« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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samedi 12 décembre 2020

Bourdieu: "Il n'y a pas de dépolitisation, ce n'est pas vrai. Une partie du désespoir de la jeunesse vient du fait qu'elle ne se reconnaît pas dans ce que lui proposent les politiques, qu'elle n'y trouve pas ce qui correspond à ses attentes."

"L'intrusion des forces économiques dans le domaine de la science atteint des sommets. Il y a donc place pour toutes sortes d'actions. Le reproche que je fais aux gens de ma génération c'est de décourager les jeunes gens. Il y a chez les jeunes gens des dispositions subversives qui sont très puissantes. Il n'y a pas de dépolitisation, ce n'est pas vrai. Une partie du désespoir de la jeunesse vient du fait qu'elle ne se reconnaît pas dans ce que lui proposent les politiques, qu'elle n'y trouve pas ce qui correspond à ses attentes."
Pierre Bourdieu, La sociologie est la seule discipline qui pourrait nous fournir des armes (entretien avec Lino Polegato) , dans Flux News (revue d’actualité et d’art contemporain) N° 27, trimestriel, décembre 2001-février 2002 p.7, 24.

 

 

voir également:
Interventions de Pierre Bourdieu: en soutien aux mobilisations étudiantes et lycéennes 

 

 

 

 

 

mardi 4 octobre 2016

Savoir/Agir n° 37, Jeunesses rurales

Savoir/Agir n° 37, Jeunesses rurales
Du Croquant
2016  

Présentation de l'éditeur
La question de la jeunesse rurale demeure un objet de recherche relativement sous-exploré par les sciences sociales. Son invisibilité tient pour beaucoup à ce qu’il s’agit d’une jeunesse « sans éclat » et « sans écart » qui ne se distingue ni par son excellence, ni par ses troubles. Ces jeunes ruraux ne font par ailleurs pas ou peu l’objet de politiques publiques spécifiques – du moins à l’échelle nationale – contrairement aux jeunes des quartiers. Ce numéro de Savoir/Agir est consacré à cette jeunesse ordinaire à travers son rapport à l’école. Le parti pris est celui d’une sociologie de l’éducation qui dépasse et déborde les murs de l’école et prête attention aux configurations locales (familiales, amicales, conjugales, etc.) dans lesquelles sont pris les élèves. Les auteurs ont cherché à déconstruire un certain nombre de conceptions essentialisantes, en tout cas fortement culturalistes, portées notamment par les chefs d’établissement et les acteurs locaux de l’orientation scolaire, qui tendent à attribuer aux élèves des campagnes un « manque d’ambitions » à l’égard des études. Ils proposent une approche en différence, en mettant en évidence les logiques propres de leurs représentations et de leurs pratiques. Ils considèrent l’école et la jeunesse rurale au pluriel, contre une approche homogénéisante des espaces ruraux et de leurs habitants, en montrant la diversité des groupes sociaux qui composent les campagnes et les rapports entre ces groupes. Ils donnent ainsi à voir des écoles (primaires, publiques, privées, lycées, collèges, agricoles, etc.) et des élèves ruraux (garçons, filles, enfants d’artisans, enfants de cadres, apprentis, etc.), mais aussi d’autres groupes sociaux investis autour de la cause scolaire (des parents d’élèves, des élus locaux, etc.). Si la question scolaire constitue le point d’entrée des articles de ce dossier, ils pourront cependant sortir de ce cadre pour évoquer les loisirs, les engagements, les sociabilités ou encore les lieux privilégiés par les jeunes ruraux.

Éditorial
Chocs, par Frédéric Lebaron
Dossier
Jeunesses rurales – jeunesses ordinaires, par Claire Lemêtre et Sophie Orange
Qui va scolariser nos enfants  ? Les réouvertures d’écoles publiques dans les communes rurales, par Juliette Mengneau
Jeunes ruraux. Les contours d’un rapport ambivalent au monde scolaire, par Séverine Depoilly
Perdre sa jeunesse en classe, par Thibault Cizeau
«  Paris  ? Jamais de la vie  ». Goûts et dégoûts territoriaux chez les jeunes ruraux de classes populaires, par Benoît Coquard
Un salon à la campagne, par Fanny Renard
Les stratégies scolaires des artisans ruraux de l’Ouest, par Caroline Mazaud
Les ambitions scolaires et sociales des lycéens ruraux, par Claire Lemêtre et Sophie Orange
Grand entretien avec Bernard Pudal
Communisme, propos recueillis par Gérard Mauger et Louis Pinto
Chronique de la gauche de gauche
Gauche de gauche et Islam, par Louis Weber
La rhétorique réactionnaire
Islamophobie (2). Sur la «  radicalisation islamiste  », par Gérard Mauger
Culture
Effets de lieux, par Gérard Mauger
Chroniques du monde
Biopolitique et bureaucratie. Une tragédie en trois actes de l’affaiblissement des universités nationales japonaises, par Stéphane Heim

jeudi 24 septembre 2015

écouter: Fabien Truong, Jeunesses françaises. Bac + 5 made in banlieue


écouter: Fabien Truong, Jeunesses françaises. Bac + 5 made in banlieue
Permis de penser par Laure Adler, 05.09.2015

