« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


Affichage des articles dont le libellé est Darras. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Darras. Afficher tous les articles

lundi 5 janvier 2026

Savoir/Agir n° 66, FN - RN. Penser la banalisation de l’extrême droite


 
 
Savoir/Agir n° 66, FN - RN. Penser la banalisation de l’extrême droite
du Croquant
2025
 
 
 
Présentation de l'éditeur
FN/RN. Comprendre la normalisation de l'extrême-droite Comment en est-on arrivés là ? L'entreprise de normalisation d'une partie de l'extrême-droite en France ne s'est pas faite toute seule, et certains partis de droite y ont indirectement contribué. Depuis sa création en 1972, à partir d'un rassemblement composite de groupuscules
FN/RN. Comprendre la normalisation de l'extrême-droite Comment en est-on arrivés là ? L'entreprise de normalisation d'une partie de l'extrême-droite en France ne s'est pas faite toute seule, et certains partis de droite y ont indirectement contribué. Depuis sa création en 1972, à partir d'un rassemblement composite de groupuscules d'extrême-droite, la trajectoire collective du principal représentant de l'extrême-droite française, le Front National (FN), devenu Rassemblement National (RN), ne cesse d'interroger.
Récoltant désormais plus de 10 millions de suffrages exprimés (législatives 2024), érigé en " arbitre " du gouvernement (Barnier), cet ancien " petit " parti politique semble occuper désormais une place centrale dans le champ politique. Ce dossier vise à comprendre les logiques de la normalisation de cette extrême-droite, en réinscrivant ce processus dans les divers espaces dans lesquels le FN/RN s'institutionnalise, parfois sous tension.
Pour ce faire, il rassemble politistes, sociologues, nouveaux entrants dans la discipline et spécialistes de ce parti. Il s'agit d'abord de saisir la manière dont le parti s'intègre de manière contrastée dans différentes arènes électorales et institutions publiques, de l'Europe jusqu'aux municipalités. Seront analysées ensuite les mobilisations du FN/RN destinées à " capter " des forces issues des mouvements sociaux, pour séduire certains milieux populaires et limiter l'instabilité de son organisation interne.
Enfin, il dévoilera les logiques de la circulation des idées et de la fabrique de représentations renouvelées de cette organisation, la dépolitisation des cadrages médiatiques, le rôle des sondeurs d'opinion et des autres partis politiques (notamment de la droite) dans ce processus de normalisation.
 

mercredi 16 juin 2021

Un capital médiatique ? Usages et légitimation de la médiatisation en politique, Sous la direction de Clément Desrumaux et Jérémie Nollet

 

 


 

 

Un capital médiatique ?  

Usages et légitimation de la médiatisation en politique

Sous la direction de Clément Desrumaux et Jérémie Nollet  

P.U. Rennes

Res Publica

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Peut-on réussir en politique grâce aux «médias»? C’est souvent de cette manière que les professionnels de la politique, les journalistes ou les citoyens appréhendent l’usage politique des médias. Cette formulation fait pourtant obstacle à l’explication des processus sociaux à l’oeuvre dans la médiatisation de la politique. Afin de montrer comment la médiatisation peut être agissante en politique, cet ouvrage met à l’épreuve le concept de « capital médiatique », une forme de capital symbolique tiré de la médiatisation. Les contributions examinent les opérations d’accumulation, d’appropriation, de légitimation, de conversion ou de rentabilisation de ce capital, à partir d’études de cas (Louise Michel, José Bové, Emmanuel Macron ou les parlementaires). 

L’ouvrage n’est pas seulement une étude de la médiatisation du politique: c’est aussi une contribution à la sociologie du champ politique et des ressources qui y prévalent. Il analyse le travail des agents politiques en lien avec tout ou partie du champ journalistique, et plus largement dans un espace médiatique profondément transformé par le numérique. Il conclut à l’inégale rentabilité du capital médiatique selon la position dans le champ politique.

