« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 9 février 2018

vidéos: Les Économistes atterrés présentent La Monnaie. Un enjeu politique







Les Économistes atterrés
Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Jonathan Marie, Dominique Plihon et Jean-François Ponsot
La Monnaie  
Un enjeu politique 
Seuil
Points Economie
2018

Présentation de l'éditeur
Organisé comme un manuel classique, cet ouvrage aborde successivement les fonctions de la monnaie, les mécanismes de la création monétaire, les principales théories, la conduite de la politique monétaire par les banques centrales, la régulation du système et des pratiques bancaires, le système monétaire international. Mais c’est le premier d’un genre nouveau, puisqu’il assume une approche critique de l’enseignement abstrait et néolibéral de ces questions, qui domine aujourd’hui les facultés. Ce manuel s’inscrit dans le sillage de Marx, Mauss, Keynes et Polanyi. Au-delà de la « technique » (au demeurant présentée avec pédagogie), il montre comment la monnaie est au cœur des des crises récurrentes du capitalisme. Il invite ainsi les citoyens à s'emparer des questions monétaires.
Les Économistes atterrés
Ils s’opposent au diktat de l’économie néolibérale à l’œuvre aujourd’hui et éclairent le débat public sur la possibilité et la nécessité d’autres politiques. Leur Manifeste publié en 2010 (Les Liens qui libèrent) a rencontré un grand succès en France et à l’international.


lundi 18 septembre 2017

En quête d'alternatives, L'état du monde 2018, Sous la direction de Bertrand Badie et Dominique Vidal


En quête d'alternatives  
L'état du monde 2018
Sous la direction de 
Bertrand BADIE et Dominique VIDAL
La Découverte
État du Monde
2017 

Présentation de l'éditeur
L’approfondissement de la crise des systèmes politiques, économiques et sociaux pose avec plus de force la question de l’alternative. Si celle-ci suscite de grandes attentes, elle se heurte à de puissants blocages. Aspirations et déceptions se renforcent réciproquement, au point de donner au phénomène un accent dramatique, dont la vague populiste reste la manifestation essentielle. Cette édition de L’état du monde mobilise des connaissances pluridisciplinaires. L’histoire, l’économie, la sociologie, la science politique, mais aussi le droit, la philosophie et la technologie contribuent en effet à l’intelligence des facteurs de blocage et de leurs conséquences. De même, la crise de l’alternance se retrouve à tous les échelons : politiques, économiques, sociétaux, culturels, médiatiques… Enfin, la réflexion se veut comparative, pour rendre compte de cette pathologie polymorphe.
Parmi les facteurs et mécanismes générateurs se mêlent ravages de la « pensée unique », poids des structures économiques, effets mécaniques des usures politiques, aveuglement face à la mondialisation, obsessions identitaires, malformations institutionnelles, échec de la gouvernance mondiale. La description des tentatives plus ou moins malheureuses d’alternance (« modèles » communistes, néolibéraux « reliftés », « Printemps » arabe, néonationalismes et néosouverainismes, expériences chinoise, allemande, cubaine, latino-américaines…) révèle la diversité de ces blocages. Des essais de dépassement, encore très fragiles (nouvel internationalisme, mobilisations écologistes ou altermondialistes reconsidérées, perspectives d’alternatives au quotidien, réformes variées…), peuvent-ils néanmoins laisser poindre des lueurs d’espoir ?
Grâce aux chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal, cette édition 2018 oppose l’analyse éclairée au constat fataliste, pour entrevoir l’avenir avec lucidité.

