« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 15 janvier 2024

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 250, Politiques de l'attente

 

 

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 250

Politiques de l'attente

Seuil

2024

 

 Présentation de l'éditeur

Ce dossier propose d’aller voir ce qu’il se passe dans ces espaces où les individus passent leur vie à attendre, suspendus à l’espérance d’un changement à venir. De façon documentée, il montre que l’attente constitue l’un des principaux marqueurs de la condition populaire et un espace-temps où se façonne le rapport des classes populaires aux institutions. L’attente relève d’une dynamique de la domination, faite de l’alternance entre des promesses et des frustrations qui précarise leurs capacités de projection dans l’avenir. L’attente se révèle ainsi une ressource de pouvoir pour les instances en mesure de délivrer la chose attendue. Elle représente un levier déterminant de gouvernement et de normalisation des pratiques populaires : loin d’être un temps-mort, elle est scrutée de près, et rythmée par des injonctions sur les bonnes et les mauvaises manières d’attendre. Loin d’être le simple fait d’une carence de moyens, elle peut être entretenue par une mise en suspens de la distribution des avantages sociaux en jeu dans la société.

La démonstration repose sur une analyse comparative de plusieurs politiques de l’attente, définies comme l’ensemble d’activités organisées qui la génère – mise en attente –, la gèrent – gouvernement de l’attente – et la mobilisent comme un levier du pouvoir – gouvernement par l’attente. Elle dégage les logiques de différenciation de l’expérience de ce temps suspendu – waiting– et de la manière dont il est utilisé pour classer les individus et les groupes sociaux – l’organisation du queing. Elle montre ainsi que l’attente est le lieu où se jouent les divisions internes aux classes populaires et où se nouent, par conséquent, des « avenirs de classe » différenciés. Elle cherche, enfin, à comprendre quel rapport à l’État se construit dans cette expérience de l’arbitraire, comment cette épreuve temporelle socialise les administré·es à des formes horizontales de concurrence, et sous quelles conditions elle peut laisser place à des formes d’appropriations stratégiques ou résistantes.


en ligne sur Cairn.info

Page 4 à 16
Page 20 à 37
Page 40 à 57
Page 60 à 77
Page 80 à 97
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mardi 20 septembre 2016

Lire les sciences sociales: Présentation et discussion de La question climatique. Genèse et dépolitisation d'un problème public de Jean-Baptiste Comby, 19 octobre 2016

LIRE LES SCIENCES SOCIALES
Mercredi 19 octobre 2016

14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet, Salle 159
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
métro ligne 13 - Guy Moquet | Brochant , Bus 66 - La Jonquière
 Présentation et discussion (en présence de l'auteur) de :

La question climatique. Genèse et dépolitisation d'un problème public (Raisons d'agir, 2015)
de Jean-Baptiste Comby
par Stanislas Morel

Présentation de l'éditeur

Au cours des années 2000, la montée en puissance de la question climatique dans les médias généralistes français, en rendant plus évidents les dégâts environnementaux provoqués par le capitalisme, aurait pu conduire à interroger l'emprise des rationalités marchandes sur l'organisation des sociétés. Revenant sur la genèse et le déroulement ordinaire de ce débat public, ce livre montre comment s'est au contraire imposée une vision dépolitisée de la question climatique. Pour attirer l'attention des journalistes, les défenseurs conventionnels de cette cause doivent en livrer une version consensuelle propre à satisfaire les verdicts du «plus grand nombre». Ils développent alors une entreprise de moralisation des individus ce qui, du même coup, met à l'abri de la critique les logiques économiques et politiques engendrant la catastrophe écologique en cours. Et ce d'autant plus que les prescriptions «éco-citoyennes» occultent le coût environnemental plus élevé des styles de vie socialement valorisés, permettant ainsi aux plus favorisés de faire valoir leur bonne volonté écologique sans avoir à questionner leurs aspirations consuméristes. Loin d'être neutre, la dépolitisation des enjeux climatiques conforte une organisation sociale hautement inégalitaire et écologiquement dévastatrice. C'est donc à une sociologie des mécanismes concourant à la préservation de l'ordre établi que contribue l'enquête présentée dans ce livre. Ce faisant, elle ouvre des pistes pour penser autrement, et au-delà du seul cas français, une transformation sociale et écologique des «sociétés de marché».

