« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 8 janvier 2021

Savoir/Agir N° 53, Un modèle britannique d'université ?

 


Savoir/Agir N° 53, Un modèle britannique d'université ?

du Croquant

2020


Présentation de l'éditeur

La Grande-Bretagne s’impose aujourd’hui comme l’un des mo­dèles de la gouvernance pour l’enseignement supérieur fran­çais, autant du point de vue de la gestion des flux étudiants que des modes de production, de financement et de diffusion de la recherche. Ce point de vue français, lié à l’attrait que les élites politico-administratives éprouvent pour les systèmes fondés sur le New Public Management, ainsi qu’au poids de la langue anglaise dans la globalisation académique, masque pourtant la diversité des pratiques des universitaires et des effets des réformes dans les institutions. À l’heure où le projet de loi de programmation de la recherche (LPR) est présenté devant le Parlement français, il s’agit d’éclaircir les effets de la transformation des modes de gouver­nance sur le fonctionnement des universités et de la recherche. Comment « fait-on de la science » dans les universités britan­niques aujourd’hui, a fortiori dans un contexte néolibéral ? Que signifie « faire des sciences sociales » aujourd’hui en Grande-Bretagne ? Quelle est la place des universitaires qui portent la parole des sciences sociales dans l’espace public britannique ?

 

 

 

jeudi 7 janvier 2021

Actes de la recherche en sciences sociales n°235, Résistances populaires

  


Actes de la recherche en sciences sociales n°235, Résistances populaires

Seuil

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Des émeutes urbaines aux occupations illégales, des Gilets jaunes au sabotage de radars routiers ou de caméras de vidéosurveillance, en passant par les soulèvements à l’étranger contre des régimes « autoritaires » : les exemples ne manquent pas d’actions politiques directes qui sont menées par des membres des classes populaire ou moyenne et qui, comme l’on dit, font régulièrement l’actualité. Ce numéro entend moins proposer une analyse à chaud de tel ou tel mouvement, que revenir sur les difficultés que l’on rencontre dès lors que l’on veut comprendre de façon adéquate ces « résistances populaires ». Comment échapper en particulier à l’alternative du misérabilisme et du populisme et, plus simplement encore, aux oppositions établies entre consentement et résistance ou entre obéissance et subversion qui sont particulièrement aveuglantes parce qu’elles empêchent de saisir l’ambivalence profonde de tous ces mouvements de résistance ?

Les articles réunis dans ce numéro s’attachent, selon les cas, à des formes d’actions qui, si elles ont toutes en commun de procéder d’une « éthique populaire » et de défier l’ordre et les mécanismes institués de la représentation politique, diffèrent fortement par leurs formes. Ils traitent ainsi d’occupations de terres, de rassemblements illégaux dans des espaces publics, de réaménagements pratiques des lieux et temps de travail, mais aussi de pratiques qui contournant et contestant frontalement des autorités sociales (enseignants, chefs, etc.) ou leurs symboles (destruction de radars), ou encore de la contestation qui peut se jouer dans des expressions corporelles, des menaces ou des agressions verbales visant à humilier ou tourner en dérision des dominants. Ces articles mobilisent toutes des observations au long cours pour mieux comprendre les pratiques étudiées, qu’elles soient le fait de paysans pauvres en Colombie, de machinistes de l’Opéra, de pratiquants du tuning, de lycéens confrontés à des actions de prévention contre les conduites « addictives » ou de déléguées syndicales dans des EPHAD ou des entreprises de la grande distribution. Les analyses développées empruntent aux premiers travaux de l’école de Birmingham (Richard Hoggart, E. P. Thompson) tout en invitant à une relecture des enquêtes ethnographiques que Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad avaient menées à la fin des années 1950 en Algérie et qui s’attachaient aux « formes de la conscience politique et aux fondements des luttes politiques » inscrites dans les stratégies des paysans algériens face à l’oppression coloniale