« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 15 décembre 2015

en ligne: Savoir/agir n°30, Prendre le foot au sérieux


Savoir/agir n°30, Prendre le foot au sérieux
éd du Croquant
2015
Bulletin d'abonnement

Éditorial

Réformes structurelles, par Frédéric Lebaron

Dossier

Prendre le foot au sérieux, dossier coordonné par Stéphane Beaud
Présentation du dossier, par Stéphane Beaud ;
La coupe du monde vue d’un bar, d’une librairie et d’un marché parisiens. Les usages différenciés du match de football, par Valérie Asensi ;
Quand on « parle foot » à Sciences-Po. Notes ethnographiques sur le Mondial 2014, par Marie Lefebvre ;
Un match des Éléphants dans une famille ivoirienne de footballeurs. Supporter le fils aîné à distance, par Cyril Nazareth ;
Le « supporter de l’Algérie » et ses doubles. Enjeux locaux de la Coupe du monde à Roubaix, par Rafaël Cos Julien Talpin ;
Les Italiens de Paris et la squadra azura. Variations dans le jeu des identifications, nationale ou territoriale, par Angelo Moro ;
Football : « Savoir prendre » les joueurs de cité et les amener au haut niveau, entretien avec Alain Pascalou, éducateur sportif.

Grand entretien

Je n’ai pas de mot. Je gribouille, entretien avec Pierre Bergounioux. Propos recueillis par Gérard Mauger et Louis Pinto

Chronique de la gauche de la gauche

Front de gauche. État des lieux, par Louis Weber

Rhétorique réactionnaire

Vous avez dit socialistes ?, par Gérard Mauger

Chronique d’Outre-Manche

Un vote sans lendemain ? Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse par Keith Dixon

Politiques d’ailleurs

L’indépendance du Kurdistan est-elle possible ?, Adel Bakawan,

Médias

Le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences, par Henri Maler (Acrimed)

Culture

Un cas de conversion. À propos de Édouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, par Gérard Mauger


(source: Savoir/agir)

lundi 22 juin 2015

en ligne: Savoir/agir n°29, Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes

en ligne: Savoir/agir n°29, Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes
éditions du Croquant, 2014
S’abonner

Sommaire

Éditorial, par Frédéric Lebaron

Dossier : Austère Université. Faux diagnostics pour vraies réformes
Présentation du dossier, par Romuald Bodin et Sophie Orange
De l’autonomie à la mise sous tutelle ? Contraintes budgétaires et stratégies gestionnaires des universités, par Odile Henry et Jérémy Sinigaglia
Folle rationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche. Universitaires en danger par Fanny Darbus et Fanny Jedlicki
Le rôle des palmarès et classements, ou comment les étudiant.e.s en Licence 3 de Gestion à Paris-Dauphine évaluent leur formation par Séverine Chauvel et Pierre Clément
Une hausse des frais d’inscription en France est-elle inéluctable ou même simplement souhaitable ?par Léonard Moulin
La résistible ascension de la gestion universitaire et la transformation de la culture académique par Brice Le Gall
L’essor des écoles supérieures de commerce, cas d’école de la privatisation de l’enseignement supérieur en France ? par Marianne Blanchard
La « réussite pour tous » passe-t-elle par la « professionnalisation » de l’enseignement supérieur ?par Vanessa Pinto

Grand entretien avec Lyonel Trouillot Haïti, une occupation molle

Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche. Refondation ? Relance ? par Louis Weber

La rhétorique réactionnaire
Sur l’origine et les fondements de l’inégalité, par Gérard Mauger

Médias
Front national : indignations sélectives et banalisation effective, par Henri Maler et Julien Salingue

Chronique d’outre-Manche
Les écrivains écossais et la question de l’indépendance, par Keith Dixon


 (source: Savoir/agir)

vendredi 24 avril 2015

Extraits: Contributions à la Journée de la critique des médias. La question des médias, c’est notre affaire ! Organisée par Acrimed, 31.01.2015


Extraits: Contributions à la Journée de la critique des médias. La question des médias, c’est notre affaire !
Organisée par Acrimed
31.01.2015


Extraits de la Table ronde  Des informations aux yeux bandés ? L’information c’est notre affaire !
avec également Aurélie Trouvé (Attac), Agnès Rousseaux (Bastamag )
Laurence Blisson (Secrétaire générale du Syndicat de la magistrature), "Que fait la Justice ?" La construction d’un discours médiatique
Nathalie Bonnet (Sud Rail), Quels rapports des syndicalistes avec les médias ?