Biographie de l'auteur

Jean-Baptiste Comby est sociologue, chercheur au Centre d'analyse et de recherche interdisciplinaire sur les médias (CARISM) ainsi qu'au Centre nantais de sociologie (CENS) et maître de conférences à l'Institut français de presse de l'université Paris II.
Contact : lirelessciencessociales@gmail.com

(source: LLSS) 


lundi 20 juin 2016

Agone N° 58, Quand la santé décuple les inégalités


Agone N° 58
Quand la santé décuple les inégalités
Agone
2016
Présentation de l'éditeur
Coordination : Maud Gelly, Baptiste Giraud et Laure Pitti
À nombre de consultations égal, on est plus ou moins bien soigné selon sa classe sociale et son origine nationale. Les malades d’un cancer sont moins bien informés sur leur maladie par leur médecin quand ils sont pauvres. Au moment de l’apparition d’une douleur thoracique, premier signe d’un infarctus, les catégories sociales les plus favorisées font l’objet d’une prise en charge médicale plus approfondie et plus spécialisée. Les inégalités sociales qui marquent le suivi de grossesse sont aggravées par les pratiques des soignants qui informent moins, et moins bien, les femmes des classes populaires, a fortiori étrangères. Plus largement, les recommandations médicales nationales sont moins bien appliquées par les médecins pour les membres des classes populaires.

Sommaire :
– Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratiques de soins, Maud Gelly et Laure Pitti
– “Corps et âme”. Le parti des Black Panthers et la lutte contre les discriminations médicales, Alondra Nelson
– “Médecin de première ligne dans un quartier populaire”. Un généraliste en banlieue rouge des années 1960 aux années 2010, Audrey Mariette et Laure Pitti
– La fabrique médicale des inégalités dans l’accès aux soins d’urgence. Ethnographie comparée de deux services d’urgence public et privé, Sylvie Morel
– Logiques de tri et discriminations à l’hôpital public : vers une nouvelle morale hospitalière ?, Caroline Izambert
– “C’est gênant de se mettre à dos son médecin, parce qu’on en a besoin.” Ouvriers malades de leur travail face à la médecine, Pascal Marichalar
– Inégalités contraceptives au pays de la pilule, Hélène Bretin et Laurence Kotobi
– Des inégalités en tous genres face au décès par sida et de leur ignorance par le système de santé, Maud Gelly
– De la santé pour tous à la sécurité de tous ? Logiques scientifiques et politiques de la surveillance épidémiologique, François Buton 

– Histoire radicale :
« Le travail des enfants dans les verreries en 1912 », Charles Delzant.

mardi 29 mars 2016

Andrew Abbott et l'héritage de l'école de Chicago, Sous la direction de Didier Demazière & Morgan Jouvenet

Andrew Abbott et l'héritage de l'école de Chicago
Sous la direction de Didier Demazière & Morgan Jouvenet
Ehess
2016
En temps & lieux

Extrait
Présentation de l'éditeur
Ce livre présente en deux volumes un panorama inédit des propositions théoriques et méthodologiques de l'oeuvre d'Andrew Abbott, l'une des figures majeures de la sociologie contemporaine.
Il révèle et discute les importants chantiers théoriques et empiriques auxquels renvoient ses thèses originales, présentées ici comme un héritage quelque peu oublié de l'école de Chicago.
Premier ouvrage de référence de l'oeuvre d'Abbott, l'ensemble réunit des traductions de six textes majeurs, des contributions de divers spécialistes qui éclairent ses apports, et une réponse inédite alliant bilan réflexif et nouvelles perspectives.
L'ouvrage fournit une bibliographie complète de ses travaux, permettant au lecteur de se repérer dans une oeuvre jusqu'à présent très peu traduite en français.
Dans les textes d'Abbott comme dans ceux de ses commentateurs, il est aussi beaucoup question de l'école de Chicago, un courant sociologique pionnier et parmi les plus influents, tant les orientations prônées par Abbott apparaissent liées à une redécouverte et remobilisation de son héritage.  

