« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 26 janvier 2016

Benoit Gaultier, Qu’est-ce que le pragmatisme?

Benoit Gaultier 
Qu’est-ce que le pragmatisme? 
Vrin
Chemins philosophiques
2016

Présentation de l'éditeur
Le pragmatisme semble être devenu la chose du monde la mieux partagée. A la fois révolution philosophique et réhabilitation du sens commun, il est en tout cas difficile aujourd’hui de se déclarer anti-pragmatiste sans apparaître vouloir défendre une forme dépassée de ratiocination scolastique. Cet état de fait nécessite qu’une réponse claire soit apportée à la question « Qu’est-ce que le pragmatisme? ».
La thèse qui se trouve défendue dans cet ouvrage est que le cœur, à la fois historique et conceptuel, du pragmatisme consiste dans une théorie de la rationalité épistémique dont suit une théorie de la vérité et, plus particulièrement, de son rôle dans la croyance et l’enquête. Le commentaire du texte de Peirce permet d’aborder la question de la nature du faillibilisme et de la manière dont l’enquête scientifique doit être régulée.

Benoit Gaultier est actuellement chercheur postdoctorant à l’université d’Helsinki et co-dirige depuis 2015 le Groupe de Recherche en Epistémologie (GRE) attaché à la chaire de métaphysique et de philosophie de la connaissance du Collège de France.

vendredi 2 août 2013

Pierre Bourdieu: Contribution à la philosophie analytique

Pierre Bourdieu 
Contribution à la philosophie analytique





 (cette page sera mise à jour au fur et à mesure, revue le 04.08.2016,  Gilbert Quélennec)
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J'ai dévié tout à l'heure, quand j'essayais de dire ma contribution à la philosophie analytique. Il y a, page 42, un paragraphe qui commence ainsi: "Mais un doute radical fondé sur une critique de la raison scolastique pourrait surtout avoir pour effet de montrer que les erreurs de la philosophie, dont les ‘philosophes du langage ordinaire’, ces alliés irremplaçables, veulent nous délivrer, ont souvent pour racine commune la skholè et la disposition scolastique" Et là, je donne une série d'exemples, plus ou moins bien choisis (c'est un peu ce qui m'est venu immédiatement à l'esprit). C'est une hypothèse , dont on ne sait plus si elle est philosophique ou sociologique: est-ce qu'un certain nombre d'erreurs philosophiques que la pensée analytique a systématiquement débusquées n'ont pas pour racine commune cette situation scolastique, non analysée, qui continue à penser à travers les penseurs?
Entretien avec Pierre Bourdieu (à propos des Méditations pascaliennes), in Gérard Mauger et Louis Pinto, Lire les sciences sociales, volume 3, 1994-1996, Hermes science, 2000, p.211

texte cité par Bourdieu:
 "Mais un doute radical fondé sur une critique de la raison scolastique pourrait surtout avoir pour effet de montrer que les erreurs de la philosophie, dont les ‘philosophes du langage ordinaire’, ces alliés irremplaçables, veulent nous délivrer, ont souvent pour racine commune la skholè et la disposition scolastique. C’est le cas, il me semble pour n'évoquer que quelques-uns des exemples d'erreurs qui me viennent immédiatement en mémoire, lorsque Wittgenstein dénonce l’illusion selon laquelle comprendre un mot et en apprendre le sens est un processus mental impliquant la contemplation d’une ‘idée’ ou la visée d’un ‘contenu’, ou lorsque Moore rappelle que, quand nous voyons le bleu, la conscience du bleu nous échappe. De même, lorsque Ryle distingue entre knowing that et knowing how, la connaissance théorique et la maîtrise pratique (d'un jeu, d'une langue, etc.), ou que Wittgenstein, encore lui, rappelle qu’énoncer des jugements n’est qu’une des manières possibles d’utiliser le langage et que ‘I am in pain’ n’est pas nécessairement une assertion, mais peut être aussi une manifestation de douleur ou encore lorsque Strawson reproche aux logiciens d'avoir concentré sur des phrases 'relativement indépendantes du contexte', ou que Toulmin invite à distinguer l'usage ordinaire de l'expression de la probabilité de l'usage des énoncés probabilistes dans l'enquête scientifique: ils se réfèrent tous à des tendances de la pensée qui appartiennent au 'jeu de langage' scolastique et qui, à ce titre, risquent d'occulter la logique de la pratique, à laquelle l'exploration du langage ordinaire peut introduire.

