« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 21 juillet 2026

Ruggero Iori, À l’école de l’État social. Des assistantes sociales en formation en France et en Italie


 

Ruggero Iori

À l’école de l’État social

Des assistantes sociales en formation en France et en Italie

du Croquant

Sciences sociales et éducation 

2026

 

Présentation de l'éditeur

Dans une époque marquée par le retrait de l’État social, comment former les personnels qui l’incarnent le mieux : les assistantes sociales ? Cet ouvrage explore les transformations de l’État social en France et en Italie. À travers une enquête approfondie au sein des écoles qui forment les assistantes sociales, il met en lumière la reproduction des hiérarchies de genre et de classe dans les aspirations et la socialisation professionnelle propre à ce secteur. L’auteur dévoile la manière dont ces institutions façonnent ces jeunes femmes – qui constituent la majorité de ces publics. Tout en transmettant des valeurs humanistes et des compétences techniques, elles leur inculquent des normes de conformité à l’égard des politiques sociales en vigueur et souvent très variables, dont le sens se trouve parfois en contradiction avec ce qu’elles donnent à leur orientation. Une plongée dans la fabrique de l’État social moderne, où se confrontent vocation et professionnalisation. 

Ruggero Iori est sociologue, maître des conférences en sciences de l’éducation et de la formation à Cergy Paris Université, membre du laboratoire EMA (Ecole, Mutation, Apprentissage) et affilié au Centre d’études de l’emploi et du travail (Ceet/CNAM). 

samedi 4 juillet 2026

Actes de la recherche en sciences sociales, N° 262-263, Race en pratique(s)



 

Actes de la recherche en sciences sociales, N° 262-263, Race en pratique(s)

Seuil

2026 

 

 Présentation de l'éditeur

Alors que les sciences sociales françaises – et la sociologie bourdieusienne en particulier – ont montré depuis longtemps ce que les différentes manières d’agir, de parler, ou de se mouvoir devaient aux positions de classe, elles se sont peu intéressées à la façon dont les rapports sociaux de race s’incarnent dans les pratiques. Or, certaines pratiques sociales et certaines techniques du corps sont régulièrement associées, dans le langage courant, à des groupes raciaux : on entend, par exemple, parler de comportements « de Blanc », d’éducation « à l’asiatique », de « voix noire », etc. Ces qualificatifs s’appliquent parfois indépendamment du phénotype de celles et ceux dont on décrit les conduites ou les caractéristiques. Ce numéro prend ces qualifications au sérieux et propose d’interroger, à travers des enquêtes empiriques, la production sociale des pratiques racialisées. Il en propose un double éclairage. Il revient, d’une part, sur la manière dont les pratiques orientent les mécanismes d’assignation raciale. D’autre part (et réciproquement), il montre comment les positions raciales peuvent façonner, à travers des logiques de socialisation, des façons d’être au monde qui sont dès lors perçues comme raciales. Ce volume comprend cinq contributions issues de différentes disciplines (sociologie, histoire et géographie), portant sur des espaces nationaux divers (États-Unis, France, Danemark-Groenland) et examinant des espaces sociaux variés (famille, école, sphère professionnelle). Il se conclut par un entretien avec la romancière et poétesse afro-descendante Seynabou Sonko, avec laquelle nous abordons la façon dont la race est pensée et mise en mot dans le champ littéraire. Enfin, un dernier article (hors thème) analyse comment le new public management se déploie dans un espace professionnel a priori réfractaire à ses principes : le secteur du médico-social.

 

Sommaire
6 Vers une théorie de la pratique attentive à la race
Solène Brun, Altaïr Despres, Narguesse Keyhani
et Adèle Momméja
20 Le maître de sa voix ?
Pratiques sonores de la race dans les radios
africaines-américaines aux États-Unis (1920-1980)
Tristan Pinet-Le Bras
38 Apprendre et faire la race à l’école
Simon Massei
56 Une migration qui blanchit ?
Classe, race et nationalité dans la migration étudiante
postcoloniale groenlandaise
Marine Duc
76 La couleur du capital
Ascensions sociales de descendants d’immigré·es
malien·nes et (dé)placements dans l’espace social de la race
Théoxane Camara
96 Mettre la race au travail
Dispositions racialisées et socialisation professionnelle
des cadres asiatiques du privé en France
Anne Zhou-Thalamy
116 Écrire la race, pirater le milieu littéraire
Entretien avec Seynabou Sonko
126 HORS THÈME
L’évidence du new public management
Les directeur·rices du social face à la norme gestionnaire
Ruggero Iori, François Sarfati et Jules Simha
144 Résumés 

jeudi 10 mai 2018

Savoir/Agir n° 43, Travail social, travail politique ?

