« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 9 octobre 2024

Benjamin Lemoine, Chasseurs d'États. Les fonds vautours et la loi de New York à l'assaut de la souveraineté

 

 

Benjamin Lemoine

Chasseurs d'États

Les fonds vautours et la loi de New York à l'assaut de la souveraineté

La Découverte

Economie politique

2024

 

 

Présentation de l'éditeur

Un avion du président de la République du Congo maintenu au sol dans un aéroport français. Une frégate de l'armée argentine immobilisée au Ghana. Les comptes bancaires de l'ambassade d'Argentine à Paris gelés. La Federal Reserve de New York perturbée dans ses activités... Ces coups d'éclat judiciaires, délibérément humiliants pour les États-souverains, répondent à une stratégie orchestrée par des financiers cherchant à recouvrir leurs créances. À chaque fois, il s'agit d'affronter ces souverains grâce à des moyens juridiques afin de les forcer à payer leurs dettes. Mais d'où vient ce pouvoir des financiers privés de traduire en justice des États et de saisir leurs biens ?
Ce livre est le fruit d'une enquête exceptionnelle sur les professionnels de la poursuite de la souveraineté – juges, avocats, enquêteurs et chasseurs d'actifs, mais aussi hauts fonctionnaires –, dont le foyer d'action est situé dans les tribunaux de New York. L'auteur raconte comment il est devenu possible d'engager des procès contre les États qui, émancipés du joug colonial, nationalisaient leur appareil productif et expropriaient les investisseurs états-uniens. La diplomatie économique des États-Unis, main dans la main avec les marchés de capitaux, a veillé à défaire les alternatives promues par les pays du Sud global et à construire le droit de New York comme l'étalon mondial des deals et litiges financiers.
Cette alliance entre le droit agressif et la finance radicale a contraint les pays à rentrer dans le rang du capitalisme mondialisé. Aujourd'hui, alors que le réchauffement climatique impose de grands changements politiques, les chasseurs d'États, s'ils ne sont pas désarmés, pourraient entraver les capacités de régulation économique, sociale, sanitaire ou environnementale des États.

Benjamin Lemoine est sociologue, chercheur au CNRS et à l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO – université Paris-Dauphine). Sa thèse a été primée par l'Association française de science politique. Il a obtenu en 2018 la médaille de bronze du CNRS. Il a publié L'ordre de la dette (2016, 2022) et La démocratie disciplinée par la dette (2022) aux éditions La Découverte

jeudi 18 avril 2024

Actes de la recherche en sciences sociales, n°251. Affaires publiques, intérêts privés

 

 
 
Actes de la recherche en sciences sociales, n°251. Affaires publiques, intérêts privés
Seuil
2024 


Présentation de l'éditeur

Enrôlés dans la promotion du marché concurrentiel, de l’entreprise compétitive et de la financiarisation, le droit et la justice sont au cœur du néolibéralisme. Ce dossier prend pour objet un processus moins documenté : la façon de dire le droit et de réguler du pouvoir étatique est devenue un objet de négociations et de transactions marchandes que les politiques publiques encouragent.

Les États commercialisent une fraction de leur souveraineté juridique. Des traités d’investissement remettent en cause le « droit de réguler » afin de construire un climat favorable aux détenteurs de capitaux étrangers ; des formes de transaction permettent aux grandes entreprises de négocier leurs peines et d’éviter le procès pour fraude et corruption ; la promotion d’une « culture de l’innovation » offre aux entreprises étrangères un statut juridique et fiscal dérogatoire ; enfin, des compétences régaliennes, comme l’attribution de visas, sont octroyées en contrepartie d’investissements.

Certes, la souveraineté juridique n’a jamais atteint la pureté du modèle du monopole. Le droit de dire le droit a toujours été un champ de luttes dont les organisations étatiques ne sont qu’une partie des acteurs. Pour autant, la façon dont le pouvoir règlementaire et le pouvoir de justice se trouvent redéfinis dans leurs conditions d’exercice a été peu étudiée. Ce dossier décrit les contours d’une puissance publique qui s’ajuste aux conditions néolibérales, en élargissant l’espace de négociation des règles du droit au cœur même de l’État.

