« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 4 juillet 2017

Les Cahiers philosophiques de Strasbourg, n°41/2017, Marx jeune-hégélien


 
Les Cahiers philosophiques de Strasbourg, n°41/2017, Marx jeune-hégélien 
Édité par Franck Fischbach
P.U.Strasbourg

Présentation de l'éditeur
Ce numéro porte sur la période de jeunesse de Marx, considérée au point tournant des années 1843 et 1844, marquées par son départ d'Allemagne et son installation à Paris. Cette brève période est caractérisée par des évolutions philosophiques et politiques très rapides de Marx. Politiquement, Marx est de plus en plus critique à l'égard du libéralisme et sa position est de plus en plus explicitement socialiste. Philosophiquement, Marx éprouve la nécessité d'une explication directe avec l’héritage hégélien et il entreprend une critique de la théorie de la société civile et de l’État exposée par Hegel dans ses Principes de la philosophie du droit. Cette critique de la philosophie hégélienne du droit a pour conséquence une proximité de plus en plus grande de Marx à l’égard de Feuerbach et de sa critique naturaliste de la spéculation philosophique. Les études rassemblées dans ce numéro permettent ainsi une compréhension plus fine de la position propre à Marx au sein du courant jeune-hégélien

jeudi 26 mai 2016

John Dewey, L’influence de Darwin sur la philosophie: et autres essais de philosophie contemporaine


John Dewey 
L’influence de Darwin sur la philosophie 
et autres essais de philosophie contemporaine
Traduit par Lucie Chataigné Pouteyo
Claude Gautier, Stéphane Madelrieux et Emmanuel Renault
Sous la direction de Claude Gautier et Stéphane Madelrieux
Gallimard
Bibliothèque de Philosophie
2016

extrait

Présentation de l'éditeur
Darwin est le nom d'une révolution. Mais pour le philosophe américain John Dewey, né l'année de la publication de L'Origine des espèces, en 1859, et mort près d'un siècle plus tard en 1952, il ne s'agit pas seulement d'une révolution scientifique concernant notre compréhension des espèces végétales et animales. Il s'agit d'une révolution intellectuelle dont on n'a pas encore suffisamment pris la mesure philosophique ni tiré toutes les conséquences théoriques et pratiques : «En touchant à l'arche sacrée de la permanence absolue, et en considérant comme ayant une origine et un terme les formes qui avaient été conçues comme des types de fixité et de perfection, L'Origine des espèces a introduit une manière de penser qui, finalement, ne pouvait que transformer la logique de la connaissance, et ainsi le traitement des questions morales, politiques et religieuses.» Il n'est pas question d'appliquer telle quelle la théorie darwinienne aux problèmes que posent la connaissance, la morale, la politique ou la religion, mais d'opérer dans ces domaines le même type de volte-face intellectuelle qu'il a fallu à Darwin pour accoler ensemble les deux termes d' «origine» et d' «espèce».
Ces essais que Dewey réunit en 1910 montrent le caractère obsolète et inadapté d'une grande partie de notre bagage intellectuel et posent les premiers jalons, avant les grandes œuvres de la maturité, pour reconstruire les outils conceptuels dont nous avons besoin pour vivre et penser dans un monde post-darwinien. Dans leur injonction à reconstruire la philosophie en abandonnant toute quête de certitude, ils ont valeur de manifeste de l'œuvre tout entière.