"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

Affichage des articles dont le libellé est Sociologie de la philosophie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sociologie de la philosophie. Afficher tous les articles

mercredi 19 août 2015

vidéo : Louis Pinto, entretien à propos de son ouvrage Sociologie et Philosophie: libres échanges


Grand format. Entretien avec Samuel Lézé, 18 mars 2015 
dans le cadre des séminaires "L’actualité des Classiques" 
ENS de Lyon
Louis Pinto
Sociologie et Philosophie: 
libres échanges:
Bourdieu, Derrida, Durkheim, Foucault, Sartre…
Ithaque
2014

Lire un extrait

Présentation de l'éditeur
Les échanges entre sociologie et philosophie sont certainement une bonne chose, mais à quelles conditions ? Avec ses moyens, le sociologue peut contribuer à dégager une vision plus claire de ce qu’est penser le monde social. La sociologie de la philosophie en constitue un aspect majeur.
Plusieurs des études présentées ici s’inscrivent dans une sociologie historique des rapports entre philosophie et sciences sociales à travers des figures importantes, celles de Bergson, Durkheim, Halbwachs, et celles, plus près de nous, de Sartre, Bourdieu, Foucault, Derrida. D’autres études s’interrogent sur la prétention à l’objectivité que présuppose la connaissance sociologique. Enfin, une dernière partie, consacrée à la circulation actuelle des mots et des labels « théoriques », propose de nous soustraire à l’attrait de la doxa intellectuelle.
En donnant l’idée de ce que peut être une pratique raisonnée des croisements entre disciplines, ce livre invite philosophes comme sociologues à davantage de réflexivité.
Louis Pinto sociologue, est directeur de recherche au CNRS et enseigne à l’EHESS. Il s’est consacré à la sociologie de la culture, à celle des intellectuels – et notamment des philosophes. Sur ces domaines, il a publié plusieurs livres, notamment : La Vocation et le métier de philosophe. Pour une sociologie de la philosophie dans la France contemporaine (Seuil) ; La Théorie souveraine. Les philosophes français et la sociologie au XXe siècle (Le Cerf) ; La Religion intellectuelle. Emmanuel Levinas, Hermann Cohen, Jules Lachelier (PUF).