"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

Affichage des articles dont le libellé est avant-gardes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est avant-gardes. Afficher tous les articles

dimanche 28 janvier 2018

audio: Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes litteraires


audio: Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes litteraires
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, le 27.01.2018

Boris Gobille
Le Mai 68 des écrivains 
Crise politique et avant-gardes litteraires
CNRS
Culture & Société
2018

Présentation de l'éditeur
Mai-Juin 68 : la contestation saisit des pans entiers de la société française, des lycéens aux étudiants, des ouvriers aux employés, des cadres aux acteurs de la culture. Facultés, usines, institutions occupées se transforment en une immense scène où tout est passé au crible de la critique : exploitation, aliénation, gaullisme, normes sociales, hiérarchies, domination, autorité. Cette gigantesque prise de parole est marquée par une créativité inédite. « Tous créateurs ! », dit d’ailleurs un slogan, « Écrivez partout », renchérit un autre. Roland Barthes célèbre la « parole sauvage » de Mai, Michel de Certeau observe qu’« une foule est devenue poétique ». Difficile pour les écrivains, en particulier d’avant-garde, de rester à l’écart de ce grand ébranlement de l’ordre symbolique…
C’est à ces avant-gardes littéraires qu’est consacrée l’étude de Boris Gobille. Durant ces semaines de fièvre, elles descendent dans la rue, multiplient les prises de position publiques, forment des collectifs et expérimentent de nouvelles articulations entre écriture et « révolution »… Autant d’enjeux explorés dans cet ouvrage qui revisite la question de l’engagement de la littérature et de la responsabilité des écrivains face aux événements politiques de leur temps. On y croisera des surréalistes, des existentialistes, des structuralistes, des communistes, des « gauchistes », des revues comme Tel Quel, Change, Action poétique, Les Lettres Françaises, La Nouvelle Critique, mais aussi Sartre, Beauvoir, Aragon, Sollers, Faye, Roubaud, Pingaud, Blanchot, Duras, Mascolo – parmi tant d’autres plus ou moins obscurs, plus ou moins renommés, tous acteurs de cette singulière aventure qui vit les écrivains s’emparer de 68 et 68 s’emparer des écrivains.

Spécialiste de Mai 68, des crises politiques et de l’engagement des intellectuels, Boris Gobille est maître de conférences de science politique à l’École Normale Supérieure de Lyon et chercheur au laboratoire Triangle.

vendredi 12 janvier 2018

Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes litteraires

Boris Gobille
Le Mai 68 des écrivains 
Crise politique et avant-gardes litteraires
CNRS
Culture & Société
2018

Présentation de l'éditeur
Mai-Juin 68 : la contestation saisit des pans entiers de la société française, des lycéens aux étudiants, des ouvriers aux employés, des cadres aux acteurs de la culture. Facultés, usines, institutions occupées se transforment en une immense scène où tout est passé au crible de la critique : exploitation, aliénation, gaullisme, normes sociales, hiérarchies, domination, autorité. Cette gigantesque prise de parole est marquée par une créativité inédite. « Tous créateurs ! », dit d’ailleurs un slogan, « Écrivez partout », renchérit un autre. Roland Barthes célèbre la « parole sauvage » de Mai, Michel de Certeau observe qu’« une foule est devenue poétique ». Difficile pour les écrivains, en particulier d’avant-garde, de rester à l’écart de ce grand ébranlement de l’ordre symbolique…
C’est à ces avant-gardes littéraires qu’est consacrée l’étude de Boris Gobille. Durant ces semaines de fièvre, elles descendent dans la rue, multiplient les prises de position publiques, forment des collectifs et expérimentent de nouvelles articulations entre écriture et « révolution »… Autant d’enjeux explorés dans cet ouvrage qui revisite la question de l’engagement de la littérature et de la responsabilité des écrivains face aux événements politiques de leur temps. On y croisera des surréalistes, des existentialistes, des structuralistes, des communistes, des « gauchistes », des revues comme Tel Quel, Change, Action poétique, Les Lettres Françaises, La Nouvelle Critique, mais aussi Sartre, Beauvoir, Aragon, Sollers, Faye, Roubaud, Pingaud, Blanchot, Duras, Mascolo – parmi tant d’autres plus ou moins obscurs, plus ou moins renommés, tous acteurs de cette singulière aventure qui vit les écrivains s’emparer de 68 et 68 s’emparer des écrivains.

