« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mercredi 7 octobre 2020

Quentin Deluermoz, Commune(s), 1870-1871. Une traversée des mondes au XIXe siècle

 

 

Quentin Deluermoz

Commune(s)

1870-1871 

Une traversée des mondes au XIXe siècle 

Seuil

L'Univers historique

2020



Présentation de l'éditeur

Depuis les analyses célèbres de Karl Marx, l'histoire de la Commune de Paris a été placée au centre de notre compréhension de l'événement révolutionnaire. Et l'espérance de "faire commune" fait aujourd'hui retour dans notre imaginaire politique.

Cet ouvrage se propose de mener l'archéologie de cette puissance d'actualisation, mais en revenant d'abord sur la force de l'événement lui-même. Le récit prend appui sur une enquête archivistique minutieuse qui permet de reconstituer, par le bas, les stratégies des acteurs, leurs luttes comme l'ouverture des possibles qui marque ces journées. L'événement dépasse dès ses débuts le cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en passant par l'insurrection kabyle, la Croix-Rousse à Lyon ou la république des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à différentes échelles, du local au global, en décrivant des interconnections multiples.

De là un essai vif et original sur l'histoire transnationale des échos entre l'espérance révolutionnaire française et les trajectoires insurrectionnelles mondiales, doublé d'une réflexion renouvelée sur les rapports entre ordre social et révolution.

Quentin Deluermoz, maître de conférence HDR en histoire contemporaine à l'Université Paris 13, a publié au Seuil Le Crépuscule des révolutions (1848-1871) ("Histoire de la France contemporaine", t. 3, 2012, rééd. "Points Histoire", 2014) et, avec Pierre SIngaravélou, Pour une histoire des possibles. Analyses contrefactuelles et futurs non advenus (2016, rééd. "Points Histoire", 2019). Il est également cofondateur de la revue Sensibilités, Histoire, critique et sciences sociales.

 


mercredi 4 décembre 2019

Les enquêtes ouvrières dans l'Europe contemporaine, Sous la direction de Éric Geerkens, Nicolas Hatzfeld, Isabelle Lespinet-Moret, Xavier Vigna


Les enquêtes ouvrières dans l'Europe contemporaine
Sous la direction de 
Éric Geerkens, Nicolas Hatzfeld
Isabelle Lespinet-Moret, Xavier Vigna
La Découverte
Recherches
2019


Présentation de l'éditeur
S’il est un spectre qui hante l’Europe des XIXe et XXe siècles, c’est bien celui de la classe ouvrière. En témoignent les innombrables enquêtes qui lui sont consacrées : elles disent combien la « question sociale », telle qu’elle s’invente avec l’industrialisation, est d’abord une inquiétude sur la condition ouvrière et son évolution. Ces mondes ouvriers, si prompts aux soulèvements, constituent une énigme que de multiples enquêtes visent à résoudre, le plus souvent pour conjurer une menace.
Ce livre propose un voyage étonnant à ses lecteurs en les conduisant, par les yeux des enquêteurs, dans les taudis de Manchester, les cités minières du Borinage ou les usines Mirafiori de Turin. Il éclaire d’un jour nouveau des figures illustres des sciences sociales : Frédéric Le Play, Max Weber ou Maurice Halbwachs ; mais il les fait aussi voisiner avec des artistes (Zola et les écrivains naturalistes, les cinéastes autour de Chris Marker) et avec des collectifs soudés par un engagement – féministes, jocistes ou révolutionnaires.
En explorant ce qui mêla indissociablement pratiques scientifiques et passions politiques, l’ouvrage offre une contribution originale à une histoire transnationale de l’Europe contemporaine.  
Éric Geerkens est professeur à l’université de Liège, où il enseigne l’histoire économique et sociale.
Nicolas Hatzfeld est professeur émérite à l’université d’Évry Paris-Saclay et membre de l’IDHES.
Isabelle Lespinet-Moret est professeure à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et directrice adjointe du CHS mondes contemporains.
Xavier Vigna est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne. Il est notamment l’auteur de L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines (Rennes, PUR) en 2007 et de Histoire des ouvriers en France au XXe siècle (Paris, Perrin) en 2012.
  