  • extraits d’«Opération Correa », de Pierre Carles (avec la collaboration de Nina Faure et Aurore Van Opstal)

Extrait de la Table ronde Des journalistes sous contraintes  avec également Dominique Guibert (Ligue des droits de l’homme), Dominique Pradalié (SNJ) et Emmanuel Vire (SNJ-CGT).
Mathias Reymond (Acrimed), De la responsabilité des journalistes

Des médias sous emprise? Transformer les médias, c'est notre affaire!
Serge Halimi, À quoi sert la critique des médias ?
Henri Maler, Nous avons des propositions avec l'audio




(source: Acrimed)

mardi 20 janvier 2015

Savoir/agir n°30, Prendre le foot au sérieux


Savoir/agir n°30, Prendre le foot au sérieux
éd du Croquant
2015
Bulletin d'abonnement

Présentation de l'éditeur
Ce dossier « Football » est constitué d’articles écrits à partir d’enquêtes et de témoignages recueillis pendant la retransmission des matchs de la dernière Coupe du monde au Brésil. L’objectif est d’éclairer ce phénomène social de grande ampleur que constitue aujourd’hui la coupe du monde. Il s’agit aussi d’un (petit) combat mené, avec d’autres, dans le monde des sciences sociales où le « foot » reste un objet peu légitime. Oser parler football de manière sérieuse, voire académique, c’est presque toujours, pour les défenseurs de la « vraie » légitimité culturelle, une « faute de goût ». Or contre tous les tenants les plus orthodoxes de la légitimité culturelle, il faut dire et redire que les pratiquants et amateurs de football « n’ont pas plus de raisons que les autres agents sociaux d’être considérés (et traités) comme des idiots culturels, incapables de distance critique sur leur pratique, sur le monde qui les entoure et que leur engouement emprisonnerait dans l’illusion ». Il nous semble même que les sciences sociales doivent s’emparer plus que jamais de cet objet pour rétablir un peu plus d’objectivité dans le traitement de l’actualité sportive et surtout pour contester ou contrer les discours et commentaires des journalistes ou consultants qui, sous couvert de neutralité sportive, effectuent souvent un véritable « travail idéologique » visant, par exemple, à disqualifier et stigmatiser les joueurs de banlieue et contestant de fait le poids et la place des « Noirs » et des « Arabes » dans le football professionnel français d’aujourd’hui.
L’objet de ce dossier est de donner une vision plus équilibrée de ce que représente le football aujourd’hui en France, certes « foot business » et même « opium du peuple », mais aussi occasion d’événements sociaux qui intéressent une fraction importante de la population, notamment mais pas seulement dans les milieux populaires.

Éditorial

Réformes structurelles, par Frédéric Lebaron

Dossier

Prendre le foot au sérieux, dossier coordonné par Stéphane Beaud
Présentation du dossier, par Stéphane Beaud
La coupe du monde vue d’un bar, d’une librairie et d’un marché parisiens. Les usages différenciés du match de football, par Valérie Asensi
Quand on « parle foot » à Sciences-Po. Notes ethnographiques sur le Mondial 2014, par Marie Lefebvre
Un match des Éléphants dans une famille ivoirienne de footballeurs. Supporter le fils aîné à distance, par Cyril Nazareth
Le « supporter de l’Algérie » et ses doubles. Enjeux locaux de la Coupe du monde à Roubaix, par Rafaël Cos et Julien Talpin
Les Italiens de Paris et la squadra azura. Variations dans le jeu des identifications, nationale ou territoriale, par Angelo Moro
Football : « Savoir prendre » les joueurs de cité et les amener au haut niveau, entretien avec Alain Pascalou, éducateur sportif.

