« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 18 septembre 2017

En quête d'alternatives, L'état du monde 2018, Sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal


En quête d'alternatives  
L'état du monde 2018
Sous la direction de 
Bertrand BADIE et Dominique VIDAL
La Découverte
État du Monde
2017 

Présentation de l'éditeur
L’approfondissement de la crise des systèmes politiques, économiques et sociaux pose avec plus de force la question de l’alternative. Si celle-ci suscite de grandes attentes, elle se heurte à de puissants blocages. Aspirations et déceptions se renforcent réciproquement, au point de donner au phénomène un accent dramatique, dont la vague populiste reste la manifestation essentielle. Cette édition de L’état du monde mobilise des connaissances pluridisciplinaires. L’histoire, l’économie, la sociologie, la science politique, mais aussi le droit, la philosophie et la technologie contribuent en effet à l’intelligence des facteurs de blocage et de leurs conséquences. De même, la crise de l’alternance se retrouve à tous les échelons : politiques, économiques, sociétaux, culturels, médiatiques… Enfin, la réflexion se veut comparative, pour rendre compte de cette pathologie polymorphe.
Parmi les facteurs et mécanismes générateurs se mêlent ravages de la « pensée unique », poids des structures économiques, effets mécaniques des usures politiques, aveuglement face à la mondialisation, obsessions identitaires, malformations institutionnelles, échec de la gouvernance mondiale. La description des tentatives plus ou moins malheureuses d’alternance (« modèles » communistes, néolibéraux « reliftés », « Printemps » arabe, néonationalismes et néosouverainismes, expériences chinoise, allemande, cubaine, latino-américaines…) révèle la diversité de ces blocages. Des essais de dépassement, encore très fragiles (nouvel internationalisme, mobilisations écologistes ou altermondialistes reconsidérées, perspectives d’alternatives au quotidien, réformes variées…), peuvent-ils néanmoins laisser poindre des lueurs d’espoir ?
Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, cette édition 2018 oppose l’analyse éclairée au constat fataliste, pour entrevoir l’avenir avec lucidité.

Table
Introduction. Entre aspirations et désenchantement, par Bertrand Badie
I / Les facteurs de blocage
Triomphe de la pensée unique : l’idéologie dominante face aux alternatives, par Frédéric Lebaron
Nécessaire rééquilibrage des flux d’information transnationaux, par Tristan Mattelart
Le conservatisme des classes politiques et des systèmes partisans, par Bruno Cautrès
Les tournants du populisme, par Guy Hermet
Qu’est-ce qui bloque les grandes institutions multilatérales ?, par Delphine Placidi-Frot
Des alternatives manquées : les organisations régionales en crise, par Folashadé Soule-Kohndou
La résistance des élites aux réformes. Le cas des lobbies nucléaire et financier en France, par
Dominique Plihon

Corruption et gouvernance, un enjeu mondial majeur, par Jean Cartier-Bresson
Des multinationales hostiles à toute alternative, par Ivan du Roy
II / De premières expériences fragiles
Le communisme du XXe siècle pèse sur les alternatives contemporaines, par Serge Wolikow
« Printemps arabe » an VI : retour à la « case départ » ?, par François Burgat
Néonationalismes du Nord au Sud : quelques caractéristiques partagées, par
Delphine Allès

