« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 1 février 2018

Zilsel, n° 3

 

Zilsel, n° 3
du Croquant
2017

Présentation de l'éditeur
Explorer les fronts les plus « chauds » de la recherche sur les sciences et les techniques, confronter les analyses contradictoires, parfois à front renversé, revisiter des contributions importantes et volontiers frondeuses : ce nouveau numéro de la revue Zilsel ne manque pas de matière. 
Qu’il s’agisse de l’ethnographie des datacenters ou de l’évaluation des prétentions mirobolantes du « neurodroit », la stratégie consiste à dégonfler les baudruches, d’aller y voir de plus près : d’enquêter. Un dossier entier est consacré au néolibéralisme, sur la base d’un long texte de l’historien des sciences économiques Philip Mirowski, qui a le chic pour prendre le contrepied d’à peu près toutes les opinions du moment. 
Parmi les pièces à verser à l’histoire vive des sciences humaines et sociales, le sommaire comprend également une traduction d’un texte classique d’Edgar Zilsel, dans lequel l’auteur propose une approche neuve et documentée de l’essor de la science moderne. C’est à lire, en plus de relectures fouillées des œuvres de Pierre Bourdieu et de Michel Foucault. L’un comme l’autre – mais selon des modalités particulières – ont été marqués par le regard anthropologique. Une série de notes critiques, tour à tour favorables ou sceptiques, clôt l’ensemble. On l’aura compris, la revue est désormais lancée, elle navigue à plein régime. Et le voyage ne fait que commencer. Contre vents et marées.



mercredi 30 août 2017

Revue Zilsel n° 2

 
Revue Zilsel n° 2
du Croquant
2017

Présentation de l'éditeur
La revue Zilsel poursuit ses incursions sur les territoires scientifiques et techniques dans cette nouvelle livraison.
Elle est composé d’articles de fond sur des sujets aussi variés que la contribution à l’histoire des sciences de Norbert Elias, l’ethnographie des data-centers, l’invention de l’« hypothèse Gaïa », la formation des ingénieurs ou les tourism studies. Un dossier est consacré à l’injonction méthodologique, fonda-trice des science studies, à étudier les sciences en train de se faire et de se défaire par le jeu des controverses. Après des décennies de tests et de tournants théoriques, il était temps de faire le point et de réfléchir collectivement sur les marges de progrès en la matière. Ce numéro de Zilsel comprend éga-lement un texte important et inédit de Pierre Bourdieu, consa-cré à la sociologie du champ scientifique, en plus d’un long entretien avec Diane Vaughan, sociologue étasunienne dont l’enquête sur le crash de la navette Challenger est désormais un classique de la sociologie des échecs organisationnels. Une série de notes critiques complète l’ensemble. Volontiers éclectique et résolument enthousiaste, ce numéro s’efforce donc de maintenir le cap.

Sommaire
Éditorial
Essai transformé
Confrontations
James Lovelock, Gaïa et la pollution : un scientifique entrepreneur à l’origine d’une nouvelle science et d’une philosophie politique de la nature, par Sébastien Dutreuil
L’ANR en ph(r)ase critique. Figures et déterminants de la critique d’un dispositif de financement, par Johan Giry et Émilien Schultz
Une sociologie « post-philosophique » ? Norbert Elias en dialogue avec Pierre Bourdieu, par Marc Joly
Frictions
Controverses et STS : stop ou encore ?, par Jérôme Lamy
Les études de controverse et le récit du renouveau méthodologique en STS, par William Thomas
Entre science et société, les controverses comme enquêtes collectives, par Josquin Debaz
Une étude de controverses à nouveaux frais ? Des normes pour comprendre le champ scientifique, par Marine Dhermy-Mairal et Volny Fages
Libres échanges
En théorie, tout est une question de timing. Entretien avec Diane Vaughan. Réalisé et traduit par Arnaud Saint-Martin
Friches
Esquisses pour une analyse critique des Tourism studies, par Bertrand Réau
Un si petit monde. Des élèves ingénieurs s’essaient à l’enquête sociologique, par Cynthia Colmellere

Classiques
Michel Foucault défenseur de l’ethnologie : « La magie – le fait social total », une leçon inédite des années 1950, par Jean-François Bert
La magie – le fait social total, par Michel Foucault
Critiques
Action rationnelle et raison de l’Histoire, par Yann Giraud
Le capitalisme par le cœur, par Denis Colombi
En quête des Environmental Humanities, par Céline Granjou
À mort la mort ? Le transhumanisme sans limite, par Jacques Testart
Les compulsions de Noé. Que peut (encore) Bruno Latour pour les sciences sociales ?, par Jérôme Lamy