Grand entretien

Je n’ai pas de mot. Je gribouille, entretien avec Pierre Bourguignon. Propos recueillis par Gérard Mauger et Louis Pinto

Chronique de la gauche de la gauche

Front de gauche. État des lieux, par Louis Weber

Rhétorique réactionnaire

Vous avez dit socialistes ?, par Gérard Mauger

Chronique d’Outre-Manche

Un vote sans lendemain ? Le référendum sur l’indépendance de l’Écosse par Keith Dixon

Politiques d’ailleurs

L’indépendance du Kurdistan est-elle possible ?, Adel Bakawan,

Médias

Le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences, par Henri Maler (Acrimed)

Culture

Un cas de conversion. À propos de Édouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, par Gérard Mauger

lundi 20 octobre 2014

Savoir/agir n°29, Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes

Savoir/agir n°29
Austère université. Faux diagnostics pour vraies réformes
éditions du Croquant
2014
Présentation de l'éditeur
Ecrire, ou simplement prendre position, au sujet des universités n’est pas sans poser de nombreuses difficultés. L’éducation fait partie de ces objets de discussion sur lesquels tout le monde a un avis ou, mieux, se doit d’en avoir un. Qu’il s’agisse du supérieur ou des autres niveaux de l’éducation nationale, les publications scientifiques, les commentaires médiatiques et les jugements les plus divers se suivent année après année, avec la même régularité et la même intensité. Les fonctions d’encadrement de la jeunesse, de reproduction et de légitimation des hiérarchies remplies par l’enseignement expliquent sans doute cette logorrhée collective et le caractère particulièrement tranché des prises de positions qui la constituent, mais aussi l’inquiétude et le pessimisme qui semblent généralement les animer. Il y a de ce point de vue une forte proximité entre ces dernières et les discours sur la famille, le mariage, les valeurs ou encore l’immigration. Ecrire sur l’enseignement supérieur c’est donc de fait s’inscrire dans un espace discursif saturé et déjà fortement structuré, où la rhétorique de la crise, du déclin, de la dégradation, tient une place centrale. Or, le discours de la « crise de l’université » est un élément clé de la rhétorique réformiste qui tend à remettre en question aujourd’hui la mission de service public de formation et de diffusion des connaissances scientifiques au plus grand nombre qui est celle des universités.

Sommaire

Éditorial, par Frédéric Lebaron
Dossier : Austère Université. Faux diagnostics pour vraies réformes
Présentation du dossier, par Romuald Bodin et Sophie Orange
De l’autonomie à la mise sous tutelle ? Contraintes budgétaires et stratégies gestionnaires des universités, par Odile Henry et Jérémy Sinigaglia
Folle rationalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Universitaires en danger par Fanny Darbus et Fanny Jedlicki
Le rôle des palmarès et classements, ou comment les étudiant.e.s en Licence 3 de Gestion à Paris-Dauphine évaluent leur formation par Séverine Chauvel et Pierre Clément
Une hausse des frais d’inscription en France est-elle inéluctable ou même simplement souhaitable ? par Léonard Moulin
La résistible ascension de la gestion universitaire et la transformation de la culture académique par Brice Le Gall
L’essor des écoles supérieures de commerce, cas d’école de la privatisation de l’enseignement supérieur en France ? par Marianne Blanchard
La « réussite pour tous » passe-t-elle par la « professionnalisation » de l’enseignement supérieur ? par Vanessa Pinto
Grand entretien avec Lyonel Trouillot
Haïti, une occupation molle
Chronique de la gauche de gauche 
Front de gauche. Refondation ? Relance ? par Louis Weber
La rhétorique réactionnaire 
Sur l’origine et les fondements de l’inégalité, par Gérard Mauger
Médias 
Front national : indignations sélectives et banalisation effective, par Henri Maler et Julien Salingue
Chronique d’outre-Manche 
Les écrivains écossais et la question de l’indépendance, par Keith Dixon
 

vendredi 10 octobre 2014

L’opinion, ça se travaille... Les médias et les « guerres justes », de Serge Halimi, Henri Maler, Mathias Reymond et Dominique Vidal (Nouvelle édition, revue et augmentée)


L’opinion, ça se travaille... 
Les médias et les « guerres justes »
Serge Halimi, Henri Maler, Mathias Reymond et Dominique Vidal
(Nouvelle édition, revue et augmentée)
Agone
2014

