatifs

Conclusion
Non-dits superposés
Le métalangage de la « communication »
Thierry Guilbert, maître de conférences en sciences du langage à l’Université de Picardie (UPJV) et chercheur au CURAPP, poursuit depuis plus de dix ans un travail sur le discours néolibéral. Il a publié en 2007 Le discours idéologique ou la force de l’évidence aux éditions L’Harmattan.

jeudi 7 octobre 2010

videos-audio: Rencontre-débat COnTEXTES avec Jacques Dubois et Paul Dirkx

Le groupe de contact FNRS COnTEXTES organise des rencontres-débats avec des chercheurs qui ont un intérêt pour la sociologie de la littérature.









Jacques Dubois, “l’institution de la littérature”
Rencontre-débat du groupe COnTEXTES avec Jacques Dubois. Université de Liège, 13 décembre 2004.







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video: Paul Dirkx, "Sur une sociologie de la presse littéraire : enjeux et méthodes"

Paul Dirkx (1/2)
Paul Dirkx (2/2)

Rencontre-débat du groupe COnTEXTES avec Paul Dirkx, 18 décembre 2006, à l’Université de Liège






Compte rendu de Dirkx (Paul), Les “Amis belges”. Presse littéraire et franco-universalisme par François Provenzano

Paul DIRKX Enseignant / Chercheur
Université Nancy 2