Les droites radicales populistes constituent-elles une alternative en Europe ?, par Nonna Mayer
La Chine fait-elle encore figure de modèle ?, par Dominique Bari
La prospérité allemande... et sa face cachée, par Aurélia End
Donald Trump, ou la promesse ambiguë d’un renouveau industriel, par Sylvain Cypel
Amérique latine : le retour du balancier, par Sunniva Labarthe et Marc Saint-Upéry
Une marée populiste ? Retour sur les situations américaine et française, par Vincent Tiberj
Cuba : une révolution plus grande que l’île ?, par Sara Roumette
III / Des perspectives nouvelles ?
Réformer l’architecture internationale, par Dominique Vidal
Une autre social-démocratie est-elle possible ?, par Alain Bergounioux
Quelles alternatives au système électoral ?, par Yves Sintomer
L’émergence d’une nouvelle gauche radicale, par Fabien Escalona
Un populisme de gauche est-il possible ?, par Roger Martelli
Internationalisme et nouvel ordre mondial : faut-il choisir son camp ?, par Alain Gresh
Essor et crises du mouvement altermondialiste, par Catherine Samary
Quelles alternatives écologiques agricoles ?, par Sophie Chapelle
Quelle transition énergétique ?, par Rachel Knaebel
Modes de vie alternatifs et engagement, par Geneviève Pruvost
Qu’est-ce que l’hétérodoxie économique ?, par Robert Boyer
Numérique : entre concentration économique et liberté d’expression, par Hervé Le Crosnier
Les livres de l’année, par Pierre Grosser
Annexes statistiques
Les auteurs



vendredi 10 octobre 2014

L’opinion, ça se travaille... Les médias et les « guerres justes », de Serge Halimi, Henri Maler, Mathias Reymond et Dominique Vidal (Nouvelle édition, revue et augmentée)


L’opinion, ça se travaille... 
Les médias et les « guerres justes »
Serge Halimi, Henri Maler, Mathias Reymond et Dominique Vidal
(Nouvelle édition, revue et augmentée)
Agone
2014

Présentation de l'éditeur
Quand le général Lévy sonne l’alarme, les petits soldats du journalisme sont au garde à vous. Carl Meeus laisse même entendre, non sans fierté, qu’il faisait partie du plan de communication du philosophe : « [Bernard-Henri Lévy] mobilise ses réseaux intellectuels en France et voit Daniel Cohn-Bendit au Flore pour qu’il fasse de même avec ses amis allemands. […] Depuis l’Hôtel Raphaël où il loge, BHL organise une rencontre entre des représentants du CNT, Ali Zeidan et Mansour Saif al-Nasr, et des leaders d’opinion français parmi lesquels André Glucksmann, Harlem Désir, Bernard Kouchner, Pierre Bergé et Laurent Joffrin. » Dans Le Point, BHL est présenté comme « l’autre ministre des Affaires étrangères », où le chroniqueur maison voit son arrivée en Libye décrite avec un comique peut-être involontaire : « Il marche en équilibre sur des gravats, console une femme éplorée, interpelle des jeunes garçons… » Dans Le Figaro Magazine, les échanges profonds entre le président et l’envoyé de la République furent retranscrits à la lettre : « BHL réussit enfin à joindre Sarkozy. Il lui raconte la Libye, le chaos, mais aussi l’espoir et la réunion du CNT. “Ce sont les Massoud libyens, crois-moi. Si tu les reçois, c’est un acte politique majeur », s’enflamme le philosophe – qui ne fut pas le seul à s’enflammer…
« On a tiré toutes les ­leçons de nos erreurs passées » et « traitement exemplaire » constituent les ­formules sous lesquelles les médias travestissent leur travail en temps de guerre.
Pourtant, d’un conflit à l’autre, dans une ambiance rédactionnelle où dominent les va-t-en-guerre et le simplisme des analyses binaires, le parallélisme des expressions laisse ­songeur. Des raisons humanitaires accompagnent toutes les politiques d’intervention, missile au poing. Et l’absence d’informations fiables n’empêche pas la machine médiatique de tourner à plein régime.
Exemples à l’appui, du Kosovo à la Libye, ce livre rappelle comment les médias ont broyé l’information du public tout au long des vingt-cinq dernières années – et continuent de le faire. Ce qu’il décrit, loin de constituer une ­collection d’exceptions, est devenu la règle ; pas un dérapage, la norme.
Serge Halimi est Journaliste et historien, essayiste, spécialiste des médias et d’économie politique, directeur du Monde diplomatique, il est notamment l’auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d’agir, 1997, 2005).
Philosophe, Henri Maler anime le site de critique des médias Acrimed
Économiste, Mathias Reymond anime le site de critique des médias Acrimed. Il est également co-auteur de Les éditocrates – Ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi (La Découverte, 2009) et Tous les médias sont-ils de droite ? (Syllepse, 2008).
Dominique Vidal est rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique. Il est notamment l’auteur de Les 100 Clés du Proche-Orient (avec Alain Gresh), et Les historiens allemands relisent la Shoah( Complexe 2002).