Fabien Truong
Jeunesses françaises 
Bac + 5 made in banlieue 
La Découverte
L'envers des faits
2015 

Présentation de l'éditeur
Ancien prof de lycée dans le « 9-3 » devenu sociologue, Fabien Truong a pendant dix ans – des émeutes de 2005 aux attentats de janvier 2015 – suivi et accompagné une vingtaine d’anciens élèves, du bac jusqu’à la fin de leurs études. Tour à tour prof, enquêteur, témoin, conseiller et confident, il dresse ici le portrait tout en finesse d’une certaine jeunesse française, celle des banlieues populaires issues de l’immigration.
Loin des clichés médiatiques, du fatalisme politique ambiant et des prophéties catastrophistes de la « désintégration sociale », ce livre observe la dilution quotidienne de cette jeunesse dans la société française. De la fac aux grandes écoles, en passant par les cycles plus courts, ces jeunes incarnent la face cachée d’une passion nationale : sortir de sa condition par l’école. Confrontés au stigmate des origines, à l’impératif de rentabilité assigné aux études longues et à la précarité massive, ils mènent un combat ordinaire pour gagner l’estime de soi et apprendre à naviguer entre les multiples frontières du monde social.
En offrant une véritable plongée dans l’intimité de ces jeunes étudiants en quête d’échappée, ce livre peut se lire aussi comme un récit initiatique, déroulant dans le temps long leurs rêves d’ascension sociale, leurs questionnements identitaires, les peines et les joies de l’apprentissage intellectuel, leur rapport à la religion ou leurs histoires d’amour. Car, dans ces territoires de la République, rien n’est jamais gagné ni perdu d’avance. 
Fabien Truong est professeur agrégé au département de sociologie de l’université Paris-8. Il est l’auteur de Des capuches et des hommes. Trajectoires de « jeunes de banlieue »(Buchet-Chastel, 2013), lauréat du prix de l’Écrit social 2014.

mercredi 11 février 2015

Pré-programme du Festival Raisons d’agir 2015 : « Jeunesses. ‘No Future ?’» (Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015)

Festival Raisons d’agir 2015 : Jeunesses. ‘No Future ?
Espace Mendès-France, Poitiers
Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015

Pré-programme
Etre jeune aujourd’hui… Quoi de commun entre l’apprenti/e, déjà au travail, et l’étudiant/e des grandes écoles, promis/e au meilleur avenir ? Quelles rencontres imaginer entre les « galériens » des « quartiers » qui résistent comme ils le peuvent à la relégation et celles et ceux qui inventent de nouvelles manières de vivre dans le bout de campagne où ils ont trouvé refuge ? Quelle unité possible entre les convertis aux nouveaux fantasmes de la radicalité religieuse et celles et ceux qui s’efforcent de gagner pas à pas leur propre émancipation, sociale, sexuelle ou politique ?
Il y a pourtant quelques questions qui se posent à tous ceux qui, comme on dit, entrent aujourd’hui dans la vie. Ce que leur promettent les générations en place, c’est toujours plus d’attente, toujours plus de menaces, toujours plus de risques. Ce que leur ont déjà offert les institutions qui ont accompagné leur enfance et leur adolescence, ce sont des diplômes au rendement incertain, un monde économique livré au consumérisme, une politique habitée par la désespérance.
Et puis il y a le regard des presque déjà vieux, souvent condescendant ou un peu nostalgique, forcément nostalgique. De leur temps, on ne se complaisait pas « chez papa et maman » jusqu’à pas d’âge, on savait s’engager pour la vie ou on savait se révolter – selon, bien-sûr, la lucarne d’où les observent les presque déjà vieux. Conflit de génération ? Même pas. Mais distances, ruptures, malentendus.
Il y a pourtant beaucoup à apprendre des façons dont chacun fait ou a fait sa jeunesse. On gagne à comparer les expériences, à transmettre ce qui peut l’être, à réinventer ce qui doit l’être. Sous réserve que chacun prenne la parole et fasse le récit de sa propre existence et de ce qui compte pour lui. A la condition, aussi, que l’on soit attentif à tout le nuancier des mondes d’avant et à ce qui se vit aujourd’hui, dans les nouvelles façons de vivre le travail, les études, la famille, le sens de la justice, l’espoir de la transformation sociale.
La 10e édition du festival Raisons d’agir mettra donc en discussion le rapport des jeunes d’hier et d’aujourd’hui à l’engagement. Plus encore qu’à l’occasion des précédentes éditions, il s’agira de croiser les expériences individuelles et collectives et les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes, la sensibilité des artistes.