 

vendredi 27 février 2015

écouter: Stanislas Morel, La médicalisation de l'échec scolaire



écouter: Stanislas Morel, La médicalisation de l'échec scolaire
Les Oreilles Loin Du Front, 28.01.2015

Stanislas Morel
La médicalisation de l'échec scolaire
La Dispute
2014

Présentation de l'éditeur
Phobie scolaire, dyslexie, précocité intellectuelle, hyperactivité : les enseignants et les professionnels du soin sont aujourd'hui submergés par les demandes de traitement de « difficultés scolaires » imputées à un ensemble de plus en plus étendu de « troubles ». Comment expliquer cette manière de concevoir l'échec scolaire comme un problème strictement individuel et de nature psychologique ou médicale ?
Dans cette enquête, l’auteur, maître de conférences en sociologie, questionne la médicalisation de l'échec scolaire et montre pourquoi ces diagnostics et les traitements qui les accompagnent paraissent de plus en plus naturels. Il analyse la contribution respective des scientifiques et des professionnels du soin, des hauts fonctionnaires et des experts des questions scolaires, des familles et des associations de parents, de l'école et des enseignants, à la construction de cette prétendue évidence.
Cet ouvrage éclaire d'un nouveau jour les inégalités à l'école, et interroge la situation d'une institution en passe de perdre la main sur la résolution collective du problème de l'échec scolaire.
Stanislas Morel, Maître de conférences à l'Université de Saint-Étienne
Extrait

jeudi 16 octobre 2014

Stanislas Morel, La médicalisation de l'échec scolaire

Stanislas Morel
La médicalisation de l'échec scolaire
La Dispute
2014

Présentation de l'éditeur
Phobie scolaire, dyslexie, précocité intellectuelle, hyperactivité : les enseignants et les professionnels du soin sont aujourd'hui submergés par les demandes de traitement de « difficultés scolaires » imputées à un ensemble de plus en plus étendu de « troubles ». Comment expliquer cette manière de concevoir l'échec scolaire comme un problème strictement individuel et de nature psychologique ou médicale ?
Dans cette enquête, l’auteur, maître de conférences en sociologie, questionne la médicalisation de l'échec scolaire et montre pourquoi ces diagnostics et les traitements qui les accompagnent paraissent de plus en plus naturels. Il analyse la contribution respective des scientifiques et des professionnels du soin, des hauts fonctionnaires et des experts des questions scolaires, des familles et des associations de parents, de l'école et des enseignants, à la construction de cette prétendue évidence.
Cet ouvrage éclaire d'un nouveau jour les inégalités à l'école, et interroge la situation d'une institution en passe de perdre la main sur la résolution collective du problème de l'échec scolaire.
Stanislas Morel, Maître de conférences à l'Université de Saint-Étienne

vendredi 27 septembre 2013

écouter: Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, "Au bonheur des riches" + extraits video du documentaire

écouter: Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, "Au bonheur des riches"
Du Grain à moudre par Hervé Gardette, 26.09.2013





Au bonheur des riches
Documentaire réalisé par Antoine Roux
Ecrit en collaboration avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon
Commentaires de François Morel
Produit par Yami 2
Avec la participation de France Télévisions et Centre National du Cinéma et de l'Image Animée
France 2, dans Infrarouge , mardi 1er octobre
en DVD le 23 octobre 2013 



lundi 20 mai 2013

video-audio: Festival Raisons d’agir 2013, «Éducation et émancipation»


Festival Raisons d’agir 2013 : «Éducation et émancipation»




SAMEDI 23 MARS
PLACE DU MARCHÉ NOTRE-DAME
Présentation festive
Avec la participation de la Brigade d’Intervention Poétique et de la Maison de la poésie.

MERCREDI 3 AVRIL
PRÉAMBULE À L’UFR DE SCIENCES HUMAINES ET ARTS, AMPHI BOURDIEU
Une école pour émanciper?
Table-ronde avec Choukri Ben Ayed, professeur à l’université de Limoges (GRESCO), Samuel Bouron, doctorant (CURAPP), Bertrand Geay, professeur à l’université de Picardie (CURAPP) et Stanislas Morel, maître de conférences à l’université de Saint-Etienne (ECL).