Les réflexions engagées invitent à réfléchir, par analogie, à d’autres espaces pour lesquels la reconnaissance médiatique est un enjeu stratégique et semble être une ressource valorisée.

Introduction

Table des matières


 

dimanche 11 avril 2021

audio: Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet présentent Mépris de classe. L’exercer, le ressentir, y faire face

 

audio: Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet présentent Mépris de classe. L’exercer, le ressentir, y faire face

La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, le 10.04.2021

 

 

 

 

Mépris de classe

L’exercer, le ressentir, y faire face

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet (dir.)

du Croquant

Champ social

2021



Présentation de l'éditeur

L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? À distance du moralisme et sur la base d’enquêtes minutieuses, cet ouvrage évalue le caractère heuristique d’une telle catégorie d’analyse.

Le mépris appartient aux rapports sociaux propres à une société hiérarchisée et se manifeste de manières très diverses. En ce sens, il apparaît comme un révélateur de l’état de la structure sociale et des relations qu’y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c’est lorsqu’un dominant se sent en danger qu’il rompt, par le mépris de classe, avec l’euphémisation usuelle de l’ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi.

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété de ses formes d’expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sont sociologues, le premier à l’INRAE (CESAER, Dijon), le second à l’Institut des sciences sociales (LACCUS, Lausanne)


 

mercredi 17 février 2021

Mépris de classe. L’exercer, le ressentir, y faire face, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet (dir.)

 

 

Mépris de classe

L’exercer, le ressentir, y faire face

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet (dir.)

du Croquant

Champ social

2021



Présentation de l'éditeur

L’expression « mépris de classe » circule de plus en plus dans l’espace public pour désigner la disqualification symbolique que subissent des dominés – « sans-dents », « salariées illettrées », « fainéants », « syndicalistes voyous » – parfois même réduits au néant : « rien »... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? À distance du moralisme et sur la base d’enquêtes minutieuses, cet ouvrage évalue le caractère heuristique d’une telle catégorie d’analyse.

Le mépris appartient aux rapports sociaux propres à une société hiérarchisée et se manifeste de manières très diverses. En ce sens, il apparaît comme un révélateur de l’état de la structure sociale et des relations qu’y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c’est lorsqu’un dominant se sent en danger qu’il rompt, par le mépris de classe, avec l’euphémisation usuelle de l’ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi.

Cet ouvrage met en évidence l’ampleur et la variété de ses formes d’expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d’exercer le mépris de classe, de le ressentir et d’y faire face.

Avec des contributions d’Amélie Beaumont, Hugo Bret, Éric Darras, Claude Grignon, Philippe Longchamp, Gérard Mauger, Gérard Noiriel, Romain Pudal, Frédéric Rasera, Nicolas Renahy, Pierre-Emmanuel Sorignet et Nicolas Spire.

Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sont sociologues, le premier à l’INRAE (CESAER, Dijon), le second à l’Institut des sciences sociales (LACCUS, Lausanne)


 Table des matières

 Introduction, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet........................... 5

De la cumulativité des sciences sociales......................................................... 7

Une catégorie heuristique......................................................................... 11

Exercer, ressentir et faire face au mépris de classe.............................. 14

Partie 1. Sociologiser une catégorie morale

Chapitre 1. Le mépris de classe : pratiques et représentations, Claude Grignon                  21

Mépris de classe et hiérarchie sociale........................................................... 21

Le mépris dans les relations............................................................................. 27

Le mépris dans les représentations............................................................... 32

Chapitre 2. « Mépris et dignité : un couple infernal ». Entretien avec Gérard Noiriel, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet              37

Partie 2. Des représentations en actes

Chapitre 3. Le mépris de classe dans le monde du travail. Retour du refoulé ou impossible dissimulation, Nicolas Spire                55

Une brutalité superflue ?.................................................................................. 60

Modes d’expression du mépris de classe dans le monde du travail....... 67

Des hauts fonctionnaires parisiens......................................................... 68