Avec :
  • Marsu (ex-manager des ‘Bérurier noir’)
  • Des jeunes engagés dans la musique, l’éducation populaire, les ZAD ou le militantisme politique.
  • Rémi Douat, producteur délégué de l’émission «Les Pieds sur Terre» sur France Culture.
  • Des projections de films : «Pascaline et Klara», «On n’est pas des marques de vélo».
  • Les chercheurs Romuald Bodin, Aurélien Casta, Henri Eckert, Sophie Orange, Julie Pagis, Camille Peugny, Nicolas Rénahy,…
  • Une expo sur les fanzines.
  • Une promenade sociologique.
  • Des travaux d’enquête réalisés par des étudiants.
  • Et une soirée-concert !
Programme en cours de finalisation.


(source: Festival Raisons d'agir)

lundi 2 février 2015

Jean-Claude Chamboredon, Jeunesse et classes sociales

Jean-Claude Chamboredon
Jeunesse et classes sociales
Edition de Paul Pasquali
Préface de Florence Weber
Rue d'Ulm
2015

Présentation de l'éditeur
Jean-Claude Chamboredon a marqué le renouveau de la sociologie française dans les années 1960 aux côtés de Pierre Bourdieu et de Jean-Claude Passeron, coauteurs avec lui du Métier de sociologue. Le présent ouvrage rassemble des articles, parus entre 1966 et 1991, qui ont fait date. Il montre la profondeur et l’actualité de son œuvre sur des thèmes toujours brûlants : la culture adolescente, la vie en HLM, la délinquance, l’école maternelle. Penser avec Chamboredon aujourd’hui, c’est montrer le poids social de l’âge, la relégation des banlieues, les inégalités des citoyens devant la justice, les effets pervers du pédagogisme, ou encore le rôle de l’école maternelle et de la prime éducation dans la reproduction des disparités culturelles entre les classes sociales.

Jean-Claude CHAMBOREDON est né en 1938. Normalien littéraire, il s’est formé à la sociologie aux côtés de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, avec lesquels il a coécrit Le Métier de sociologue (1968). Pivot de la première équipe de chercheurs réunis autour de Bourdieu, il a enseigné à l’ENS jusqu’en 1988 avant de rejoindre l’EHESS Marseille. Il a publié un grand nombre d’articles qui ont fait date sur divers sujets : culture adolescente, cités HLM, délinquance juvénile, petite enfance, mondes ruraux, chasse, création artistique, système scolaire, histoire du durkheimisme, etc. Il a aussi contribué, en tant que traducteur, préfacier ou critique d’ouvrages, à introduire en France des auteurs étrangers de premier plan tels que Basil Bernstein, Howard Becker, Edward Thompson et Raymond Williams. Fondateur du Laboratoire de sciences sociales de l’ENS, il a formé plusieurs générations de sociologues parmi lesquels François Héran, Jean-Louis Fabiani, Michel Bozon, Pierre-Michel Menger, Anne-Marie Thiesse, Florence Weber, Stéphane Beaud et Pierre-Paul Zalio.
Paul PASQUALI est sociologue, chargé de recherche au CNRS. Il a récemment publié un ouvrage sur l’expérience des étudiants bénéficiaires de l’ouverture sociale des grandes écoles (Passer les frontières sociales, Fayard, 2014). Il mène actuellement une recherche sur l’histoire des enquêtes de terrain en France. Une partie de ce travail porte sur Jean-Claude Chamboredon et a été publiée dans la revue Genèses, en 2012.
L’auteur de la préface, Florence WEBER, enseigne la sociologie et l’anthropologie sociale à l’ENS. Elle a notamment contribué au renouveau de l’enquête ethnographique en France à partir des années 1990. 

mardi 11 mars 2014

Vanessa Pinto, À l'école du salariat. Les étudiants et leurs "petits boulots"

Vanessa Pinto
À l'école du salariat
Les étudiants et leurs "petits boulots"
Le lien social
PUF
2014

Présentation de l'éditeur
« Expérience professionnelle » dotée d’une véritable valeur formatrice, initiation aux « réalités du monde du travail », moyen privilégié d’accéder à « l’autonomie » : en cohérence avec l’objectif de « professionnalisation » de l’enseignement supérieur, les discours sur les vertus de l’emploi étudiant se multiplient depuis quelques années, même si perdurent par ailleurs les discours dénonçant la précarité étudiante.
Cet ouvrage propose une analyse empirique des activités rémunérées des étudiants, en particulier de leurs « petits boulots ». Il mobilise les méthodes ethnographiques, statistiques et historiques et repose sur plusieurs enquêtes menées dans la restauration rapide, les centres d’appels et l’animation socioculturelle. Sont explorées non seulement la place des étudiants au sein du marché du travail, mais aussi la place de ces activités dans leur parcours. Offrant un éclairage inédit sur les inégalités au sein de la jeunesse étudiante, notamment dans le rapport au temps et à l’avenir, cette approche est aussi une façon de mieux comprendre les transformations du salariat et des modalités d’accès à l’emploi.
Vanessa Pinto est docteure en sociologie de l’EHESS, maître de conférences à l’université de Reims Champagne-Ardenne et chercheuse au Centre d’études et de recherches sur les emplois et les professionnalisations (URCA) et au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-EHESS-Paris 1). Sa thèse a reçu le 1er Prix de l’Observatoire national de la vie étudiante.