Table
Introduction. Entre aspirations et désenchantement, par Bertrand Badie
I / Les facteurs de blocage
Triomphe de la pensée unique : l’idéologie dominante face aux alternatives, par Frédéric Lebaron
Nécessaire rééquilibrage des flux d’information transnationaux, par Tristan Mattelart
Le conservatisme des classes politiques et des systèmes partisans, par Bruno Cautrès
Les tournants du populisme, par Guy Hermet
Qu’est-ce qui bloque les grandes institutions multilatérales ?, par Delphine Placidi-Frot
Des alternatives manquées : les organisations régionales en crise, par Folashadé Soule-Kohndou
La résistance des élites aux réformes. Le cas des lobbies nucléaire et financier en France, par
Dominique Plihon

Corruption et gouvernance, un enjeu mondial majeur, par Jean Cartier-Bresson
Des multinationales hostiles à toute alternative, par Ivan du Roy
II / De premières expériences fragiles
Le communisme du XXe siècle pèse sur les alternatives contemporaines, par Serge Wolikow
« Printemps arabe » an VI : retour à la « case départ » ?, par François Burgat
Néonationalismes du Nord au Sud : quelques caractéristiques partagées, par
Delphine Allès

Les droites radicales populistes constituent-elles une alternative en Europe ?, par Nonna Mayer
La Chine fait-elle encore figure de modèle ?, par Dominique Bari
La prospérité allemande... et sa face cachée, par Aurélia End
Donald Trump, ou la promesse ambiguë d’un renouveau industriel, par Sylvain Cypel
Amérique latine : le retour du balancier, par Sunniva Labarthe et Marc Saint-Upéry
Une marée populiste ? Retour sur les situations américaine et française, par Vincent Tiberj
Cuba : une révolution plus grande que l’île ?, par Sara Roumette
III / Des perspectives nouvelles ?
Réformer l’architecture internationale, par Dominique Vidal
Une autre social-démocratie est-elle possible ?, par Alain Bergounioux
Quelles alternatives au système électoral ?, par Yves Sintomer
L’émergence d’une nouvelle gauche radicale, par Fabien Escalona
Un populisme de gauche est-il possible ?, par Roger Martelli
Internationalisme et nouvel ordre mondial : faut-il choisir son camp ?, par Alain Gresh
Essor et crises du mouvement altermondialiste, par Catherine Samary
Quelles alternatives écologiques agricoles ?, par Sophie Chapelle
Quelle transition énergétique ?, par Rachel Knaebel
Modes de vie alternatifs et engagement, par Geneviève Pruvost
Qu’est-ce que l’hétérodoxie économique ?, par Robert Boyer
Numérique : entre concentration économique et liberté d’expression, par Hervé Le Crosnier
Les livres de l’année, par Pierre Grosser
Annexes statistiques
Les auteurs



vendredi 27 mars 2015

écouter: Dominique Plihon, présentation de l'ouvrage d'ATTAC & Basta! Le livre noir des banques


écouter: Dominique Plihon, présentation de l'ouvrage d'ATTAC & Basta! Le livre noir des banques
La Grande table (2ème partie) par Caroline Broué, 17.02.2015



ATTAC & Basta!
Le livre noir des banques
Les Liens qui Libèrent
2015

Présentation de l'éditeur
Des centaines de milliards d’euros : c’est ce qu’ont coûté les plans de sauvetage des banques françaises après le quasi-effondrement du système financier mondial en 2008, pris au piège de ses propres folies spéculatives. Indignation de l’opinion, grandes promesses de régulation : on allait voir ce qu’on allait voir pour recadrer une finance devenue « ennemie ».
Six ans plus tard, où en est-on ? Les banques sont-elles redevenues utiles à l’économie et à la société ? C’est tout le contraire ! Elles paient toujours moins d’impôts et favorisent l’évasion fiscale. Elles continuent de spéculer sur les matières premières et financent des projets très polluants. Elles détournent l’épargne d’utilité sociale ainsi que les financements abondants et gratuits reçus de la Banque centrale européenne. Nos banques coûtent très cher à la société et constituent une véritable et dangereuse bombe à retardement. Ce livre révèle le prix exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. Et permet de comprendre comment la finance, et notamment les principales banques françaises, organise cette gigantesque captation de richesse, d'une ampleur inégalée.
Ce livre explique aussi pourquoi les responsables politiques ont accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes. Il montre comment les réformes annoncées ont été réduites à minima. Il retrace l'histoire de conflits d'intérêts et de collusions incroyables, d'une capture idéologique inouïe, de responsables politiques et administratifs sous influence. Une histoire de renoncements, d'aveuglements et de complicités. Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d'une oligarchie bancaire plus que grassement rémunérée, coupable d’un véritable hold-up planétaire… 


jeudi 2 janvier 2014

video: 5 ans après Lehman Brothers, où en est la régulation financière? (Séminaire des Economistes atterrés)