Un contresens opportun........................................................................... 69

Violence des interactions et connivence de classe............................. 70

Pourquoi ce mépris ? ........................................................................................ 71

Le mépris, entre erreur et fantasme : un fruit de l’imagination ?..... 72

Le mépris de classe comme affection du corps.................................... 76

Le mépris de classe, réaction à un risque de diminution de la puissance d’agir     78

Conclusion 79

Chapitre 4. Racialisation des rapports ­sociaux et mépris de classe, Pierre-Emmanuel Sorignet      81

Mise en concurrence et conflits entre ouvrières. Les « anciennes » contre les « jeunes » ?           86

Les Jeunes au travail................................................................................... 89

Racialisation du conflit et mépris de classe................................................. 93

La dévaluation de la figure ouvrière....................................................... 93

L’insulte raciste............................................................................................ 98

La racialisation des rapports sociaux par la direction..................... 100

Un mépris de classe qui s’ignore.................................................................. 102

Chapitre 5. Le « problème des Blacks ». Sur le « racisme » dans le football ­professionnel, Frédéric Rasera     105

Les « Blacks » : une catégorie indigène ...................................................... 108

La défense d’un ethos professionnel .......................................................... 114

Trouver un joueur pour « encadrer les Blacks »....................................... 120

Conclusion 125

Chapitre 6. Le candidat ouvrier, les journalistes et les savants. Sur le « racisme de classe », Éric Darras           127

Habilitations et auto-habilitation d’une candidature ouvrière............ 130

Trois degrés de stigmatisation ..................................................................... 136

L’expression minuscule mais décisive d’une solidarité de classe.. 140

Face à l’ouvriérisme et à l’ironie............................................................ 142

Le retournement du stigmate....................................................................... 144

Conclusion 147

Partie 3. Interactions et rapports de force

Chapitre 7. Un ouvrier qui s’expose, Nicolas Renahy..................................... 153

Une angoisse originelle.................................................................................. 155

Un charisme populaire................................................................................... 161

« Se libérer », s’exposer................................................................................... 163

Se préserver....................................................................................................... 169

Tarir une « soif du travail »..................................................................... 169

« Descendre de l’échelle » et « voyager gratos »................................. 171

Un quant-à-soi désarmé face au mépris de classe................................... 175

Conclusion 178

Tableau : Résumé de la trajectoire de Sébastien et séquences de notre relation           180

Chapitre 8. Résister au mépris de classe. Protections collectives et ­contestations discrètes des ­employés du luxe, Amélie Beaumont        183

Les expressions du mépris comme conséquence de l’organisation de l’hôtel                185

Les rapports sociaux de service dans l’hôtellerie de luxe................ 186

Signifier quotidiennement la hiérarchie ou les formes routinisées du mépris de classe        188

Au-delà du mépris routinisé : quand la prestation ne correspond pas aux attentes des clients             192

Les résistances discrètes des employés...................................................... 196

Rationaliser et minimiser les atteintes à sa dignité.......................... 197

Externaliser son mécontentement aux collègues et revaloriser son rôle                 200

Dénier aux clients un service illimité................................................... 203

Surjouer le service pour former les clients à la politesse et prévenir le mépris de classe        205

Conclusion........................................................................................................ 207

 Chapitre 9. Expressions du mépris de classe. Les infirmières scolaires et leurs publics, Philippe Longchamp 211

Une position spécifique au sein de la profession infirmière.................. 213

Le rapport à la santé des infirmières scolaires.......................................... 215

Face aux classes populaires........................................................................... 218

Face aux fractions économiques des classes supérieures...................... 225

Conclusion 230

Chapitre 10. Produire et éprouver le mépris de classe. Les ouvriers de la propreté urbaine, Hugo Bret            233

Travailler dans les quartiers populaires : se proteger du « haut », se démarquer du « bas »         237