Présentation de l'éditeur
Quand le général Lévy sonne l’alarme, les petits soldats du journalisme sont au garde à vous. Carl Meeus laisse même entendre, non sans fierté, qu’il faisait partie du plan de communication du philosophe : « [Bernard-Henri Lévy] mobilise ses réseaux intellectuels en France et voit Daniel Cohn-Bendit au Flore pour qu’il fasse de même avec ses amis allemands. […] Depuis l’Hôtel Raphaël où il loge, BHL organise une rencontre entre des représentants du CNT, Ali Zeidan et Mansour Saif al-Nasr, et des leaders d’opinion français parmi lesquels André Glucksmann, Harlem Désir, Bernard Kouchner, Pierre Bergé et Laurent Joffrin. » Dans Le Point, BHL est présenté comme « l’autre ministre des Affaires étrangères », où le chroniqueur maison voit son arrivée en Libye décrite avec un comique peut-être involontaire : « Il marche en équilibre sur des gravats, console une femme éplorée, interpelle des jeunes garçons… » Dans Le Figaro Magazine, les échanges profonds entre le président et l’envoyé de la République furent retranscrits à la lettre : « BHL réussit enfin à joindre Sarkozy. Il lui raconte la Libye, le chaos, mais aussi l’espoir et la réunion du CNT. “Ce sont les Massoud libyens, crois-moi. Si tu les reçois, c’est un acte politique majeur », s’enflamme le philosophe – qui ne fut pas le seul à s’enflammer…
« On a tiré toutes les ­leçons de nos erreurs passées » et « traitement exemplaire » constituent les ­formules sous lesquelles les médias travestissent leur travail en temps de guerre.
Pourtant, d’un conflit à l’autre, dans une ambiance rédactionnelle où dominent les va-t-en-guerre et le simplisme des analyses binaires, le parallélisme des expressions laisse ­songeur. Des raisons humanitaires accompagnent toutes les politiques d’intervention, missile au poing. Et l’absence d’informations fiables n’empêche pas la machine médiatique de tourner à plein régime.
Exemples à l’appui, du Kosovo à la Libye, ce livre rappelle comment les médias ont broyé l’information du public tout au long des vingt-cinq dernières années – et continuent de le faire. Ce qu’il décrit, loin de constituer une ­collection d’exceptions, est devenu la règle ; pas un dérapage, la norme.
Serge Halimi est Journaliste et historien, essayiste, spécialiste des médias et d’économie politique, directeur du Monde diplomatique, il est notamment l’auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d’agir, 1997, 2005).
Philosophe, Henri Maler anime le site de critique des médias Acrimed
Économiste, Mathias Reymond anime le site de critique des médias Acrimed. Il est également co-auteur de Les éditocrates – Ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi (La Découverte, 2009) et Tous les médias sont-ils de droite ? (Syllepse, 2008).
Dominique Vidal est rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique. Il est notamment l’auteur de Les 100 Clés du Proche-Orient (avec Alain Gresh), et Les historiens allemands relisent la Shoah( Complexe 2002).

vendredi 21 mars 2014

en ligne: Agone 47, Les théories du complot



Agone 47
Les théories du complot
Agone
2012

Sous la direction de Miguel Chueca

vendredi 23 novembre 2012

écouter: La liberté d'expression, une utopie ? avec Henri Maler, René Naba, Christine Coste


La liberté d'expression, une utopie ? Invités : Henri Maler (Acrimed), René Naba (Journaliste indépendant), Christine Coste (journaliste)
Aligre FM 30 ans - MDE - TABLE RONDE 2, 27 octobre 2012

mercredi 8 février 2012

2012 : les sociologues s’invitent dans le débat



2012 : les sociologues s’invitent dans le débat
Textes rassemblés par Louis Pinto
éditions du Croquant
2012