5 ans après Lehman Brothers, où en est la régulation financière? Dans le cadre des Rencontres mensuelles des «atterrés», 5 décembre 2013

Laurent Clerc, directeur de la stabilité financière à la Banque de France, et auparavant directeur des Études Monétaires et Financières (2008-2011) ; adjoint au directeur de la stabilité financière (2008) ; chef du Service d'Études et de Recherche sur la Politique Monétaire (2004-2007) ; économiste à l'OCDE (2003) à la Banque Centrale Européenne (2002) et la Banque d'Angleterre (1999-2000) 
Jean-michel Naulot, 40 ans de carrière dans la banque et membre de l'AMF (Autorité des Marchés Financiers), qui vient de publier "Crise financière : pourquoi les gouvernements ne font rien
Laurence Scialom, professeur à l'Université Paris 10, spécialiste de la régulation bancaire, membre du Directoire d'EconomiX depuis la création du laboratoire, actuellement responsable de l'axe de recherche "Monnaie - Finance - Intermédiation" (MFI) au sein de l'UMR EconomiX 
Esther Jeffers, maître de conférences à Paris 8, spécialiste de l'économie bancaire et financière, membre du CA des "atterrés" et du Conseil scientifique d'Attac animé par Dominique Plihon, professeur et responsable du pôle spécialisé en économie financière à Paris 13, membre du CA des « atterrés » et du Conseil scientifique d'Attac

videos:

Conférence-débat sur la régulation financière 1/5 

Conférence-débat sur la régulation financière 2/5 
 
Conférence-débat sur la régulation financière 3/5 
 
Conférence-débat sur la régulation financière 4/5 
 
Conférence-débat sur la régulation financière 5/5 

lundi 4 mars 2013

video: Economistes Atterrés, La situation actuelle dans l’UE et la zone euro + l’initiative européenne d’économistes progressistes : EURO-PEN

Economistes Atterrés
Conférence-débat sur l’état de l’Europe et nos initiatives 2013
  Paris, 8 février 2013

Avec :
  • Trevor Evans (EuroMémo Group, Allemagne)
  • Henri Houben (Econosphères, Belgique)
  • Anna-Maria Merlo-Poli (Sbilanciamoci!, Italie)
et pour les Economistes Atterrés :
  • Dominique Plihon
  • Henri Sterdyniak
  • Dany Lang
  • et Jean-Marie Harribey (ancien Maître de conférences à Bordeaux IV, membre du Conseil scientifique d’Attac et co-président des Atterrés), qui anime la réunion



1è partie : la situation actuelle dans l’UE et la zone euro
L’Union européenne est confrontée à une crise de plus en plus sévère. L’Euro 2013 offre une analyse critique de l’évolution économique récente en Europe et la nécessité d’une alternative met l’accent sur la politique économique. Les politiques néolibérales adoptées par les autorités européennes et nationales, en réponse à la crise ont aggravé les difficultés sociales et le chômage dans une grande partie de l’Europe. Le protocole d’EuroMémo est prévu comme une contribution à l’élaboration d’initiatives par des mouvements intellectuels et sociaux pour promouvoir une plus grande coordination entre les mouvements au niveau européen et construire une autre Europe qui soit basée sur les principes de la participation démocratique, la justice sociale et la durabilité environnementale.
Vous trouverez le protocole Euro 2013 ici





2è partie : l’initiative européenne d’économistes progressistes : EURO-PEN
Un nouveau réseau a été mis en place pour renforcer l’échange d’analyses et d’informations entre les groupes d’économistes progressistes en Europe. Le réseau européen d’économistes progressistes a été lancé par le Groupe EuroMemorandum, d’Allemagne, les Economistes Atterrés, de France, Sbilanciamoci !, d’Italie, et Another Road for Europe, au Forum de Florence le 9 Novembre to 11 10 +10 2012. Le nouveau réseau est aussi soutenu par Econosphères de Belgique, Econonuestra d’Espagne, le Transnational Institute, le Réseau pour une économie politique critique (plusieurs pays européens), et Transform !(25 organisations européennes de 18 pays)
La première déclaration est disponible en anglais , français , italien et allemand



