« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 31 mai 2022

Tassadit Yacine, Pierre Bourdieu en Algérie (1956-1961). Témoignages

 


Tassadit Yacine

Pierre Bourdieu en Algérie 

(1956-1961)

Témoignages

du Croquant

Sociétés et politiques en Méditerranée

2022

 

Présentation de l'éditeur

Ce livre retrace, sans prétendre à l’exhaustivité, la période algérienne de Pierre Bourdieu : celle qui va de 1956, date de son arrivée dans le Chéllif, région inhospitalière à la ­chaleur torride en été et au froid glacial en hiver, à 1961, date de son départ précipité d’Alger, ville en proie au terrorisme urbain. Dans l’intervalle, Pierre Bourdieu a été affecté au Gouvernement général, à Alger, comme attaché militaire dont la mission était de rédiger des notes et divers documents nécessaires à l’administration coloniale. Après sa libération du service militaire, il entame une carrière d’enseignant à la faculté d’Alger et de chercheur à l’Ardess (Association de recherche). Cet autre lieu, l’université, lieu de « science » et de « connaissance », lui offrira la possibilité d’étudier les structures sociales et les pratiques culturelles qui fondent la société algérienne alors dans le collimateur d’une armée coloniale obsédée par sa déstructuration. 

Ce livre vise à éclairer le lecteur, fût-ce partiellement, sur ce parcours exceptionnel, à partir de témoignages oraux, véritables archives vivantes, émanant de collègues et d’étudiants qui ont côtoyé le chercheur en herbe et partagé avec lui moult angoisses, espoirs et désespoirs dans un climat de tensions politiques dans une guerre de libération, qui avait alors gagné tant le monde rural que le monde urbain, comme l’a illustré la bataille d’Alger en 1957.

Directrice d’études à l’EHESS et chercheure au Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS), directrice de la revue AWAL, Tassadit Yacine a consacré de nombreux travaux à la compréhension des mécanismes de domination dans les sociétés anciennement colonisées d’Afrique du Nord.

 

Table des matières

Présentation

C 'était en Algérie pendant les années de guerre... Ils ont connu Pierre Bourdieu, soldat et apprenti chercheur

Que signifie : débarquer à Alger ?

Un soldat apprenti chercheur

Enseignant et éveilleur de conscience par la recherche

Inventer un mode nouveau de travailler et de résister

Les libéraux étaient des gens qui estimaient que les guerres coloniales étaient hors de saison

Entretien avec André Nouschi

« On n’avait jamais vu “Le Monde” ; nous étions une petite frange de gauche entre les communistes et les socialistes »

Entretien avec Lucien Bianco

« Depuis, je n’ai jamais pensé que la sociologie doive servir à autre chose »

Entretien avec Alain Accardo

« Il se sentait bien avec nous… Cela signifiait qu’il était de notre bord »

Jean Sprecher

C’était un esprit curieux

Père Henri Sanson

C'était en 1957… Sous la lumière d’Alger que j’ai rencontré un des hommes les plus géniaux et les plus attachants

Bernard Mazaud

« Il était UN parmi les dix ». Autour de l’enquête sur les camps de regroupement dans Le Déracinement

Salah Bouhedja

Retour sur l'Algérie au temps des camps de regroupement. Souvenirs d’un étudiant enquêteur dans l’équipe Bourdieu-Sayad

Jacques Budin

L’autre Bourdieu

Entretien réalisé par Hafid Adnani et Tassadit Yacine

Chronologie des événements historiques (1954-1962)

Lettres à André Nouschi

Documents inédits

Les travaux de Bourdieu sur l’Algérie

Index 

 

 

 


mardi 4 octobre 2016

Savoir/Agir n° 37, Jeunesses rurales

Savoir/Agir n° 37, Jeunesses rurales
Du Croquant
2016  

Présentation de l'éditeur
La question de la jeunesse rurale demeure un objet de recherche relativement sous-exploré par les sciences sociales. Son invisibilité tient pour beaucoup à ce qu’il s’agit d’une jeunesse « sans éclat » et « sans écart » qui ne se distingue ni par son excellence, ni par ses troubles. Ces jeunes ruraux ne font par ailleurs pas ou peu l’objet de politiques publiques spécifiques – du moins à l’échelle nationale – contrairement aux jeunes des quartiers. Ce numéro de Savoir/Agir est consacré à cette jeunesse ordinaire à travers son rapport à l’école. Le parti pris est celui d’une sociologie de l’éducation qui dépasse et déborde les murs de l’école et prête attention aux configurations locales (familiales, amicales, conjugales, etc.) dans lesquelles sont pris les élèves. Les auteurs ont cherché à déconstruire un certain nombre de conceptions essentialisantes, en tout cas fortement culturalistes, portées notamment par les chefs d’établissement et les acteurs locaux de l’orientation scolaire, qui tendent à attribuer aux élèves des campagnes un « manque d’ambitions » à l’égard des études. Ils proposent une approche en différence, en mettant en évidence les logiques propres de leurs représentations et de leurs pratiques. Ils considèrent l’école et la jeunesse rurale au pluriel, contre une approche homogénéisante des espaces ruraux et de leurs habitants, en montrant la diversité des groupes sociaux qui composent les campagnes et les rapports entre ces groupes. Ils donnent ainsi à voir des écoles (primaires, publiques, privées, lycées, collèges, agricoles, etc.) et des élèves ruraux (garçons, filles, enfants d’artisans, enfants de cadres, apprentis, etc.), mais aussi d’autres groupes sociaux investis autour de la cause scolaire (des parents d’élèves, des élus locaux, etc.). Si la question scolaire constitue le point d’entrée des articles de ce dossier, ils pourront cependant sortir de ce cadre pour évoquer les loisirs, les engagements, les sociabilités ou encore les lieux privilégiés par les jeunes ruraux.