L’effet protecteur de l’entre-soi............................................................. 237

« Ici, c’est des sauvages ! » : la stigmatisation ordinaire des habitants des « cités » 240

Travailler dans les quartiers bourgeois : s’y faire une place et s’y plaire, malgré tout   245

Se faire une place dans les beaux quartiers........................................ 245

« Le monsieur balaye parce qu’il n’est pas directeur comme papa » : l’épreuve de la distance sociale 249

Maintenir les distances........................................................................... 252

Conclusion 256

Chapitre 11. Le mépris de classe dans la vie quotidienne des pompiers, Romain Pudal    261

Le mépris de classe en contexte professionnel......................................... 265

Un uniforme qui uniformise.................................................................. 265

Le monde des « code-barres »............................................................... 267

Un entre-soi de dominés......................................................................... 269

Les « Cassoc’ », figure repoussoir.......................................................... 274

Lutte des classes, lutte de valeurs ................................................................ 276

Un ordre genré.......................................................................................... 277

Le racisme ordinaire et ses interprétations........................................ 280

Être « l’intello de service »....................................................................... 283

Conclusion 285

Postface. Sociogenèse, modalités et effets du « mépris de classe », Gérard Mauger            289

Le champ lexical du mépris de classe......................................................... 290

Mépris de classe et domination............................................................ 290

Mépris de classe et « violence symbolique »....................................... 291

Mépris de classe, racisme de classe et racisme.................................. 292

Sociogenèse du mépris de classe................................................................. 293

Hiérarchies, distance sociale et mépris de classe.............................. 293

Un mépris de classe « de bas en haut » ?............................................. 295

Modalités du mépris de classe...................................................................... 296

Effets du mépris de classe.............................................................................. 298

Conclusion               300

 

jeudi 7 janvier 2021

Actes de la recherche en sciences sociales n°235, Résistances populaires

  


Actes de la recherche en sciences sociales n°235, Résistances populaires

Seuil

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Des émeutes urbaines aux occupations illégales, des Gilets jaunes au sabotage de radars routiers ou de caméras de vidéosurveillance, en passant par les soulèvements à l’étranger contre des régimes « autoritaires » : les exemples ne manquent pas d’actions politiques directes qui sont menées par des membres des classes populaire ou moyenne et qui, comme l’on dit, font régulièrement l’actualité. Ce numéro entend moins proposer une analyse à chaud de tel ou tel mouvement, que revenir sur les difficultés que l’on rencontre dès lors que l’on veut comprendre de façon adéquate ces « résistances populaires ». Comment échapper en particulier à l’alternative du misérabilisme et du populisme et, plus simplement encore, aux oppositions établies entre consentement et résistance ou entre obéissance et subversion qui sont particulièrement aveuglantes parce qu’elles empêchent de saisir l’ambivalence profonde de tous ces mouvements de résistance ?

Les articles réunis dans ce numéro s’attachent, selon les cas, à des formes d’actions qui, si elles ont toutes en commun de procéder d’une « éthique populaire » et de défier l’ordre et les mécanismes institués de la représentation politique, diffèrent fortement par leurs formes. Ils traitent ainsi d’occupations de terres, de rassemblements illégaux dans des espaces publics, de réaménagements pratiques des lieux et temps de travail, mais aussi de pratiques qui contournant et contestant frontalement des autorités sociales (enseignants, chefs, etc.) ou leurs symboles (destruction de radars), ou encore de la contestation qui peut se jouer dans des expressions corporelles, des menaces ou des agressions verbales visant à humilier ou tourner en dérision des dominants. Ces articles mobilisent toutes des observations au long cours pour mieux comprendre les pratiques étudiées, qu’elles soient le fait de paysans pauvres en Colombie, de machinistes de l’Opéra, de pratiquants du tuning, de lycéens confrontés à des actions de prévention contre les conduites « addictives » ou de déléguées syndicales dans des EPHAD ou des entreprises de la grande distribution. Les analyses développées empruntent aux premiers travaux de l’école de Birmingham (Richard Hoggart, E. P. Thompson) tout en invitant à une relecture des enquêtes ethnographiques que Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad avaient menées à la fin des années 1950 en Algérie et qui s’attachaient aux « formes de la conscience politique et aux fondements des luttes politiques » inscrites dans les stratégies des paysans algériens face à l’oppression coloniale


