« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».Pierre Bourdieu (1992)
lundi 13 février 2017
jeudi 10 mars 2016
en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, Classes sociales et modes de domination (1 et 2), Le pouvoir économique, et Légitimités culturelles
en ligne sur Cairn.info: Actes de la recherche en sciences sociales, 2012/1-2 (n° 191-192), Légitimités culturelles. Classes sociales et modes de domination (2), Seuil
jeudi 31 décembre 2015
écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
écouter: Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
Les Oreilles loin du front, 02.12.2015
L'Ordre des choses
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. »
À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.
Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
lundi 14 septembre 2015
Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles
L'Ordre des choses
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. »
À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.
Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
mercredi 2 janvier 2013
en ligne: Savoir/Agir n° 19, mars 2012, Comment les dominants dominent
Éditorial
La fin de la démocratie européenne ? par Frédéric LebaronDossier
Comment les dominants dominent ?, présentation par Frédéric Lebaron et Hélène MichelSur la domination, par Gérard Mauger
Pourquoi « occuper la Défense » ?, par Olivier Godechot
L’art de domestiquer l’impôt, par Alexis Spire
L’avocat d’affaires : un professionnel de la classe dirigeante ?, par Antoine Vauchez
Quel pouvoir de « l’eurocratie » ?, par Didier Georgakakis
Les métamorphoses de la domination sociale, par Sylvie Tissot
Grand entretien avec Monique de Saint-Martin
Reconversions et reproduction, des stratégies ouvertesParoles
« Comme en famille », par Benoît CoquardLa rhétorique réactionnaire
Mondialisation, altermondialisme, démondialisation, par Gérard MaugerChronique de la gauche de gauche
Présidentielle 2012 : bipolarisation et vote utile, par Louis WeberAlterindicateurs
L’abstention est-elle une « pathologie sociale » ?, par Frédéric LebaronEurope
Vaclav Havel : portrait de l’homme politique en prophète, par Magdaléna HadjiiskyIdées
Bourdieu et l’État, par Rémi Lenoirsamedi 10 novembre 2012
Publications de Pierre Bourdieu: Le champ du pouvoir
Le champ du pouvoir
Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à mesure, augmentée, le 17.02.2017, Gilbert Quélennec
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Champ du pouvoir, champ intellectuel et habitus de classe, Scolies, Cahiers de recherche de l'Ecole normale supérieur, 1, 1971, p.7-26
avec Monique de Saint Martin, Le patronat, Actes de la recherche en sciences sociales, 1978, Numéro 20-21, pp. 3-82, aussi in La Noblesse d'Etat
La distinction. Critique sociale du jugement, Minuit, Le sens commun, 1982, p.255, 257, 321, 331, 335, 362, 547
avec Monique de Saint Martin, La sainte famille. L'épiscopat français dans le champ du pouvoir, Actes de la recherche en sciences sociales, Année 1982, Numéro 44-45, pp. 2-53
Sociologie générale, Vol. 1. Cours au Collège de France, 1981-1983, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2015, p.593-595, 599-603, 615-617, 628, 636
Sociologie générale, Vol. 2. Cours au Collège de France, 1983-1986, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2016, p.802, 1000-1015, 1038-1059, 1080-1096, 1101
Espèces de capital et formes de pouvoir, in Homo academicus, Minuit, Le sens commun, 1984
Field of Power, Literary Field and Habitus (Christian Gauss Seminars in Criticism, Princeton, 1986), in The Field of Cultural Production. Essays on Art and Literature
Choses dites, Minuit, Le sens commun, 1987, p.151, 172, 207, 218
L'ontologie politique de Martin Heidegger, Minuit, Le sens commun, 1988, p.14
avec Monique De Saint Martin, Agrégation et ségrégation. Le champ des grandes écoles et le champ du pouvoir, Actes de la recherche en sciences sociales, 1987, Numéro 69, pp. 2-5, aussi in La Noblesse d'Etat
Le champ du pouvoir et ses transformations, in La noblesses d'Etat, Minuit, Le sens commun, 1989
Loïc Wacquant, From Ruling Class to Field of Power: An Interview with Pierre Bourdieu, April 1989, Theory, Culture, and Society 10-1 (August 1993): 19-44.
