« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est espace urbain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est espace urbain. Afficher tous les articles

vendredi 8 juin 2012

video: Lennart Rosenlund, Social, mental and spatial structures -- a Bourdieusian approach to study the city


 Lennart Rosenlund, Social, mental and spatial structures -- a Bourdieusian approach to study the city 
CRESC Annual Conference, Sept 2011, Manchester UK 

 Abstract: This is based on findings from an empirical study of an urban community that has undergone profound and rapid process of social change, Stavanger. In the 1970s it was a poor sleepy small town in the periphery of Norway. Nowadays it is its oil capital and the most affluent city. The presentation summarises Pierre Bourdieu's theory and methods developed in Distinction. This includes two forms of capital (cultural and economic), habitus, social fields and spaces and is theoretically guided by Geometric Data Analysis (GDA). The approach is then applied to examine the history and the contemporary particulars of the local social space, which unveils the potent mechanisms of social differentiation in this community. The space of lifestyles is examined. This represents divisions within a universe of finely differentiated sets of beliefs, practices, symbols and strategies, all products of differentiated habituses. The inhabitants' perceptions of the various residential areas are examined, showing that they have "practical knowledge" about their community; they "know their place" where they fit in and where they don't. They tend to favour areas where their own sorts (social positions and lifestyle configurations) are prevalent and they reject those where they are few and where they would not be welcomed. The comparison of two spaces construct representing two different universes of social reality shows that they are governed by the same principles of differentiation: volume and compositions of capital. The validity of these findings and the impact they may have on the spatial organisation of the city is examined and discussed.

Brief Biography
Lennart Rosenlund (Dr. Philos.) is a professor at University of Stavanger, Norway. He teaches sociology of culture and the methodology of the social sciences. Social and cultural change and processes of social differentiation are his areas of research. He takes a particular interest in the application of Geometric Data Analysis (correspondence analysis and related methods) in the social sciences. He has among other things undertaken/participated in large scale research projects on middle sized Nordic cities (Stavanger, Aalborg).

-------------
voir également : Lennart Rosenlund,Exploring the City with Bourdieu.Applying Pierre Bourdieu's theories and methods to study the community. Foreword by Loïc Wacquant, VDM Verlag, 2009

vendredi 27 janvier 2012

en ligne: Sylvie Tissot, un chapitre du livre : De bons voisins, Enquête dans la bourgeoisie progressiste

 Sylvie Tissot, un chapitre du livre : De bons voisins. Enquête dans un quartier de la bourgeoisie progressiste, éditions Raisons d'agir, 2011

Ce que l’amour de la diversité veut dire
Partie 1 : Les bons voisins et la mixité sociale

Les entrepreneurs de diversité
Partie 2 : Les bons voisins et la mixité sociale  

La diversité au quotidien
Partie 3 : Les bons voisins et la mixité sociale 

en ligne sur le site du Collectif Les mots sont importants

jeudi 17 novembre 2011

Sylvie Tissot, De bons voisins. Enquête dans un quartier de la bourgeoisie progressiste

Sylvie Tissot
De bons voisins 
Enquête dans un quartier de la bourgeoisie progressiste
éditions Raisons d'agir
2011

présentation de l'éditeur
En 2005, une habitante de Boston, aux États-Unis, se plaint auprès d’une association de quartier : sur une des artères commerçantes, juste à côté d’un restaurant réputé pour ses fabuleux brunchs dominicaux, stationnent, en fumant, d’anciens toxicomanes logés dans un foyer de réinsertion. Une négociation s’ensuit, et les liens établis de longue date entre les propriétaires blancs et les associations caritatives, très nombreuses dans cet ancien quartier populaire, permettent de régler l’affaire. De nouvelles règles sont imposées aux résidents du foyer. Ils n’auront désormais plus le droit de stationner regroupés sur les trottoirs. Ils sont invités à marcher quand ils fument. Cet exemple illustre les formes de contrôle que les résidents les plus fortunés savent mettre en œuvre dans l’espace urbain. Les avocats, les cadres dirigeants, les médecins et les consultants qui habitent ce quartier progressivement embourgeoisé depuis les années 1960 sont parvenus, en se mobilisant, à contrôler les espaces publics et les populations les plus « indésirables », et à surveiller avec vigilance les projets immobiliers et les activités commerciales. C’est pourtant une partie de ces mêmes résidents qui ont défendu l’aménagement, dans la même rue, de logements semi collectifs pour des sans-logis. Face à une opposition virulente, un groupe de propriétaires se sont battus pour ce projet, au nom d’une « diversité » qu’ils brandissent comme un étendard.
L’ouvrage proposé analyse les transformations qui traversent les élites depuis les années 1960 et apporte ainsi un éclairage nouveau sur le fonctionnement de la distinction sociale. Pour cela, il part d’une enquête dans un quartier populaire d’une grande ville de la côte Est des États-Unis : naguère l’un des plus stigmatisés de la ville, peuplé de bars tenus par la mafia, d’hôtels meublés occupés par des immigrés venus du monde entier, de prostituées, et de résidents noirs formant près de la moitié de la population, il est aujourd’hui un quartier branché, vanté pour son architecture et la vie artistique qui fleurit dans les friches industrielles réhabilitées. Cette enquête montre que, loin d’annuler les distances sociales, les migrations des résidents fortunés dans les centres-villes dégradés les reconduisent et parfois les exacerbent : mise à distance des plus démunis, création d’espaces exclusifs, marquage du territoire par de nouveaux commerces et styles de vie... L’espace urbain est bien, de ce point de vue, un des sites privilégiés d’observation des inégalités, et des stratégies qui alimentent la reproduction sociale.