jeudi 5 octobre 2017

audio: Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1918-1945). Une histoire transnationale




audio: Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1918-1945). Une histoire transnationale 
La vie est un roman, Aligre, 19.09.2017

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1918-1945) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire  
2017

Présentation de l'éditeur
Pour qui entreprend une histoire transnationale des avant-gardes picturales au XX1eSUP. siècle, la période que couvre ce deuxième tome, de 1918 à 1945, est la plus périlleuse. Car l’auteur doit se colleter avec le grand récit dicté par les avant-gardes elles-mêmes.
Tout commence-t-il avec Dada? Dès 1910 s’observait la remise en cause symbolique de Paris par les nouvelles générations dans de nouveaux centres : Berlin, Munich, Londres, Bruxelles, Cologne, Moscou, New York. Dada, certes né dans les charniers de la guerre, fut plus encore issu de l’histoire de la modernité artistique et littéraire depuis les années 1850.
Les avant-gardes furent-elles idéologiquement progressistes? Les acteurs ne cessèrent de négocier entre les logiques révolutionnaires, leurs ambitions nationales et celle de continuer tant bien que mal à se faire connaître sur la scène internationale.
Loin que Paris fût la capitale unique, d’une ville à l’autre, et en particulier à Berlin, Prague, Budapest, Vienne, Moscou, mais aussi à Amsterdam, Bucarest, Zagreb, Barcelone et jusqu’à São Paulo, Mexico et au Japon, apparurent régulièrement de nouveaux groupes décidés à se faire une place dans le courant du modernisme.
En revanche, l’entre-deux-guerres fut une période de marchandisation aboutie de l’innovation artistique. Dans les pratiques et les débats des avant-gardes, une problématique était récurrente : quelle place faire au marché, surtout en cas de succès? 

Béatrice Joyeux-Prunel est enseignant-chercheur à l'Ecole normale supérieure, où elle enseigne l'histoire de l'art contemporain. Elle est directrice du projet ARTL@S. 

 

mardi 16 mai 2017

Michela Passini, L'oeil et l'archive. Une histoire de l'histoire de l'art


 
Michela Passini
L'oeil et l'archive
Une histoire de l'histoire de l'art 
La Découverte 
Écritures de l'Histoire 
2017  


Présentation de l'éditeur
Heinrich Wölfflin, Alois Riegl, Aby Warburg, Henri Focillon, Erwin Panofsky, Roberto Longhi, Linda Nochlin, Michael Baxandall et bien d’autres… Autant de noms qui, de la fin du XIXe à la fin du XXe siècle, ont participé à la construction de l’histoire de l’art. Les notions, méthodes, savoirs et savoir-faire qu’ils ont élaborés ont fabriqué le rapport réflexif que nous continuons aujourd’hui d’entretenir avec le plus omniprésent des matériaux symboliques de nos sociétés : l’image.
Cet ouvrage, à la fois érudit et très accessible, offre un panorama de tout premier plan pour quiconque voudrait se familiariser avec les grandes figures et les grands concepts de la théorie visuelle, en même temps qu’une synthèse pionnière montrant comment l’histoire de l’art s’est constituée en discipline, avec ses institutions propres, ses plateformes d’échange (revues, congrès, expositions, etc.) et ses dispositifs de contrôle de la production scientifique.
Il montre aussi comment, tout au long du XXe siècle, cette histoire fut celle de l’affrontement entre deux conceptions rivales quant à leurs objectifs et leurs enjeux. Selon la première, l’œuvre d’art, pour être comprise, se suffit à elle-même et suffit à son interprète, dont la fonction consiste en une analyse avant tout visuelle ; pour la seconde, elle est un objet culturel complexe, dont il s’agit de reconstituer les dimensions sociales, politiques et intellectuelles.
Avec ce livre aussi documenté qu’ambitieux, Michela Passini propose, pour la première fois en français, une histoire transnationale de l’histoire de l’art. Une somme indispensable pour comprendre les origines de notre rapport présent aux œuvres d’art. 
Chercheuse au CNRS, Michela Passini travaille sur l'histoire de l'histoire de l'art, l'histoire des musées et du patrimoine. Elle est notamment l'auteure de La Fabrique de l'art national. Le nationalisme et les origines de l'histoire de l'art, France et Allemagne 1870-1933 (MSH, 2012).