(source: Economistes Atterrés)

jeudi 1 décembre 2011

video: Économistes atterrés, "Changer d’économie, nos propositions pour 2012"

Réunion publique des Économistes atterrés présentation du nouvel ouvrage "Changer d’économie, nos propositions pour 2012"
mardi 29 novembre 2011, salle Jean Dame, Paris
programme
 
Voir les videos

mercredi 10 novembre 2010

videos: Colloque Economistes atterrés

Samedi 9 octobre
Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques 4 avenue de l’Observatoire, 75006 Paris


Introduction : la démarche des « économistes atterrés » (Philippe Askenazy, CNRS) 

Table Ronde N°1 : « Régulation financière : protéger ou désarmer les marchés ? »
(quelle analyse des initiatives de régulation prises depuis 2008 ? ne visent-elles pas surtout à protéger la finance de ses excès sans remettre en cause son pouvoir ? quelles alternatives proposer ?)
Frédéric Lordon (CNRS)

André Orléan (CNRS, Président de l'Association Française d'Economie Politique)

Dominique Plihon (Université Paris 13)

Nathalie Peré-Marzano (déléguée générale du CRID)

Romain Rancière (Ecole d’Economie de Paris)

Animateur : Bruno Tinel (Université Paris 1)
débat avec la salle
déjeuner

Table Ronde n°2 : « Sortir du piège de la dette et de l’austérité en Europe »
(quelles politiques monétaire et budgétaire, quelle coordination des politiques macroéconomiques...)
Antonella Stirati (Université de Rome)

Till Van Treeck (Institut für Makroökonomie und Konjunkturforschung (IMK), Düsseldorf)

Michel Devoluy (Université de Strasbourg)

Henri Sterdyniak (Observatoire Français des Conjonctures Economiques - OFCE)

Andrew Watt (Institut de Recherche de la Confédération Européenne des Syndicats, Bruxelles)

Pierre Khalfa (Union syndicale Solidaires)

James Galbraith (Université du Texas)

Animatrice : Julie Valentin (Université Paris 1)
débat avec la salle

Table Ronde n°3 : « Croissance, emploi, consommation, écologie, solidarités... : quelle économie pour quelles finalités ? »
(comment les crises, économique, sociale, écologique, géopolitique, obligent-elles à repenser les outils et les finalités de l’économie, à redéfinir le modèle européen de développement ?)
Geneviève Azam (Université Toulouse 2)

Cédric Durand (Université Paris 13)

Nasser Mansouri (CGT)

Sandrine Rousseau (Université Lille 1 et Conseil Régional du Nord Pas de Calais)

Jean-Paul Moatti (Université de la Méditerranée)

Animateur : Christophe Ramaux (Université Paris 1)
débat avec la salle

synthèses et perspectives
Thomas Coutrot (Conseil Scientifique d'Attac)
Dany Lang (Université Paris 13)

Débat avec la salle



Manifeste d'économistes atterrés
Crise et dettes en Europe : 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l'impasse

Philippe Askenazy , Thomas Coutrot , André Orléan , Henri Sterdyniak
Editeur: Les Liens qui libèrent
2010

samedi 17 avril 2010

biblio pour compléter le livre de Laurent Cordonnier, L'économie des Toambapiks

Pour aller plus loin après la lecture du livre de Laurent Cordonnier (L'économie des Toambapiks. Une fable qui n'a rien d'une fiction, Raisons d'Agir, 2010), on peut lire les trois références ci-dessous proposées et présentées par Laurent Cordonnier:


i) Une manière de se mettre vraiment au niveau concernant les idées de Keynes est de lire le recueil de ses essais traduits en français chez Gallimard. Cet ouvrage permet de se familiariser avec la théorie de Keynes, sans affronter directement la /Théorie Générale/ (1936)... sans doute un peu ardue pour des non-économistes. Mais tout y est !