Spécialiste de Mai 68, des crises politiques et de l’engagement des intellectuels, Boris Gobille est maître de conférences de science politique à l’École Normale Supérieure de Lyon et chercheur au laboratoire Triangle.

jeudi 5 octobre 2017

audio: Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1918-1945). Une histoire transnationale




audio: Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1918-1945). Une histoire transnationale 
La vie est un roman, Aligre, 19.09.2017

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1918-1945) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire  
2017

Présentation de l'éditeur
Pour qui entreprend une histoire transnationale des avant-gardes picturales au XX1eSUP. siècle, la période que couvre ce deuxième tome, de 1918 à 1945, est la plus périlleuse. Car l’auteur doit se colleter avec le grand récit dicté par les avant-gardes elles-mêmes.
Tout commence-t-il avec Dada? Dès 1910 s’observait la remise en cause symbolique de Paris par les nouvelles générations dans de nouveaux centres : Berlin, Munich, Londres, Bruxelles, Cologne, Moscou, New York. Dada, certes né dans les charniers de la guerre, fut plus encore issu de l’histoire de la modernité artistique et littéraire depuis les années 1850.
Les avant-gardes furent-elles idéologiquement progressistes? Les acteurs ne cessèrent de négocier entre les logiques révolutionnaires, leurs ambitions nationales et celle de continuer tant bien que mal à se faire connaître sur la scène internationale.
Loin que Paris fût la capitale unique, d’une ville à l’autre, et en particulier à Berlin, Prague, Budapest, Vienne, Moscou, mais aussi à Amsterdam, Bucarest, Zagreb, Barcelone et jusqu’à São Paulo, Mexico et au Japon, apparurent régulièrement de nouveaux groupes décidés à se faire une place dans le courant du modernisme.
En revanche, l’entre-deux-guerres fut une période de marchandisation aboutie de l’innovation artistique. Dans les pratiques et les débats des avant-gardes, une problématique était récurrente : quelle place faire au marché, surtout en cas de succès? 

Béatrice Joyeux-Prunel est enseignant-chercheur à l'Ecole normale supérieure, où elle enseigne l'histoire de l'art contemporain. Elle est directrice du projet ARTL@S. 

 

lundi 15 mai 2017

Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1918-1945). Une histoire transnationale

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1918-1945) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire  
2017

Présentation de l'éditeur
Pour qui entreprend une histoire transnationale des avant-gardes picturales au XX1eSUP. siècle, la période que couvre ce deuxième tome, de 1918 à 1945, est la plus périlleuse. Car l’auteur doit se colleter avec le grand récit dicté par les avant-gardes elles-mêmes.
Tout commence-t-il avec Dada? Dès 1910 s’observait la remise en cause symbolique de Paris par les nouvelles générations dans de nouveaux centres : Berlin, Munich, Londres, Bruxelles, Cologne, Moscou, New York. Dada, certes né dans les charniers de la guerre, fut plus encore issu de l’histoire de la modernité artistique et littéraire depuis les années 1850.
Les avant-gardes furent-elles idéologiquement progressistes? Les acteurs ne cessèrent de négocier entre les logiques révolutionnaires, leurs ambitions nationales et celle de continuer tant bien que mal à se faire connaître sur la scène internationale.
Loin que Paris fût la capitale unique, d’une ville à l’autre, et en particulier à Berlin, Prague, Budapest, Vienne, Moscou, mais aussi à Amsterdam, Bucarest, Zagreb, Barcelone et jusqu’à São Paulo, Mexico et au Japon, apparurent régulièrement de nouveaux groupes décidés à se faire une place dans le courant du modernisme.
En revanche, l’entre-deux-guerres fut une période de marchandisation aboutie de l’innovation artistique. Dans les pratiques et les débats des avant-gardes, une problématique était récurrente : quelle place faire au marché, surtout en cas de succès? 
 