  

lundi 15 mai 2017

Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1918-1945). Une histoire transnationale

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1918-1945) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire  
2017

Présentation de l'éditeur
Pour qui entreprend une histoire transnationale des avant-gardes picturales au XX1eSUP. siècle, la période que couvre ce deuxième tome, de 1918 à 1945, est la plus périlleuse. Car l’auteur doit se colleter avec le grand récit dicté par les avant-gardes elles-mêmes.
Tout commence-t-il avec Dada? Dès 1910 s’observait la remise en cause symbolique de Paris par les nouvelles générations dans de nouveaux centres : Berlin, Munich, Londres, Bruxelles, Cologne, Moscou, New York. Dada, certes né dans les charniers de la guerre, fut plus encore issu de l’histoire de la modernité artistique et littéraire depuis les années 1850.
Les avant-gardes furent-elles idéologiquement progressistes? Les acteurs ne cessèrent de négocier entre les logiques révolutionnaires, leurs ambitions nationales et celle de continuer tant bien que mal à se faire connaître sur la scène internationale.
Loin que Paris fût la capitale unique, d’une ville à l’autre, et en particulier à Berlin, Prague, Budapest, Vienne, Moscou, mais aussi à Amsterdam, Bucarest, Zagreb, Barcelone et jusqu’à São Paulo, Mexico et au Japon, apparurent régulièrement de nouveaux groupes décidés à se faire une place dans le courant du modernisme.
En revanche, l’entre-deux-guerres fut une période de marchandisation aboutie de l’innovation artistique. Dans les pratiques et les débats des avant-gardes, une problématique était récurrente : quelle place faire au marché, surtout en cas de succès? 
 

mercredi 6 juillet 2016

Fonds d’archives Pierre Bourdieu: en dépôt à l’EPHE (accessible sur autorisation en 2018-2019)

(Source: Annonce sur le site de l'EPHE) 

Pierre Bourdieu 
Photo de Pierre Bourdieu.


Manuscrit Pierre Bourdieu
Notes préparatoires au Cours de sociologie générale donné au Collège de France en 1984.

 

Fonds Pierre Bourdieu

Projet Archives des Sciences Sociales

Le Fonds d’archives Pierre Bourdieu est confié en dépôt à l’EPHE dans la perspective d’une intégration ultérieure au Grand Équipement Documentaire du site Condorcet. Ce fonds est constitué d’un ensemble documentaire très vaste se rapportant à l’œuvre de Pierre Bourdieu. Il comprend la correspondance, des manuscrits originaux de livres et d’articles avec la documentation afférente et en particulier le matériel d’enquêtes, des supports de cours et de séminaires, des rapports réalisés pour différentes institutions, des documents liés au travail éditorial (Collections Le Sens Commun aux Éditions de Minuit, Liber au Seuil, Revue Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Revue internationale des livres Liber, Éditions Raisons d’Agir).