À L’ESPACE MENDÈS-FRANCE
« Sur l’école »
Étienne Douat, maître de conférences à l’université de Poitiers (GRESCO)
Intervention – lecture par un groupe d’étudiants de lettres de l’université de Poitiers. Présentation par Véronique Rauline, maître de conférences, universités Paris-Ouest Nanterre et Poitiers.
Projections
Présentation par Benoit Perraud, réalisateur et programmateur.
100 Jours+ 41 de Delphine V. Lambert & William Lambert, France / 2012 / 4 min
Issu de la série « 100 jours ». http://100jours2012.org


France, détours, ce trait, c’est ton parcours de Frédéric Moser & Philippe Schwinger, France / 2011/ 53 min

Le film se décline dans le concret des actions pédagogiques d’une structure pionnière qui accueille les élèves exclus temporairement de l’école pour des raisons de discipline. Le local se situe dans l’enceinte d’un collège ZEP (zone d’éducation prioritaire) en banlieue parisienne. Des éducateurs encadrent ces écoliers récalcitrants et abordent les raisons de leur sanction. Il est question de contrat, de rôles donnés et de rôles à prendre. Les réalisateurs observent attentivement comment les en- fants reçoivent la parole des adultes, leur écoute, leur ennui, leur refus, leur acquiescement…

L’éducation à l’épreuve du libéralisme
Discussion animée par Jean-Charles Royer, GFEN, enseignant de philosophie, et Alexis Cukier, doctorant en philosophie, SOPHIAPOL.

JEUDI 4 AVRIL
À L’ESPACE MENDÈS-FRANCE
L’École : fabrique de l’impuissance ou apprentissage de la citoyenneté ?
Conférence-débat avec Charlotte Nordmann, essayiste et traductrice
Discutante : Marie-Hélène Motard, professeur de philosophie, institut de recherche de la FSU.
Savoirs et inégalités
Table-ronde avec Charles Soulié, maître de conférences à l’université Paris 8 et Jean-Pierre Terrail, sociologue, professeur des universités, Université de Versailles, St Quentin en Yvelines : Comment rendre aux savoirs leur portée émancipatrice ? Comment les transmettre pour lutter contre les inégalités ? Points de vue croisés du CP à l’université.
Discutant : Pascal Canaud, enseignant.
AU CINÉMA TAP CASTILLE
Projection-débat
Tempête sous un crâne de Clara Bouffartigue France / 2012 / 78 min

En présence de Clara Bouffartigue, réalisatrice.
Présentation du film par Benoît Perraud, réalisateur et programmateur, débat animé par Etienne Douat, maître de conférences à l’université de Poitiers (GRESCO) et Cyril Nazareth, enseignant et doctorant en sociologie.
Au collège Joséphine Baker de Saint-Ouen, en Seine-Saint- Denis, Alice et Isabelle enseignent à la même classe tour à tour agitée, timide, joyeuse, turbulente, mélancolique et vivante: la Quatrième C. La première est professeure de lettres, la seconde d’arts plastiques. Tempête sous un crâne nous plonge le temps d’une année scolaire au coeur de ce collège tenu par une équipe énergique et soudée, dans ses couloirs et dans ses classes où les deux professeures sont bien déterminées à trans- mettre à leurs élèves les moyens de s’exprimer.

