« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 5 janvier 2026

Savoir/Agir n° 66, FN - RN. Penser la banalisation de l’extrême droite


 
 
Savoir/Agir n° 66, FN - RN. Penser la banalisation de l’extrême droite
du Croquant
2025
 
 
 
Présentation de l'éditeur
FN/RN. Comprendre la normalisation de l'extrême-droite Comment en est-on arrivés là ? L'entreprise de normalisation d'une partie de l'extrême-droite en France ne s'est pas faite toute seule, et certains partis de droite y ont indirectement contribué. Depuis sa création en 1972, à partir d'un rassemblement composite de groupuscules
FN/RN. Comprendre la normalisation de l'extrême-droite Comment en est-on arrivés là ? L'entreprise de normalisation d'une partie de l'extrême-droite en France ne s'est pas faite toute seule, et certains partis de droite y ont indirectement contribué. Depuis sa création en 1972, à partir d'un rassemblement composite de groupuscules d'extrême-droite, la trajectoire collective du principal représentant de l'extrême-droite française, le Front National (FN), devenu Rassemblement National (RN), ne cesse d'interroger.
Récoltant désormais plus de 10 millions de suffrages exprimés (législatives 2024), érigé en " arbitre " du gouvernement (Barnier), cet ancien " petit " parti politique semble occuper désormais une place centrale dans le champ politique. Ce dossier vise à comprendre les logiques de la normalisation de cette extrême-droite, en réinscrivant ce processus dans les divers espaces dans lesquels le FN/RN s'institutionnalise, parfois sous tension.
Pour ce faire, il rassemble politistes, sociologues, nouveaux entrants dans la discipline et spécialistes de ce parti. Il s'agit d'abord de saisir la manière dont le parti s'intègre de manière contrastée dans différentes arènes électorales et institutions publiques, de l'Europe jusqu'aux municipalités. Seront analysées ensuite les mobilisations du FN/RN destinées à " capter " des forces issues des mouvements sociaux, pour séduire certains milieux populaires et limiter l'instabilité de son organisation interne.
Enfin, il dévoilera les logiques de la circulation des idées et de la fabrique de représentations renouvelées de cette organisation, la dépolitisation des cadrages médiatiques, le rôle des sondeurs d'opinion et des autres partis politiques (notamment de la droite) dans ce processus de normalisation.
 

vendredi 20 septembre 2024

Annie Collovald (Coord.), Quand le moment fait événement. Entre contestations et déceptions : les "années 68" à Nantes

 

 

Annie Collovald (Coord.)

Quand le moment fait événement

Entre contestations et déceptions : 

les "années 68" à Nantes

du Croquant

Sociopo

2024

 

 

Présentation de l'éditeur

Un nouvel ouvrage sur " mai 68 " ? Oui et non. Oui car il apporte des connaissances inédites sur ce printemps contestataire en s'inscrivant dans le renouvellement récent des approches : regarder loin de Paris, s'intéresser à des militants " ordinaires "... Le dépouillement d'archives privées, syndicales et policières, de la presse locale et alternative croisé avec une centaine d'entretiens biographiques, des organisations gauchistes, des mouvements féministes ont obligé à se déprendre de toute une série de pré-pensés sur ce qui s'est passé pendant les " années 68 " à Nantes.
Ce livre dépasse son objet. Réapparaissent des histoires de vie, des élans et des imaginations qui sont longtemps continués ou des processus sociaux oubliés. L'espoir en un avenir plus beau que celui qui était promis et la force des idées collectivement partagées ont fait bifurquer des destins, durer des luttes sociales et changer la peur de camps : tout ce que les puissants détestent. 

 

 

 

mercredi 5 mai 2021

Savoir/Agir, N°55, Mars 2021, Ordre policier, ordre politique

 

 

Savoir/Agir, N°55, Mars 2021, Ordre policier, ordre politique

du Croquant

 

Le dossier a été coordonné par Laurent Bonelli et Annie Collovald

Table des matières

Dossier

Ordre policier, ordre politique : quelle démocratie espérer ?

Annie Collovald

La loi ou l’ordre ? Considérations sur la question policière

Laurent Bonelli

Réflexions sur le problème raciste

Abdellali Hajjat

Violence policière, violence d’État

Catherine Colliot-Thélène

Répression administrative et répression pénale : l’émergence d’un continuum répressif

Julie Alix

Empêcher, dépolitiser, punir : le triptyque de la répression politique

Vanessa Codaccioni

L’art du désordre toléré. La police des manifestations en Allemagne fédérale

Fabien Jobard

Ordre institutionnel, désordres des trajectoires

Laurence Proteau

Des jeunes qui « ont la vocation ». Propriétés sociales, dispositions et recrutement des candidats au concours de gardien de la paix de la Police nationale.

Frédéric Gautier

Réformes de la police et décroissance policière : promesses et limites de l’expérience espagnole

Sergio Garcia García

Débora Ávila Cantos

Paroles

« Bah, c’est normal, je vais devenir maman, donc il faut que je change quoi »

Clémentine Petitjean

Idées

Domination et résistance. À propos de James C. Scott, La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Gérard Mauger

Varia

Perversion narcissique et violence morale en temps de confinement. Note de recherche.

Marc Joly

Chroniques du monde

Racisme et antisémitisme en Allemagne. La RDA au banc des accusés

Sonia Combe

 

 

mardi 24 octobre 2017

Savoir/Agir n° 41, Conflits d'intérêts


du Croquant
2017


Présentation de l'éditeur
Conflits d’intérêts : aussi bien l’expression que des situations, révélées par des scandales dans lesquelles des acteurs ayant une mission de service public (juger ou prendre une décision dans l’intérêt de tous) sont soupçonnés d’avoir été influencés par un intérêt second,  se sont multipliées ces vingt dernières années.
Affaire du Mediator révélant les liens entre les professionnels de santé et les laboratoires pharmaceutiques, rôle des puissants lobbies de la chimie ou de l’agroalimentaire dans les non-décisions au niveau européen concernant l’évaluation et la circulation de leurs produits toxiques, cumul de positions faisant des experts ou des responsables politiques à la fois juges et parties dans l’élaboration de politiques publiques, distribution de « faveurs trafiquées »… Sans compter les situations où des hauts fonctionnaires, des anciens gouvernants ou élus vont « pantoufler » dans le secteur privé et tirent des bénéfices personnels substantiels de la mise au service d’entreprises économiques de leur connaissance des procédures et de leur carnet d’adresses acquis précédemment. Cas particulièrement exemplaires : Mario Monti, ancien commissaire européen chargé de la concurrence ou José Manuel Borroso, président de la Commission européenne, devenant conseillers de la banque américaine Golden Sachs, Karel Van Miert, lui aussi commissaire européen à la concurrence, siégeant ensuite dans de nombreux conseils d’administration de multinationales. Ou encore ces situations où élus locaux et nationaux, ministres, experts ne « voient » pas le problème éthique ou juridique  à user de leur position publique ou de leurs informations d’initiés à fins privatives. Le dossier de ce numéro de Savoir/Agir analyse de nombreux exemples de telles situations.
Ce numéro consacre aussi une partie substantielle aux publications des éditions du Croquant dénonçant le danger que le Front national représente pour la démocratie.