Éditorial
Chocs, par Frédéric Lebaron
Dossier
Jeunesses rurales – jeunesses ordinaires, par Claire Lemêtre et Sophie Orange
Qui va scolariser nos enfants  ? Les réouvertures d’écoles publiques dans les communes rurales, par Juliette Mengneau
Jeunes ruraux. Les contours d’un rapport ambivalent au monde scolaire, par Séverine Depoilly
Perdre sa jeunesse en classe, par Thibault Cizeau
«  Paris  ? Jamais de la vie  ». Goûts et dégoûts territoriaux chez les jeunes ruraux de classes populaires, par Benoît Coquard
Un salon à la campagne, par Fanny Renard
Les stratégies scolaires des artisans ruraux de l’Ouest, par Caroline Mazaud
Les ambitions scolaires et sociales des lycéens ruraux, par Claire Lemêtre et Sophie Orange
Grand entretien avec Bernard Pudal
Communisme, propos recueillis par Gérard Mauger et Louis Pinto
Chronique de la gauche de gauche
Gauche de gauche et Islam, par Louis Weber
La rhétorique réactionnaire
Islamophobie (2). Sur la «  radicalisation islamiste  », par Gérard Mauger
Culture
Effets de lieux, par Gérard Mauger
Chroniques du monde
Biopolitique et bureaucratie. Une tragédie en trois actes de l’affaiblissement des universités nationales japonaises, par Stéphane Heim

mercredi 20 novembre 2013

Caroline Mazaud, L'artisanat français. Entre métier et entreprise

Caroline Mazaud
L'artisanat français
Entre métier et entreprise
P.U.Rennes
2013

Table des matières


Présentation de l'éditeur
D ’un côté le boulanger ou le potier, travaillant seul et ne produisant que des objets singuliers et en petite série ; de l’autre, l’artisanat « première entreprise de France », créateur de richesse et d’emploi. Entre ces deux images, où se situe la réalité de l’artisanat français ? 
Ce livre reprend une question qui n’avait pas fait l’objet d’enquêtes approfondies depuis les années 1970-1980. En comparant la génération issue du baby-boom qui part aujourd’hui à la retraite et celle qui s’est récemment installée, cet ouvrage s’attache à comprendre les transformations de l’artisanat. Il révèle que les modes d’accès au statut d’artisan se diversifient. 
Appuyés par une politique visant à réduire le chômage par l’incitation à la création d’entreprise, les représentants des artisans visent le développement économique et l’emploi artisanal, en même temps qu’une ouverture du groupe des artisans à de nouveaux entrants. L’environnement socioéconomique favorise cette politique qui trouve un écho chez des individus éprouvant des difficultés à se placer dans l’emploi, soit que leur formation initiale ne leur offre pas les débouchés attendus, soit que leurs conditions d’emploi et de travail dégradées les conduit à se reconvertir. Finalement, le groupe des artisans, moins typé, qui réunit des individus aux parcours et aux savoirs variés, se donne moins à voir sous les traits d’un groupe social
Caroline Mazaud, sociologue, est membre du Cens (Centre nantais de sociologie). Ce livre est tiré de sa thèse intitulée « Entre le métier et l’entreprise. Renouvellement et transformations de l’artisanat français », soutenue à l’université de Nantes en 2009.


jeudi 6 janvier 2011

Regards Sociologiques n°40, Mobilité/autochtonie : sur la dimension spatiale des ressources sociales, (2010)



Regards Sociologiques
Au sommaire du n°40, Mobilité/autochtonie : sur la dimension spatiale des ressources sociales, (2010)

Numéro bientôt en téléchargement.

Dossier

Fabrice Ripoll, Sylvie Tissot
“La dimension spatiale des ressources sociales” [Lire] [Version pdf]
Nicolas Renahy
“Classes populaires et capital d’autochtonie. Genèse et usages d’une notion” [résumé]
Sylvie Fol
“Mobilité et ancrage dans les quartiers pauvres : les ressources de la proximité” [résumé]
Caroline Mazaud
“Le rôle du capital d’autochtonie dans la transmission d’entreprises artisanales en zone rurale” [résumé]
Fabrice Ripoll
“L’économie ‘solidaire’ et ‘relocalisée’ comme construction d’un capital social de proximité. Le cas des associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP)” [résumé]
Sophie Orange
“L’invitation au voyage ? Les Sections de Techniciens Supérieurs face à l’impératif de mobilité” [résumé]
Anne-Catherine Wagner
“Le jeu de la mobilité et de l’autochtonie au sein des classes supérieures” [résumé]
Sylvie Tissot
“[Note de recherche] De l’usage de la notion de capital d’autochtonie dans l’étude des catégories supérieures” [résumé]

Documents

Jean-Luc Vilmouth, “My dream houses”
Christian de Montlibert, “Habitus, habits, habitudes, habitats”
Armelle Caron, “Tout bien rangé”
Matthieu Duperrex, “La ville rangée est sans langage” [Version pdf]