 

vendredi 20 mai 2022

Benjamin Lemoine, La démocratie disciplinée par la dette

 

 

Benjamin Lemoine

La démocratie disciplinée par la dette

La Découverte 

Petits cahiers libres

2022

 

Présentation de l'éditeur

La dette est devenue un outil de gouvernement de la démocratie. Si la crise sanitaire a ouvert une brèche dans les politiques qui lui sont liées, celle-ci risque vite de se refermer. Il est donc indispensable de s’armer pour bien argumenter face à ceux qui ne rêvent que de revenir à l’austérité.
Les institutions publiques de la dette et de la monnaie (Trésor et Banque centrale) opèrent aujourd’hui comme une usine à garantie de l’industrie financière privée. Mais émettre une dette qui puisse satisfaire l’appétit des investisseurs mondiaux n’est pas sans risque pour la démocratie et s’accompagne de contreparties sociales, économiques et politiques qui sont négociées, à l’ombre de la vie politique, sur les scènes marchandes d’attestation du crédit.
Le débat public se limite à une pédagogie rudimentaire : il faut payer la facture de la pandémie et, pour rembourser la dette, consentir à des sacrifices : travailler plus, augmenter les impôts sur la consommation (et non sur la fortune), renoncer à des services publics et des droits sociaux.
Pour les pouvoirs publics, il faut « cantonner » le potentiel subversif de cette crise sans précédent. Réduite à un événement exceptionnel et exogène au capitalisme financier, la pandémie serait une parenthèse circonscrite qu’il conviendrait de refermer au plus vite sans tirer aucune leçon structurelle, avant de « retourner à la normale » d’un marché qui sert de garde-fou aux États sociaux et discipline les peuples dépensiers.  

Benjamin Lemoine est sociologue, chercheur au CNRS et à l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO – université Paris-Dauphine). Sa thèse a été primée par l’Association française de science politique. Il a obtenu en 2018 la médaille de bronze du CNRS. Il a publié L'ordre de la dette (2016, 2022) ) aux éditions La Découverte

 

samedi 29 février 2020

Simon Lemoine, Découvrir Bourdieu

Simon Lemoine
Découvrir Bourdieu 
Les Éditions sociales
Les propédeutiques 
2020


Présentation de l'éditeur
Quatorze textes expliqués et commentés par le philosophe Simon Lemoine permettant  d’aborder les concepts et la sociologie de Pierre Bourdieu.
 
Les concepts de Pierre Bourdieu font école tant et si bien qu’au-delà même de la sociologie critique, on les retrouve dans la littérature journalistique, dans les textes d’organisations, dans les discours politiques…
Le livre de Simon Lemoine, docteur en philosophie, professeur de lycée, veut éclairer pour un public non savant les articulations principales d’une pensée qui s’est vouée à la connaissance des mouvements de la société.
Comment les dominants dominent-ils ? La sociologie peut-elle servir à transformer les rapports de pouvoir, quelle est la puissance de la violence symbolique, qu’est-ce que l’habitus, la distinction, comment fonctionne la reproduction sociale ? Autant de questions qui animent ce « Découvrir » et en font une introduction essentielle à la sociologie de Bourdieu, et à la compréhension du présent.
 

jeudi 21 novembre 2019

Savoir/Agir n° 48 et 49, Les classes sociales en question (1&2)



du Croquant


Présentation de l'éditeur
Marx et ses héritiers avaient fixé les traits distinctifs d’une approche « classiste » de la société : effort pour appréhender la société de manière globale, rôle primordial accordé aux critères économiques, conception hiérarchique, relationnelle et antagonique des classes. Assimilée et retravaillée, cette approche a nourri la sociologie, en dehors même de la tradition marxiste, et fortement imprégné les discours sur le monde social jusque dans les années 1970. Si, pour de multiples raisons, le concept de classe sociale a ensuite perdu sa centralité, les approches en termes de classes semblent aujourd’hui retrouver droit de cité.
C’est à ce « retour des classes sociales » dans le discours sociologique que ce numéro aimerait contribuer en proposant un ensemble de contributions mobilisant ou discutant l’outil « classe » et l’approche « classiste ».
Ce premier volet du dossier présente quelques éléments de cartographie macro-sociale – à l’échelle de la France, de l’Europe et du monde – en s’efforçant de saisir à chaque fois les dynamiques de cohésion et de fragmentation qui travaillent les classes.
La deuxième partie du dossier s’attachera à quelques-uns des « outils conceptuels » propres aux traditions sociologiques « classistes » et évoquera certains enjeux politiques liés à la question des classes