Page 7 à 9
Frédéric Lebaron
Éditorial
Europe : refonte ou renforcement des politiques d’austérité concurrentielle ?

Dossier : Conflits d’intérêts

Page 11 à 16 
Annie Collovald
Conflits d’intérêts
Au-delà de l’éthique, la démocratie en questions
 
Page 17 à 22
Stéphane Horel
Perturbateurs d’intérêts
Un baroud d’experts contre la réglementation européenne des perturbateurs endocriniens
  
Page 23 à 28
Marc-Olivier Déplaude
Neutraliser des savoirs inconfortables
L’exemple du Comité des salines de France
Page 29 à 33
Emmanuel Henry
En amont des conflits d’intérêts
De l’invisibilité des maladies professionnelles à l’inaction publique en santé au travail
Page 35 à 40
Florian Pedrot
Comment sauver sa carrière politique ?
Le mélange des intérêts dans l’action publique sanitaire
Page 41 à 48
Valentin Behr, Sébastien Michon
La porosité entre champ politique et mondes économiques
Éclairages à partir d’une enquête sur les ministres
Page 49 à 57
Yiorgos Vassalos
Le pantouflage financier à la Commission européenne

Page 59 à 64
Sylvain Laurens
« Multi-consacré », « Ex-insider » ou « professionnel de la représentation »
Trois figures ordinaires du conflit d’intérêts
 
Page 65 à 76
Grand entretien avec Arlette Farge
Propos recueillis par  Antony Burlaud
Un dialogue fort avec le passé

La rhétorique réactionnaire
Page 77 à 81
Gérard Mauger
« Ouvert / Fermé »

Chroniques du monde
Page 83 à 91
Jean-Noël Sanchez
Putang inang Amerika
Un an après l’entrée en fonction de Rodrigo Duterte
La révolution des relations diplomatiques entre les Philippines et les États-Unis

Page 93 à 122 
Pour combattre le Front national


mercredi 22 juin 2016

Savoir/Agir, n°36, Accueillir les migrants

Savoir/Agir, n°36, Accueillir les migrants
du Croquant
2016

Présentation de l'éditeur
Le conflit syrien et les millions de réfugiés qui en sont une des résultats alimentent l’actualité. Le parcours sinueux des populations pour trouver un refuge, l’accueil différencié dans les pays, les tensions à ce sujet au sein de l’Union européenne, plus récemment la lutte contre le terrorisme après les attentats de Paris, interrogent, à travers la question des exilés, les pratiques à l’égard de la mobilité des personnes sur le continent.
La question du territoire, de ses frontières, des modalités d’accueil de part et d’autres de ces espaces limites ont été un élément central de la réflexion sur l’accueil des migrants, sans que la diversité des conceptions de l’accueil se résume à leur confinement ou non dans les camps et les zones de transit.
Ce numéro de Savoir/Agir aborde ces questions à partir de divers travaux de recherche. Ce qui permet aussi d’éclairer l’expérience des migrants dans sa diversité, en fonction de leur origine, de leurs ressources sociales, culturelles et économiques. La figure du migrant ne se réduit pas en effet à celle des demandeurs d’asile ou de ceux – pourtant rarement les moins dotés au regard de leur société d’origine – venant s’intégrer dans un premier temps au bas de l’échelle sociale.


mardi 28 octobre 2014

en ligne: Savoir/agir 26, Les dominations

en ligne: Savoir/agir 26, Les dominations, éditions du Croquant, 2014, ABONNEMENT  


Éditorial, par Frédéric Lebaron

Dossier : Les dominations

Présentation, par Annie Collovald
Comment retracer l’état de la cause des classes populaires dans le champ politique et dans le champ intellectuel des années 1960 ?, par Gérard Mauger
Stratégies de défense ou de résistance à la domination ? Le cas des assistantes maternelles, par Marie-Hélène Lechien
Au-delà du vote FN : quels rapports à la politique parmi les classes populaires périurbaines ? Par Violaine Girard
Domination autoritaire et circularité entre savoir et pouvoir : l’exemple de la RDA, par Jay Rowell 
Dominer n’est pas jouer. Un docteur en droit dans les tranchées, par Nicolas Mariot
Analyser la domination masculine, ses ambivalences et ses coûts : intérêt et enjeux d’une étude en terrain sensible, par Christine Guionnet
Comment rester dominant ? Les classes supérieures face aux incertitudes de leur reproduction, par Wilfried Lignier
Ce que l’Europe coûte à la domination politique « ordinaire », par Marine de Lassalle

Grand entretien

Christian Topalov, chercheur et militant, propos recueillis par Louis Weber et Laurent Willemez

Paroles

« Une fermeture honorable » : entretien autour de l’arrêt de la production sur site des Papeteries de la Seine.

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche : le temps des turbulences, par Louis Weber
Socio-genèse du Front de gauche,
Articuler élections et résistance sociale, entretien avec Myriam Martin

La rhétorique réactionnaire

La résistible ascension du Front National, par Gérard Mauger

Europe

Représenter les citoyens via les groupes d’intérêts : enjeux et lacunes d’un système communautaire routinisé, par Emmanuelle Reungoat

Chronique d’outre-Manche

De Blair à Valls : réflexions sur une dérive sécuritaire, par Keith Dixon

Idées

Mouvement familial et classes sociales, par Rémi Lenoir

(source: Savoir/agir)

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voir également:
video: 5e congrès international de l'association française de sociologie, Les dominations

Publications de Pierre Bourdieu: Sociologie de la domination

 

vendredi 10 janvier 2014

Savoir/agir 26, Les dominations

Savoir/agir 26, Les dominations
éditions du Croquant
2014

Présentation de l'éditeur
L’analyse des formes de domination est centrale en sociologie pour comprendre ce qui fait tenir l’ordre social. De Marx, Durkheim, Weber en passant par Foucault et Bourdieu, la domination constitue cette relation sociale qui répartit et hiérarchise les groupes sociaux, discrimine les forces sociales en structurant leur dissymétrie tout en contribuant à l’acceptation de l’ordre existant. Savoir/agir a consacré un premier dossier à cette question, sous le titre : « Comment les dominants dominent » (n° 19, mars 2012).