 

jeudi 24 janvier 2019

Savoir/Agir n°46, Réarmer la critique sociologique du journalisme

 
Savoir/Agir n°46, Réarmer la critique sociologique du journalisme
du Croquant
2019



Présentation de l'éditeur
En offrant un aperçu d’enquêtes récentes qui permettent de faire le point sur les structures sociales du journalisme, ce numéro souhaite réarmer la critique sociologique de ce champ. À rebours des poncifs semi-savants sur ses métamorphoses à l’ère numérique, tous les indicateurs empiriques convergent pour montrer que sa subordination aux pouvoirs économiques se poursuit et s’accélère. L’état général des rapports de force structurant le champ journalistique ne s’est donc pas transformé, mais l’hégémonie progressive du pôle commercial entraîne un double mouvement : une dépolarisation avec l’affaiblissement des pôles politiques et culturels qui pèsent moins fortement dans la distribution des positions ; une verticalisation de cette répartition des places avec une asymétrie plus forte dans les hiérarchies professionnelles, notamment dans les salaires et les positions de prestige, ainsi qu’entre le local et le national. Cette verticalisation s’opérant dans un contexte d’élévation du recrutement social de la profession, elle fournit un indice supplémentaire de la domination accrue du capital économique sur le capital culturel au sein des classes privilégiées.

Sommaire :

Éditorial

«  Sortie de crise  »  ?, Frédéric Lebaron

Dossier

La subordination au pouvoir économique. Dépolarisation et verticalisation du champ journalistique, Jean-Baptiste Comby et Benjamin Ferron
L’institutionnalisation d’un incerti loci. Le champ journalistique et l’espace des écoles de journalisme, Géraud Lafarge
Quand l’autonomisation professionnelle renforce la subordination aux logiques commerciales L’institutionnalisation paradoxale des écoles de journalisme, Samuel Bouron
Le milliardaire éclairé. La conversion des habitus des élites politiques et journalistiques vers l’économie, Éric Darras
Le genre du pouvoir médiatique, Julie Sedel
La reproduction 2.0 . Les inégalités de position des journalistes blogueurs dans le champ journalistique Marie Neihouser
Coproduire les biens politiques Journalistes et politiques en comparaison dans des contextes centralisés et fédéraux, Martin Baloge et Nicolas Hubé
Perturber les notables. Les conditions de possibilité d’un journalisme d’enquête à l’échelle locale, Nicolas Kaciaf
Des rencontres discrètes. Journalistes, politiques et groupes d’intérêt au Salon international de l’agriculture, Chupin Ivan et Mayance Pierre
Incorporer la contrainte, transmettre la critique, occuper les médias. Sur la médiatisation de jeunes dirigeants du Front National, Safia Dahani
Le journalisme à but non lucratif aux États-Unis. Un secteur sous la double contrainte de la «  viabilité  » et de «  l’impact  », Rodney Benson

Grand entretien avec Claude Pennetier

«  Dans le chaudron militant  » Propos recueillis par Antony Burlaud

Paroles

«  En fait dans la justice c’est ça mais partout, tu as des manques de personnels que tu pallies avec des béquilles  », Cécile Girault

Chroniques du monde

Salvador  : de quoi les gangs sont-ils le nom  ?, Benjamin Moallic

Culture

Habitus, doxa et idéologie, Gérard Mauger


jeudi 8 juin 2017

En immersion. Pratiques intensives du terrain en journalisme, littérature et sciences sociales, Sous la direction de Pierre Leroux et Eric Neveu