C'est dire que l'on peut, comme j'ai toujours essayé de le faire, s'appuyer sur les analyses que la philosophie du langage ordinaire, et aussi que le pragmatisme, avec Peirce et Dewey, notamment, font de ces tendances génériques de la philosophie-dont Austin remarque qu'elles n'ont rien à voir avec des faiblesses personnelles de tel ou tel philosophe particulier-pour conférer toute sa généralité et toute sa force à la critique de la raison scolastique. Inversement, on pourrait sans doute trouver dans une analyse de la position et de la disposition scolastiques le principe d'une radicalisation et d'une systématisation de la critique de l'usage philosophique ordinaire du langage et des paralogismes qu'il favorise, et aussi de la critique du décalage entre les logiques scolastiques et la logique de la pratique dont on a tout lieu de supposer qu'elle exprime mieux dans l'usage ordinaire, non scolastique, du langage que dans l'usage socialement neutralisé et contrôlé qui a cours dans les univers scolastiques."
Pierre Bourdieu, in Méditations pascaliennes, Seuil, Liber, 1997, Points Essais, 2003, p.51-52






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voir également:
 
Publications de Pierre Bourdieu: Sur la Philosophie et la théorie (projet de Thèse, contributions théoriques dans des incises ou des notes, contribution à la philosophie analytique, sociologie, champ, à propos des philosophes, livres)





mardi 26 mars 2013

video: Le pragmatisme : une réévaluation, Collège de France, janvier- mars 2013



Le pragmatisme : une réévaluation 

du 30 janvier au 20 mars 2013

Chaire de Métaphysique et philosophie de la connaissance
Professeur Claudine Tiercelin
Collège de France

dimanche 13 janvier 2013

en ligne: Wittgenstein and Pragmatism, Christiane Chauviré & Sabine Plaud (eds.)

EJPAP, Volume 4, Number 2, 2012

Symposia. “Wittgenstein and Pragmatism”


Guest editors: Christiane Chauviré (Université Paris | Panthéon-Sorbonne), Sabine Plaud (PhiCO/EXeCO – PSL Research University)


Christiane Chauviré, Sabine Plaud, Introduction to the Symposium: Wittgenstein and Pragmatism: A Reassessment (pdf)
Sami Pihlström, A New Look at Wittgenstein and Pragmatism (pdf)
Judi M. Hensley, Who’s Calling Wittgenstein a Pragmatist? (pdf)
Anna Boncompagni, Streams and River-Beds. James’ Stream of Thought in Wittgenstein’s Manuscripts 165 and 129 (pdf)
Mathieu Marion, Wittgenstein, Ramsey and British Pragmatism (pdf)
Christiane Chauviré, Experience and Nature: Wittgenstein Reader of Dewey? (pdf)
Michael Luntley, Training, Training, Training: The Making of Second Nature and the Roots of Wittgenstein’s Pragmatism (pdf)
Jörg Volbers, Wittgenstein, Dewey, and the Practical Foundation of Knowledge (pdf)
Rick Davis, Group Morality and Forms of Life: Dewey, Wittgenstein and Inter-Subjectivity (pdf)
Joseph Margolis, A Philosophical Bestiary (pdf)
Guy Bennett-Hunter, A Pragmatist Conception of Certainty: Wittgenstein and Santayana (pdf)
Francesco Callegaro, Having Social Practices in Mind. Wittgenstein’s Anthropological Pragmatism in Perspective (pdf)

Download Full Issue


mardi 19 janvier 2010

Christiane Chauviré, Wittgenstein en héritage. Philosophie de l'esprit, épistémologie, pragmatisme


Christiane Chauviré
Wittgenstein en héritage.
Philosophie de l'esprit, épistémologie, pragmatisme
Kimé, 2010

Présentation de l'éditeur

"La philosophie a perdu son aura" déclare Wittgenstein à ses étudiants de Cambridge en 1930, au moment même où Walter Benjamin évoque la perte d'aura de l'art. Il s'est produit selon le philosophe viennois une "torsion" dans l'histoire de la philosophie, qui se trouve coïncider avec l'avènement de ces Temps Modernes auxquels il ne souscrit qu'avec résignation. La nouvelle philosophie a selon lui le même rapport avec l'ancienne que la chimie avec l'alchimie, car il existe dorénavant une méthode philosophique, un savoir faire bien délimité, et du même coup des philosophes "de métier". Cette professionnalisation est en même temps une "réduction" : "Philosophy is now being reduced to a matter of skill", et, ajoute-t-il avec une tonalité à la Spengler, "c'est un phénomène caractéristique d'une époque de culture déclinante ou sans culture" ;en effet" une fois la méthode trouvée, les possibilités pour la personnalité de s'exprimer sont corrélativement restreintes".
Pourquoi Wittgenstein est-il si ambivalent sur cette philosophie désenchantée, modeste, déflationniste, des Temps modernes, qui est aussi en partie la sienne?
Plus que jamais, donc, il nous faut nous poser la question, non de l'héritage laissé par Wittgenstein - il est immense -, mais de la bonne façon, pour nous, d'en hériter.

Christiane Chauviré enseigne la philosophie de la connaissance et du langage à l'UFR de Philosophie de Paris1-Panthéon-Sorbonne. Auteur de plus d'une quinzaine de livres, elle en a publié six sur Wittgenstein (dernièrement L'immanence de l'ego, PUF, 2009), et a édité ou co-édité trois volumes sur cet auteur (Lire le Tractatus logico-philosophicus, Vrin, 2009).

http://www.editionskime.fr/