VENDREDI 5 AVRIL
À L’ESPACE MENDÈS-FRANCE
Pratiques scolaires et universitaires
Conférence-débat avec Stéphane Bonnéry, maître de conférences, université Paris 8 (ESCOL) : « Démocratisation scolaire: quels défis?» ; Frédéric Neyrat, maître de conférences, université de Limoges (sous réserve) ; Sylvain Broccolichi, maître de conférences, université d’Artois (RECIFES): «Émancipation versus disqualification: enjeux, contraintes et pratiques usuelles en situation scolaire ».
Discutant : Ludovic Marchand, directeur d’école.
Changer l’école ?
Table-ronde avec Ugo Palheta, maître de conférences, université Lille-3, membre du comité de rédaction de Contretemps ; Christine Passerieux, formatrice, responsable nationale du GFEN ; Arnaud Tiercelin, responsable national de la Ligue de l’enseignement.
Face aux ségrégations, aux difficultés à apprendre et à tous les gadgets qui encombrent les politiques scolaires, quelles perspectives tracer pour une école de l’égalité et de l’émancipation pour tous ?
Discutants : Magali Espinasse, professeur de lettres, co-secrétaire académique du SNES-FSU et Tanguy Le Bolloc’h, lecteur dans le Plac’Art.
Espérer ou désespérer de l’école ?
Débat avec des élèves et des étudiants animé par Etienne Douat, maître de conférences à l’université de Poitiers (GRESCO) et Bertrand Geay, professeur à l’université de Picardie (CURAPP).
À partir de quelques extraits d’entretien avec des élèves ou anciens élèves, on propose ici d’explorer la mise en mots de la difficulté ou de la réussite, des heurs et des malentendus qui peuvent se nouer dans les parcours d’apprentissage, dans et hors l’école. La parole est ici d’abord celle des principaux intéressés, les jeunes.
AU CRDP
Projection-débat
L’école buissonnière de Jean-Paul Le Chanois, France / 1948 / 99 min

Présentation du film par Benoît Perraud, réalisateur et programmateur, débat en présence de Stéphane Bonnéry, maître de conférences, université de Paris 8, et de M et Mme Geminey, instituteurs Freinet de l’après-guerre (sous réserve)
1920, dans un petit village de Provence. M. Pascal, jeune instituteur, se heurte au manque d’intérêt de ses élèves. Il décide de changer radicalement ses méthodes. Il écoute les enfants, s’inspire de leurs découvertes, les emmène dans la nature. Les élèves vont retrouver le plaisir d’apprendre, et lui celui d’enseigner. Mais des parents et les notables ne voient pas cette petite révolution d’un bon œil…
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voir également:
écouter: Festival Raisons d’agir 2012 : «Démocratie(s) aujourd’hui»


lundi 11 mars 2013

Programme: Festival Raisons d’agir 2013 : «Éducation et émancipation»


Festival Raisons d’agir 2013 : «Éducation et émancipation»