En immersion
Pratiques intensives du terrain en journalisme, littérature et sciences sociales
Sous la direction de Pierre Leroux et Eric Neveu
P.U.Rennes
Res Publica
2017

Présentation de l'éditeur
L’ « IMMERSION », comme entreprise d’insertion – dans un milieu, un terrain, un groupe – qui suppose partage d’expérience et présence prolongée, empathie et peut-être rêve de « devenir indigène », est un geste fondateur de nombreuses pratiques de mise en intelligibilité du monde. On la rencontre en journalisme. Elle est le fait d’écrivains. Elle est, bien sûr, le socle de l’ethnographie mais aussi l’outil de recherches en maintes disciplines. Or, pour avoir suscité nombre de réflexions, cette pratique avait donné lieu à peu de synthèses, moins encore à une prise en compte de la diversité de ses usagers. C’est cette lacune que veut combler ce recueil. 
Il le fait via cinq questions. D’où vient la pratique de l’immersion ? Comment pareilles expériences affectent-elles l’observateur ? Que peut-on ainsi voir de plus, de mieux ? Et si la démarche est génératrice d’un plus d’intelligibilité, de quel prix, de quelles tensions avec le terrain ou une éthique professionnelle ces gains peuvent-ils se payer ? Comment enfin restituer l’immersion... tant en termes de respect de ceux et celles qu’on a côtoyés que de modes d’écriture propices à en communiquer l’expérience, les affects ? 
Ce volume combine une vingtaine de contributions de praticiens et analystes de ces démarches, que viennent mettre en perspective cinq denses textes de cadrage et que ponctue un article important d’Andrew Abbott sur l’écriture du terrain. L’ensemble offre une référence durable sur le terrain des méthodologies de l’enquête, de leurs histoires, de leurs écritures.



lundi 28 novembre 2016

L'Ordinaire du Politique. Enquêtes sur les rapports profanes au politique, François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot, Sabine Rozier (dir.)

L'Ordinaire du Politique 
Enquêtes sur les rapports profanes au politique  
François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot, Sabine Rozier (dir.)
P.U.Septentrion
Paradoxa
2016

Présentation de l'éditeur
Quels sont les liens ordinaires des Français à la politique ? Les études réunies dans ce volume reprennent cette question classique en montrant tout à la fois ce que la politique signifie dans les situations routinières et quotidiennes des citoyens, en quoi les rapports au politique sont inscrits dans des trajectoires biographiques autant individuelles que collectives, et finalement ce qu'est le « cours ordinaire » de nos sociétés démocratiques. L’analyse de ces rapports profanes au politique est conduite à partir de terrains très variés, depuis les lieux d’habitation ou de travail jusqu’aux rares situations de contact avec les élus, en passant par la reconstitution détaillée du lien qu’un seul individu entretient avec la politique le temps d’une campagne présidentielle.


vendredi 15 mai 2015

Sandra Vera Zambrano, L’emprise du journalisme échotier ? La médiatisation des professionnels de la politique dans la presse consacrée aux espaces privés des célébrités (1945-2008)

Sandra Vera Zambrano
L’emprise du journalisme échotier ? 
La médiatisation des professionnels de la politique 
dans la presse consacrée aux espaces privés des célébrités 
(1945-2008)
Préface d'Eric Darras
Avant propos de Julien Duval
Institut Universitaire Varenne/ LGDJ
2013

