« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 10 novembre 2022

Manuel Schotté, La Valeur du footballeur. Socio-histoire d’une production collective

 


Manuel Schotté

La Valeur du footballeur

Socio-histoire d’une production collective

Cnrs

Culture & société

2022

 

Présentation de l'éditeur

Les stars du football comptent aujourd’hui parmi les salariés les mieux payés au monde et les personnalités médiatiques les plus en vue. Source de tant de discussions et de commentaires, cette situation n’est pourtant jamais interrogée dans ses fondements mêmes : pourquoi exceller balle au pied peut-il mener – à condition d’être un homme – à la richesse et à la gloire ? Qu’est-ce qui explique que des « exécutants », issus pour majorité des classes populaires, se voient attribuer une telle valeur économique et symbolique ?
La réponse suppose de multiplier les angles de vue et les sources, de la fin du XIXe siècle à nos jours. Cette vaste enquête revient ainsi sur la naissance du football pour décrire comment ce nouvel espace de consécration s’est institué. Elle décrypte ensuite les dynamiques de valorisation, impulsées par les présidents de clubs, les médias et les spectateurs, qui ont concouru à sa popularité croissante. Elle explore les conditions d’émergence d’une configuration salariale favorable aux joueurs et explique, enfin, pourquoi une petite minorité d’entre eux capte une grande partie des flux d’attention et d’argent qui circulent dans ce sport collectif.
En apparence triviale, la question de l’importance conférée aux joueurs conduit à porter un tout autre regard sur le football. Plus largement, elle nourrit une réflexion novatrice sur la production de la valeur et la fabrique contemporaine des « grands hommes ».

Manuel Schotté, Professeur de sociologie à l’université de Lille, spécialiste des questions liées au sport, au talent et au charisme, Manuel Schotté a notamment publié La construction du « talent » ...

 

mardi 9 octobre 2018

vidéo: Frédéric Lordon, La Condition anarchique. Affects et institutions de la valeur

Frédéric Lordon
La Condition anarchique  
Affects et institutions de la valeur
Seuil
L'Ordre philosophique
2018
Présentation de l'éditeur
Disons les choses d’emblée : la condition anarchique ici n’a rien à voir avec l’anarchisme qui intéresse la théorie politique. Lue étymologiquement, comme absence de fondement, an-arkhé, elle est le concept central d’une axiologie générale et critique. Générale parce qu’elle prend au sérieux qu’on parle de « valeur » à propos de choses aussi différentes que l’économie, la morale, l’esthétique, ou toutes les formes de grandeur, et qu’elle en cherche le principe commun. Critique parce qu’elle établit l’absence de valeur des valeurs, et pose alors la question de savoir comment tient une société qui ne tient à rien.
Aux deux questions, une même réponse : les affects collectifs. Ce sont les affects qui font la valeur dans tous les ordres de valeur. Ce sont les affects qui soutiennent la valeur là où il n’y a aucun ancrage. Dans la condition anarchique, la société n’a que ses propres passions pour s’aider à méconnaître qu’elle ne vit jamais que suspendue à elle-même.
Frédéric Lordon est chercheur en philosophie au CNRS. Sous le programme d’un « structuralisme des passions », il s’intéresse aux usages de la philosophie de Spinoza en sciences sociales. Il a publié, entre autres, Capitalisme, désir et servitude (La Fabrique, 2010), Imperium (La Fabrique, 2015) et Les Affects de la politique (Seuil, 2016)
 

jeudi 1 décembre 2016

Laurent Denave, La valeur des Beatles

Laurent Denave
La valeur des Beatles
P.U.Rennes
Æsthetica 
2016
Table des matières

Présentation de l'éditeur
Peut-on encore prendre le risque de déterminer la qualité, l’originalité et la valeur politique des chansons du groupe le plus applaudi de l’histoire du rock ? Tel est le projet de cet ouvrage qui esquisse une évaluation de l’œuvre des Beatles, suivie d'une analyse sociologique de la formation et de la carrière des membres du groupe. Cette analyse met en lumière le lien entre la valeur de leur production musicale et ses conditions de production. Sont ainsi examinés l’apprentissage des deux compositeurs principaux du groupe (Lennon et McCartney), le parcours du combattant pour se faire connaître, leurs conditions de vie et de travail, les contributions artistiques de leur producteur George Martin et de leurs compagnes, Yoko Ono notamment. Il s’agit finalement de répondre aux questions suivantes : la musique populaire, dans sa forme la plus réussie, et la musique savante peuvent-elles être d’égale valeur ? L’œuvre des Beatles a-t-elle marqué l’histoire de la musique occidentale ? Peut-on dire comme le compositeur et chef d’orchestre Leonard Bernstein : « Les Beatles sont les Schubert de notre temps » ?"
Laurent Denave est docteur en sociologie (École des hautes études en sciences sociales) et diplômé en musicologie (DEA, Paris IV-Sorbonne). Il est l’auteur notamment de Les terres fertiles de la création musicale. Les conditions sociales de possibilité d’une œuvre musicale, de Bach à Boulez, Aedam Musicae, 2015.

jeudi 2 avril 2015

Cécile Rabot, La construction de la visibilité littéraire en bibliothèque

Cécile Rabot
La construction de la visibilité littéraire en bibliothèque
Presses de l'enssib
2015