Présentation de l'éditeur
L’expérience de la collection savoir/agir révèle la richesse et l’originalité des analyses proposées par des intellectuels critiques. Or ceux-ci, plus familiers avec la description et l’explication du réel qu’avec l’élaboration de programmes, ne sont pas à l’aise dans une conjoncture électorale. Mais, précisément pour cette raison, ils ne sont pas nécessairement mal placés pour faire ce qu’eux seuls sont en mesure de faire. À savoir d’une part, étblir un diagnostic synthétique de l’état des choses dans un domaine de leur compétence ; d’autre part, énumérer un certain nombre de points qui leur semblent décisifs pour ce que pourrait être une politique de gauche.
L’exercice de militantisme intellectuel proposé ici a quelque chose de paradoxal. Alors que la gauche de gauche se voit d’ordinaire associée à des idées dites maximalistes, il s’agit de favoriser, sur des points précis, la formulation de principes d’action en deçà desquels une gauche digne de ce nom ne pourrait que se déjuger : non pas placer la barre très haut, la placer plutôt au minimum, un minimum qui pourrait aussi être l’essentiel, bref ce qui ne saurait être escamoté.
L’urgence semble aujourd’hui de montrer qu’autre chose est possible, réalisable, en refusant à la fois la capitulation social-démocrate devant la loi d’airain du capitalisme financier et le délire incantatoire du discours « anticapitaliste ». Le « réalisme utopique » dont parlait Bourdieu ne se distingue ni par les fausses précisions du discours d’expert ni par des proclamations grandioses mais vagues : il consiste à chercher les points précis où peut se faire un basculement des rapports de force en faveur de la justice sociale, de la démocratie et de la maîtrise collective du futur. Être « radical » consiste à être simplement conséquent : c’est, après avoir pris connaissance des questions posées, chercher des réponses qui pourraient être à la hauteur de ces questions. En matière d’environnement ou de marché financier, la réalité se charge de montrer que des idées autrefois considérées comme radicales, et donc exclues de l’horizon du pensable, ne sont pas aussi extravagantes qu’on avait bien voulu le dire.
Table des matières
Aller à l’essentiel
Louis Pinto
Sortir du capitalisme financier, étape nécessaire, mais non suffisante d’une alternative globale
Frédéric Lebaron
La crise est là
Le capitalisme financier reste dominant
Ordre et désordre néolibéraux
Quelles réponses ?
Réduire fortement et structurellement les inégalités de revenus et de patrimoines
Anéantir la spéculation financière
Faire du système bancaire un instrument au service d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux
Développer des mécanismes de solidarités
Remobiliser électoralement les milieux populaires
Céline Braconnier
Reconstruire l’électorat populaire
Ce qui peut faire voter malgré le désenchantement
Une démocratie sociale apportant plus de pouvoir aux salariés
Sophie Béroud et Karel Yon
Un remède à la crise ?
Des syndicats plus « légitimes » pour négocier dans l’entreprise
Démocratie sociale ou fétichisme de la négociation ?
Vers de véritables points d’appui pour conférer du pouvoir aux salariés
Pour une réappropriation collective de la démocratie locale
Michel Koebel
Comment contrecarrer ces tendances ?
La désocialisation de la santé
Frédéric Pierru
Le dilemme électoral du candidat Sarkozy
La privatisation progressive du financement des soins courants
La révolution conservatrice de la médecine libérale
Les cliniques au secours de la Sécu…
Une santé de moins en moins publique
Le remède : reconstruire les quatre services publics constitutifs du système de santé égalitaire et solidaire
« Délinquance zéro »
Gérard Mauger
« Angélisme » – « Réalisme » ?
Sociogenèse des pratiques délinquantes ordinaires
Le répertoire des « politiques de sécurité »
Pour une « politique de gauche » face à la délinquance
Une autre justice
Laurent Willemez
La justice : fonction symbolique, fonction répressive
L’offensive contre le pouvoir judiciaire et les magistrats
L’affaiblissement de la fonction judiciaire par la RGPP
Une « autre justice » ?
Remettre les droits des étrangers au centre des politiques d’immigration
Emmanuel Blanchard et Alexis Spire
Défendre le droit à quitter son pays
Pour une régulation démocratique des mouvements migratoires
Construire une politique de l’hospitalité
Développer la sécurité et la stabilité juridique des règles d’entrée et de séjour
Un chômage contre les chômeurs ?
Emmanuel Pierru
Le poids du stigmate
La peau de chagrin des droits des chômeurs
Une assurance chômage qui assure de moins en moins
La paupérisation des chômeurs
Accompagnement ou contrôle renforcé des chômeurs ? La création de Pôle Emploi
Les laissés pour compte de la formation professionnelle continue
En guise de conclusion : réconcilier les chômeurs avec les syndicats et la gauche ?
L’école pour tous, enfin !
Bertrand Geay
Le bilan contrasté de « l’école unique »
L’incohérence du curriculum
La dialectique des ségrégations et de la concurrence
Une entreprise de déprofessionnalisation
Cinq propositions
Université : contre la bureaucratie de marché
Bertrand Geay, Samuel Bouron et Pierre Clément
Le marché à marche forcée
L’anomie bureaucratique
Quelques mesures d’urgence pour en sortir
Une recherche résolument publique et vraiment autonome
Louis Pinto
Gouvernance des personnels
Gouvernance de l’évaluation
Gouvernance de la recherche
Propositions
Transformer les médias
Henri Maler
Éléments de diagnostic
Quelques cibles
Constituer et constitutionnaliser un Conseil national des médias
Contrecarrer la concentration et la financiarisation des médias
Constituer un service public de l’information et de la culture
Garantir les droits des journalistes, des créateurs et des usagers
Affranchir les sondages politiques de l’emprise du marché
Rémy Caveng
Les sondages : un marché ; les sondeurs : des marchands
Une économie de la précarité
Que faire des sondages politiques ?

