Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



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jeudi 26 mars 2015

Maryse Bresson, Fabrice Colomb, Jean-François Gaspar (dir.), Les territoires vécus de l'intervention sociale

Maryse Bresson, Fabrice Colomb, Jean-François Gaspar (dir.)
Les territoires vécus de l'intervention sociale
Presses Universitaires du Septentrion
Le regard sociologique
2015

Présentation de l'éditeur
La territorialisation, en déplaçant les politiques publiques nationales vers l'échelle locale, permet-elle de dépasser les limites des politiques sociales et de repenser l’enjeu du « vivre ensemble » ?
Les auteurs, sociologues et politistes de différents pays apportent un éclairage renouvelé sur cet enjeu majeur des réformes engagées depuis les années 1980, en se situant sous l’angle des territoires vécus par les acteurs.
Sans occulter les différences selon les territoires, l’ouvrage met en évidence une remarquable convergence des évolutions dans leurs pays. La montée en puissance des systèmes locaux et les partenariats, les modes d’organisation et de partition renouvelés de l’espace et des pratiques professionnelles sont resitués dans un mouvement plus global de fragmentation et d’individualisation du social, justifiant l’idée de territorialisation néolibérale. Pourtant, les facettes de la territorialisation sont multiples, inséparables de la diversité des « problèmes » que s’attache à résoudre l’intervention sociale. Les interactions et les luttes pour définir les rôles de chacun, politiques, professionnels, bénévoles contribuent à la façonner. Et trop souvent alibi de réformes qu’ils perçoivent peu et mal, les usagers-bénéficiaires mettent en œuvre des formes de réappropriation. Aussi cet ouvrage invite à poursuivre et ouvrir les débats sur le type de solidarité qui, à travers la territorialisation, participe d’un processus général de transformation de la société.
Maryse Bresson, Professeure de sociologie, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Fabrice Colomb, Maître de conférences en sociologie, Université d’Evry Val d’Essonne, Centre Pierre Naville. Jean-François Gaspar, Maître assistant, Haute Ecole Louvain en Hainaut, Haute Ecole Namur-Liège-Luxembourg, Centre d’Etudes et de Recherches en Ingénierie et Action Sociales, Centre européen de sociologie et de science politique (équipe CSE).

vendredi 5 décembre 2014

Mihai Dinu Gheorghiu, Paul Arnault (éditeurs), Les sciences sociales et leurs publics. Engagements et distanciations



Mihai Dinu Gheorghiu
Paul Arnault
(éditeurs)
Les sciences sociales et leurs publics
Engagements et distanciations
Éd. de l’Université Alexandru Ioan Cuza
2013