John Maynard Keynes
LA PAUVRETÉ DANS L'ABONDANCE
trad. de l'anglais par Laurent Cordonnier, Thierry Demals, Laurence Duchêne, Henri Philipson, Nicolas Postel et Franck Van de Velde, préface de Jean-Paul Fitoussi et Axel Leijonhufvud
Gallimard, [2002]

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ii) Pour connaître les développements de la pensée keynésienne depuis la publication de la /Théorie Générale/, l'ouvrage de référence est celui de Marc Lavoie, à la Découverte. Ecrit par l'un des meilleurs spécialistes du courant postkeynésien, et l'un de ses contributeurs les plus influent (les postkeynésiens sont les économistes qui ont intégré au coeur de leurs raisonnements le principe de la demande effective formulé par keynes), ce petit livre fait le point de manière fort pédagogique sur les apports de cette théorie à la compréhension du capitalisme contemporain.


Marc LAVOIE
L'économie postkeynésienne
Repères 384
La Découverte
2004









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iii) Pour connaître de manière précise et condensée l'ensemble des transformations institutionnelles qui ont contribué à configurer le capitalisme financiarisé que nous connaissons depuis un quart de siècle, et dont les crises vont crescendo, l'ouvrage incontournable est celui de Dominique Plihon.


Dominique PLIHON
Le nouveau capitalisme
Repères 370
La Découverte
2009









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(Merci à Laurent Cordonnier, G.Q.)

lundi 21 décembre 2009

El Mouhoub MOUHOUD, Dominique PLIHON, Le savoir & la finance. Liaisons dangereuses au cœur du capitalisme contemporain


El Mouhoub MOUHOUD, Dominique PLIHON
Le savoir & la finance.
Liaisons dangereuses au cœur du capitalisme contemporain

La Découverte


Présentation de l'éditeur
Depuis les années 1980, le capitalisme connaît une profonde mutation, attribuée en général à la montée en puissance de la finance, devenue force planétaire, et aux nouvelles technologies, qui ont fait entrer les économies industrielles dans la « société de la connaissance ». Pour beaucoup, ce nouveau capitalisme devait profiter à tous ; une vision optimiste brutalement démentie par la crise de 2007-2008. Car les nouvelles technologies favorisent la circulation des idées et de l’information, mais de manière très inégale selon les pays, contribuant à creuser les écarts. Quant à la finance moderne, si elle facilite le développement d’innovations telles qu’Internet, elle est aussi à l’origine de l’instabilité de nos économies.
Dans cet essai, El Mouhoub Mouhoud et Dominique Plihon montrent ainsi ce que les crises doivent à la contradiction majeure entre le court-termisme des financiers et l’horizon long de l’accumulation des connaissances. Et ils proposent une vision originale du capitalisme mondialisé : loin d’un « monde plat » mettant en relation les territoires et les travailleurs grâce aux nouvelles technologies de l’information, ce dernier se caractérise toujours plus par l’accaparement des connaissances et des ressources au profit d’une minorité de pays et d’acteurs – notamment lié aux dérives des droits de propriété intellectuelle. D’où un appauvrissement paradoxal des connaissances et de leur diffusion. Les auteurs explorent alors les conditions d’une alternative pour l’après-crise.


table des matières

La mondialisation au-delà des mythes

Les taux de change

Les enjeux de la mondialisation

La monnaie et ses mécanismes

Le nouveau capitalisme

Introduction. Un capitalisme inégalitaire et instable
Des formes complexes de division du travail
La finance au cœur de l’économie du savoir
Dépasser le simplisme de certaines analyses
1. Le monde n’est pas plat
Dynamique du capitalisme et de la mondialisation
L’économie de la connaissance au cœur du capitalisme moderne
Les erreurs d’interprétation des représentations dominantes
L’économie de la connaissance, source d’inégalités
2. Une globalisation financière au service des pays riches
La croissance vertigineuse de la finance mondiale
Une finance mondiale profondément inégalitaire
Les analyses incomplètes des théoriciens de la finance
3. Un capitalisme fondé sur les interactions entre connaissance et finance
Économie de la connaissance : les confusions à éviter
Le rôle clé du marché et de la finance dans l’économie de la connaissance
La connaissance, un bien économique particulier
Un capitalisme hybride fondé sur les logiques taylorienne et cognitive
La finance au cœur de l’économie du savoir
4. Géographie du postfordisme : polarisation et sélection des périphéries
Une production décentralisée et déterritorialisée ?
Loin de se disperser, les activités se polarisent dans l’espace
La coordination est plus complexe dans le modèle cognitif d’organisation de la production
L’exemple de l’industrie automobile
Délocalisations et relocalisations dans les services
Le culte des technologies de l’information et de la communication
5. L’industrie financière et bancaire, entre fragmentation et polarisation
Polarisation et concentration
Fragmentation simultanée des activités
L’organisation des banques : une double logique, cognitive et taylorienne
6. La finance au service de l’économie du savoir
L’économie du savoir et de l’immatériel pose des problèmes spécifiques
Les institutions du capitalisme financier, une réponse aux besoins de l’économie du savoir
7. Les entreprises fragilisées
Le « manager » l’emporte sur l’entrepreneur
Finance et savoir : des temporalités différentes
8. Finance et nouvelles formes d’organisation des entreprises
La finance, facteur d’hybridation des logiques productives
Une gestion duale des ressources humaines
9. Les droits de la propriété intellectuelle au service de la connaissance ?
Des institutions clés de l’économie de la connaissance
Les droits de propriété intellectuelle favorisent-ils l’innovation ?
Les risques liés à la privatisation des savoirs
10. Migrations internationales : à qui profite la fuite des cerveaux ?
Les nouvelles migrations dans l’économie du savoir
Sélection des migrants, fuite des cerveaux et appauvrissement du Sud
11. Comment mettre la finance au service du savoir
Créer un environnement économique et financier favorable à l’accumulation du savoir
Canaliser des financements stables et ciblés vers l’innovation et la connaissance
Le rôle incontournable de l’État stratège et investisseur
12. Désenclaver la connaissance, au Nord comme au Sud
Lutter contre l’« enclosure » du savoir dans les pays du Nord
Insérer les pays du Sud dans une mondialisation plus équitable
Partager les bénéfices de la fuite des cerveaux
Conclusion. Deux « scenarii » pour l’après-crise
Scénario 1 : le savoir continue d’être l’otage de la finance
Scénario 2 : le savoir s’émancipe de la domination de la finance.

El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, dirige le Groupement de recherches international du CNRS DREEM (Développement des recherches économiques euroméditerranéennes). Il est notamment l’auteur, à La Découverte, de Mondialisation et délocalisation des entreprises (coll. « Repères », 2008) et Sauver Marx ? Empire, multitude, travail immatériel (avec Pierre Dardot et Christian Laval, 2007).
Dominique Plihon, professeur d'économie, direige le Groupement de recherches international du CNRS DREEM. Il est notamment l'auteur à La Découverte de Mondialisation et délocalisation des entreprises (coll. « Repères », 2008) et Sauver Marx ? Empire, multitude, travail immatériel (avec Pierre Dardot et Christian Laval, 2007).

FINANCE AS A THREAT TO KNOWLEDGE

Since the 1980's, capitalism has undergone a radical transformation, which is usually linked to two factors : the growing place of finance and of new technologies. This new capitalism was supposed to be of benefit to all the populations of the planet. Such optimism has been proved wrong by the present crisis. In this essay the authors show how the contradiction between the short term views of financiers and the long term aspects of the accumulation of knowledge have contributed to this crisis. Their picture of global capitalism is very different to the one painted by dominant analysis. They look into the workings of an alternative to the present situation.


El Mouhoub Mouhoud is a professor of economics at the University Paris-Dauphine. Amongst his books published by La Découverte : Mondialisation et délocalisation des entreprises (coll. « Repères », 2008) and Sauver Marx ? Empire, multitude, travail immatériel (with Pierre Dardot and Christian Laval, 2007). Dominique Plihon is a professor of economics at the University Paris-Nord, and is president of Attac's scientific board. Amongst his work published by La Découverte (in the « Repères » series), Nouveau Capitalisme (2004, 2009), Les Taux de change (2006) and La Monnaie et ses mécanismes (2008).

Note de lecture par Laurent Cordonnier http://regulation.revues.org/index7673.html

en ligne: Revue de la régulation, numéro 5 - Crise du capitalisme financier

Notes de la rédaction

Edito. Crise du capitalisme financier.

Les théories hétérodoxes, et en particulier la théorie de la régulation, retrouveraient-elles une nouvelle jeunesse avec la reconnaissance officielle et très médiatique de la crise ? Cette dernière, n’est-elle pas née dans les années 1970, dans un contexte de crise ? La relation dialectique entre croissance et crise, entre le capitalisme en régime et ses crises, constitue une clé méthodologique. Chacun se souviendra également de la distinction établie en 1979 (1), et ayant fait florès depuis, entre petite et grande crises. À l’aune de cette typologie, la crise financière devenue manifeste pour tous en septembre 2008 s’inscrit assurément dans une grande crise, c'est-à-dire une période marquée par l’impossibilité pour le capitalisme, livré à une finance dérégulée, de permettre une croissance durable et une situation prolongée de plein emploi.

Pour autant, si la crise actuelle marque la fin d’une époque, celle d’un régime d’accumulation tiré par la finance, nombreuses sont les questions auxquelles est confrontée la pensée économique dans son ensemble et, tout particulièrement, l’économie standard. Manifestement, celle-ci n’a pas su comprendre les enchaînements propres à la crise, ni ceux propres au régime qui l’a précédé (l’usage actuel de la référence à la crise par ceux qui ont défendu l’efficience des marchés et institué le laisser-faire est à cet égard saisissant). Une approche en termes de régulation paraît fournir un cadre de pensée et une méthodologie plus pertinente, à la fois pour penser la crise (comme objet d’étude) et pour penser à partir de la crise. Attendue, voire anticipée, il n’empêche, la crise fait son travail en temps réel : elle se révèle comme un laboratoire social et politique où l’expérimentation et le tâtonnement sont la règle plutôt que l’exception. De sorte que la lisibilité du mode de régulation devient problématique : les hiérarchies et les complémentarités institutionnelles sont bousculées, tant sur le front du rapport salarial que sur la place et le rôle de l’État dans le jeu de la régulation ; et le régime de croissance est miné par des inégalités sociales profondes ; plus largement, le mode de développement bute sur des contraintes écologiques.

Le concept de crise n’est pas non plus sans poser question dans une analyse de la dynamique historique du capitalisme, particulièrement quand la crise devient un régime d’évolutions permanentes. Si pour caractériser le mode de régulation fordiste, la régularité de l’accumulation intensive avait permis de mettre en tension croissance et crise ; plein-emploi et sous-emploi, nous savons à quel point les relations entre le régime d’accumulation à dominante financière et son mode de régulation sont la source de blocages institutionnels, voire de contradictions et de conflits d’intérêts durables. Les années 1990, et plus encore les années 2000, prouvent, s’il est besoin, que la croissance peut se conjuguer à l’instabilité et l’exclusion.

(Ré)interroger la notion de crise pour mettre au jour la complexité des ajustements qui fondent la relation entre crise et régime d’accumulation apparaît donc comme un horizon analytique décisif pour penser le changement institutionnel permanent des institutions du capitalisme. Il s’agit là d’une visée qui, sans nul doute, renforce la nécessité d’une pensée économique historicisée et située, mais qui davantage encore doit intégrer l’analyse des pratiques et des représentations des acteurs.

C’est dans cette perspective que nous invitons le lecteur à lire ce dossier qui reflète le pluralisme de la Revue bien au-delà de la seule Théorie de la régulation, en espérant beaucoup des vertus heuristiques des analyses à chaud de la dynamique de transformation en cours.

(1) Robert Boyer, « La crise actuelle : une mise en perspective historique. Quelques réflexions à partir d'une analyse du capitalisme français en longue période », Critiques de l'Economie Politique , nouvelle série, n° 7-8, Avril-Septembre 1979, p. 3-113.

*
Dossier : Crise du capitalisme financier
o
Robert Boyer
Feu le régime d’accumulation tiré par la finance :
La crise des subprimes en perspective historique http://regulation.revues.org/index7367.html
o
Frédéric Lordon
Après la crise financière : « réguler » ou refondre ?
Les insuffisances des stratégies prudentielles
After the financial crisis: regulation or radical overhaul ? The shortcomings of prudential policies http://regulation.revues.org/index7461.html
o
Matthieu Charpe
Dette des ménages et instabilité financière
Households Debt and Financial Instability http://regulation.revues.org/index7464.html
o
Maryse Farhi et Marcos Antonio Macedo Cintra
The Financial Crisis and the Global Shadow Banking System
La crise financière et le Global Shadow Banking System http://regulation.revues.org/index7473.html
o
Samba Diop
La crise du crédit à risque américain : une interprétation par l’Hypothèse d’Instabilité Financière de Minsky
the american subprime crisis: a minskyan analysis http://regulation.revues.org/index7510.html
*
Varia
o
Aurélie Trouvé
Les régions, porteuses de nouveaux compromis pour l’agriculture ?
Regions : a Basis for New Compromises in Agriculture http://regulation.revues.org/index7550.html
o
Sabine Montagne
Analyse économique du Droit versus Institutionnalisme. Une comparaison « en situation »
Economic Analysis of Law versus Institutionnalism. A “in situation” comparison http://regulation.revues.org/index7574.html
*
Opinions - débats
o
Gerald Epstein
Obama’s Economic Policy: Achievements, Problems and Prospects http://regulation.revues.org/index7459.html
o
Bertrand Blancheton et Yves Jégourel
Les fonds souverains : un nouveau mode de régulation du capitalisme financier ? http://regulation.revues.org/index7500.html
o
Bernard Vallageas
Analyse de la crise financière actuelle
Où vont-ils chercher ces milliards qu’ils n’ont pas? Comment l’État assureur en dernier ressort permet d’accéder à la Banque centrale européenne, prêteur en dernier ressort http://regulation.revues.org/index7544.html
o
Agnès Labrousse et Thomas Lamarche
Vers une association d’économie politique hétérodoxe ?
Entretien avec Nicolas Postel et Richard Sobel http://regulation.revues.org/index7540.html
*
Notes de lecture
o
Dominique Plihon
Gabriel Colletis et Bernard Paulré (Dir.), Les nouveaux horizons du capitalisme – Pouvoirs, valeurs, temps, Economica, 2008. http://regulation.revues.org/index7495.html
o
Gabriel Colletis et Bernard Paulré
Réponse de Gabriel Colletis et Bernard Paulré à la note de lecture de Dominique Plihon http://regulation.revues.org/index7486.html
o
Thomas Lamarche
Frédéric Lordon (Dir.), Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme, Paris, Presses de Sciences Po, 2008. http://regulation.revues.org/index7452.html
o
Hadrien Saiag
Michele Cangiani & Jérôme Maucourant (Dir.), Essais de Karl Polanyi, introduction de M. Cangiani et J. Maucourant, postface d’Alain Caillé et Jean-Louis Laville, Paris, Seuil, 2008. http://regulation.revues.org/index7455.html
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Pascal Grouiez
Zvi Lerman (Dir.), Russia’s Agriculture in Transition, Factor Markets and Constraints on Growth, Lexigton Books, 2008. http://regulation.revues.org/index7491.html
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Julien Vercueil
Dani Rodrik, Nations et mondialisation. Les stratégies nationales de développement dans un monde globalisé, Paris : La Découverte, coll. « Textes à l’appui », 2008. http://regulation.revues.org/index7494.html
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Lucien Karpik
Réponse de Lucien Karpik à la note de lecture de Nicole Azoulay http://regulation.revues.org/index7489.html

Consultez la Revue de la régulation http://regulation.revues.org/