Poitiers, du 3 avril au 5 avril 2013 - 
Pour sa huitième édition, le Festival Raisons d’Agir réfléchira aux rapports entre «éducation» et «émancipation». Fidèle à sa formule, le festival associe le regard objectivant des chercheurs à celui, plus subjectif, des artistes, des militants et des étudiants, afin de mener une réflexion collective sur les débats politiques contemporains et ainsi d’y prendre part.
Éduquer pour émanciper. Instruire le peuple, les femmes, les reclus, les opprimés contre l’emprise des traditions et de toutes les formes de domination. Apprendre par soi-même, les uns des autres, pour conquérir sa liberté, pour le plaisir d’apprendre. Tels furent les mots d’ordre des luttes pour l’instruction publique et des mouvements d’éducation populaire, avec ou contre l’action conduite par l’Etat, en lien ou non avec les prophéties révolutionnaires.
Longtemps, il fut surtout question d’instituer l’égal accès à l’instruction. Des « Lumières » aux luttes ouvrières et féministes, de la création de l’école républicaine aux vagues de démocratisation scolaire du XXe siècle, l’idée s’est peu à peu imposée que l’éducation était un droit pour tous et que chaque citoyen devait disposer des moyens de son autonomie. La contestation est également venue de l’intérieur ou des marges du système d’enseignement, contre les formes d’autoritarisme et de compétition que drainaient avec elles les traditions pédagogiques et les structures scolaires. Il s’agissait alors d’instaurer une « éducation nouvelle », plus coopérative, plus sociale. Hors les murs, les mouvements de jeunesse s’essayaient aux « méthodes actives ». Les enseignants eux-mêmes se divisaient entre « anciens » et « modernes ». La révolution éducative se retournait contre le pouvoir des clercs.
Mais déjà, un autre bouleversement était à l’œuvre. L’instauration de « l’école pour tous » finissait elle-même par produire son lot de désillusions. La critique sociologique mettait à mal le mythe de « l’école libératrice ». Et la statistique scolaire ne cessait de confirmer que la massification de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur ne réduisait en rien les inégalités. Dans le fonctionnement ordinaire du système d’enseignement, chacun était en quelque sorte renvoyé à lui-même, à ses « talents », à sa « nature ». La réforme scolaire contribuait malgré tout à des mouvements d’émancipation, à celui des femmes tout particulièrement. Mais le progressisme scolaire perdait peu à peu de sa force d’entraînement, en même temps que s’installait un climat de consumérisme et d’individualisme cynique. Les mouvements pédagogiques et les associations d’éducation populaire voyaient leur base militante s’effriter peu à peu.
À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, la révolte est revenue par un autre côté, contre la montée en puissance d’une vision marchande, utilitariste et instrumentaliste de l’éducation. L’école serait de plus en plus conçue comme un moyen d’améliorer l’employabilité des futurs travailleurs et la croissance économique. Les luttes scolaires reprirent de la vigueur en même temps que s’inventait l’altermondialisme. Alors que le mouvement d’extension de la scolarisation semblait être durablement bloqué, le droit à l’éducation était exigé sous de multiples formes, dans les luttes des territoires déshérités comme dans la défense de programmes scolaires universalistes, dans la solidarité avec les enfants de sans-papiers comme dans la défense de l’organisation nationale de l’institution scolaire.
Où en est-on exactement aujourd’hui? Quels sont les enjeux actuels de la réforme éducative dans le contexte de la refondation de l’école annoncée par le nouveau pouvoir en place ? Quelles formes prennent les tensions contemporaines entre tendances objectives au maintien des inégalités, renoncement ou désenchantement et volontarisme politique? Par quelles voies s’invente aujourd’hui une école ambitieuse pour tous, démocratique? Quels faux-semblants mais aussi quels espoirs se dessinent sous nos yeux, s’expérimentent ici ou là ?

Programme

SAMEDI 23 MARS
PLACE DU MARCHÉ NOTRE-DAME
10h30 – 12h30 – Présentation festive
Avec la participation de la Brigade d’Intervention Poétique et de la Maison de la poésie.

MERCREDI 3 AVRIL
PRÉAMBULE À L’UFR DE SCIENCES HUMAINES ET ARTS, AMPHI BOURDIEU
13h30 – Une école pour émanciper?
Table-ronde avec Choukri Ben Ayed, professeur à l’université de Limoges (GRESCO), Samuel Bouron, doctorant (CURAPP), Étienne Douat, maître de conférences à l’université de Poitiers (GRESCO), Bertrand Geay, professeur à l’université de Picardie (CURAPP) et Stanislas Morel, maître de conférences à l’université de Saint-Etienne (ECL).
Au moment où le projet de loi d’orientation pour la « refondation » de l’école va entrer dans les faits, on peut s’interroger sur ce qu’il en est des conceptions explicites ou implicites qui caractérisent la politique gouvernementale sur l’éducation. Et s’efforcer de les mettre en perspective à partir des connaissances sociologiques.
À L’ESPACE MENDÈS-FRANCE
17h – « Sur l’école »
Intervention – lecture par un groupe d’étudiants de lettres de l’université de Poitiers. Présentation par Véronique Rauline, maître de conférences, universités Paris-Ouest Nanterre et Poitiers.
18h30 – Projections
Présentation par Benoit Perraud, réalisateur et programmateur.
100 Jours+ 41 de Delphine V. Lambert & William Lambert, France / 2012 / 4 min
Issu de la série « 100 jours ». http://100jours2012.org


France, détours, ce trait, c’est ton parcours de Frédéric Moser & Philippe Schwinger, France / 2011/ 53 min