Des études récentes en ont cependant renouvelé la compréhension sous plusieurs dimensions : en insistant sur la diversité des modes de domination et leur variation historique et spatiale, en révélant les « ratés » du consentement ou son caractère de façade chez les groupes subalternes, en mettant en évidence le travail nécessaire aux dominants pour imposer et exercer leur domination …

L’actualité n’a sans doute pas été étrangère à cette inquiétude scientifique devant ce qui semble aller de soi : déstabilisation des politiques sociales s’accompagnant d’une montée des inégalités, de la précarisation et du chômage (plans sociaux à répétition, restrictions budgétaires), effondrement de régimes admis comme fondés dans la durée et sur l’assentiment ou l’apathie de leurs citoyens (écroulement de l’empire soviétique, « Printemps arabes », ébranlement des institutions européennes), surgissement de mobilisations perçues comme improbables voire impossibles (mouvements des « Indignés », Occupy Wall Street, grèves longues et dures dans des secteurs d’emploi peu syndiqués, luttes des « sans papiers », révolte de peuples insoumis aux décisions de leurs dirigeants politiques), multiplication de catastrophes révélant les incertitudes des savoirs et des expertises (Fukushima après Tchernobyl, épidémies et accidents sanitaires, crise financière).

Des pistes d’interrogation et d’investigation ont été ainsi rouvertes sur les relations entre les diverses figures de l’autorité – le pouvoir social, le pouvoir économique et le pouvoir politique – et leurs conditions de félicité ou de discordance. Subaltern studies, analyse du genre, étude sur le racisme et le post-colonialisme, retour « des classes sociales », par exemple, sont venus irriguer les questionnements et les enquêtes dans la plupart des sous-disciplines sociologiques. Si ces approches ont permis de remettre sur le métier sociologique bien des idées que l’on croyait acquises, elles ont également relancé l’effort de réflexivité sur « l’opération » sociologique que ce soit sous l’angle de la posture analytique à adopter, des méthodes à employer ou de l’écriture et du raisonnement à déployer. Ce faisant, elles ont aussi renforcé les échanges croisés avec les autres sciences sociales - histoire, science politique, géographie, ethnologie, économie.

Ce numéro vise ainsi à contribuer à susciter une réflexion collective sur les recompositions des différenciations et des frontières sociales qui mutualise non seulement les connaissances déjà produites sur ces processus, mais également les renouvellements épistémologiques en cours pour les saisir.

Sommaire

Editorial, par Frédéric Lebaron

Dossier : Les dominations

Présentation, par Annie Collovald
Comment retracer l’état de la cause des classes populaires dans le champ politique et dans le champ intellectuel des années 1960 ?, par Gérard Mauger
Stratégies de défense ou de résistance à la domination ? Le cas des assistantes maternelles, par Marie-Hélène Lechien
Au-delà du vote FN : quels rapports à la politique parmi les classes populaires périurbaines ? Par Violaine Girard
Domination autoritaire et circularité entre savoir et pouvoir : l’exemple de la RDA, par Jay Rowell (CNRS, UMR SAGE, Université de Strasbourg)
Dominer n’est pas jouer. Un docteur en droit dans les tranchées, par Nicolas Mariot
Analyser la domination masculine, ses ambivalences et ses coûts : intérêt et enjeux d’une étude en terrain sensible, par Christine Guionnet
Comment rester dominant ? Les classes supérieures face aux incertitudes de leur reproduction, par Wilfried Lignier
Ce que l’Europe coûte à la domination politique « ordinaire », par Marine de Lassalle

Grand entretien

Christian Topalov, chercheur et militant, propos recueillis par Louis Weber et Laurent Willemez

Paroles

« Une fermeture honorable » : entretien autour de l’arrêt de la production sur site des Papeteries de la Seine.

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche : le temps des turbulences, par Louis Weber
Socio-genèse du Front de gauche,
Articuler élections et résistance sociale, entretien avec Myriam Martin

La rhétorique réactionnaire

La résistible ascension du Front National, par Gérard Mauger

Europe

Représenter les citoyens via les groupes d’intérêts : enjeux et lacunes d’un système communautaire routinisé, par Emmanuelle Reungoat

Chronique d’outre-Manche

De Blair à Valls : réflexions sur une dérive sécuritaire, par Keith Dixon

Idées

Mouvement familial et classes sociales, par Rémi Lenoir

ABONNEMENT 

(source: Savoir/agir)


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voir également:

video: 5e congrès international de l'association française de sociologie, Les dominations

 

mardi 10 décembre 2013

à paraître: Savoir/agir 26, Les dominations

Savoir/agir 26, Les dominations
éd. du Croquant
janvier 2014

Présentation de l'éditeur

Sommaire

Editorial, par Frédéric Lebaron

Dossier : Les dominations

Présentation, par Annie Collovald
Comment retracer l’état de la cause des classes populaires dans le champ politique et dans le champ intellectuel des années 1960 ?, par Gérard Mauger
Stratégies de défense ou de résistance à la domination ? Le cas des assistantes maternelles, par Marie-Hélène Lechien
Au-delà du vote FN : quels rapports à la politique parmi les classes populaires périurbaines ? Par Violaine Girard
Domination autoritaire et circularité entre savoir et pouvoir : l’exemple de la RDA, par Jay Rowell (CNRS, UMR SAGE, Université de Strasbourg)
Dominer n’est pas jouer. Un docteur en droit dans les tranchées, par Nicolas Mariot
Analyser la domination masculine, ses ambivalences et ses coûts : intérêt et enjeux d’une étude en terrain sensible, par Christine Guionnet
Comment rester dominant ? Les classes supérieures face aux incertitudes de leur reproduction, par Wilfried Lignier
Ce que l’Europe coûte à la domination politique « ordinaire », par Marine de Lassalle

Grand entretien

Christian Topalov, chercheur et militant, propos recueillis par Louis Weber et Laurent Willemez

Paroles

« Une fermeture honorable » : entretien autour de l’arrêt de la production sur site des Papeteries de la Seine.