Présentation de l'éditeur
L'objectif de cet ouvrage est de rendre compte du rapport social qui fonde le travail de représentation politique dans la presse consacrée aux espaces privés des célébrités. Il s'agit de montrer que cette mise en scène du politique par les espaces privés cherche à légitimer un certain ordre social, y compris dans un espace qui paraît à première vue éloigné des questions politiques. Ainsi, partant du postulat de l'indissociabilité entre la production et la réception de tout processus de communication, deux hypothèses sont mises en avant. La première est celle de l'entretien de l'ordre politique et social par la réitération de la hiérarchie politique dans les magazines ainsi que par une conception conservatrice de la société. La seconde est celle de la subordination du champ journalistique à l'égard du champ politique : les journalistes reproduisent les hiérarchies politiques et co-construisent une supposée grandeur du personnel politique, et ce d'autant plus que « la politique » dans cet espace est principalement comprise comme nationale et liée au pouvoir exécutif.
Le dispositif empirique adopté - comportant un travail de recherche sur les archives des magazines féminins parus entre 1880 et 1945, une analyse de contenu des couvertures de Closer, France Dimanche, Gala, Ici Paris, Paris Match, Point de Vue, Public et Voici publiées entre 1945 et 2008, une objectivation statistique de l'espace social des pratiques culturelles des Français ainsi que plusieurs entretiens avec des journalistes - met en lumière quatre dimensions d'analyse : celle de la définition et de la délimitation de ce genre journalistique, celle de sa genèse, celle de la connaissance de ses lecteurs et, enfin, celle des évolutions du traitement journalistique des professionnels de la politique.

Sandra Vera Zambrano, ATER à l'IEP de Toulouse. Elle a auparavant contribué comme assistante de recherche pour la Commission Européenne (7ème PCRD, MediaAct), l'Université d'Amsterdam et l'Université de New York.

mercredi 4 février 2015

en ligne: Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°186-187 – Mars 2011 // Sociétés du spectacle

en ligne sur Cairn.info: 
Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°186-187 – Mars 2011 // Sociétés du spectacle
Seuil

Christophe Charle
Sociétés du spectacle


Carlotta Sorba
Le « mélodrame » du Risorgimento
Théâtralité et émotions dans la communication des patriotes italiens

Vincent Robert
Théâtre et révolution à la veille de 1848
Le Chevalier de Maison-Rouge

Jeanne Moisand
Entre tréteaux et barricades
Théâtre et mobilisation ouvrière à Barcelone, 1868-1909

Christophe Charle
Le carnaval du temps présent
Les revues d'actualités à Paris et à Bruxelles, 1852-1912

Bleuwenn Lechaux
Des contradictions du théâtre critique new-yorkais


Éric Darras Les causes du peuple
La gestion du cens social dans les émissions-forums

Hors thème

Afrânio Garcia Jr.
Les souvenirs d'un Européen : entre Le Brésil, terre d'avenir et Le Monde d'hier
Les derniers écrits de Stefan Zweig
Version HTML Version PDF

Lectures critiques

Version HTML Version PDF

jeudi 3 novembre 2011

Colloque: Critique des sondages, 5 novembre 2011

Critique des sondages (Colloque)

(Samedi 5 novembre 2011, de 9 heures à 17 heures. Lieu : Assemblée nationale, 126 rue de l’Université, Paris 7e / Inscription Obligatoire - Nombre de places limitées. Contacter l’Observatoire des sondages, merci d’indiquer sujet « Colloque AN ».)

