« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 26 mai 2016

John Dewey, L’influence de Darwin sur la philosophie: et autres essais de philosophie contemporaine


John Dewey 
L’influence de Darwin sur la philosophie 
et autres essais de philosophie contemporaine
Traduit par Lucie Chataigné Pouteyo
Claude Gautier, Stéphane Madelrieux et Emmanuel Renault
Sous la direction de Claude Gautier et Stéphane Madelrieux
Gallimard
Bibliothèque de Philosophie
2016

extrait

Présentation de l'éditeur
Darwin est le nom d'une révolution. Mais pour le philosophe américain John Dewey, né l'année de la publication de L'Origine des espèces, en 1859, et mort près d'un siècle plus tard en 1952, il ne s'agit pas seulement d'une révolution scientifique concernant notre compréhension des espèces végétales et animales. Il s'agit d'une révolution intellectuelle dont on n'a pas encore suffisamment pris la mesure philosophique ni tiré toutes les conséquences théoriques et pratiques : «En touchant à l'arche sacrée de la permanence absolue, et en considérant comme ayant une origine et un terme les formes qui avaient été conçues comme des types de fixité et de perfection, L'Origine des espèces a introduit une manière de penser qui, finalement, ne pouvait que transformer la logique de la connaissance, et ainsi le traitement des questions morales, politiques et religieuses.» Il n'est pas question d'appliquer telle quelle la théorie darwinienne aux problèmes que posent la connaissance, la morale, la politique ou la religion, mais d'opérer dans ces domaines le même type de volte-face intellectuelle qu'il a fallu à Darwin pour accoler ensemble les deux termes d' «origine» et d' «espèce».
Ces essais que Dewey réunit en 1910 montrent le caractère obsolète et inadapté d'une grande partie de notre bagage intellectuel et posent les premiers jalons, avant les grandes œuvres de la maturité, pour reconstruire les outils conceptuels dont nous avons besoin pour vivre et penser dans un monde post-darwinien. Dans leur injonction à reconstruire la philosophie en abandonnant toute quête de certitude, ils ont valeur de manifeste de l'œuvre tout entière. 

mercredi 9 avril 2014

écouter: Guillaume Garreta présente le livre de John Dewey, Après le libéralisme ? Ses impasses, son avenir


écouter: Guillaume Garreta présente le livre de John Dewey, Après le libéralisme ? Ses impasses, son avenir
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 05.04.2014

John Dewey
Après le libéralisme ?
Ses impasses, son avenir
Traduction de Nathalie Ferron
Présentation et édition par Guillaume Garreta
Climats
2014

Présentation de l'éditeur
L'un des fondateurs du pragmatisme, John Dewey, souhaitait voir la philosophie. discipline à ses yeux essentiellement "critique" et expérimentale, se prolonger en une "éthique sociale" incluant toutes les sciences sociales concrètes concernées par les problèmes de la conduite humaine. Ce cycle de conférences, prononcées en 1935, dans l'Amérique du New Deal, illustre son programme : elles veulent faire comprendre au plus grand nombre les dangers, les contradictions et les limites du libéralisme contemporain, ainsi que les moyens de les surmonter.
Retraçant la généalogie intellectuelle du libéralisme américain, puis ses crises, ce livre s'achève sur un plaidoyer en faveur d'une démocratie libérale et progressiste, qui défend le droit à l'expérimentation de méthodes nouvelles et à l'intelligence collective, à travers de grandes missions d'éducation. Dewey se prononce avec une clairvoyance inégalée en faveur d'une inversion des priorités : remettre les hommes au coeur de la politique et de l'économie, pour préserver et renouveler la démocratie.
John Dewey (1859-1952) est avec Charles Peirce et William James l'un des trois grands pragmatistes américains. Il est connu pour sa philosophie de l'éducation, mais sa pensée a une très large influence : citons notamment l'école de Chicago, la pensée de Bourdieu, l'écologie urbaine, la philosophie de la perception, l'esthétique, la théorie politique et les réflexions sur les "publics", la gouvernance, la délibération et la participation.
Il est notamment l'auteur de Expérience et nature (Gallimard, 2012), La Formation des valeurs (La Découverte/Les empêcheurs de penser en rond), Démocratie et éducation (Armand Colin, 2011), Le public et ses problèmes (Folio, 2010) et L'Art comme expérience (Folio, 2010)

vendredi 2 août 2013

Pierre Bourdieu: Contribution à la philosophie analytique

Pierre Bourdieu 
Contribution à la philosophie analytique





 (cette page sera mise à jour au fur et à mesure, revue le 04.08.2016,  Gilbert Quélennec)
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J'ai dévié tout à l'heure, quand j'essayais de dire ma contribution à la philosophie analytique. Il y a, page 42, un paragraphe qui commence ainsi: "Mais un doute radical fondé sur une critique de la raison scolastique pourrait surtout avoir pour effet de montrer que les erreurs de la philosophie, dont les ‘philosophes du langage ordinaire’, ces alliés irremplaçables, veulent nous délivrer, ont souvent pour racine commune la skholè et la disposition scolastique" Et là, je donne une série d'exemples, plus ou moins bien choisis (c'est un peu ce qui m'est venu immédiatement à l'esprit). C'est une hypothèse , dont on ne sait plus si elle est philosophique ou sociologique: est-ce qu'un certain nombre d'erreurs philosophiques que la pensée analytique a systématiquement débusquées n'ont pas pour racine commune cette situation scolastique, non analysée, qui continue à penser à travers les penseurs?
Entretien avec Pierre Bourdieu (à propos des Méditations pascaliennes), in Gérard Mauger et Louis Pinto, Lire les sciences sociales, volume 3, 1994-1996, Hermes science, 2000, p.211