Présentation de l'éditeur
Actes du colloque: Iaşi, 22-23 septembre 2011. Ouvrage publié avec le concours de L’Agence Universitaire de la Francophonie "Les travaux des chercheurs constituent souvent des sources d’autorité et de légitimité pour des politiques publiques : les chercheurs engagent leurs compétences et leur responsabilité, mais peuvent aussi entrer dans des rapports de contestation, de critique et de conflit avec les représentants du pouvoir, public ou privé. L’objectif du colloque, que nous avons organisé à l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iasi, avec la participation du Réseau International Acteurs Emergents de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme et du Comité de Recherche « Petites sociétés et production des savoirs » de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française, a été d’interroger ces rapports sous un angle particulier : celui des publics et des médiations qui constituent des frontières et des zones de contacts et d’échanges entre savoirs et pouvoirs." (Mihai Dinu Gheorghiu, Paul Arnault) 
Sommaire
1. Les sciences sociales face aux reformes institutionnelles et aux nouveaux publics L’expertise et l’expert : la sociologie et ses défis contemporains, Mileva Gjurovska Le « rideau déchiré » : heuristique de l’engagement sociologique, Thomas Alam, Marion Gurruchaga, Julien O’Miel La réforme académique en Bulgarie et ses destinataires, Svetla Koleva Les modernisateurs et la psychologie sociale sous la IVe République: raisons d'être d'un « bon public », Paul Arnault .. Les défis des sciences sociales – le cas de la Macédoine, Lidija Hristova 2. Enseignement des sciences sociales et formes de domination Les enseignants de sciences économiques et sociales au lycée, entre « le savant et le politique », Julien Fretel, Igor Martinache . Le problème de la neutralité axiologique dans les études postcoloniales, Julien Rajaoson . Publics scolaires et histoire africaine en situation postcoloniale (pour une approche cosmopolitique), Anne Piriou Un engagement professionnel particulier. La transmission du savoir des sciences sociales dans le cadre de la formation continue, Lucette Labache Les savoirs en ingénierie et action sociales : formations et détournements linguistiques, Jean-François Gaspar Cadres d’ONGs : un anticonformisme encadré, Boubacar Niane . 3.Terrains de recherche : partenaires et publics des sciences sociales « Recherche en partenariat » et démocratisation du savoir, Jacques L. Boucher . Les études de folklore à l’épreuve du marché de la recherche : le cas roumain, Corina Iosif . Les représentations sociales de l’école afrocentrique dans les journaux torontois, Bolaji Laflamme-Lagoke et Lilian Negura L’autre de l’anthropologue : L’informateur comme co-auteur et premier public, Patrice Yengo .. Engagement et distanciation autour d’une question controversée : l’avortement, Eliane Perrin Chercheurs de terrain : leurs publics, les limites et les risques spécifiques de leur action, Adrian Netedu . 4. Politiques de l’engagement en sciences sociales Construire une science, construire une société : les défis de la sociologie en Chine, Aurore Merle La « Société civile » : un programme de modernité, un plan d’action et un outil critique, Zhang Lun Dissidences : une revue et un collectif spécialisés dans l’étude des extrêmes gauches, Yannick Beaulieu 5. Publics lettres et elites intellectuelles Petites sociétés, élite intellectuelle et « tradition vivante ». Contribution à une sociologie des petites sociétés, Jean-François Laniel . Mesurer la consommation culturelle dans la Roumanie postcommuniste, Dan Lungu Le féminisme français comme atout symbolique. Perspectives sur le champ de la critique littéraire en Suède (1980–2005), Alexander Ekelund 
Mihai Dinu Gheorghiu este profesor universitar doctor la Facultatea de Psihologie si Stiinte ale Educatiei din cadrul Universitatii „Alexandru Ioan Cuza” din Iasi şi membru asociat al Centre de Sociologie Européenne (EHESS/CNRS) si al Centre d’Etudes de l’Emploi (CNRS), Paris. Paul Arnault este membru al Centre de sociologie européenne (CSE).

vendredi 19 octobre 2012

Jean-François GASPAR, Tenir ! Les raisons d'être des travailleurs sociaux

Jean-François GASPAR
Tenir ! 
Les raisons d'être des travailleurs sociaux
Postface de Gérard Mauger 
La Découverte
2012

Présentation de l'éditeur
En dépit d'une faible reconnaissance scientifique et de rétributions économiques moyennes, le travail social, aujourd'hui accusé de favoriser l'assistanat, continue d'attirer de nouvelles recrues. Venir en aide, insérer socialement, diminuer les souffrances, agir sur leurs causes, sinon changer le monde, restent des objectifs mobilisateurs. Les engagements des travailleurs sociaux sont cependant mis à mal par la restriction des moyens dont ils disposent. 
Comment expliquer la pérennité des vocations et la persistance des investissements ? Comment font-ils pour tenir ? Tel est l'objet de ce livre, fruit d'une enquête ethnographique de longue durée. Prenant au sérieux les pratiques, même les plus triviales, elle a mis en évidence les différents modes de présentation qu'adoptent les travailleurs sociaux et les registres qu'ils mobilisent pour rendre compte de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font. Elle a conduit à dégager trois pôles : les travailleurs sociaux cliniques trouvent leur énergie dans l'atténuation de la souffrance des usagers, les travailleurs sociaux militants dans le travail politique qu'ils entreprennent et les travailleurs sociaux normatifs dans la sensibilisation au respect des règles, perçu comme facteur d'intégration. 
Parce que le sens attribué à l'engagement est sans cesse questionné et parce que le désenchantement les guette, le livre montre les ajustements et réajustements qui ponctuent leur carrière et influent sur leurs « raisons d'être ». 
Jean-François Gaspar, sociologue, a travaillé dix ans comme travailleur social avant d’enseigner dans une école sociale. Il est actuellement maître assistant et responsable de la recherche dans le Master en ingénierie et action sociales Louvain-la-Neuve/Namur. Il est membre associé du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP-Paris), équipe CSE.