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche : le temps des turbulences, par Louis Weber
Socio-genèse du Front de gauche,
Articuler élections et résistance sociale, entretien avec Myriam Martin

La rhétorique réactionnaire

La résistible ascension du Front National, par Gérard Mauger

Europe

Représenter les citoyens via les groupes d’intérêts : enjeux et lacunes d’un système communautaire routinisé, par Emmanuelle Reungoat

Chronique d’outre-Manche

De Blair à Valls : réflexions sur une dérive sécuritaire, par Keith Dixon

Idées

Mouvement familial et classes sociales, par Rémi Lenoir

ABONNEMENT 

(source: Savoir/agir)

samedi 30 novembre 2013

en ligne: Savoir/agir n° 23, Europe : la dictature de l’austérité

Savoir/agir n° 23
Europe : la dictature de l’austérité
éd. du Croquant
2013

Éditorial

La droite française, l’Europe et l’ « effet phobie », par Frédéric Lebaron

Dossier

Europe : la dictature de l’austérité, coordonné par Frédéric Lebaron et Louis Weber
Un millefeuille pour la gouvernance économique, par Louis Weber
L’Union par le droit, par Antoine Vauchez
Un césarisme bureaucratique Entretien, avec Cédric Durand
Du Forum social européen à l’Altersummit, par Pierre Khalfa
Une Europe post-démocratique ?

Grand entretien avec Annie Collovald

Trois décennies de travaux sur les mobilisations politiques et sociales

Paroles

De Sciences Po aux prud’hommes

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche, par Louis Weber

Enquête (2)

Sociogenèse du «  Front de Gauche  ». Entretien avec Patrice Bessac

La rhétorique réactionnaire

Le PS est-il « de gauche » ? par Gérard Mauger

Alterindicateurs

Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, suite… et fin ? par Frédéric Lebaron

Actualité

L’UMP, par Anne-Sophie Petitfils

Chronique écossaise

Nova Scotia ? par Keith Dixon

Culture

Le monde des choses matérielles, par Gérard Mauger
Robert Castel (1933–2013), par Gérard Mauger

jeudi 26 septembre 2013

Lire les sciences sociales, Volume 6/2008-2013. Édité par Gérard Mauger et Louis Pinto

Lire les sciences sociales 
Volume 6/2008-2013 
Édité par Gérard Mauger et Louis Pinto 
MSH
2013

Présentation de l'éditeur
Comme les précédents, ce volume présente une sélection raisonnée de recherches récentes. On y trouvera abordés des sujets très divers : ignorant les barrières entre disciplines, écoles et domaines d'investigation, indifférents aux hiérarchies académiques et mondaines, sont présentés des "grands objets" et de "petits terrains", des historiens, des sociologues, des ethnologues et des philosophes, des auteurs consacrés, des "classiques" et des travaux de jeunes chercheurs.
C’est ainsi que Lire les sciences sociales a pu devenir en une quinzaine d’années une institution critique, interne au champ des sciences sociales, indépendante par rapport aux autorités de toutes sortes, privilégiant l’originalité du point de vue, la nouveauté de la démarche ou l’invention d’objets inédits. 

Sommaire

Entretien avec Gérard Mauger et Louis Pinto. « Une définition en acte de ce que pourrait être une critique des sciences sociales », propos recueillis par Michel Daccache et Ali Khodr
1. La représentation du monde
Pierre Bourdieu et Luc Boltanski, La production de l'idéologie dominante,
présenté par Gérard Mauger
Luc Boltanski, Rendre la réalité inacceptable ; à propos de La production de l'idéologie dominante,
présenté par Louis Pinto
Johan Heilbron, Naissance de la sociologie,
présenté par Michel Daccache
Claire Le Strat, Willy Pelletier, La Canonisation libérale de Tocqueville,
présenté par Louis Pinto

2. Identités nationales
Rogers Brubaker, Citoyenneté et nationalité en France et en Allemagne,
présenté par Isabelle Kalinowski
Maurice Agulhon, Marianne au pouvoir, l'imagerie et la symbolique républicaines de 1880 à 1914, et
Maurice Agulhon, Les métamorphoses de Marianne. L'imagerie et la symbolique républicaines de 1914 à nos jours,
présenté par Christophe Charle
Christophe Charle, La crise des sociétés impériales (1900-1940). Allemagne, France, Grande- Bretagne, essai d'histoire sociale comparée,
présenté par Maria Malatesta
Anne-Marie Thiesse, Ils apprenaient la France. L'exaltation des régions dans le discours patriotique,
présenté par Afrãnio Garcia
Benoît de L’Estoile, Le goût des autres. De l’exposition coloniale aux arts premiers,
présenté par Alain Maillot

3. L’État en perspectives
Alexis Spire, Étrangers à la carte. L’administration de l’immigration en France (1945-1975),
présenté par Sylvain Laurens
Remi Lenoir, Généalogie de la morale familiale,
présenté par Jean Lukinson
Vincent Dubois, La vie au guichet. Relation administrative et traitement de la misère,
présenté par Bertrand Dargelos
Jean-Marc Weller, L’État au guichet. Sociologie cognitive du travail et modernisation administrative des services publics,
présenté par Christine Guionnet

4. Approches biographiques
Bernard Pudal et Claude Pennetier, Autobiographies, autocritiques, aveux dans le monde communiste,
présenté par Brigitte Gaïti
Mathias Millet, Daniel Thin, Ruptures scolaires. L’école à l’épreuve de la question sociale,
présenté par Bertrand Geay
Bernard Lehmann, L’orchestre dans tous ses éclats. Ethnographie des formations symphoniques,
présenté par Hyacinthe Ravet

5. Extension du domaine sociologique, extension du domaine politique
Annie Collovald (sous la direction de) avec Marie-Hélène Lechien, Sabine Rozier et Laurent Willemez, L’humanitaire ou le management des dévouements. Enquête sur un militantisme de « solidarité internationale » en faveur du Tiers-Monde,
présenté par Emmanuel Pierru
Patrice Pinell, Une épidémie politique. La lutte contre le sida en France (1981-1996),
présenté par Susanna Magri
Muriel Darmon, Devenir anorexique. Une approche sociologique,
présenté par Jacques Defrance

mercredi 19 juin 2013

Trente ans après La Distinction, Sous la direction de Philippe Coulangeon et Julien Duval (en librairie le 27 juin 2013)

