« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)
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jeudi 4 juin 2015

écouter: Rémy Pawin, Histoire du bonheur en France. Depuis 1945


écouter: Rémy Pawin, Histoire du bonheur en France. Depuis 1945
avec la participation de Samuel Lézé
La Grande table (2ème partie) par Caroline Broué, 23.12.2013


Rémy Pawin
Histoire du bonheur en France 
Depuis 1945
Robert Laffont
2013

Présentation de l'éditeur
Comment le bonheur est devenu la valeur centrale de la société française contemporaine. « Suis-je heureux ? » Nos existences et nos actions sont régies par cette interrogation lancinante. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale pourtant, le bonheur ne figure pas au panthéon des valeurs en France. Ce n'est que progressivement qu'il va triompher de ses concurrents : la religion, le travail, la culture académique, l'engagement politique. Le monde social s'en trouve profondément modifié.
Ce livre ne propose pas une énième définition du bonheur mais explore, dans la France métropolitaine de l'après-guerre jusqu'à nos jours, ses différentes conceptions, les sentiments éprouvés, plus ou moins heureux, et la manière dont l'idée et l'expérience s'influencent mutuellement. Les chemins du bonheur individuel et collectif sont nombreux et variés, de la recherche du moindre mal jusqu'à l'épanouissement personnel, idéal promu à partir des années 1970. Aujourd'hui, l'irrésistible ascension du bonheur conduit à un nouvel hédonisme : le devoir de bonheur.
Dans cette enquête serrée et passionnante, l'historien Rémy Pawin traque le bonheur en France dans ses moindres expressions : films, livres, presse, journaux intimes, sondages d'opinion. A la croisée de l'histoire des représentations, des sensibilités et des expériences, le livre explore un champ neuf et pourtant central en établissant le bilan du bonheur en France depuis 1945.
Né en 1982, Rémy Pawin est docteur en histoire contemporaine de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et professeur agrégé d'histoire géographie. Après des études en histoire et en sociologie, il a soutenu en 2010 une thèse sur les représentations et expériences du bonheur en France après 1945. 


mercredi 8 août 2012

Interventions de Pierre Bourdieu: jeter les bases d'une économie du bonheur

"La connaissance du monde social que donne la sociologie est sans nul doute une des conditions les plus indispensables d'une pensée critique vraiment responsable. J'ai évoqué la nécessité de rompre avec l'économisme et de promouvoir une action régulatrice prenant en compte tous les éléments constitutifs d'une économie qui soit orientée vers le bonheur et non vers les seules valeurs de productivité, de rentabilité et de compétitivité. Mais je crois qu'une telle économie, qui devrait faire une place éminente au symbolique, ne peut être conçue concrètement, dans ses moyens et surtout dans ses fins, qu'à condition que l'on sache instaurer de nouvelles formes de délégation et de représentation. La crise de la représentation, qui est au fondement du discrédit de la politique, trouve sans doute son principe dans la logique organisationnelle des syndicats et des partis de masse, et en particulier, dans une technologie sociale, inventée au XIXe siècle pour assurer, en principe, la communication entre la base et les dirigeants, et ser- vant, en fait, à assurer la reproduction de l'appareil et de ses dirigeants, celle des programmes, des plateformes, des motions, des congrès, des mandats. Une critique radicale des formes actuelles de circulation de l'information et d'élaboration des volontés collectives devrait permettre de sortir du désenchantement démobilisateur pour s'orienter vers des formes nouvelles de mobilisation et de réflexion. Paradoxalement, les appareils politiques qui étaient conçus comme des instruments de libération, individuelle et surtout collective, ont très souvent fonctionné comme des instruments de domination, à travers notamment la violence symbolique qui s'exerçait en leur sein, et aussi à travers eux. C'est pourquoi la priorité des priorités me paraît être d'élever la conscience critique des mécanismes de violence symbolique qui agissent dans la politique et à travers la politique; et, pour cela, de divulguer largement les armes symboliques capables d'assurer à tous les citoyens les moyens de se défendre contre la violence symbolique, de se libérer, si besoin, de leurs "libérateurs". " Pierre Bourdieu, in La saine colère d'un sociologue, entretien avec L. Roméo,  in Politis, 9 avril 1992, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, 2002
« Plus précisément, il faut mettre en question radicalement la vision économique qui individualise tout, la production comme la justice ou la santé, les coûts comme les profits et qui oublie que l'efficacité, dont elle se donne une définition étroite et abstraite, en l'identifiant tacitement à la rentabilité financière, dépend évidemment des fins auxquelles on la mesure, rentabilité financière pour les actionnaires et les investisseurs, comme aujourd'hui, ou satisfaction des clients et des usagers, ou, plus largement, satisfaction et agrément des producteurs, des consommateurs et, ainsi, de proche en proche, du plus grand nombre. À cette économie étroite et à courte vue, il faut opposer une économie du bonheur, qui prendrait acte de tous les profits, individuels et collectifs, matériels et symboliques, associés à l'activité (comme la sécurité), et aussi de tous les coûts matériels et symboliques associés à l'inactivité ou à la précarité (par exemple, la consommation de médicaments : la France a le record de la consommation de tranquillisants). On ne peut pas tricher avec la loi de la conservation de la violence : toute violence se paie et par exemple la violence structurale qu'exercent les marchés financiers, sous forme de débauchages, de précarisation, etc., a sa contrepartie à plus ou moins long terme sous forme de suicides, de délinquance, de crimes, de drogue, d'alcoolisme, de petites ou de grandes violences quotidiennes. »  in Pierre Bourdieu, Contre-feux, Raisons d’Agir, Raisons d'agir, 1998, p.46


Interventions de Pierre Bourdieu
 jeter les bases d'une économie du bonheur





 Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à mesure, version augmentée le 16.04.2017, Gilbert Quélennec
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La saine colère d'un sociologue, entretien avec L. Roméo,  in Politis, 9 avril 1992, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, 2002

Le mythe de la « mondialisation » et l'État social européen, Athènes, octobre 1996. In  Contre-Feux, Raisons d'agir, 1998, p.34-50

Pour un nouvel internationalisme, (Forum du DGB de la Hesse, 7 juin 1997), in Contre-feux, Raisons d'agir, 1998, p.66-75

Néo-libéralisme comme révolution conservatrice, 22 novembre 1997, Ernst-Bloch-Preis, Ludwigshafen, in K. Kufeld, Zukunft Gestalten, Mössingen-Talheim, Talheimer Verlag, p.23-29, aussi A Reasoned Utopia and Economic Fatalism. New Left Review, 227, Jan – Feb,1998, 125-130, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, 2002


 extrait du film de Pierre Carles, La sociologie est un sport de combat, C.P. Productions, 2001




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voir également: