"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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vendredi 18 mai 2018

vidéo: Rémi Sinthon, Repenser la mobilité sociale



Collection: Livres en scène .  Copyright : Direction de l'Image et de l'Audiovisuel de l'EHESS,/2018
Rémi Sinthon
Repenser la mobilité sociale
EHESS
En temps & lieux
2018
Présentation de l'éditeur
Comment décrire la place de chacun dans une société ? Comment rendre compte de la position sociale atteinte par un individu, par une famille ou par un groupe ?
Rémi Sinthon dresse un bilan critique de la façon dont la sociologie a abordé jusqu'à présent les questions de stratification et de mobilité sociales. Il décèle une série d'impensés récurrents de la discipline et suggère en conséquence d'abandonner la notion même de mobilité sociale. Inspiré par les travaux de Pierre Bourdieu, il opte pour une analyse radicalement différente qui met au premier plan l'investissement et la reconversion des capitaux.
Rémi Sinthon est docteur en sociologie de l'EHESS. Il travaille sur la formation des statuts sociaux dans la France contemporaine, sur le rôle qu'y prennent les différents capitaux et les modes de socialisation associés. Il s'est intéressé plus spécifiquement à l'entrée dans l'âge adulte, aux usages du capital culturel, aux inégalités devant le système éducatif et à l'inscription territoriale des capitaux.

 

 

mercredi 22 juin 2016

Savoir/Agir, n°36, Accueillir les migrants

Savoir/Agir, n°36, Accueillir les migrants
du Croquant
2016

Présentation de l'éditeur
Le conflit syrien et les millions de réfugiés qui en sont une des résultats alimentent l’actualité. Le parcours sinueux des populations pour trouver un refuge, l’accueil différencié dans les pays, les tensions à ce sujet au sein de l’Union européenne, plus récemment la lutte contre le terrorisme après les attentats de Paris, interrogent, à travers la question des exilés, les pratiques à l’égard de la mobilité des personnes sur le continent.
La question du territoire, de ses frontières, des modalités d’accueil de part et d’autres de ces espaces limites ont été un élément central de la réflexion sur l’accueil des migrants, sans que la diversité des conceptions de l’accueil se résume à leur confinement ou non dans les camps et les zones de transit.
Ce numéro de Savoir/Agir aborde ces questions à partir de divers travaux de recherche. Ce qui permet aussi d’éclairer l’expérience des migrants dans sa diversité, en fonction de leur origine, de leurs ressources sociales, culturelles et économiques. La figure du migrant ne se réduit pas en effet à celle des demandeurs d’asile ou de ceux – pourtant rarement les moins dotés au regard de leur société d’origine – venant s’intégrer dans un premier temps au bas de l’échelle sociale.


jeudi 6 janvier 2011

Regards Sociologiques n°40, Mobilité/autochtonie : sur la dimension spatiale des ressources sociales, (2010)



Regards Sociologiques
Au sommaire du n°40, Mobilité/autochtonie : sur la dimension spatiale des ressources sociales, (2010)

Numéro bientôt en téléchargement.

Dossier

Fabrice Ripoll, Sylvie Tissot
“La dimension spatiale des ressources sociales” [Lire] [Version pdf]
Nicolas Renahy
“Classes populaires et capital d’autochtonie. Genèse et usages d’une notion” [résumé]
Sylvie Fol
“Mobilité et ancrage dans les quartiers pauvres : les ressources de la proximité” [résumé]
Caroline Mazaud
“Le rôle du capital d’autochtonie dans la transmission d’entreprises artisanales en zone rurale” [résumé]
Fabrice Ripoll
“L’économie ‘solidaire’ et ‘relocalisée’ comme construction d’un capital social de proximité. Le cas des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP)” [résumé]
Sophie Orange
“L’invitation au voyage ? Les Sections de Techniciens Supérieurs face à l’impératif de mobilité” [résumé]
Anne-Catherine Wagner
“Le jeu de la mobilité et de l’autochtonie au sein des classes supérieures” [résumé]
Sylvie Tissot
[Note de recherche] De l’usage de la notion de capital d’autochtonie dans l’étude des catégories supérieures” [résumé]

Documents

Jean-Luc Vilmouth, “My dream houses”
Christian de Montlibert, “Habitus, habits, habitudes, habitats”
Armelle Caron, “Tout bien rangé”
Matthieu Duperrex, “La ville rangée est sans langage” [Version pdf]