Trente ans après La Distinction
Sous la direction de Philippe Coulangeon et Julien Duval
La Découverte
2013

Présentation de l'éditeur
Dès sa parution en 1979, le livre de Pierre Bourdieu, La Distinction, fait l'objet de vifs débats. Mettant au jour les déterminants sociaux de nos goûts et de nos choix dans des domaines très divers (culture, alimentation, politique...) et il montre la « lutte des classes » à l'oeuvre dans les jugements les plus quotidiens. Il bouscule simultanément les routines de la recherche en sciences sociales. À partir des années 1980, les débats ont pris un tour international. Aujourd'hui, La Distinction est le livre de sociologie le plus cité au monde et il continue d'alimenter les discussions.
Le présent ouvrage dresse un bilan de sa postérité et de son actualité. La culture savante joue-t-elle, dans les sociétés contemporaines, le même rôle qu'il y a trente ans ? Comment l'élévation générale du niveau d'instruction, le développement d'un chômage de masse, ou encore la ségrégation spatiale croissante, ont-ils affecté les rapports entre les groupes sociaux ? Et que nous apprennent les sociologues étrangers qui transposent le cadre théorique de La Distinctionà d'autres contextes nationaux ?
En rassemblant une trentaine de spécialistes, français et étrangers, cet ouvrage invite à réfléchir aux transformations qui travaillent nos sociétés et, simultanément, au destin unique (quoique paradoxal) de La Distinction et de la sociologie de Pierre Bourdieu dans les sciences sociales contemporaines.
Introduction,par Philippe Coulangeon et Julien Duval
Un « classique » très discuté
Un livre-gigogne
Une réception mouvementée
L'actualité de La Distinction et ses facettes
I / Genèse et réception internationale de La Distinction
1. Les tentatives de construction de l'espace social, de l'« Anatomie du goût » àLa Distinction. Quelques repères pour l'histoire d'une recherche,par Monique de Saint-Martin La composition du livre
L'enquête sur le goût
Construction de l'espace social et de l'espace des styles de vie
Les différents groupes et classes
D'« Anatomie du goût » àLa Distinction. Variations dans les schémas et dans l'interprétation
Les analyses des correspondances
Les conditions de validité des analyses
Les failles d'une interprétation des données parfois unidimensionnelle
2. La carrière internationale de La Distinction,par Gisèle Sapiro Les traductions de La Distinction La réception et l'impact de La Distinction 3. En quoi Bourdieu a-t-il été utile à notre réflexion ? Le cas des États-Unis, par Michèle Lamont Le changement de relation entre sociologie française et sociologie américaine
La prise en compte inégale des critiques de Bourdieu du côté américain
La centralité de la quantification dans la réception américaine de Bourdieu
L'impact de Bourdieu sur la mutation culturelle de la « théorie »
Un regain d'intérêt pour la question des frontières
4. Distinction, légitimité et classe sociale,par Jean-Louis Fabiani
5. Du bon usage de
La Distinction, par Louis Pinto
Un système de différences
Axes, facteurs, pouvoirs
Faut-il donner raison au dernier qui a parlé ?
II / La Distinction, oeuvre phare de la sociologie de la culture
6. Dissonance et consonance dans l'amour de la musique contemporaine. Les limites de l'omnivorisme musical dans l'auditoire de l'Ensemble intercontemporain, par Stéphane Dorin
Un auditoire idéal pour une écoute totale ?
Le vieillissement des publics de la musique savante
Les incomplétudes de l'écoute totale : typologie des goûts et des pratiques musicales de l'auditoire
Omnivorisme contraint et omnivorisme choisi
7. Des jeunes « univores » ? Musique, ethnicité et (il)légitimité culturelle dans l'East-End londonien et en Seine-Saint-Denis,par Agathe Voisin Un goût omnivore et autonome
Un répertoire « minoritaire » ?
Une double illégitimité ?
8. Les grands lecteurs de romans policiers. Plaisirs et appropriations lectorales entre logiques de trajectoires et informalisation du rapport à la culture, par Annie Collovald et Erik Neveu
Des pratiques rétives aux interprétations les plus systématiques
Culture à l'état pratique ou rapport réaliste à la lecture
Goût pour les enjeux sociaux concrets et dispositions critiques
Lectures de polars et échappées identitaires
Au-delà de la légitimation d'un art mineur : une problématique de l'informalisation culturelle
Informalisation culturelle ?
9. « Anything but Soul Food ». Goûts et dégoûts alimentaires chez les habitants d'un quartier gentrifié, par Sylvie Tissot Diversité et distinction
Genèse d'un régime cosmopolite
Espace des goûts, espace des établissements
De l'art d'esthétiser les nourritures populaires
10. Les homologies structurales : une magie sociale sans magiciens ? La place des intermédiaires dans la fabrique des valeurs, par Olivier Roueff Une approche relationnelle et probabiliste : l'homologie entre les positions et les prises de position dans un champ
Une théorie de l'espace social : taux de conversion et homologies structurales entre les champs
Une théorie de la valeur : l'homologie entre les champs de production (offre) et l'espace social (demande) Une magie sociale sans magiciens ? Le statut causal des homologies structurales
Zones franches, domination(s), frontières
