« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)
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vendredi 21 décembre 2018

audio: Jacques Le Rider, Karl Kraus. Phare et brûlot de la modernité viennoise


audio: Jacques Le Rider, Karl Kraus. Phare et brûlot de la modernité viennoise
"Avec David Lescot, metteur en scène. Il a adapté "Les derniers jours de l’Humanité" de Karl Kraus à la Comédie-Française."
La Grande table idées par Olivia Gesbert , 17.12.2018



 
Jacques Le Rider
Karl Kraus
Phare et brûlot de la modernité viennoise
Seuil
2018


Présentation de l'éditeur
Voici une étude d'ensemble, la première en langue française depuis un demi-siècle, de la vie et de l'oeuvre d'une des étoiles les plus brillantes de la Vienne du tournant du siècle à l'entre-deux-guerres. Né en 1874, la même année que Hugo von Hofmannsthal et Arnold Schönberg, Karl Kraus (1874-1936) est l'une des plus grandes figures de cette modernité qui, de la fin de siècle aux années 1920, a fait passer la capitale viennoise au premier plan de l'histoire intellectuelle et artistique européenne.
Orateur magnétique, maniant comme personne cet humour (juif) qui fut comme la marque d'un Empire à ses derniers feux, Kraus fascina autant les écrivains (Brecht, Canetti, Broch), les musiciens (Schönberg, Berg), l'architecte Loos, l'explorateur de l'âme Freud, les philosophes, de Wittgenstein à Adorno, que Walter Benjamin, son interprète le plus profond et le plus lucide. Dramaturge, poète, essayiste, il fut avant tout un satiriste redouté, dénonçant dans sa fameuse revue, Die Fackel, les compromissions et les faux-semblants des milieux littéraire et politique, la corruption sous toutes ses formes (en particulier celle de la langue, qui lui semblait la plus destructrice) et la presse en général.
Maître de l'essai satirique et polémique, de l'aphorisme, cultivant la provocation au nom d'une certaine idée de la culture et de la vérité, cet enragé magnifique est l'auteur d'authentiques chefs-d'oeuvre (des Derniers Jours de l'humanité à la Troisième Nuit de Walpurgis). Richement documentée et portée de bout en bout par l'élan de créativité qui enflamma l'époque, cette passionnante biographie fera date.
Jacques Le Rider est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études. Il est notamment l'auteur de Modernité viennoise et crise de l'identité, La Mitteleuropa, Les Juifs viennois à la Belle Epoque, et d'ouvrages de référence consacrés à Otto Weininger, Hugo von HofmKannsthal, Sigmund Freud et Arthur Schnitzler. 



mardi 10 janvier 2017

en poche: Carl E. Schorske, Vienne, fin de siècle. Politique et culture

Carl E. Schorske
Vienne, fin de siècle 
Politique et culture 
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Yves Thoraval
revu par Éric Vigne
Préface inédite de Jacques Le Rider
Seuil
Points Essais
2017

Présentation de l'éditeur
En sept études, Carl Schorske dévoile la naissance de notre modernité. Celle-ci commence à Vienne, dans les années 1880, où la bourgeoisie libérale, parvenue au pouvoir, traduit ses espérances dans le prodigieux remodelage de la Ringstrasse. Mais le peuple tenu à l’écart de la scène politique y fait une brutale irruption, guidé par les leaders antisémites. Face à ce déferlement de violence politique dont Hitler saura s’inspirer, beaucoup rejettent les illusions de leurs pères : à la raison, ils opposent le sentiment ; aux normes sociales, ils substituent la libération des instincts ; à l’empire multinational, ils préfèrent une terre promise. Herzl bâtit l’État juif, Freud libère l’inconscient, Otto Wagner esquisse la ville de demain, Klimt révèle les visages d’Éros, Kokoschka révolutionne le langage et Schoenberg invente la musique.
Carl E. Schorske (1915-2015)
Historien américain de la culture, successivement professeur à l’Université wesleyenne, à Berkeley et à Princeton, il a également publié De Vienne et d’ailleurs (Fayard, 2000).

jeudi 24 décembre 2015

écouter: Jacques Le Rider, La censure à l'œuvre. Freud, Kraus, Schnitzler


La marche de l'histoire par Jean Lebrun, 19.10.2015
Jacques Le Rider
La censure à l'œuvre 
Freud, Kraus, Schnitzler 
Hermann
Des morales et des oeuvres
2015

Présentation de l'éditeur
Une société libéralisée peut-elle renoncer à toute censure ? Même dans les sociétés contemporaines, la liberté illimitée d’expression n’a jamais été instaurée et les opinions déviantes qui mettent en cause la norme du « politiquement correct » sont exposées à un retour en force de la censure. Le cas viennois prouve cependant que, pour la défense des valeurs d’une culture, la censure n’est pas une arme efficace : bien que la liberté de la presse soit un acquis des gouvernements libéraux des années 1860, la censure y était toujours à l’œuvre ; Freud lui donnait même le beau rôle d’instance régulatrice du processus de civilisation. Karl Kraus, le plus féroce des critiques du journalisme, démontait les nouveaux mécanismes de censure informelle et invisible par lesquels la presse informait ses lecteurs, c’est-à-dire soumettait leur perception de la réalité à un formatage quotidien. Ainsi, la modernité viennoise anticipait les théories de la censure structurale de Foucault et Bourdieu. Cela n'empêcha pas la censure impériale de rompre, en 1912, avec sa propre ligne "anti-antisémite" en interdisant la représentation du chef d'œuvre d'Arthur Schnitzler, Le Professeur Bernhardi, courageuse dénonciation de l'antisémitisme. Autant dire que la censure s'avère en définitive toujours inefficace et dangereuse, et qu'elle ne pourra jamais servir comme support d'une politique de civilisation.
Ancien élève de l'École normale supérieure (ENS Paris), Jacques Le Rider est directeur d'études à l'École pratique des hautes études à la chaire « L'Europe et le monde germanique (époque moderne et contemporaine) ».