Comité de pilotage scientifique des Archives Pierre Bourdieu
La mise en valeur du fonds est confiée au Comité de pilotage scientifique des Archives Pierre Bourdieu. Ce comité est composé de : Jacques Berchon (Directeur des Bibliothèques et Archives de l’EPHE), Jérôme Bourdieu, Craig Calhoun (LSE), Pierre Clément (Université de Rouen), Yvette Delsaut (EHESS), Julien Duval (CNRS), Johan Heilbron (CNRS et Erasmus University Rotterdam), Brigitte Mazon (EHESS), Paul Pasquali (CNRS), Denis Pelletier (EPHE), Amín Pérez (EHESS), Olivier Poncet (École nationale des chartes), Franck Poupeau (CNRS), Marie-Christine Rivière (CNRS), Gisèle Sapiro (EHESS), Franz Schultheis (Université de Saint-Gall), George Steinmetz (University of Michigan), Stéphane Verger (ENS et EPHE).

Pour une histoire sociale des sciences sociales transnationale et interdisciplinaire
Le Fonds d’archives Pierre Bourdieu a vocation à faire partie d’un ensemble archivistique permettant d’enrichir et de renouveler l’histoire sociale des sciences sociales, aussi bien en France qu’à l’étranger. Il s’agit en effet de favoriser un travail qui n’enferme pas la recherche sur archives dans des frontières disciplinaires, dans la seule perspective de biographies individuelles ou dans une érudition entièrement tournée vers le passé.
Ce fonds d’archives offre la possibilité pour la première fois de lancer ou d’enrichir les recherches sur ou autour de l’œuvre de Pierre Bourdieu, mais il vise aussi à constituer le « pivot » d’un projet intellectuel marqué par quelques préoccupations fondamentales. Il s’agit tout d’abord de ne pas dissocier les sciences sociales des autres espaces sociaux dont elles dépendent et où elles produisent des effets, et ensuite de mettre en relation le travail de chaque chercheur avec l’activité de l’ensemble de ses collaborateurs, collègues ou concurrents, comme des institutions dans lesquelles sa recherche a été produite. Très riche en matériel empirique, ce fonds est également mis à disposition pour servir à de nouvelles enquêtes qui, dans une perspective comparative par exemple, « revisiteraient » les travaux passés pour les confronter à d’autres contextes historiques ou nationaux et assurer ainsi la cumulativité nécessaire à tout progrès scientifique. Ce fonds voudrait donc contribuer à initier un programme de recherche réflexif sur les sciences sociales et leur histoire qui comprendrait une dimension transnationale et pluridisciplinaire et participerait de l’essor actuel en France d’une histoire sociale des sciences sociales.
Les membres du Comité Scientifique ont pour rôle de favoriser des travaux en accord avec ces objectifs et de proposer des recherches collectives inscrits dans cette perspective.

Accès aux archives

Le Comité Scientifique a également pour rôle d’évaluer les demandes de consultation du fonds. Il donnera accès au fonds en fonction de la qualité scientifique intrinsèque des demandes soumises et de leur compatibilité avec le projet d’ensemble.
Le Fonds est actuellement en cours de classement. Cette opération terminée, il sera rendu accessible sur autorisation en 2018-2019.
Pour toute demande, merci de vous adresser au bureau du comité de pilotage du fonds Pierre Bourdieu / Projet ARCHISS (Archives et Recherches Collectives pour une Histoire Internationale des Sciences Sociales) archiss.project@gmail.com en mettant en copie le directeur du SCDBA : jacques.berchon@ephe.sorbonne.fr

(Source:  Annonce sur le site de l'EPHE)


lundi 21 mars 2016

écouter: Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1848-1918). Une histoire transnationale