vendredi 6 novembre 2015

Michel Foucault, Œuvres I, II

Michel Foucault
Œuvres I, II
Gallimard 
Bibliothèque de la Pléiade
2015 


Présentation de l'éditeur
Édition publiée sous la direction de Frédéric Gros avec la collaboration de Jean-François Bert, Daniel Defert, Francois Delaporte et Philippe Sabot, Philippe Chevallier, Bernard Harcourt, Martin Rueff et Michel Senellart
Son œuvre, entre philosophie, histoire et littérature, est difficile à situer. Les disciplines traditionnelles peinent à la contenir. Sa chaire au Collège de France s’intitulait «Histoire des systèmes de pensée». Lui-même ne cessa jamais de relire Kant, Nietzsche, Heidegger, mais il cite moins les classiques de la philosophie que d’obscurs traités, règlements ou manuels conservés dans des fonds d'archives, royaumes des historiens. Des historiens «professionnels» de son temps Foucault partage d’ailleurs l’ambition : ouvrir l’histoire à de nouveaux objets. Il reste que ce sont bien des problématiques philosophiques que renouvellent ses «histoires» (de la folie, de la sexualité), ses «archéologies» (des sciences humaines, du savoir), ses récits de «naissance» (de la clinique, de la prison). «Et j'ai beau dire que je ne suis pas un philosophe, si c'est tout de même de la vérité que je m'occupe, je suis malgré tout philosophe.» Philosophe «malgré tout», Foucault a inventé une nouvelle manière de faire de la philosophie. Il n’a pas apporté une pierre de plus à l’édifice compartimenté de la pensée : en en abattant les cloisons, il en a bouleversé l’architecture. Il a rendu les disciplines communicantes. Certains spécialistes n’ont pas manqué de le lui reprocher.
Et la littérature? Ses livres sont savants. Ils témoignent d’une érudition stupéfiante. Encore faut-il donner forme à l’informe de l’archive. Les citations, le maillage de références, la mise en scène d’épisodes historiques, tout, chez Foucault, est déplié, exposé dans une écriture tour à tour baroque et rigoureuse, austère et splendide, démesurée et classique. En bibliothèque, il se sent porté par les mots des autres. Leur intensité nourrit son écriture. «La lecture se prolonge, se renforce, se réactive par l’écriture, écriture qui est elle aussi un exercice, elle aussi un élément de méditation.» Le matériau des historiens et l’horizon tracé par les philosophes s’augmentent chez lui d’une exigence littéraire apprise auprès de Flaubert, Blanchot, Beckett. Le traiter de «styliste» serait réducteur. Foucault, qui se disait artisan, est un écrivain.
Outre un choix de textes brefs, articles, préfaces ou conférences, cette édition rassemble tous ses livres personnels. Leur influence est immense. Mais leur réunion ne vise pas à former une autobiographie intellectuelle. «Je ne veux pas de ce qui pourrait donner l’impression de rassembler ce que j’ai fait en une espèce d'unité qui me caractériserait et me justifierait.» Voyons plutôt en elle ce que Foucault disait d’Histoire de la folie en 1975 : «J’envisageais ce livre comme une espèce de souffle vraiment matériel, et je continue à le rêver comme ça, une espèce de souffle faisant éclater des portes et des fenêtres…» 

mercredi 20 mars 2013

Michel Foucault, La grande étrangère. À propos de littérature


Michel Foucault
La grande étrangère
À propos de littérature
Coll. : Audiographie
EHESS
2013

Présentation de l'éditeur  
Michel Foucault entretient avec la littérature une relation complexe, critique, stratégique. Les documents inédits qui composent le présent volume en témoignent magnifiquement.. Sade, Cervantes, Artaud, Shakespeare....Le philosophe se livre à une description de sa bibliothèque littéraire.
Ce recueil regroupe pour la première fois plusieurs de ces interventions : émission de radio, enseignements et conférences. Prononcés à l’oral sur une période de moins de dix ans — entre 1963 et 1971 — chacun entretient avec l’écrit et la langue un rapport particulier.
Les deux premiers documents sont la transcription intégrale de deux émissions de radio diffusées à a radio française en janvier 1963, consacrées à la représentation de la folie dans le langage. Foucault y fait entendre de nombreux extraits : Shakespeare, Cervantès, Diderot, Sade, Artaud, Leiris.
Le deuxième ensemble est formé de deux conférences successives sur Langage et littérature. À la faveur d’une analyse de l’étrange « triangulation » qu’il décèle entre le langage, l’œuvre et la littérature, Foucault reprend l’ensemble des thèmes qui traversent ses écrits sur la littérature de ce début des années 1960.
Enfin, ce volume livre un article en deux parties prononcé en 1971 à l’université de Buffalo aux Etats-Unis, résultat d’une expérimentation à l’oral d’une étude du Marquis de Sade dont les manuscrits ont été conservés. Pour le philosophe La Nouvelle Justine est intégralement écrit sous le signe de la vérité. 
À lire ces prises de parole consacrées à la littérature, le souci de Michel Foucault prend l’allure d’un véritable redoublement de son propre discours, c’est-à-dire tentative, menée à l’extrême, de dire à la fois l’ordre du monde et de ses représentations à un moment donné.

SOMMAIRE
Introduction par Philippe Artières et Jean-François Bert, Mathieu Potte-Bonneville et Judith Revel
Avertissement
La Grande Étrangère. À propos de littérature
1. Le langage de la folie (1963)
« Le Silence des fous »
« Le Langage en folie »
2. Littérature et langage (1964)
3. Conférences sur Sade (1970)
Travaux et interventions de Michel Foucault sur la littérature
Michel Foucault (1926-1984)