mercredi 12 mars 2014

Agone 53, « L’ordinaire de la guerre »

Agone 53
« L’ordinaire de la guerre »
Coordination Philippe Olivera
Agone
2014

Présentation de l'éditeur
Au moment où s’ouvrent les commémorations du centenaire de 1914–1918, ce numéro est conçu comme un dossier à charge contre l’école historique qui domine à la fois la scène médiatique et le champ académique. Depuis une vingtaine d’années, ces historiens d’État s’efforcent d’imposer l’idée d’un consentement patriotique de combattants animés par la haine de l’ennemi. Au-delà de la critique de ce révisionnisme historique, les auteurs de ce numéro soulignent les enjeux intellectuels et politiques ­attachés à l’étude des violences de masse : contre l’esthétisation de la violence, la fascination pour les bourreaux et le déni des relations de classes, ils veulent montrer la ­fécondité d’une histoire menée au cœur des expériences ordinaires.

Sommaire
Philippe Olivera, « Histoire des violences et violence (sociale) de
l’histoire. À propos de la “nouvelle histoire” de la Grande Guerre »

Blaise Wilfert, « Aux sources d’une histoire controversée : une
lecture de 14–18 Retrouver la guerre de Stéphane Audoin-Rouzeau et
d’Annette Becker »

François Buton, « Norbert Elias ou la Grande Guerre du sociologue »

André Loez, « Vers une histoire au plus proche des situations sociales
? Entretien avec Claire Zalc sur l’histoire récente de la Shoah »

Claudine Vidal, « Enquêtes au Rwanda. Questions de recherche sur le
génocide tutsi »

Dimitri Chavaroche & André Loez, « “L’opération a été bien menée
et vigoureusement exécutée”. Un compte-rendu de coup de main à
l’été 1916 »

Nicolas Mariot, « Comment faire une histoire populaire des tranchées ? »

La leçon des choses : « Le traité de non-protestation nucléaire », par Susan Watkins

Pour s’abonner à la revue Agone

vendredi 15 novembre 2013

écouter: Margaret Maruani, Travail et genre dans le monde, l'état des savoir

écouter:
Margaret Maruani 1/4, Travail et genre dans le monde, l'état des savoir
Les Carnets de l'économie par Vincent Lemerre, 11.11.2013
Margaret Maruani 2/4, Travail et genre dans le monde, l'état des savoir
Les Carnets de l'économie par Vincent Lemerre, 12.11.2013
Margaret Maruani 3/4, Travail et genre dans le monde, l'état des savoir
Les Carnets de l'économie par Vincent Lemerre, 13.11.2013
Margaret Maruani 4/4, Travail et genre dans le monde, l'état des savoir
Les Carnets de l'économie par Vincent Lemerre, 14.11.2013
Travail et genre dans le monde
L'état des savoir 
Sous la direction de Margaret Maruani
La Découverte
2013