Espace social et champ du pouvoir, avril 1989, in Raisons pratiques, Seuil, 1994, Points, 1996, aussi Social space and field of power , in Practical reason: on the theory of action, Stanford University Press, 1998
Invitation à la sociologie réflexive (avec Loïc Wacquant) , deuxième édition, traduction intégrale, corrigée et augmentée, (première édition en 1992 au Seuil dans une version abrégée), Seuil, Liber, 2014, p.119-120, 122n1, 134, 139, 144, 149, 150-152, 155n2, 161-162, 249n, 290-292, 302, 332-333, 334, 341
Sur l'État. Cours au Collège de France (1989-1992), Raisons d'agir/Seuil, Cours & Travaux, 2012, p.14, 19, 40, 237, 312-313, 371, 420, 456, 489, 490, 494, 501, 505, 513, 521, 532, 580
Le champ littéraire dans le champ du pouvoir, in Les règles de l'art, Seuil, 1992, Points Essais, 1998, version revue et corrigée, p.31, 36, 47, 66, 92, 106, 111, 178, 214, 351-353, 357
Raisons pratiques. Sur la théorie de l'action, Seuil, 1994, Points Essais, 1996, p.65, 91-97, 159, 228-230
Méditations pascaliennes, Seuil, Liber, 1997, Points Essais, 2003, version revue et corrigée, p.149, 152
Les structures sociales de l'économie, Seuil, Liber, 2000, p.252, 253, 268
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
voir également:
Publications de Pierre Bourdieu: de la classe dominante au champ du pouvoir
Publications de Pierre Bourdieu: La logique spécifique de chacun des Champs (littéraire, artistique, intellectuel, religieux, philosophique, scientifique, politique, juridique, étatique, journalistique, économique, du pouvoir)
Publications de Pierre Bourdieu: Sociologie de l'État (champ, démission de l'État, combattre la xénophobie d'Etat)
lundi 30 avril 2012
Publications de Pierre Bourdieu: autour de La production de l'idéologie dominante
"Donner des signes? Je pense à une expérience que j'ai faite en 1981. Je n'avais pas du tout prévu que la gauche gagnerait, je n'étais pas le seul...Donc je m'étais dit: il faut absolument faire quelque chose. J'avais fait une réunion avec des syndicalistes de la CFDT (il y en avait un dont j'ai appris après qu'on l'appelait "l'instit", parce que c'était un intello) et de la CGT (dont un assez connu qui a quitté depuis), et l'idée c'était de faire un groupe de travail, qui essaierait de donner un peu des armes. Nous avions publié quelque temps avant un article intitulé "La production de l'idéologie dominante" , et ce texte, je l'ai montré à ces types en leur disant: vous prenez ça, c'est un instrument de combat, dans un débat à la télévision ou ailleurs, ça peut vous être utile. Ils m'ont dit: premièrement, on ne lit pas ce genre de revue , ensuite, si par hasard on tombait dessus, on ne voit pas ce qu'on peut en foutre. Et je me suis dit: mais, qu'est-ce que c'est qu'une revue scientifique? C'est une revue qui donne des signes que c'est pour les savants, et, du même coup, que ce n'est pas pour les autres et, en tout cas, qui ne dit pas "c'est aussi pour vous". Alors, comment donner les signes que "c'est aussi pour vous" sans être justiciable, même si on ne change rien, de la disqualification, de la dégradation, de l'excommunication de celui qui a jeté son froc aux orties ("maintenant, il fait n'importe quoi": j'ai vu comme ça des profs de socio, qui auraient fait je ne sais pas quoi pour publier dans Actes, faire chorus avec les médias au moment de la campagne déclenchée par La télévision et dénoncer de prétendus manquements à la scientificité)? En fait, si on reprenait "La production de l'idéologie dominante" aujourd'hui dans Raisons d'Agir, avec une page d'introduction, pour dire vous voyez, rien n'est changé, c'est le même vocabulaire, "exclus", "exclusion", etc., sauf quelques mots nouveaux, comme "flexibilité", qui viennent des Etats-Unis, on vendrait 150.000 exemplaires."