jeudi 26 janvier 2012

revue Agone 47, Les théories du complot

Agone 47

Agone 47
Les théories du complot
Coordination Miguel Chueca
Agone
2012


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SOMMAIRE
Éditorial : De quelques idées reçues sur les « théories du complot » et de quelques arguments pour y objecter, Miguel Chueca
Une superstition moderne : la fausseté en soi des théories de la conspiration, Charles Pigden
L’Histoire, comme nous la connaissons d’après des documents originaux et telle qu’elle fut établie par les meilleurs historiens, est tissée de conspirations. Si, comme le veut la superstition moderne, les théories de la conspiration sont par nature folles, suspectes ou invraisemblables, alors l’histoire telle que nous la connaissons est un ramassis de non-sens – ce qui est fou, suspect et invraisemblable. La majeure partie de ce que nous croyons savoir de l’histoire de l’Angleterre, comme d’autres pays, serait systématiquement trop entachée de conspirations pour inspirer la confiance. Mais l’histoire n’est pas un amas de non-sens – de manière générale, elle n’est pas non plus folle, suspecte ou invraisemblable. Par conséquent, cette superstition moderne n’est qu’une superstition et il n’y a rien de fou, suspect ou invraisemblable dans la nature même des théories de la conspiration – bien qu’évidemment, certaines d’entre elles soient folles, suspectes ou invraisemblables.
Conspirations ou institutions ? Le 11-Septembre et au-delà, Michael Albert et Stephen Shalom
Une fois qu’on pénètre sur le terrain des adeptes des théories du complot, on est sur une sorte de pente savonneuse puisque qu’aucune des contre-preuves avancées ne sera jamais suffisante et que chaque information pourra être réinterprétée au moyen de nouvelles affirmations. On raconte une histoire (apocryphe) à propos d’une conférence donnée par Bertrand Russell. Une fois celle-ci terminée, une vieille dame se lève et dit : « Vous avez dit un tas de choses justes, mais sur l’univers, vous êtes à côté de la plaque. En fait, tout ce que nous voyons se trouve sur le dos d’une tortue géante. » Russell demande à son tour : « D’accord, mais sur quoi repose la tortue ? » Et la vieille dame de rétorquer : « Mais sur une autre tortue, plus grande que la première. » Russell demande alors sur quoi repose cette autre tortue et la dame de répondre : « Il n’y a que des tortues, du haut en bas. »
Les théories du complot fonctionnent souvent sur ce même modèle. Si une première affirmation ne marche pas, ça n’a pas d’importance : il suffit d’en fabriquer une autre.
À l’époque de l’irrationalité. Les conspirationnistes du 11-Septembre et le déclin de la gauche américaine, Alexander Cockburn
Ce que Barrett et Collins démontrent brillamment, ce sont les réelles conspirations de la corruption à porter au compte de Giuliani : le favoritisme à l’égard de Motorola qui équipa les pompiers de radios qui ne marchaient pas ; l’habileté de la Port Authority à lésiner sur les mesures de protection contre le feu, cet échec majeur qu’a été l’incapacité à mettre sur pied un commandement d’urgence unifié qui aurait permis aux policiers et aux pompiers de communiquer entre eux ; que de nombreux pompiers n’entrent pas inutilement à l’intérieur des Tours ; et enfin que les opérateurs des urgences ne disent pas aux gens qui se trouvaient dans ces mêmes Tours de rester sur place.
Voilà quel est le monde politique réel, dans lequel Giuliani et compagnie n’ont jamais été tenus pour responsables. Les conspirationnistes méprisent le monde réel parce qu’ils accordent à Bush, Cheney et autres néo-conservateurs un statut si élevé qu’ils en font des sortes d’archidémons de l’histoire des États-Unis, au lieu d’y voir une équipe de plus de gestionnaires de l’Empire, un groupe d’une stupidité et d’une incompétence plutôt supérieures à la moyenne.
L’assassinat de JFK : la phobie de la conspiration à gauche, Michael Parenti