Savoir/Agir, N° 49, 2019, Les classes sociales en question (2)
du Croquant


Présentation de l'éditeur
Ce deuxième volet du dossier sur les classes sociales aborde quelques-uns des enjeux conceptuels et politiques d’une approche en terme de « classes ».
Postulant qu’en délaissant cette approche la sociologie s’est privée d’un ensemble de questionnements, de notions et de résultats forgés par une longue tradition de recherche, il propose une série de contributions démontrant, à partir de points de vue variés, la fécondité des outils conceptuels « classistes » pour saisir et analyser les dynamiques sociales du présent.
Il soulève enfin quelques questions plus immédiatement politiques, en interrogeant la capacité de mobilisation (partisane et syndicale) des « classes populaires », et en reposant, contre les fausses évidences de la stratégie « populiste », la (vieille) question des « alliances de classes ».

Table des matières
Éditorial : Pour un changement de paradigme, Frédéric Lebaron

Dossier
Les classes sociales en question (II), Antony Burlaud et Gérard Mauger
Penser les classes avec Erik Olin Wright, Ugo Palheta
« Élite(s) » et « classe(s) dirigeante(s) ». Les sœurs ennemies de la sociologie, François-Xavier Dudouet
Compromis de classe et réformisme des dominants. Une approche néoréaliste, Stefano Palombarini
Le capitalisme managérial. Les voies de l’hybridité, Gérard Duménil et Dominique Lévy
Préférences électorales et normes d’emploi. Comment votent les catégories populaires ?, Antoine de Cabanes et Yann Le Lann
Les classes populaires au travail : Quelle représentation ?, Sophie Béroud

Grand entretien avec Francine Muel-Dreyfus
Accéder à l’inconscient social, Annie Collovald

Alterindicateurs
La pauvreté subjective comme mesure de l’insécurité sociale. Une comparaison des différents indicateurs de pauvreté, Nicolas Duvoux et Adrien Papuchon

Chroniques du monde
Coup d’œil sur l’éducation au Brésil de Bolsonaro. « Pas de financements pour la philosophie et la sociologie : il faut respecter l’argent du contribuable », Marie France Garcia Parpet

Idées
Une thérapie sociologique ? « Devenir quelque chose comme un sujet » , Gérard Mauger

 

mercredi 9 mai 2018

Actes de la recherche en sciences sociales N° 221-222, mars 2018, Politiques de la faillite


Actes de la recherche en sciences sociales N° 221-222, mars 2018, Politiques de la faillite
Seuil


Pierre-André Juven, Benjamin Lemoine
Politiques de la faillite
La loi de survie des services publics
Page 4 à 19
 
Jérémy Sinigaglia
« Mes enfants l’heure est grave : il va falloir faire des économies »
La faillibilité comme mode de gouvernement des universités
Page 20 à 37
 
Quentin Deforge, Benjamin Lemoine
Faillite d’État et fragilité juridique
L’Argentine face à l’ordre financier international
Page 38 à 63
  
Brice Daniel
Le procès européen fait au logement social
Le droit européen et la faillibilité du logement social en France, aux Pays-Bas et en Suède
Page 64 à 79
 
Liisa Kurunmäki, Andrea Mennicken, Peter Miller, ( Traduit de l’anglais par Françoise Wirth)
Économicisation et démocratisation de la faillite : inventer une procédure de défaillance pour les hôpitaux britanniques
Résumé
Page 80 à 99

