« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 3 février 2012

Pierre Singaravélou, PROFESSER L'EMPIRE. Les "sciences coloniales" en France sous la IIIè République


Pierre Singaravélou
PROFESSER L'EMPIRE
Les "sciences coloniales" en France sous la IIIè République
Préface de Christophe Charle
Publications de la Sorbonne
2011

Présentation de l'éditeur
A partir des années 1880, la conjonction du scientisme et du renouveau de l'expansion ultramarine se traduit par l'institutionnalisation des savoirs sur les colonies et les populations colonisées, qui prennent la forme de nouvelles disciplines, les " sciences coloniales " (" histoire et géographie coloniales ", " législation et économie coloniales ", " psychologie indigène "), enseignées dans les universités et les grandes écoles françaises.
Les enseignants, universitaires et experts coloniaux, promeuvent une formation, tantôt pratique tantôt théorique, qui instruit les étudiants sur les colonies et justifie le projet impérial. Ces nouveaux spécialistes de la colonisation animent la " République des lettres coloniales ", une nébuleuse d'associations, de sociétés savantes, de musées et de maisons d'éditions, spécialisés dans les questions coloniales.
Toutefois cette adhésion du monde savant à la colonisation prend des formes très diverses, parfois contradictoires, irréductibles à un seul et même " discours colonial ". L'objet colonial et le terrain ultramarin induisent un décentrement épistémologique conduisant les savants à élaborer de nouvelles méthodes et catégories d'analyse. La marginalité des savants coloniaux et leur polyvalence professionnelle les incitent à franchir les frontières disciplinaires en défrichant des domaines inédits - histoire orale, " colonisation comparée ", science de l'aménagement, anthropologie juridique... 
Pierre Singaravélou, maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur à l'UMR IRICE (CNRS/Paris 1/Paris 4), travaille sur l'histoire des Empires coloniaux français et britannique aux XIXe et XXe siècles.
Il a récemment publié L'Empire des géographes. Géographie, exploration et colonisation (Belin, 2008), Au sommet de l'Empire. Les élites européennes dans les colonies du 16e au 20e siècle (avec C. Laux et F.-J. Ruggiu, Peter Lang, 2009), L'Empire des sports. Une histoire de la mondialisation culturelle (avec J. Sorez, Belin, 2010) et Territoires impériaux. Une histoire spatiale du fait colonial (avec H. Blais et F.
Deprest, Publications de la Sorbonne, 2011).
 

séminaire: intervention de Loïc Wacquant, « Pratiques et politiques de racialisation sur les deux rives de l’Atlantique », 6 février 2012


Histoire transnationale
des pensées raciales, 18e-20e siècles

Séminaire


Paris (75016). New York University, 56 rue de Passy.
Contact : Carole Reynaud-Paligot, c.reynaud-paligot [at] orange.fr
Le discours scientifique autour de la notion de race, qui émerge dans la seconde moitié du 18e siècle, s’est développé au siècle suivant. Il a donné lieu, au 20e siècle, aux dramatiques usages politiques que l’on connaît. À l’ère contemporain de la globalisation ces discours s’avèrent résilients, occupant des brèches ouvertes par les brassages, déplacements, et transformations radicales du monde actuel. C’est dans une perspective de longue durée mais aussi dans un cadre transnational que son étude nous semble devoir être entreprise.

• Lundi 6 février, de 17 h à 19 h : intervention de Loïc Wacquant, Université de Berkeley, « Pratiques et politiques de racialisation sur les deux rives de l’Atlantique ».
La conférence aura lieu en anglais, la discussion en français ou en anglais 
 Loïc Wacquant est professeur à l’Université de Californie, Berkeley, et chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique, Paris. Ses travaux, qui portent sur la marginalité urbaine, la domination ethnoraciale, l’État pénal, la politique de la raison et la théorie sociologique, sont traduits en une vingtaine de langues. Ses ouvrages récents comprennent Parias urbains. Ghetto, banlieues, État (2006), Punishing the Poor: The Neoliberal Government of Social Insecurity (2009), Les Prisons de la misère (édition augmentée, 2011), et Les Deux visages du ghetto (à paraître début 2012 chez La Découverte).
 De 17h à 19h à New York University 56 rue de Passy, 75016 Paris Métro : La Muette ou Passy http://nyufresearch.wordpress.com/