Les gens atteints de la phobie des conspirations aiment à demander : « Pensez-vous vraiment qu’il y ait un groupe de gens assis dans une salle en train de comploter ? » Cette image est tellement absurde qu’elle ne résiste pas à une seconde d’examen. Mais où diable les puissants pourraient-ils se réunir ? Sur les bancs des squares ? Sur les chevaux de bois des manèges ? Non, ils se rencontrent bel et bien dans des salles : dans les salles de réunion des entreprises, du Pentagone, dans les meilleurs restaurants, les plus beaux lieux de villégiature et les plus belles propriétés, dans les grandes salles de conférence de la Maison-Blanche, de la NASA, de la CIA et d’ailleurs. Et en effet, ils y complotent volontairement – même s’ils appellent cela « planifier » et « développer des stratégies » – et ils le font dans un grand secret, résistant de toutes leurs forces aux révélations publiques. Afin de rendre le monde plus sûr pour ceux qui le dominent, les personnalités politiques de la classe des possédants ont créé un système de sûreté nationale qui dépense des milliards de dollars et nécessite le travail d’un grand nombre de personnes.
Les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et les « théories de la conspiration », Miguel Chueca
La remise en cause de la « version officielle » des événements du 11-Mars a suscité l’apparition de trois théories de la conspiration : 1) celle qui, derrière le groupe islamiste de Madrid, voit la main des services secrets marocains ; 2) celle qui postule l’intervention de l’ETA, non plus seule mais de concert avec les islamistes ; 3) celle qui suggère l’intervention de certains secteurs « dévoyés » des services de sécurité espagnols, c’est-à-dire l’équivalent pour l’Espagne de la thèse américaine de l’inside job. Cependant, bien avant de se situer dans les arguments et les procédés dont ont usé leurs porte-parole, la spécificité des « théories alternatives » du 11-Mars doit être cherchée dans la répercussion dont elles ont bénéficié auprès de l’opinion publique, grâce à l’appui de très grands médias comme le quotidien El Mundo et une des principales chaînes de radio du pays, la COPE, propriété de l’épiscopat espagnol.
Le Tea Party : un mouvement protestataire financé par des milliardaires, Pierre Guerlain
Le Tea Party, contrairement à ce que les médias dominants en ont fait, s’inscrit donc dans une longue tradition réactionnaire appelée par commodité, mais de façon problématique, « populiste », qui cherche à annuler toutes les conquêtes sociales du XXe siècle. Sur le plan des théories du complot, il s’inscrit dans la lignée de l’anticommunisme des années 1950, de l’anti-catholicisme du milieu du XIXe siècle, et de l’antimaçonnisme du début du XIXe siècle. Aujourd’hui ce que l’on appelle de façon également problématique l’islamophobie fonctionne comme une théorie du complot, qui est bien souvent une forme de racisme anti-Arabes voire antimusulmans mais n’est pas nécessairement de nature religieuse. L’ennemi mobilisateur officiel est le socialisme imaginaire d’Obama ou sa foi musulmane également fantaisiste. La contestation s’organise, sur le plan rhétorique, autour de l’impôt et du déficit budgétaire des États-Unis qui serait responsable des difficultés de la classe moyenne.
Usages médiatiques d’une critique « savante » de « la théorie du complot », Henri Maler et Patrick Champagne
Une critique sérieuse, c’est-à-dire argumentée et reposant sur des faits précis, se doit d’enquêter, de citer les déclarations et les commentaires de journalistes à l’appui des analyses, de compter les invitations dans les émissions, de mettre en évidence les échanges de services et les connivences, bref de faire apparaître des relations objectives à partir de la désignation de personnes qui ne cultivent guère leur anonymat et qui ne peuvent pas être dégagées de toute responsabilité individuelle. Dans cet univers social (comme dans tout autre), les relations objectives que l’on cherche à mettre en évidence passent en grande partie par des relations interpersonnelles qu’il n’y aurait aucun sens à passer sous silence. On comprend dès lors pourquoi la dénonciation de la « théorie du complot » trouve un écho favorable, notamment chez ceux qui occupent une position éminente dans les médias : elle permet de disqualifier toute analyse qui les désigne nommément et de se débarrasser à peu de frais de toute critique effective des médias.
HISTOIRE RADICALE
Le chemin de la vérité. André Prudhommeaux, l’incendie du Reichstag et la défense de Marinus Van der Lubbe, Charles Jacquier