Savoir/Agir n° 43,  Travail social, travail politique ?
du Croquant
2018


Présentation de l'éditeur
Le regard politique sur le travail social oscille entre, d’une part, la dénonciation des injonctions libérales à la responsabilisation et à l’individualisation et, d’autre part, la défense de la « main gauche de l’État ». Cette tension condamne les professionnel.le.s à des positions intenables. Et la managérisation des politiques publiques conduit à une transformation des tâches, qu’il s’agisse de contrôler de façon plus ou moins voilée les “ayant droits”, de se faire l’évaluateur contraint de son propre travail, ou de voir la réorientation des missions et les stratégies de survie de l’institution employeuse délaisser les “missions de service public”. Comment le travail social résiste-t-il, comment les professionnel.le.s se ressaisissent-ils des questions politiques liées à leur travail ?
Les auteurs de ce dossier, coordonné par Jérôme Camus et Frédéric Chateigner, ont mis l’accent sur la diversité des métiers dans le travail social. Les formes de résistance, le caractère politique que l’on associe à son activité, varient en effet selon le degré d’autonomie de la profession. La plus ou moins grande proximité avec la commande politique ou les autorités administratives ou économiques peut également permettre de comprendre les positionnements parfois ambigus des institutions du travail social et de leurs agents. Et c’est peut-être en regardant dans les franges les plus dominées du travail social, dans ces lieux où il se mêle aux militantismes, que l’on peut le mieux apercevoir la réappropriation politique par les professionnel.le.s eux/elles-mêmes, de la question des effets de leurs propres actions.
Si l’on n’échappera donc pas à l’inévitable question du contrôle social dans le travail social, ce numéro de la revue le reprend comme à rebours, en interrogeant sinon les conditions de possibilité d’une action politique moyenne et cultivée sur les classes populaires, du moins celles d’une réappropriation, par le travail social, de dispositions émancipatrices.

Sommaire

Éditorial
Le mythe de la compétitivité et le déclin de l’Occident, Frédéric Lebaron

Dossier

Travail social, travail politique  ?, Jérôme Camus, Frédéric Chateigner
La place de l’usager dans le système social et médico-social Vers un accompagnement total  ?, Hugo Dupont
À la recherche de la profession perdue  ? L’évitement du politique dans la formation d’assistant-e de service social, Ruggero Iori
Pour quoi faire de la parentalité  ? Des professionnel.le.s aux prises avec la régulation politique des familles, Jérôme Camus
La participation citoyenne Sur les ambiguïtés du «  pouvoir d’agir  », Clémence Bernardet, Alain Thalineau
Réinventer l’animation par l’éducation populaire  ? Quand le travail social se politise, Nicolas Brusadelli
Entretien avec des salariées de deux structures de l’«  éducation populaire politique  » L’Engrenage (Tours) et La Trouvaille (Rennes), Jérôme Camus, Frédéric Chateigner
Grand entretien avec Michael Burawoy
Entre marxisme et ethnographie Itinéraire d’un sociologue global, Sébastien Antoine, Cécile Piret, François Rinschbergh
Paroles
De l’État social à l’État humanitaire, Pascal Martin
La rhétorique réactionnaire
Le chômeur «  néolibéral  », Gérard Mauger
Chroniques du monde
Le temps des incertitudes Les turbulences dans le champ politique britannique depuis le vote sur le Brexit, Keith Dixon
Culture
Professeur contractuel en Seine-Saint-Denis, Mustapha Belhocine
Idées
«  Foule sentimentale  » Sur l’hommage populaire à Johnny Hallyday, Gérard Mauger