Colloque Le Monde Diplomatique – Observatoire des sondages

Il existe un courant critique des sondages qui, depuis longtemps, avec Herbert Blumer en 1948 (« Public opinion and public opinion polling »), Pierre Bourdieu en 1972 (« L’opinion publique n’existe pas »), apporte une contribution substantielle à la compréhension de sondages au-delà des clichés intéressés sur leur caractère naturellement démocratique et scientifique. Au moment où le rôle des sondages avec leur prolifération, leur place croissante dans la politique et leur dégradation qualitative les met sur la sellette, il est important de faire un bilan de cette critique. L’actualité politique aussi y contribue alors qu’une campagne électorale présidentielle a commencé et qu’une proposition de loi parlementaire est discutée.
Or, la critique scientifique monte à l’égard d’une économie des sondages de moins en moins liée à la science et à la démocratie. On saurait d’autant moins négliger cette critique qu’elle perdure, s’approfondit et s’assure de la pérennité par la relève générationnelle. Pourtant, ses penseurs sont généralement contraints de « débattre » avec des sondeurs pour paraître dans les médias, leur servir de caution et être choisis. Demande-t-on à des spécialistes des classes moyennes de n’apparaître qu’en compagnie de petits commerçants et autres membres des classes moyennes ? Il est temps que les débats scientifiques reprennent leur autonomie tout en ayant accès aux lieux de débats publics sans conditions préalables.
Dans ces circonstances, l’organisation d’une journée de colloque autour de spécialistes de l’opinion, des sondages et des médias peut être un moment important de réflexion. Le colloque se déroulera le 5 novembre 2011 à l’Assemblée nationale, une manière de marquer l’utilité de la critique. Organisée dans les grandes villes universitaires de France à l’initiative des Amis du Monde Diplomatique, une série de conférences-débat suivra le colloque.



Programme provisoire


9 heures - Ouverture
- Serge HALIMI, directeur du Monde Diplomatique



Première partie : Histoire de la critique


- Howard S. BECKER (Etats-Unis) : La première critique des sondages : 1948, Herbert Blumer et l’école de Chicago
- Bernard LACROIX (Institut Universitaire de France) : « L’opinion publique n’existe pas », 40 ans plus tard
- Patrick CHAMPAGNE (CNRS) : Faire l’opinion, 20 ans après



Deuxième partie : Transformations des usages


- Nicolas KACIAF (Université Versailles-Saint-Quentin) : Les usages gouvernementaux des sondages d’opinion
- Nicolas HUBE (Université Paris-Sorbonne) : Les sondages dans les médias : des enjeux au service du jeu politique
- Jérémy MERCIER (Le Monde Diplomatique) : Sondages à l’italienne
- Hichem GUERFALI (3C Etudes) : Sondages et élections en Tunisie nouvelle : pourquoi l’interdiction ?

14 heures - Reprise


Troisième partie : méthodologies

- Patrick LEHINGUE (Université de Picardie) : Le battement des ailes de papillon : fabrique des sondages préélectoraux et effets politiques
- Daniel GAXIE (Université Paris-Sorbonne) : Ce que les méthodes font aux opinions : entretiens ou sondages, questions ouvertes ou fermées
- Rémy CAVENG (Université de Picardie) : Peut-on croire à la qualité des enquêtes par téléphone ?



Quatrième partie : Perceptions des sondages

- Richard BROUSSE (Observatoire des sondages) : Les apports de la veille à la compréhension des sondages
- Eric DARRAS (IEP Toulouse) : Retour à l’envoyeur. Les sondages vus d’en bas
- Alain GARRIGOU (Université Paris-Ouest) : A quoi sert la critique ?

17 heures - Clôture

jeudi 5 mai 2011

Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°186-187 – Mars 2011 // Sociétés du spectacle

Sociétés du spectacle
Christophe Charle

Le « mélodrame » du Risorgimento
Théâtralité et émotions dans la communication des patriotes italiens
Carlotta Sorba

Théâtre et révolution à la veille de 1848 :
Le Chevalier de Maison-Rouge
Vincent Robert

Entre tréteaux et barricades
Théâtre et mobilisation ouvrière à Barcelone, 1868-1909
Jeanne Moisand

Le carnaval du temps présent
Les revues d’actualités à Paris et à Bruxelles, 1852-1912
Christophe Charle


Les causes du peuple
La gestion du cens social dans les émissions-forums
Éric Darras

Hors thème :
Les souvenirs d’un Européen :
entre Le Brésil, terre d’avenir et Le Monde d’hier
Les derniers écrits de Stefan Zweig
Afrânio Garcia Jr.

LECTURES CRITIQUES
Grandeurs et misères de l’édition anglo-américaine
Une enquête ethnographique au cœur de la chaîne du livre
Gisèle Sapiro
(Texte intégral)