Pierre Bourdieu, entretien avec Yvette Delsaut, Sur l'esprit de la recherche, (novembre 2001) in Bibliographie des travaux de Pierre Bourdieu, Le Temps des Cerises, 2002, p.237-239
Publications de Pierre Bourdieu:
Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à mesure, revue le 17.02.2021, Gilbert Quélennec)
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
avec L. Boltanski et P. Maldidier, La défense du corps, Information sur les sciences sociales, X, 4, août 1971, p.45-86
Les doxosophes, Minuit, 1, 1972, pp. 26-45
avec L. Boltanski, Monique de Saint-Martin, Les stratégies de reconversion. Les classes sociales et le système d'enseignement, Information sur les sciences sociales, XII, 5, octobre 1973, p.61-113
Les fractions de la classe dominante et les modes d'appropriation des oeuvres d'art, Information sur les sciences sociales, XIII, 3, juin 1974, p.7-32
Méthode scientifique et hiérarchie sociale des objets,
Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 1.1, pp.
4-6, in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique,
Agone, P.123-127
L'ontologie politique de Martin Heidegger, Actes de la recherche en sciences sociales, 1975, Numéro 5-6, pp. 109-156, aussi in L'ontologie politique de Martin Heidegger, Minuit, Le sens commun, 1988
et Luc Boltanski, La production de l'idéologie dominante, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro 2.2-3, pp. 3-73, aussi in La production de l'idéologie dominante (avec Luc Boltanski), Raisons d'agir/Demopolis, 2008
Le racisme de l’intelligence, Intervention au Colloque du MRAP , Mai 1978,
in Cahiers Droit et liberté, 382, pp.67-71; aussi in
Questions de sociologie, Minuit, 1980, pp. 264-268; aussi in Réforme, 1. Décembre 1979, pp. 6-7; aussi in Jean Belkhir (Hg.): L'intellectuel.:L'intelligentsia et
les manuels, Anthropos, 1983, pp. 187-194; aussi in Différences, 24/25, 1983, pp. 44; aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, 2002, P.177
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
voir également:
Publications de Pierre Bourdieu: avec Luc Boltanski
Publications de Pierre Bourdieu: autour de Mai-Juin 1968
Publications de Pierre Bourdieu: L'analyse du changement
Publications de Pierre Bourdieu: autour du livre Sur l'État. Cours au Collège de France (1989-1992)
Publications de Pierre Bourdieu: autour de ses ouvrages consacrés à la Politique
Publications de Pierre Bourdieu: autour de Langage et pouvoir symbolique
Publications de Pierre Bourdieu: autour de La Noblesse d’État
Publications de Pierre Bourdieu: autour de Homo academicus
Publications de Pierre Bourdieu: autour de La distinction
dimanche 8 avril 2012
samedi 3 mars 2012
Savoir/Agir n° 19, mars 2012, Comment les dominants dominent
Présentation
Éditorial
Dossier
Grand entretien avec Monique de Saint-Martin
Paroles
La rhétorique réactionnaire
Chronique de la gauche de gauche
Alterindicateurs
Europe
Idées
lundi 6 février 2012
video: Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon à Chartres, 25 janvier 2012 + Intervention à Saintes le 21 janvier 2012
+
Audios de la conférence à Saintes du samedi 21 Janvier 2012 à 10h30 :
vendredi 7 janvier 2011
La sociologie des classes dominantes : enjeux et renouvellements des problématiques Colloque en hommage à Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon
+ consulter:
regarder-écouter-livre en ligne: Entretiens avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, autour de leur livre "Le président des riches"
video: Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon: "La richesse inopinée. ENS de Lyon, 25 novembre 2010