11. La culture à l'échelle individuelle : la transférabilité en question,par Bernard Lahire Au coeur des singularités
Des transferts imparfaits
III / Perspectives internationales
12. La Distinction revisitée : l'espace des styles de vie britannique en 2003
, par Tony Benett, Modesto Gayo-Cal, Brigitte Le Roèux, Mike Savage, Elisabeth Silva, Alan Warde et David Wright L'espace des styles de vie : la vie culturelle en Grande-Bretagne en 2003
Les groupes sociaux et l'espace des styles de vie
13. L'espace social, les pratiques quotidiennes et la ville. Repères pour une sociologie des divisions sociales et symboliques dans la ville de Porto, par Virgílio Borges Pereira Une lecture de La Distinction
L'espace social de Porto et la production des pratiques quotidiennes
Sur les processus de différentiation socio-spatiale de la ville de Porto
14. Le goût dominant comme goût traditionnel : préférences et aversions esthétiques des élites de São Paulo,par Carolina PuliciLe rejet du modernisme architectural
Les films nationaux et le pessimisme
Les valeurs sûres et l'art contemporain
15. Les formes émergentes de capital culturel,par Annick Prieur et Mike Savage Le déclin de la culture savante traditionnelle
L'avènement de l'« omnivore culturel » ?
Un mode « averti » d'appropriation culturelle
L'émergence d'un capital culturel cosmopolite ?
L'accession d'une « culture scientifique » à une position plus légitime ?
IV / La Distinction comme théorie des classes sociales
16. Bourdieu et les classes populaires. L'ambivalence des cultures dominées,
par Carolina Pulici Autonomie / hétéronomie des classes populaires
Diversité / unité des classes populaires
Crise de reproduction du groupe ouvrier et recomposition des classes populaires
17. « Petite bourgeoisie nouvelle » ou « nouvelles couches moyennes salariées » ? Retour sur un débat et sur un enjeu, la domination, par Marie-Hélène Lechien
« Nouvelles couches moyennes salariées » contre « petite bourgeoisie nouvelle » dans les années 1970-1980
L'enjeu implicite de la domination
18. Réflexions sur la « petite bourgeoisie nouvelle » dans les années 2000, par Lise Bernard Une approche statistique de l'espace social des années 2000
L'importance des ressources culturelles non scolaires
Les « commerciaux » : un segment des classes moyennes contemporaines situé au coeur de transformations sociales récentes et immergé dans un monde marchand
19. La compétition entre fractions des classes moyennes supérieures et la mobilisation des capitaux autour des choix scolaires, par Agnès Van Zanten Les intellectuels : une mobilisation intense du capital culturel et du capital social scolaire et local
Les technocrates : la double conversion, culturelle et sociale, du capital économique
V. La Distinction et la sociologie politique
20. Retour sur les modes de production des opinions politiques, par Daniel Gaxie Une typologie exhaustive ?
Le mode de production par référence aux conditions matérielles d'existence
Sur la caractérisation des modes de production
Sur les conditions d'activation des modes de production des opinions politiques
21. La production des opinions aux États-Unis, trente ans aprèsLa Distinction, par Daniel Laurison
Opinions formulées et non-réponses
Les mécanismes générateurs de l'opinion
Contenu des opinions et approche relationnelle
22. Retour sur l'hypothèse de « l'homologie structurale » : les déplacements des catégories sociales dans l'espace politique français depuis La Distinction, par Bruno Cautrès, Flora Chanvril et Nonna MayerRetour sur la thèse de l'homologie structurale
Les trajectoires électorales des groupes socio-professionnels (1978-2012)
VI / Nouveaux territoires
23. La morale des uns ne peut pas faire le bonheur de tous. Individualisation des problèmes publics, prescriptions normatives et distinction sociale, par Jean-Baptiste Comby et Matthieu Grossetête Les problèmes publics comme luttes normatives
De l'individualisation des causes à l'universalisation de la norme de prévoyance
Inégaux face aux comportements prévoyants
La norme de prévoyance comme motif de distinction sociale dans les milieux aisés
Une extension des logiques de domination des milieux populaires
Un marqueur de l'ascension sociale dans les classes moyennes
24. Des pêcheurs distingués. L'espace des pratiques halieutiques,par Frédéric Roux Une pratique « oubliée » dans l'espace des pratiques : des pêcheurs populaires « muets comme des carpes »
Des pratiques dans la pratique : l'espace social des techniques de pêche
Pêcheurs « civilisés » et pêcheurs « barbares »
25. Quelle dimension spatiale des structures sociales chez Bourdieu ? Localisations résidentielles et jeux d'échelles dans La Distinction, par Fabrice Ripoll
Une entrée paradoxale ?
La localisation résidentielle, composante des conditions et des positions sociales
Les échelles géographiques, ou le problème de la délimitation du (des) espace(s) social(ux)
Vers une intégration systématique de la dimension spatiale du monde social
Conclusion,par Philippe Coulangeon et Julien Duval Un livre toujours « redoutable »
Sociologie de la culture et théorie de l'action
Questions ouvertes
Innovation méthodologique et invention formelle
Bibliographie générale
Liste des auteurs.
 