Lire l'introduction

Présentation de l'éditeur
L’accroissement de la production éditoriale, quand il ne le laisse pas le lecteur démuni, engendre le risque d’une concentration sur un nombre réduit de titres médiatisés. Les bibliothèques ont un rôle essentiel à jouer dans cette économie de l’attention, comme instance de construction de la valeur et de la visibilité.
À partir d’une enquête menée de 2004 à 2010 au sein des bibliothèques de la ville de Paris dans le cadre d’une thèse de doctorat, l’ouvrage interroge les politiques et dispositifs de valorisation des collections. À travers leurs pratiques de sélection, c’est l’identité des bibliothécaires de lecture publique qui se construit, dans un lien ambigu avec l’école et les instances plus reconnues du champ littéraire.
Sociologue, membre du Centre européen de socio­logie et de science politique, Cécile Rabot étudie les mécanismes de production de la valeur littéraire et termine actuellement une étude sur les politiques des bibliothèques municipales en direction des adolescents. Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, elle enseigne au Pôle métiers du livre de Saint-Cloud.


jeudi 22 août 2013

video: Jean-Marie Harribey, La richesse, la valeur et l'inestimable. Fondements d'une critique socio-écologique de l'économie capitaliste


Jean-Marie Harribey
La richesse, la valeur et l'inestimable
Fondements d'une critique socio-écologique de l'économie capitaliste
Les Liens qui Libèrent
2013

Présentation de l'éditeur
La richesse est le trou noir de ladite science économique. Se réduit-elle à la valeur économique des marchandises produites par le capitalisme ? Pour sortir de la crise du capitalisme mondial, inédite par son ampleur et par son double caractère social et écologique, faut-il procéder à une fuite en avant productiviste ? La théorie économique dominante ne sait pas répondre à ces questions parce qu’elle assimile la valeur d’usage à la valeur d’échange, parce qu’elle postule que l’accumulation infinie du capital est porteuse de bien-être et parce qu’elle est persuadée que les forces libres du marché conduisent à l’optimum et l’équilibre pour la société.
Ce livre propose une critique sociale et écologique de l’économie capitaliste contemporaine en effectuant un retour sur l’économie politique, d’Aristote à Smith et Ricardo, et sur sa critique radicale accomplie par Marx : le travail est le seul créateur de valeur économique, et cette valeur acquiert une reconnaissance sociale à travers l’échange monétaire, que celui-ci soit marchand ou non marchand. Il s’ensuit que le travail effectué dans les services collectifs non marchands est éminemment productif, définissant un premier champ de la richesse autre que marchande. Mais ce dernier n’est pas le seul : s’ajoutent aussi celui des richesses naturelles et celui qui concerne toutes les formes non monétaires de la socialité.                 
On comprend alors la stratégie néolibérale consistant à repousser toujours plus loin les frontières qui séparent le monétaire du non-monétaire et le marchand du non-marchand pour agrandir constamment les premiers termes de ces deux binômes. Services publics, protection sociale, ressources naturelles, connaissances sont voués à sortir de l’espace du bien commun, utilisé à des fins non lucratives, pour entrer dans celui de la valorisation du capital. Toutes les instances internationales s’activent aujourd’hui pour donner un prix à la nature, aux services qu’elle rend, non pas pour mieux protéger celle-ci et pérenniser ceux-là, mais pour les faire entrer dans l’orbite du calcul économique de la rentabilité. De la même manière, ces institutions se sont emparées du thème de la définition de nouveaux indicateurs de richesse, afin d’additionner ce qui n’est pas additionnable, ignorant que tout ne relève pas de l’économique, poussant même jusqu’à réduire au même dénominateur valeur économique et valeurs éthiques.                 
Ainsi, la richesse ne se réduit pas à la valeur, la valeur d’usage ne se réduit pas à la valeur d’échange. Et ce qui est mesurable monétairement ne couvre pas ce qui est inestimable : sur notre planète et dans la vie des sociétés, il existe des registres incommensurables entre eux. La prétention de l’économie dominante est de penser pouvoir les agréger. L’ambition de ce livre est de refonder une critique théorique pour contribuer à réduire l’emprise de la création de valeur destinée au capital, à promouvoir celle qui est sans but lucratif pour répondre à des besoins sociaux, et à respecter les équilibres naturels qui sont sources de richesses indispensables à la vie. Là où le domaine du marchand se termine commencent celui du non-marchand et celui de la gratuité. Là où le travail productif aliéné recule s’ouvre la possibilité d’un travail productif de richesse collective. 
Un ouvrage majeur qui, déconstruisant la  notion de valeur dans l’histoire économique, ouvre des perspectives novatrices dans la manière d’appréhender le rôle de l’économie dans nos sociétés.
Jean-Marie Harribey est professeur agrégé de sciences économiques et sociales et maître de conférences honoraire à l’Université Bordeaux IV. De 2006 à 2009,  il est actuellement coprésident des « Économistes atterrés ». Il a déjà publié notamment L’économie économe (L’Harmattan, 1997), La démence sénile du capital (Le Passant ordinaire, 2002), Raconte-moi la crise (Le Bord de l’eau, 2009).