videos et livre: Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Les ghettos du gotha : Au coeur de la grande bourgeoisie
videos: Monique Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie
vendredi 18 juin 2010
Appel à contribution: Colloque hommage à Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon
« La sociologie des classes dominantes : enjeux et renouvellements des problématiques »
Colloque en hommage à Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon
13 et 14 janvier 2011 - Paris
Journée co-organisée par le RT « sociologie des élites » de l’AFS et le LaSSP de l’IEP de Toulouse
« Hauts fonctionnaires », « capitaines d’industries », « responsables politiques », « top managers », « think tank », « intellectuels influents »... Les terrains et travaux sociologiques analysent volontiers les membres des classes dominantes mais distinctement. La « grande bourgeoisie » ou, si l’on préfère, « les classes dominantes », apparaît peu tel un objet de plein droit, ne serait-ce que pour interroger la pertinence du concept, de la cause et du groupe « en pointillé » bien qu’ « en soi » et « pour soi », pour tenter de comprendre dans quelle mesure ses membres pourraient s’affranchir des enjeux, règles du jeu et frontières ailleurs admises entre différents champs d’activités.
Inlassables « enquêteurs auprès de la bourgeoisie et de l’aristocratie », Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon comptent sans nul doute parmi les rares chercheurs a avoir résolument tenté de rendre compte dans le détail du fonctionnement de ce groupe social « dont la position se définit par la possession des moyens de production, qui peut aller de pair avec l’exercice du pouvoir économique, en tant que PDG par exemple, mais qui peut très bien se contenter d’une attitude rentière, assortie ou non d’une activité professionnelle » (2000).
Un colloque sur la « sociologie des classes dominantes » offre l’opportunité de saluer le travail mené par ces deux sociologues au profit d’un état des lieux sur les travaux classiques, en cours et à venir sur la grande bourgeoisie française ou internationale, sur son assise sociale, ses fondements sociaux mais aussi sur ses lignes de clivage et sur les éventuelles lignes de démarcation qui traversent les différentes fractions des « sommets de la société ».
Table ronde n°1 : sociologie des « Lieux de rencontre » : intronisation, consécration, éviction…
Les lieux de rencontre peuvent être compris selon une double acception. D’une part, il s’agit d’encourager les propositions de communication qui rendraient compte du fonctionnement de lieux ou d’institutions favorisant le développement de formes d’entresoi spécifiques assurant la reproduction de la grande bourgeoisie (rituels, grandes écoles, clubs fermés, entresoi mondain mais aussi plus largement clubs de décideurs, sommets du type Davos…). La difficulté tient notamment à la nécessité d’articuler les jeux d’échelle entre micro et macro, entre « espace social et espace géographique »... tant les exigences démocratiques, méritocratiques ou légales-rationnelles mais aussi l’internationalisation, la féminisation, la médiatisation et la financiarisation des économies ou la montée en puissance de dynasties concurrentes plus ou moins « tard venues » ou « parvenues » aux côtés de tant d’autres transformations des morphologies sociales renouvellent inévitablement les conventions symboliques en interne mais aussi les conditions de la domination et de la prééminence de la grande bourgeoisie dans l’espace social.
