« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 7 janvier 2021

Actes de la recherche en sciences sociales n°235, Résistances populaires

  


Actes de la recherche en sciences sociales n°235, Résistances populaires

Seuil

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Des émeutes urbaines aux occupations illégales, des Gilets jaunes au sabotage de radars routiers ou de caméras de vidéosurveillance, en passant par les soulèvements à l’étranger contre des régimes « autoritaires » : les exemples ne manquent pas d’actions politiques directes qui sont menées par des membres des classes populaire ou moyenne et qui, comme l’on dit, font régulièrement l’actualité. Ce numéro entend moins proposer une analyse à chaud de tel ou tel mouvement, que revenir sur les difficultés que l’on rencontre dès lors que l’on veut comprendre de façon adéquate ces « résistances populaires ». Comment échapper en particulier à l’alternative du misérabilisme et du populisme et, plus simplement encore, aux oppositions établies entre consentement et résistance ou entre obéissance et subversion qui sont particulièrement aveuglantes parce qu’elles empêchent de saisir l’ambivalence profonde de tous ces mouvements de résistance ?

Les articles réunis dans ce numéro s’attachent, selon les cas, à des formes d’actions qui, si elles ont toutes en commun de procéder d’une « éthique populaire » et de défier l’ordre et les mécanismes institués de la représentation politique, diffèrent fortement par leurs formes. Ils traitent ainsi d’occupations de terres, de rassemblements illégaux dans des espaces publics, de réaménagements pratiques des lieux et temps de travail, mais aussi de pratiques qui contournant et contestant frontalement des autorités sociales (enseignants, chefs, etc.) ou leurs symboles (destruction de radars), ou encore de la contestation qui peut se jouer dans des expressions corporelles, des menaces ou des agressions verbales visant à humilier ou tourner en dérision des dominants. Ces articles mobilisent toutes des observations au long cours pour mieux comprendre les pratiques étudiées, qu’elles soient le fait de paysans pauvres en Colombie, de machinistes de l’Opéra, de pratiquants du tuning, de lycéens confrontés à des actions de prévention contre les conduites « addictives » ou de déléguées syndicales dans des EPHAD ou des entreprises de la grande distribution. Les analyses développées empruntent aux premiers travaux de l’école de Birmingham (Richard Hoggart, E. P. Thompson) tout en invitant à une relecture des enquêtes ethnographiques que Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad avaient menées à la fin des années 1950 en Algérie et qui s’attachaient aux « formes de la conscience politique et aux fondements des luttes politiques » inscrites dans les stratégies des paysans algériens face à l’oppression coloniale


 

jeudi 25 juillet 2019

en ligne: Bourdieu et le travail, Maxime Quijoux (dir.)


Bourdieu et le travail
Maxime Quijoux (dir.)
P.U.Rennes
Le Sens social 
2015

en ligne sur OpenEdition Book, 2019




 
Maxime Quijoux
Préambule

Première partie. Bourdieu et le travail, une introduction

Maxime Quijoux
Introduction
Maxime Quijoux
Conclusions



jeudi 19 mars 2015

Bourdieu et le travail, Sous la direction de Maxime Quijoux


Bourdieu et le travail
Sous la direction de Maxime Quijoux
P.U.Rennes
2015

Présentation de l'éditeur
P LUS de dix ans après sa disparition, Pierre Bourdieu demeure toujours l’auteur des sciences sociales le plus cité au monde. Si ses concepts, sujets de débats permanents, expliquent probablement ce succès, son aptitude à explorer l’ensemble des domaines du social y a aussi grandement contribué : la socialisation, l’école, les classes sociales, le célibat, la culture, l’art, l’État, la politique, etc., peu d’objets semblent en effet s’être soustraits à l’examen du sociologue, et sur lesquels, en retour, il n’a pas été discuté. Il en existe pourtant un et non des moindres : le travail. Après des travaux liminaires sur la question dans le contexte de la guerre d’Algérie, Bourdieu paraît en effet définitivement s’en désintéresser. Cette désaffection correspond alors à une indifférence équivalente des sociologues du travail à l’égard de son oeuvre. Durant quarante ans, Bourdieu et « le travail » donnent l’impression de s’ignorer superbement.
À l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, c’est cette double défection – le travail dans la sociologie de Bourdieu, et Bourdieu dans la sociologie du travail – que nous avons voulue questionner : le travail est-il vraiment absent dans l’oeuvre de Pierre Bourdieu ? Comment l’aborde-t-il, en particulier après son époque algérienne ? Enfin, dans quelle mesure ses concepts peuvent-ils contribuer à l’analyse du travail, d’hier et d’aujourd’hui ?
Réunissant plus d’une vingtaine de contributions, entre exégèses, analyses historiques et enquêtes de terrain, ce livre souhaite montrer l’apport mutuel du sociologue et de l’objet « travail ». Une réconciliation scientifique en somme.
Avec le concours du conseil régional d’Île-de-France et son programme DIM-GESTES.
Préambule
Maxime Quijoux est chargé de recherche en sociologie au CNRS, membre du laboratoire PRINTEMPS à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Spécialiste du travail et des mobilisations, il est l’auteur de Néolibéralisme et autogestion, l’expérience argentine (éditions de l’IHEAL, 2011) et a récemment dirigé un double dossier sur « les conflits du travail dans le monde » paru dans la revue Critique internationale (nos 64 et 65, 2014, Presses de Sciencespo).