texte cité par Bourdieu:
 "Mais un doute radical fondé sur une critique de la raison scolastique pourrait surtout avoir pour effet de montrer que les erreurs de la philosophie, dont les ‘philosophes du langage ordinaire’, ces alliés irremplaçables, veulent nous délivrer, ont souvent pour racine commune la skholè et la disposition scolastique. C’est le cas, il me semble pour n'évoquer que quelques-uns des exemples d'erreurs qui me viennent immédiatement en mémoire, lorsque Wittgenstein dénonce l’illusion selon laquelle comprendre un mot et en apprendre le sens est un processus mental impliquant la contemplation d’une ‘idée’ ou la visée d’un ‘contenu’, ou lorsque Moore rappelle que, quand nous voyons le bleu, la conscience du bleu nous échappe. De même, lorsque Ryle distingue entre knowing that et knowing how, la connaissance théorique et la maîtrise pratique (d'un jeu, d'une langue, etc.), ou que Wittgenstein, encore lui, rappelle qu’énoncer des jugements n’est qu’une des manières possibles d’utiliser le langage et que ‘I am in pain’ n’est pas nécessairement une assertion, mais peut être aussi une manifestation de douleur ou encore lorsque Strawson reproche aux logiciens d'avoir concentré sur des phrases 'relativement indépendantes du contexte', ou que Toulmin invite à distinguer l'usage ordinaire de l'expression de la probabilité de l'usage des énoncés probabilistes dans l'enquête scientifique: ils se réfèrent tous à des tendances de la pensée qui appartiennent au 'jeu de langage' scolastique et qui, à ce titre, risquent d'occulter la logique de la pratique, à laquelle l'exploration du langage ordinaire peut introduire.

C'est dire que l'on peut, comme j'ai toujours essayé de le faire, s'appuyer sur les analyses que la philosophie du langage ordinaire, et aussi que le pragmatisme, avec Peirce et Dewey, notamment, font de ces tendances génériques de la philosophie-dont Austin remarque qu'elles n'ont rien à voir avec des faiblesses personnelles de tel ou tel philosophe particulier-pour conférer toute sa généralité et toute sa force à la critique de la raison scolastique. Inversement, on pourrait sans doute trouver dans une analyse de la position et de la disposition scolastiques le principe d'une radicalisation et d'une systématisation de la critique de l'usage philosophique ordinaire du langage et des paralogismes qu'il favorise, et aussi de la critique du décalage entre les logiques scolastiques et la logique de la pratique dont on a tout lieu de supposer qu'elle exprime mieux dans l'usage ordinaire, non scolastique, du langage que dans l'usage socialement neutralisé et contrôlé qui a cours dans les univers scolastiques."
Pierre Bourdieu, in Méditations pascaliennes, Seuil, Liber, 1997, Points Essais, 2003, p.51-52






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voir également:
 
Publications de Pierre Bourdieu: Sur la Philosophie et la théorie (projet de Thèse, contributions théoriques dans des incises ou des notes, contribution à la philosophie analytique, sociologie, champ, à propos des philosophes, livres)





lundi 31 décembre 2012

Critique n° 787 : Retour à Dewey

Critique n° 787 : Retour à Dewey
Minuit
2013

Présentation de l'éditeur
Retour à Dewey, comme on disait naguère « retour à Kant », ou « retour à Freud » ? Si retour il y a, c'est d"abord à une œuvre. Celle de John Dewey, figure de proue du pragmatisme, continue de nous étonner. Expérience et Nature, son grand livre de 1925 récemment traduit en français, frappe par son ambition métaphysique. Il anti­cipe aussi de quelques années le travail de démontage mené par Wittgenstein sur les faux problèmes de la philosophie traditionnelle. Le double éclairage offert dans ce numéro par Christiane Chauviré et Stéphane Madelrieux est complété par la traduction inédite d’un texte de Dewey qui nous place au cœur de son projet. Avec cette thèse aussi décisive qu’étrange : les choses sont telles qu’elles sont « expériencées ».

Sommaire

Présentation

John DEWEY : Le postulat de l’empirisme immédiat
Texte inédit en français précédé d’une présentation de Stéphane Madelrieux

Christiane CHAUVIRÉ : Expérience et Nature. Wittgenstein lecteur de Dewey ?
John Dewey, Expérience et Nature

Stéphane MADELRIEUX : Méthode ou métaphysique ? L’empirisme pragmatique de John Dewey
John Dewey, Expérience et Nature

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Thierry HOQUET : « D’où sors-tu ? » Femmes et femelles au prisme de la génération
Sylviane Agacinski, Femmes entre sexe et genre
Anoush GANJIPOUR : La philosophie comme expérience de l’immortalité
Christian Jambet, Qu’est-ce que la philosophie islamique ?
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NOTES
Jean-Michel RABATÉ : Entre jubilation et mélancolie, le soleil noir de SolèneFrançois Dominique, Solène
Christian GODIN : L’autre panthéon de Malraux
Charles-Louis Foulon, Janine Mossuz-Lavau, Michaël de Saint-Cheron (éd.), Dictionnaire Malraux
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Tables des matières de janvier-février 2012 à décembre 2012 Tome LXVIII, du n° 776-777 au n° 787