Présentation de l'éditeur
Depuis les années 1980, comment a évolué la place des hommes et des femmes dans le monde du travail en Europe, aux États-Unis, en Chine, au Japon, en Amérique latine, en Afrique, en Inde, au Maghreb et au Moyen-Orient ? Peut-on comparer, du point de vue du travail, de l'emploi, du chômage, de la formation, des régions du monde dont les histoires, les cultures et les niveaux de développement sont aussi contrastés ? Mettre en perspective ce qui semble incomparable : tel est le défi que relève cet ouvrage collectif.
Il établit un bilan de ces situations, ainsi qu'un repérage des enjeux et des débats contemporains. À côté des sujets récurrents et nécessaires - écarts de salaire, évolution des métiers, conditions de travail, chômage -, il traite aussi des migrations, de la mondialisation des emplois, de la protection sociale, du harcèlement, des formes de mobilisation, des nouvelles technologies, de la prostitution, etc. Cet ouvrage révèle le poids central du travail dans l'évolution des rapports sociaux de sexe et dans les processus d'émancipation des femmes. Car la question du travail n'est pas un simple domaine des études de genre : c'est une clé pour comprendre la place des femmes et des hommes dans la société.
Réunissant les contributions d'une cinquantaine d'auteur-e-s du monde entier et de plusieurs disciplines, ce livre est un outil de synthèse sans équivalent, ouvert et accessible, qui témoigne de l'internationalisation des débats sur les questions du genre. En dépit de la diversité des thèmes traités, des aires géographiques parcourues et des époques traversées, un leitmotiv chemine dans ces pages : dans le monde du travail, les femmes sont partout, l'égalité nulle part.
Margaret Maruani est sociologue, directrice de recherche au CNRS, rattachée au Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS/CNRS/Université Paris-Descartes). Elle dirige le réseau de recherche international et pluridisciplinaire « Marché du travail et Genre » (MAGE) qu’elle a créé en 1995, ainsi que la revue Travail, genre et sociétés. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages, dont avec Monique Meron, Un siècle de travail des femmes en France (La Découverte, 2012).

samedi 20 octobre 2012

Sociétés contemporaines 87, 2012. Déni de travail. L'invisibilisation du travail aujourd'hui (HORS DOSSIER, Rémi Lenoir, L'ÉTAT SELON PIERRE BOURDIEU)

Sociétés contemporaines 87, 2012
Déni de travail. L'invisibilisation du travail aujourd'hui
 
Le dossier de ce numéro prolonge les analyses féministes sur le travail invisible en s'intéressant, au-delà du travail domestique, aux processus d'invisibilisation du travail en cours dans différents espaces sociaux, pour certains relativement nouveaux. L’article de Fabrice Guilbaud et celui de John Krinsky et Maud Simonet portent, respectivement, sur les mécanismes de déni du travail effectué par les détenu(e)s et par les bénévoles et les allocataires de l’aide sociale dans les parcs de New York. A contrario, le texte de Dominique Vidal et Isabel Georges et celui de Romain Pudal examinent les phénomènes récents de visibilisation, sur les plans juridique et social, de catégories de travailleurs jusque-là non reconnus comme tels : les « nounous » et travailleuses sociales au Brésil et les pompiers volontaires en France. Si ce dossier souligne les limites et les résistances, à la fois objectives et subjectives, à la visibilisation, il permet d’approfondir deux questions : celle de l’extension du domaine de l’invisible de l’espace domestique à celui de l’espace public et celle des liens entre rapports sociaux et formes d’invisibilisation du travail.
 

SOMMAIRE

Dossier : Déni de travail. l'invisibilisation du travail aujourd'hui

Page 5 à 23
John Krinsky et Maud Simonet   Déni de travail : l'invisibilisation du travail aujourd'hui Introduction Introduction

Page 25 à 47
Isabel Georges et Dominique Vidal   La formalisation de l'emploi à l'épreuve du travail invisible Deux cas de figure de travailleuses de service au Brésil

Page 49 à 74
John Krinsky et Maud Simonet   La servitude et le volontaire : les usages politiques du travail invisible dans les parcs de la ville de New York

Page 75 à 97
Romain Pudal   Travailleurs inachevés et syndicalisation paradoxale : ce que nous apprend le cas des pompiers volontaires

Page 99 à 121
Fabrice Guilbaud   Contester et subir : formes et fondements de la critique sociale des travailleurs détenus

Hors dossier

Page 123 à 154
Rémi Lenoir   L'État selon Pierre Bourdieu

Page 155 à 173
Thomas Alam et al.   Science de la science de l'État : la perturbation du chercheur embarqué comme impensé épistémologique
Résumé ]