jeudi 12 janvier 2012

video: Le journalisme scientifique est-il possible ?



« Jeudi d’Acrimed », 8 décembre 2011



voir la video 

 Introduction d’Henri Maler (Acrimed), interventions de David Larousserie et Sylvestre Huet, questions/discussion

mercredi 29 septembre 2010

audio: Vincent Goulet, Médias & classes populaires + entretiens

écouter Vincent Goulet, émission Infos Médias, Danièle Ohayon - 22 septembre 2010

entretiens:
Vincent Goulet, par alice coffin, 20 minutes.fr, 14 septembre 2010.

Vincent Goulet, Par yannick delneste, Sud Ouest, 29 septembre 2010

Lire : Médias et classes populaires, de Vincent Goulet par Henri Maler, Acrimed, 29 novembre 2010



Médias & classes populaires
les usages ordinaires des informations

Vincent Goulet
préface Patrick Champagne
Collection : Médias essais
INA
2010













Présentation de l'éditeur
Finalement, à quoi servent les informations ? Qu’est-ce qui nous pousse, chaque matin, à allumer la radio ou la télévision pour savoir « ce qui s’est passé » durant la nuit ?
Pour répondre à ces questions, l’auteur a mené une enquête auprès des « gens ordinaires » d’un grand ensemble HLM de la banlieue bordelaise. A travers des observations et des entretiens, il dresse le portrait des rapports intimes que les gens des milieux populaires tissent avec les informations.
Les actualités ne servent pas seulement à forger son opinion de citoyen ou à justifier ses prises de position politique, loin s’en faut. Il s’agit aussi de gérer son angoisse devant les aléas d’une existence précaire, de trouver sa place dans la hiérarchie sociale et de rendre supportable sa condition de dominé, gérer sa vie conjugale et amicale, transmettre des valeurs et des visions du monde à ses enfants. Prendre au sérieux l’intérêt manifesté pour les faits divers, le sport, les pages people mais aussi pour certains problèmes économiques et sociaux, permet de mieux saisir toutes les fonctions sociales des actualités. À travers les commentaires qui en sont faits dans les espaces publics ou dans la sphère privée, il apparaît que les rapports de classes s’expriment de façon aiguë, avec une attention toute particulière aux questions de justice et d’équité.
Contribution à la connaissance des classes populaires contemporaines et à leurs formes spécifiques de compétence politique, ce livre suggère la diversité des usages que chacun peut faire, quel que soit son milieu social, de ces biens culturels particuliers que sont les informations.

Après avoir été monteur à la télévision (journal télévisé d’Arte, magazines pour France 5), Vincent Goulet est enseignant-chercheur à l’université de Nancy 2 (département d’information-communication) et membre du Centre de Recherche sur les Médiations (CREM). Il a obtenu a pour sa thèse de sociologie dont est issu cet ouvrage le Prix de la recherche 2009 de l’Inathèque de France.