Edoardo Ferlazzo
La financiarisation des gouvernements locaux
Retour sur la gestion de la crise des emprunts « toxiques » par les collectivités locales, l’État et les banques privées
Page 100 à 119




mercredi 13 avril 2016

Savoir/Agir n° 35, Dettes publiques/finances publiques

Savoir/Agir n° 35, Dettes publiques/finances publiques
éditions du Croquant
2016

Présentation de l'éditeur
Dans les débats politiques, la dette publique apparaît comme passif du Trésor public, excès de dépense et charge pour les générations futures. Pourtant, pour certaines catégories économiques et sociales, elle est un actif, un titre de créance rémunérateur. Prétendues victimes du fardeau de la dette, les privilégiés héritent en réalité de l’épargne placée par leurs aïeux dans des emprunts d’États (les obligations du Trésor), dont les taux d’intérêt sont parfois protégés contre l’inflation. 
En analysant la structure des dettes publiques dans le monde, ainsi que les conflits qu'elles suscitent, ce numéro de la revue met en lumière les relations entre capital financier privé et gestion des finances publiques.
L’explosion des ratios de dette publique rapportés au PIB des États à la suite de la crise pose une question nouvelle : faut-il tout mettre en œuvre pour la rembourser quitte à renoncer aux politiques sociales ? Les dettes publiques sont donc affaire de lutte des classes. Elles mettent aux prises sous une forme inédite les détenteurs de capital financier et les bénéficiaires des dépenses publiques et des prestations sociales.
sommaire

lundi 11 avril 2016

écouter: Benjamin Lemoine, L'ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché


écouter: Benjamin Lemoine, L'ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché 
Parenthèse par Laurence Luret, 20.03.2016

Benjamin Lemoine
L'ordre de la dette 
Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché 
Préface de André Orléan
La Découverte
2016

Présentation de l'éditeur
Pourquoi la dette publique occupe-t-elle une telle place dans les débats économiques contemporains, en France et ailleurs ? Comment s’est-elle imposée comme la contrainte suprême qui justifie toutes les politiques d’austérité budgétaire et qui place les États sous surveillance des agences de notation ?
À rebours de ceux qui voient la dette comme une fatalité et une loi d’airain quasi naturelle, Benjamin Lemoine raconte dans ce livre comment, en France, l’« ordre de la dette » a été voulu, construit et organisé par des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des banquiers, de gauche comme de droite – parmi lesquels François Bloch-Lainé, Charles de Gaulle, Antoine Pinay, Valéry Giscard d’Estaing, Michel Pébereau, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn… Autrement dit, il fut le fruit d’un choix politique.
Ce livre reconstitue la généalogie détaillée de ce choix stratégique, et prend la mesure de la grande transformation de l’État dans l’après-guerre. On réalise alors à quel point les nouveaux rapports entre finance privée et finances publiques sont au cœur des mutations du capitalisme, dans lequel l’État est devenu un acteur de marché comme les autres, qui crée et vend ses produits de dette, construisant par là sa propre prison.

« Ce qui est mis en cause dans ce livre, c’est l’évidence même de la dette. » André Orléan
.
 Benjamin Lemoine est sociologue, chercheur au CNRS et à l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO – université Paris-Dauphine). Sa thèse a été primée par l’Association française de science politique.

lundi 24 septembre 2012

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 194 – septembre 2012 // Le conseil de l’État (2) – Le « moment RGPP »

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 194 – septembre 2012 // Le conseil de l’État (2) – Le « moment RGPP », Seuil, 2012

Numéro coordonné par Odile Henry et Frédéric Pierru

Les sommets très privés de l’État
Le « Club des acteurs de la modernisation » et l’hybridation des élites
Julie Gervais

« On n’y comprend rien »
Des salariés européens face à l’action des cabinets de conseil dans la réforme de l’audiovisuel public
Pierre-Emmanuel Sorignet

Le mandarin, le gestionnaire et le consultant
Le tournant néolibéral de la politique hospitalière
Frédéric Pierru

Les syndicats et l’expertise en risques psychosociaux
Note de recherche sur les années noires du management à France Télécom Orange
Odile Henry

Les comptes des générations
Les valeurs du futur et la transformation de l’État social
Yann Le Lann et Benjamin Lemoine
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Hors thème :
Transformations morphologiques et mobilisations disciplinaires
Les enseignants et étudiants de l’Institut d’anglais de la Sorbonne en 1968
Christophe Gaubert et Marie-Pierre Pouly