La marche de l'histoire par Jean Lebrun, le 10/02/2016
Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1848-1918) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire
2016
Présentation de l'éditeur
Une histoire globale des avant-gardes picturales se doit d’expliquer pourquoi celles-ci apparurent en certains endroits et pas en d’autres, comment elles circulaient entre les pays et les capitales, ce qui les portait et si elles rompaient réellement avec leur temps, sachant que la plupart finirent par connaître une véritable canonisation.
Les avant-gardes lièrent leur sort au développement des journaux et des revues, c’est-à-dire à celui des techniques d’impression et de reproduction en série. Elles profitèrent également d’un vaste mouvement de circulation des idées, des hommes et des objets avec le développement des réseaux ferrés et des transports maritimes.
Dans le même temps se forgeaient les identités nationales, férues de tradition et de préservation des cultures. L’approche géopolitique met au jour ce processus par lequel les plasticiens novateurs recoururent à la référence étrangère pour s’opposer aux institutions nationales, travaillèrent à internationaliser leurs réputations pour mieux s’imposer contre le refus de l’innovation porté par le nationalisme, ou, au contraire, se laisser récupérer par des partis nationalistes et révolutionnaires.
Mais à côté des stratégies, réseaux et marchés, place est faite à l’analyse du contexte culturel et moral, économique et politique, matériel et social, affectif et spirituel des artistes des avant-gardes à partir de 1848. Jusqu’à la rupture de 1920, quand ces avant-gardes deviennent politiques, plaçant l’avenir de l’art dans celui de la Révolution. 
L'auteure, historienne, enseigne l'art dans l'histoire à l'Ecole normale supérieure (Paris).

jeudi 14 janvier 2016

Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1848-1918). Une histoire transnationale

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1848-1918) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire
2016
Présentation de l'éditeur
Une histoire globale des avant-gardes picturales se doit d’expliquer pourquoi celles-ci apparurent en certains endroits et pas en d’autres, comment elles circulaient entre les pays et les capitales, ce qui les portait et si elles rompaient réellement avec leur temps, sachant que la plupart finirent par connaître une véritable canonisation.
Les avant-gardes lièrent leur sort au développement des journaux et des revues, c’est-à-dire à celui des techniques d’impression et de reproduction en série. Elles profitèrent également d’un vaste mouvement de circulation des idées, des hommes et des objets avec le développement des réseaux ferrés et des transports maritimes.
Dans le même temps se forgeaient les identités nationales, férues de tradition et de préservation des cultures. L’approche géopolitique met au jour ce processus par lequel les plasticiens novateurs recoururent à la référence étrangère pour s’opposer aux institutions nationales, travaillèrent à internationaliser leurs réputations pour mieux s’imposer contre le refus de l’innovation porté par le nationalisme, ou, au contraire, se laisser récupérer par des partis nationalistes et révolutionnaires.
Mais à côté des stratégies, réseaux et marchés, place est faite à l’analyse du contexte culturel et moral, économique et politique, matériel et social, affectif et spirituel des artistes des avant-gardes à partir de 1848. Jusqu’à la rupture de 1920, quand ces avant-gardes deviennent politiques, plaçant l’avenir de l’art dans celui de la Révolution. 
L'auteure, historienne, enseigne l'art dans l'histoire à l'Ecole normale supérieure (Paris).

lundi 28 septembre 2015

Jean Solchany, Wilhelm Röpke, l'autre Hayek. Aux origines du néolibéralisme

Jean Solchany
Wilhelm Röpke, l'autre Hayek
Aux origines du néolibéralisme
Publications de la Sorbonne
2015

Présentation de l'éditeur
Aux côtés de Friedrich Hayek, et avant que Milton Friedman n'imprime son empreinte à partir des années 1960, l’économiste allemand Wilhelm Röpke (1899-1966), installé à Genève après avoir fui le nazisme, a été l’autre grand fondateur du néolibéralisme. Exploitant de nombreuses archives, cet ouvrage recourt aux outils de l’histoire intellectuelle et transnationale pour proposer une autre lecture d’un phénomène trop souvent encore réduit à ses manifestations les plus contemporaines et les plus anglo-saxonnes, alors qu’il plonge ses racines dans la crise des années 1930 et prend forme en Suisse au lendemain immédiat de la Seconde Guerre mondiale. Loin de l’érudition et de l’anecdote, par-delà le souci de redonner son importance à une figure étonnamment délaissée par les chercheurs, la biographie est ici une démarche de contextualisation visant à expliquer le succès d’un intellectuel autant sociologue qu’économiste. Incontournable en Suisse et en Allemagne, très lié aux nouveaux conservateurs américains, pourfendeur du « collectivisme » sous toutes ses formes, préoccupé du sort de l’Amérique latine et de l’Afrique, publiant dans toutes les langues, Wilhelm Röpke a incarné la variante néolibérale de l’intellectuel engagé. Au-delà de la dénonciation du keynésianisme, de l’interventionnisme et de l’Etat-providence, ses écrits et ses réseaux permettent de cerner le néolibéralisme comme un regard global sur le monde, comme une philosophie politique et sociale ambivalente dans son rapport à la modernité, comme une mobilisation de combat et d’influence à l’échelle occidentale. L’écho rencontré par Wilhelm Röpke illustre la renaissance des idées libérales et conservatrices dans la seconde moitié du XXe siècle et le rôle majeur joué dans leur fermentation et leur diffusion par les intellectuels émigrés d’origine germanique.

