"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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mercredi 13 juin 2018

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales 2015/1-2 (N° 206-207), La culture entre rationalisation et mondialisation



Actes de la recherche en sciences sociales 2015/1-2 (N° 206-207), La culture entre rationalisation et mondialisation
Seuil
en ligne sur Cairn.info


Gisèle Sapiro, Jérôme Pacouret, Myrtille Picaud
Transformations des champs de production culturelle à l’ère de la mondialisation
Page 4 à 13
 
Romain Lecler
Nouvelles vagues
Le marché-festival de Cannes ou la fabrique française d’un universel cinématographique
Page 14 à 33
 
Claire Ducournau
Qu’est-ce qu’un classique « africain » ?
Les conditions d’accès à la reconnaissance des écrivain-e-s issu-e-s d’Afrique subsaharienne francophone depuis 1960
Page 34 à 49
  
Altaïr Despres
Un intérêt artistique à construire
L’engagement des danseurs africains dans le champ chorégraphique contemporain
Page 50 à 67
 
Myrtille Picaud
Les salles de musique à Paris : hiérarchies de légitimité et manières d’entendre les genres musicaux
Version HTML Version PDF
Page 68 à 89
 
Laurent Denave
La musique « répétitive » : une révolution conservatrice dans le monde musical savant américain
Version HTML Version PDF
Page 90 à 99
 
Heribert Tommek
Une littérature moyenne
La littérature allemande contemporaine entre production restreinte et grande production
Page 100 à 107
 
Gisèle Sapiro, Myrtille Picaud, Jérôme Pacouret, Hélène Seiler
L’amour de la littérature : le festival, nouvelle instance de production de la croyance
Le cas des Correspondances de Manosque
Page 108 à 137
 
Jérôme Pacouret
Logiques d’engagement des réalisateurs de films au sujet de la loi HADOPI
Effet de corps, effet de champ et division du travail de représentation professionnelle des cinéastes
Page 138 à 155
 
Mauricio Bustamante
Les politiques culturelles dans le monde 
Comparaisons et circulations de modèles nationaux d’action culturelle dans les années 1980
Page 156 à 173

samedi 18 avril 2015

Actes de la recherche en sciences sociales, 2015/1 -2 (N° 206-207) La culture entre rationalisation et mondialisation



Actes de la recherche en sciences sociales, 2015/1 -2 (N° 206-207) La culture entre rationalisation et mondialisation, Seuil
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Gisèle Sapiro, Jérôme Pacouret, Myrtille Picaud
Transformations des champs de production culturelle à l’ère de la mondialisation
 
Page 14 à 33
Romain Lecler
Nouvelles vagues
Le marché-festival de Cannes ou la fabrique française d’un universel cinématographique
 
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Qu’est-ce qu’un classique « africain » ?
Les conditions d’accès à la reconnaissance des écrivain-e-s issu-e-s d’Afrique subsaharienne francophone depuis 1960
 
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L’engagement des danseurs africains dans le champ chorégraphique contemporain
 
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Les salles de musique à Paris : hiérarchies de légitimité et manières d’entendre les genres musicaux
 
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Laurent Denave 
La musique « répétitive » : une révolution conservatrice dans le monde musical savant américain ?

Page 100 à 107 
Heribert Tommek 
Une littérature moyenne
La littérature allemande contemporaine entre production restreinte et grande production
 
Page 108 à 137
Gisèle Sapiro, Myrtille Picaud, Jérôme Pacouret, Hélène Seiler
L’amour de la littérature : le festival, nouvelle instance de production de la croyance
Le cas des Correspondances de Manosque
 
Page 138 à 155 
Jérôme Pacouret 
Logiques d’engagement des réalisateurs de films au sujet de la loi HADOPI
Effet de corps, effet de champ et division du travail de représentation professionnelle des cinéastes
 
Page 156 à 173 
Mauricio Bustamante 
Les politiques culturelles dans le monde
Comparaisons et circulations de modèles nationaux d’action culturelle dans les années 1980



(source: Cairn.info)


jeudi 9 mai 2013

en ligne: L’Écrivain·e à la rencontre de son public. Enquête sur le public du festival. Les Correspondances de Manosque

en ligne:
L’Écrivain·e à la rencontre de son public.
Enquête sur le public du festival.
Les Correspondances de Manosque

Gisèle Sapiro (dir.)
avec
Jasmine Deventer
Jérôme Pacouret
Myrtille Picaud
Hélène Seiler
Aude Servais
CESSP
2013

Depuis deux décennies, le terme de festival s’est répandu, à l’étranger comme en France, pour désigner les rencontres publiques où les œuvres littéraires sont lues, commentées et discutées par des spécialistes, auteur·e·s, critiques, éditeurs, traducteurs. Cette forme de médiatisation de la lecture s’est d’abord développée, en France, dans les genres dits de paralittérature – c’est-à-dire situés aux marges de l’institution littéraire –, comme la bande dessinée et le polar, pour lesquels elle a constitué un mode de légitimation.
Si les festivals suscitent une attention accrue, ceux consacrés à la littérature sont encore très peu étudiés. Associée aux arts de la performance (théâtre, musique) et aux arts visuels, la forme du « festival » peut paraître incongrue s’agissant de la lecture, pratique culturelle la plus solitaire qui soit. Pourtant, les réunions dédiées à la lecture à voix haute et aux discussions sur la littérature ne constituent pas un phénomène nouveau : des salons mondains aux académies, puis aux cénacles d’initiés, tel que les mardis de Mallarmé, elles demeuraient cependant confinées à la sphère privée et à une petite frange de lettrés.
Fondé en 1999, le festival Les Correspondances de Manosque est un des premiers consacrés à la littérature. Dédié à la littérature française contemporaine, il vise à la revaloriser dans un contexte où elle est décriée sur la scène internationale. L’enquête sociologique menée lors de l’édition 2011 du festival vise à explorer cette nouvelle forme de la médiation culturelle dans le domaine de la lecture. La présente étude propose une analyse des propriétés sociales des festivaliers et de leurs pratiques du festival, en relation avec leurs autres pratiques culturelles.

Gisèle SAPIRO est directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS. Elle dirige le Centre européen de sociologie et de science politique. Spécialiste de sociologie des intellectuels, de la littérature, de la traduction et des échanges culturels internationaux, elle est notamment l’auteure de La Guerre des écrivains, 1940-1953 (Fayard, 1999) et de La Responsabilité de l’écrivain. Littérature, droit et morale en France XIXe-XXIe siècle (Seuil 2011).