D’autre part, et dans la continuité reconnaissante d’une perspective réflexive constante chez Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, le « voyage en grande bourgeoisie » pose avec une acuité particulière la question de la complexité et de la spécificité des échanges qui s’opèrent entre enquêteurs et enquêtés. Les travaux sur la haute société sont d’autant plus rares que la grande bourgeoisie « tient en respect » l’enquête en sciences sociales. Comment le sociologue peut-il alors « rencontrer » les élites, à travers quelles méthodes (exploration des bottins mondains, entretiens, ethnographie participante…) ? Comment gérer l’inversion du rapport de force symbolique, les « aises et malaises » du chercheur, mais aussi l’écriture et la valorisation, notamment médiatique, des travaux qui impliquent autant d’anticipations - plus ou moins rationnelles - des réceptions. Bref, il s’agit ici de la question du journal d’enquête et des stratégies d’échanges entre enquêteurs et enquêtés qui se poursuivra avec certains des acteurs étudiés ou associés en conclusion du colloque.
Table ronde n°2 : « La grande bourgeoisie mobilisée »
Cette deuxième table-ronde sera consacrée aux modes d’organisation ou de mobilisation de la grande bourgeoisie. Organisations de défense des propriétaires, organisations patronales, organisation de défense de tel ou tel quartier, recours au prétoire ou aux médias, participation et mobilisation politiques, vote, lobbying… Cette table ronde donnera bien sûr la parole aux chercheurs travaillant sur les institutions permettant la défense des intérêts de classe de la grande bourgeoisie. Mais elle se donnera aussi pour objet les formes de mobilisation plus localisées et moins durables de ces groupes sociaux face à l’Etat ou « dans l’Etat » : contournement de l’impôt, négociations autour des classements en « patrimoine historique », rapport historique de la grande bourgeoisie aux « grandes écoles »... Les contributions mettant en exergue les relations entre institutions partisanes, syndicales ou militantes et grande bourgeoisie et plus généralement les rapports entre l’Etat et ce groupe social sont également les bienvenues.
Table ronde n°3 : « Stratifications sociales et inégalités : ressources et capitaux des plus riches »
Cette troisième table-ronde sera principalement consacrée à l’approche quantitative et statistique de la stratification sociale et des inégalités tant culturelles qu’économiques. Se pose notamment la question de la pertinence de la division chiasmatique chez Bourdieu entre capitaux culturels et économiques (l’évolution des taux de changes entre types de capitaux, les difficultés de la mesure, la transmission, le risque de fétichisation des concepts…) mais surtout celle d’un état des lieux des formes d’inégalité de distribution des savoirs et des richesses dans les sociétés contemporaines. L’accent pourrait être mis sur le temps long et la comparaison internationale… Les propositions de contribution centrées sur une analyse structurale ou une analyse de réseaux de différents champs du pouvoir nationaux sont également encouragées.
Discussion conclusive « Les réceptions d’une œuvre : aller- retours entre sujets et objets »
Cette dernière table ronde, que les organisateurs ont décidé d’exclure de l’appel à communication afin de pouvoir inviter celles et ceux qui ont eu l’occasion de croiser la route de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sera l’occasion de revenir sur une triple réception des travaux de ces derniers : d’abord avec leurs « enquêtés privilégiés » sans lesquels rien n’eut été possible, ensuite avec les journalistes qui ont pu différemment contribué à la valorisation plus ou moins « réussie » de leurs travaux, enfin avec les lecteurs invités à cette occasion à prendre une part active au débat et au colloque. L’idée étant d’initier une discussion libre et ouverte, plus informelle sans doute, avec tous ceux, parmi les volontaires, que Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont pu rencontrer et avec qui, pour différentes raisons, ils ont tissé des liens tant affectifs qu’intellectuels.
Comité d’organisation : Eric Darras (LaSSP) ; Julien Fretel (CERAPS) ; Sylvain Laurens (Gresco-GSPE)
Les propositions de communication, sous format libre, devront être adressées par mail : HYPERLINK "mailto:sylvainlaurens@free.fr" sylvainlaurens@free.fr ) avant le 31 octobre 2010.
Le lieu exact des deux journées d’études sera précisé ultérieurement.
« La sociologie des classes dominantes : enjeux et renouvellements des problématiques », Appel à contribution, Calenda, publié le vendredi 18 juin 2010, http://calenda.revues.org/nouvelle16971.html