Philippe Coulangeon est directeur de recherche au CNRS, membre de l’Observatoire sociologique du changement à Sciences Po. Ses travaux portent notamment sur la sociologie de la culture et des pratiques culturelles. Parmi ses publications récentes, Les Métamorphoses de la distinction. Inégalités culturelles dans la France d’aujourd’hui (2011).
Julien Duval est chargé de recherche au CNRS, au Centre européen de sociologie et de science politique. Il a en particulier travaillé sur le journalisme économique et le cinéma, et leurs transformations contemporaines en France. Il est notamment l’auteur de Critique de la raison journalistique (2004).

mercredi 10 avril 2013

Savoir/agir n° 23, Europe : la dictature de l’austérité

Savoir/agir n° 23
Europe : la dictature de l’austérité
éd. du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
Quelle que soit la façon dont on l’exprime, l’Europe est de plus en plus perçue comme une construction lointaine, hostile aux citoyens, source de politiques néfastes pour les populations et, singulièrement, pour les salariés. Les réunions successives du Conseil européen sont présentées par les médias comme autant d’échecs, laissant entendre que les chefs d’État seraient incapables de trouver des solutions à la crise qui touche l’Europe mais qui est aussi une crise de l’Europe. C’est en partie un leurre visant à dissimuler le fait que les politiques d’austérité sont imposées dans tous les pays membres de l’Union européenne. Après les référendums en France et aux Pays-Bas et le rejet du projet de Traité constitutionnel européen en 2005, la « législation » européenne est en effet en train de changer à marches forcées sous l’effet de la crise. Après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne en décembre 2009, les pactes et traités se sont multipliés, au prétexte de venir en aide aux pays en difficulté et de tenter de « sauver » l’euro. En réalité, ces dispositifs visent tous à contraindre les États membres à généraliser les politiques d’austérité et, à travers elles, à casser définitivement ce qui reste du modèle social européen, le droit du travail, les services publics, etc.
Le plan de « sauvetage » de Chypre, adopté au forceps et au petit jour le 25 mars 2013, va plus loin que les mesures imposées par la Troïka (Banque centrale et Commission européennes, Fonds monétaire international) jusqu’ici à d’autres pays de la périphérie Sud de l’Union européenne ou à l’Irlande. On peut certes se réjouir que la résistance dans l’île, marquée par le vote unanime du Parlement, ait contraint la Troïka à renoncer à taxer les petits déposants, comme il en était question dans la première mouture du plan, particulièrement scandaleuse de ce point de vue. S’il n’est pas question de se plaindre ici du fait que les plus gros clients des banques chypriotes vont y laisser des plumes, on notera cependant que sont épargnées les banques européennes, notamment allemandes, qui ont pourtant et pendant des années tiré profit du paradis fiscal que constituait Chypre. Et en fin de compte, comme c’est le cas en Grèce, au Portugal ou en Irlande, ce sont finalement les Chypriotes qui vont payer les conséquences de l’effondrement de l’économie qui sera la conséquence immédiate de ce « sauvetage ».
Cet épisode a montré aussi l’ampleur de la dérive vers une gestion autoritaire de l’Union européenne. Pour la première fois en effet, c’est un organisme non élu, la Banque centrale européenne, qui a dicté ouvertement les termes de l’accord, adressant au passage un véritable ultimatum au Parlement élu de Chypre. Celui-ci, qui avait rejeté le plan initial une semaine auparavant, n’aura même pas à se prononcer cette fois, les lois nécessaires à la mise en œuvre du plan ayant déjà été adoptées.
Même les ministres des Finances de la zone euro (le Conseil EcoFin), qui constituent pourtant l’instance politique en principe compétente en dernier ressort dans ce domaine, ont en réalité fait tapisserie toute la nuit, en attendant les résultats d’une « négociation » avec le président chypriote, à laquelle seuls le président du Conseil européen, ceux de la Banque centrale et de la Commission européennes et Christine Lagarde pour le Fonds monétaire international, ont participé effectivement. Ce qui resserre encore le cercle de celles et ceux qui prennent en réalité les décisions, sous la pression – le cas de Chypre l’a montré de façon particulièrement éclatante – de la puissance économique dominante en Europe. Le « couple franco-allemand » est en l’occurrence tout à fait hors-circuit au bénéfice de la seule partie allemande, avec le soutien actif des pays riches du Nord du continent.
Dans ce nouveau dossier sur l’Europe, nous avons cherché précisément à faire le point sur cet « entêtement austéritaire », alors que tant de voix, d’horizons très divers, se sont fait entendre ces derniers mois pour mettre en garde contre l’impasse et même le risque qu’il présente pour la zone euro et même pour l’Union européenne dans son ensemble.
En décrivant le « millefeuille de la gouvernance européenne », Louis Weber présente le nouveau dispositif institutionnel qui, de l’introduction du semestre européen à l’adoption du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), en passant par le Mécanisme européen de solidarité, vise concrètement à renforcer la mise sous tutelle européenne (plus précisément de la Commission) des gouvernements des États membres en matière de politique budgétaire. Dans ce cadre strictement contraint, la décision économique échappe de plus en plus aux instances élues pour revenir aux experts et à la bureaucratie européenne.
Antoine Vauchez reprend dans son article la question de la prise de décision et du pouvoir sous un autre angle en mettant à nu le fonctionnement et le nouveau rôle de la Cour de Justice de l’Union européenne (la Cour de Luxembourg). Pour lui, il n’est pas exagéré de dire que le destin de la démocratie européenne se joue de plus en plus dans ce prétoire. Ce qui, pour l’instant tout au moins, déroute en partie la critique en France, où la tendance est plutôt à rechercher le pouvoir dans les institutions « politiques ». Il montre à travers de nombreux exemples qu’il n’est que temps de « chausser les lunettes de la politique européenne » et prendre la mesure du pouvoir judiciaire qui s’y est développé à mesure que déclinaient le projet et les ambitions politiques au plan communautaire.
Dans un entretien réalisé pour ce dossier, Cédric Durand revient sur les fondements mêmes de la construction européenne. Pour lui, il n’y a pas de doute : le modèle qui s’est imposé de plus en plus est celui théorisé il y a plusieurs décennies par l’ordolibéralisme allemand. Il ne se confond pas avec celui des libéraux et de la croyance aux vertus de la main invisible du marché. Pour que le marché puisse fonctionner et l’équilibre être atteint, les États doivent mettre en place et maintenir un cadre institutionnel et juridique contraignant permettant aux mécanismes de marché de fonctionner. Comme il faut fixer des règles du jeu à cette fin, ce rôle revient aux experts plutôt qu’aux politiques. Ce que les textes récemment adoptés en Europe illustrent parfaitement.
Pierre Khalfa montre que le mouvement de résistance à l’Europe néolibérale que nous connaissons aujourd’hui a déjà une longue histoire. Paradoxalement, il a connu un développement important dans un cadre plus large avec l’émergence du mouvement altermondialiste. Mais le Forum social européen, qui avait pour ambition de créer un mouvement social européen, s’est progressivement enlisé dans des procédures et des rencontres sans prise réelle sur les luttes dans les divers pays et au niveau européen. Sous l’impulsion principale du mouvement syndical, avec la participation de la Confédération européenne des syndicats qui a fini par franchir le Rubicon en condamnant pour la première fois de son histoire un traité européen avec le TSCG, un processus nouveau est en cours à travers la Joint social conference. Le projet d’Altersummit est une première initiative qui, avec le soutien de quelques forces politiques, visent à dépasser le stade de la résistance pour élaborer des propositions communes rassemblées dans un Mémorandum des peuples en cours d’élaboration. Ce texte est repris dans ce dossier, au titre de la documentation.

Sommaire

Éditorial

La droite française, l’Europe et l’ « effet phobie », par Frédéric Lebaron

Dossier

Europe : la dictature de l’austérité, coordonné par Frédéric Lebaron et Louis Weber
Un millefeuille pour la gouvernance économique, par Louis Weber
L’Union par le droit, par Antoine Vauchez
Un césarisme bureaucratique Entretien, avec Cédric Durand
Du Forum social européen à l’Altersummit, par Pierre Khalfa
Une Europe post-démocratique ?