Jean Solchany est maître de conférences en histoire contemporaine à l'Institut d’études politiques de Lyon, Jean Solchany a notamment publié Comprendre le nazisme dans l’Allemagne des années zéro (1945-1949), Paris, Puf, 1997 et Histoire de l’Allemagne au XXe siècle. Entre singularité et normalité, Paris, Puf, 2003. Spécialiste des questions de mémoire et de l’histoire des intellectuels, il poursuit depuis plusieurs années des recherches sur l’histoire du néolibéralisme. 

mardi 2 décembre 2014

écouter: Rahul Markovits, Civiliser l'Europe. Politiques du théâtre français au XVIIIe siècle


écouter: Rahul Markovits , Civiliser l'Europe . Politiques du théâtre français au XVIIIe siècle
Licences Politiques par Alexis Fournol, 18/10/2014


Rahul Markovits 
Civiliser l'Europe 
Politiques du théâtre français au XVIIIe siècle
Fayard
2014

Présentation de l'éditeur
Chaque année, pointant le faible écho rencontré par les productions françaises à l’étranger, la presse anglophone annonce la « mort de la culture française ». Face à ces interrogations lancinantes, le xviiie siècle apparaît à certains comme un âge d'or, le temps béni du « rayonnement » européen, voire universel, d’une culture française contagieuse et irrésistible. De ce phénomène, quelle manifestation plus emblématique en apparence que les troupes de comédiens qui sillonnaient l’Europe, jouant Molière en langue originale aux quatre coins du continent, de Cadix à Saint-Pétersbourg et de Stockholm à Palerme ?
Contre une lecture nostalgique et mystificatrice, Civiliser l’Europe révèle et décrit les mécanismes à l'œuvre dans la dissémination européenne du théâtre français. En s’appuyant sur les méthodes nouvelles de l’histoire transnationale, Rahul Markovits met en lumière la diversité des situations. Princes et ministres en quête de prestige politique, diplomates et chefs militaires promouvant le soft power français, chefs de troupe et comédiens à la recherche d'opportunités économiques, administrateurs napoléoniens convaincus de l'influence civilisatrice des chefs-d'œuvre de la scène française : c'est de l'action de l'ensemble de ces protagonistes qu'est constituée la matière de ce livre.
Le théâtre français n’était pas perçu dans les cours princières comme un simple divertissement ni comme le signe d’une grandeur littéraire incontestée. Représentant aux yeux des élites françaises la quintessence de la civilisation qu'elles prétendaient incarner, il devint sous leur égide, parfois pacifique, parfois brutale, l’instrument d’une tentative d'unification culturelle de l’Europe. L’« Europe française » du Siècle des lumières ne nous tend pas le miroir de notre grandeur culturelle déchue. Elle nous montre que les dominations culturelles ne sont pas massives et univoques, mais souvent relatives et toujours localisées.
Rahul Markovits est maître de conférences à l'Ecole normale supérieure. Agrégé d'histoire, il est spécialiste de l'Europe des Lumières. Il a reçu, en 2012, le prix Etienne Raluze d'histoire locale européenne.