lundi 21 mars 2016

écouter: Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1848-1918). Une histoire transnationale



La marche de l'histoire par Jean Lebrun, le 10/02/2016
Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1848-1918) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire
2016
Présentation de l'éditeur
Une histoire globale des avant-gardes picturales se doit d’expliquer pourquoi celles-ci apparurent en certains endroits et pas en d’autres, comment elles circulaient entre les pays et les capitales, ce qui les portait et si elles rompaient réellement avec leur temps, sachant que la plupart finirent par connaître une véritable canonisation.
Les avant-gardes lièrent leur sort au développement des journaux et des revues, c’est-à-dire à celui des techniques d’impression et de reproduction en série. Elles profitèrent également d’un vaste mouvement de circulation des idées, des hommes et des objets avec le développement des réseaux ferrés et des transports maritimes.
Dans le même temps se forgeaient les identités nationales, férues de tradition et de préservation des cultures. L’approche géopolitique met au jour ce processus par lequel les plasticiens novateurs recoururent à la référence étrangère pour s’opposer aux institutions nationales, travaillèrent à internationaliser leurs réputations pour mieux s’imposer contre le refus de l’innovation porté par le nationalisme, ou, au contraire, se laisser récupérer par des partis nationalistes et révolutionnaires.
Mais à côté des stratégies, réseaux et marchés, place est faite à l’analyse du contexte culturel et moral, économique et politique, matériel et social, affectif et spirituel des artistes des avant-gardes à partir de 1848. Jusqu’à la rupture de 1920, quand ces avant-gardes deviennent politiques, plaçant l’avenir de l’art dans celui de la Révolution. 
L'auteure, historienne, enseigne l'art dans l'histoire à l'Ecole normale supérieure (Paris).

jeudi 14 janvier 2016

Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1848-1918). Une histoire transnationale

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1848-1918) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire
2016
Présentation de l'éditeur
Une histoire globale des avant-gardes picturales se doit d’expliquer pourquoi celles-ci apparurent en certains endroits et pas en d’autres, comment elles circulaient entre les pays et les capitales, ce qui les portait et si elles rompaient réellement avec leur temps, sachant que la plupart finirent par connaître une véritable canonisation.
Les avant-gardes lièrent leur sort au développement des journaux et des revues, c’est-à-dire à celui des techniques d’impression et de reproduction en série. Elles profitèrent également d’un vaste mouvement de circulation des idées, des hommes et des objets avec le développement des réseaux ferrés et des transports maritimes.
Dans le même temps se forgeaient les identités nationales, férues de tradition et de préservation des cultures. L’approche géopolitique met au jour ce processus par lequel les plasticiens novateurs recoururent à la référence étrangère pour s’opposer aux institutions nationales, travaillèrent à internationaliser leurs réputations pour mieux s’imposer contre le refus de l’innovation porté par le nationalisme, ou, au contraire, se laisser récupérer par des partis nationalistes et révolutionnaires.
Mais à côté des stratégies, réseaux et marchés, place est faite à l’analyse du contexte culturel et moral, économique et politique, matériel et social, affectif et spirituel des artistes des avant-gardes à partir de 1848. Jusqu’à la rupture de 1920, quand ces avant-gardes deviennent politiques, plaçant l’avenir de l’art dans celui de la Révolution. 
L'auteure, historienne, enseigne l'art dans l'histoire à l'Ecole normale supérieure (Paris).