Grand entretien avec Annie Collovald

Trois décennies de travaux sur les mobilisations politiques et sociales

Paroles

De Sciences Po aux prud’hommes

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche, par Louis Weber

Enquête (2)

Sociogenèse du «  Front de Gauche  ». Entretien avec Patrice Bessac

La rhétorique réactionnaire

Le PS est-il « de gauche » ? par Gérard Mauger

Alterindicateurs

Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, suite… et fin ? par Frédéric Lebaron

Actualité

L’UMP, par Anne-Sophie Petitfils

Chronique écossaise

Nova Scotia ? par Keith Dixon

Culture

Le monde des choses matérielles, par Gérard Mauger
Robert Castel (1933–2013), par Gérard Mauger


mercredi 13 mars 2013

à paraître: Lire les sciences sociales, vol 6. Édité par Gérard Mauger, Louis Pinto

Lire les sciences sociales, vol 6 
Édité par Gérard Mauger et Louis Pinto 
MSH
à paraître en juin 2013

Sommaire
Entretien avec Gérard Mauger et Louis Pinto. « Une définition en acte de ce que pourrait être une critique des sciences sociales », propos recueillis par Michel Daccache et Ali Khodr ?
1. La représentation du monde
Pierre Bourdieu et Luc Boltanski, La production de l'idéologie dominante,
présenté par Gérard Mauger
Luc Boltanski, Rendre la réalité inacceptable ; à propos de La production de l'idéologie dominante,
présenté par Louis Pinto
Johan Heilbron, Naissance de la sociologie,
présenté par Michel Daccache
Claire Le Strat, Willy Pelletier, La Canonisation libérale de Tocqueville,
présenté par Louis Pinto

2. Identités nationales
Rogers Brubaker, Citoyenneté et nationalité en France et en Allemagne,
présenté par Isabelle Kalinowski
Maurice Agulhon, Marianne au pouvoir, l'imagerie et la symbolique républicaines de 1880 à 1914, et
Maurice Agulhon, Les métamorphoses de Marianne. L'imagerie et la symbolique républicaines de 1914 à nos jours,
présenté par Christophe Charle
Christophe Charle, La crise des sociétés impériales (1900-1940). Allemagne, France, Grande- Bretagne, essai d’histoire sociale comparée,
présenté par Maria Malatesta
Anne-Marie Thiesse, Ils apprenaient la France. L’exaltation des régions dans le discours patriotique,
présenté par Afrãnio Garcia
Benoît de L’Estoile, Le goût des autres. De l’exposition coloniale aux arts premiers,
présenté par Alain Maillot

3. L’État en perspectives
Alexis Spire, Étrangers à la carte. L’administration de l’immigration en France (1945-1975),
présenté par Sylvain Laurens
Remi Lenoir, Généalogie de la morale familiale,
présenté par Jean Lukinson
Vincent Dubois, La vie au guichet. Relation administrative et traitement de la misère,
présenté par Bertrand Dargelos
Jean-Marc Weller, L’État au guichet. Sociologie cognitive du travail et modernisation administrative des services publics,
présenté par Christine Guionnet

4. Approches biographiques
Bernard Pudal et Claude Pennetier, Autobiographies, autocritiques, aveux dans le monde communiste,
présenté par Brigitte Gaïti
Mathias Millet, Daniel Thin, Ruptures scolaires. L’école à l’épreuve de la question sociale,
présenté par Bertrand Geay
Bernard Lehmann, L’orchestre dans tous ses éclats. Ethnographie des formations symphoniques,
présenté par Hyacinthe Ravet

5. Extension du domaine sociologique, extension du domaine politique
Annie Collovald (sous la direction de) avec Marie-Hélène Lechien, Sabine Rozier et Laurent Willemez, L’humanitaire ou le management des dévouements. Enquête sur un militantisme de « solidarité internationale » en faveur du Tiers-Monde,
présenté par Emmanuel Pierru
Patrice Pinell, Une épidémie politique. La lutte contre le sida en France (1981-1996),
présenté par Susanna Magri
Muriel Darmon, Devenir anorexique. Une approche sociologique,
présenté par Jacques Defrance

vendredi 8 mars 2013

video: Annie COLLOVALD, Populisme, fascisme, extrême-droite? Sur l’interprétation des liens entre le Front national et les classes populaires


Annie COLLOVALD
Professeur de sociologie à l’Université de Nantes,
Directrice du CENS (Centre nantais de sociologie)
Populisme, fascisme, extrême-droite ?
Sur l’interprétation des liens entre le Front national
et les classes populaires

- samedi 9 février 2013


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Marx au XXIe siècle :
l’esprit et la lettre 2012-2013

Séminaire hebdomadaire,
sous la responsabilité de Jean Salem (Paris I),
Isabelle Garo (Paris, Lycée Chaptal)
et Jean-Numa Ducange (Université de Rouen)

Organisé dans le cadre du Centre d’Histoire des Systèmes de Pensée Moderne,
avec le soutien du CERPHI (ENS Lettres et Sciences Humaines) et de la revue ContreTemps (Textuel)



jeudi 7 avril 2011

en ligne: revue Savoir/Agir n° 12, Luttes au travail

Savoir/Agir n° 12




revue Savoir/Agir n° 12, Luttes au travail
 Le dossier : Luttes au travail a été coordonné par Annie Collovald, Nathalie Ethuin et Laurent Willemez.
Éditions du Croquant







Sommaire
Éditorial, par Frédéric Lebaron

Dossier

Luttes au travail, coordonné par Annie Collovald, Nathalie Ethuin et Laurent Willemez
Restriction du droit de grève et stratégies syndicales dans les transports publics, par Sophie Béroud et Baptiste Giraud
L’Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom : logiques et modes d’action d’une structure originale, par Corinne Delmas, Jean-Robin Merlin
L’intérim en grève : la mobilisation des travailleurs sans papiers intérimaires, par Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin et Lucie Tourette
Quelle syndicalisation des travailleurs de l’intérim ?, par Sébastien Grollier
La toge, la paillasse et le mégaphone, par Bertrand Geay
Luttes de classes, conflits de genre : les ouvrières de Chantelle à Nantes, par Ève Meuret-Campfort

Grand entretien

Reportage en précarité, un entretien avec Florence Aubenas
Paroles
« T’as toujours cette image là qui te retombe sur le dos »
Chronique de la gauche de gauche
Après les régionales, quel Front de gauche ?, par Louis Weber
Alterindicateurs
Les conséquences sociales de la crise mondiale : quelques réflexions à partir de données récentes, par Frédéric Lebaron
Actualité
Une nouvelle méritocratie, par Gérard Mauger
Europe
La grève « européenne » du lait de 2009 : réorganisation des forces syndicales sur fond de forte dérégulation du secteur, par Élise Roullaud
Politiques d’ailleurs
Le Mouvement vert en République islamique d’Iran, par Fariba Adelkhah
Culture
Venise, Biennale 2009, par Éveline Pinto,
Ruban comme le fil du récit, blanc comme un trou de mémoire, « Le ruban blanc », par Renée Falson

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