Le film se décline dans le concret des actions pédagogiques d’une structure pionnière qui accueille les élèves exclus temporairement de l’école pour des raisons de discipline. Le local se situe dans l’enceinte d’un collège ZEP (zone d’éducation prioritaire) en banlieue parisienne. Des éducateurs encadrent ces écoliers récalcitrants et abordent les raisons de leur sanction. Il est question de contrat, de rôles donnés et de rôles à prendre. Les réalisateurs observent attentivement comment les en- fants reçoivent la parole des adultes, leur écoute, leur ennui, leur refus, leur acquiescement…
Les films de Frédéric Moser et Philippe Schwinger interrogent le présent à partir de faits politiques et sociaux issus de l’histoire récente. Ils remettent alors en scène les sources de la réalité contemporaine, pour les placer dans le lieu de discussion d’un conflit. En 2009, Moser et Schwinger initient le projet d’une série de quatre épisodes intitulée «France, détours» et partent là où ils sont invités à «interroger la France» et capturer des situations emblématiques de la société d’aujourd’hui. Le 1er épisode a été réalisé à la Cité du Mirail de Toulouse. Nous vous présentons ici le second épisode, alors que le 3e épisode, en cours de finalisation, se tient à Marseille avec des adolescents issus de milieux aisés.
POSSIBILITÉ DE RESTAURATION PAYANTE SUR PLACE
21h – L’éducation à l’épreuve du libéralisme
Conférence-débat avec Grégory Chambat, enseignant en collège à Mantes-la-Ville, membre du comité de rédaction de la revue N’Autre école : « De l’école de Jules Ferry à ses contestations politiques, syndicales et pédagogiques » ; et Pierre Clément, doctorant (CURAPP) : « Les racines nationales et internationales du néo-libéralisme à l’école ».
Discussion animée par Jean-Charles Royer, GFEN, enseignant de philosophie, et Alexis Cukier, doctorant en philosophie, SOPHIAPOL.

JEUDI 4 AVRIL
À L’ESPACE MENDÈS-FRANCE
14h – L’École : fabrique de l’impuissance ou apprentissage de la citoyenneté ?
Conférence-débat avec Charlotte Nordmann, essayiste et traductrice
Discutante : Marie-Hélène Motard, professeur de philosophie, institut de recherche de la FSU.
15h30 – Savoirs et inégalités
Table-ronde avec Charles Soulié, maître de conférences à l’université Paris 8 et Jean-Pierre Terrail, sociologue, professeur des universités, Université de Versailles, St Quentin en Yvelines : Comment rendre aux savoirs leur portée émancipatrice ? Comment les transmettre pour lutter contre les inégalités ? Points de vue croisés du CP à l’université.
Discutant : Pascal Canaud, enseignant.
AU CINÉMA TAP CASTILLE
21h – Projection-débat – 5 euros
Tempête sous un crâne de Clara Bouffartigue France / 2012 / 78 min

En présence de Clara Bouffartigue (sous réserve), réalisatrice.
Présentation du film par Benoît Perraud, réalisateur et programmateur, débat animé par Etienne Douat, maître de conférences à l’université de Poitiers (GRESCO) et Cyril Nazareth, enseignant et doctorant en sociologie.
Au collège Joséphine Baker de Saint-Ouen, en Seine-Saint- Denis, Alice et Isabelle enseignent à la même classe tour à tour agitée, timide, joyeuse, turbulente, mélancolique et vivante: la Quatrième C. La première est professeure de lettres, la seconde d’arts plastiques. Tempête sous un crâne nous plonge le temps d’une année scolaire au coeur de ce collège tenu par une équipe énergique et soudée, dans ses couloirs et dans ses classes où les deux professeures sont bien déterminées à trans- mettre à leurs élèves les moyens de s’exprimer.
Issue d’une longue lignée d’enseignants, la monteuse devenue réalisatrice Clara Bouffartigue trouve la juste distance dans ce documentaire vibrant sur l’acte de transmission. Sans angélisme ni misérabilisme, elle cherche sa place au sein de situations difficiles, où l’acte de filmer devient urgence devant la passion d’enseigner. Un espace et un temps où l’éducation est un enjeu majeur, entre refus et découvertes, entre cris de rage et fous rires.

VENDREDI 5 AVRIL
À L’ESPACE MENDÈS-FRANCE
9h30 – Pratiques scolaires et universitaires
Conférence-débat avec Stéphane Bonnéry, maître de conférences, université Paris 8 (ESCOL) : « Démocratisation scolaire: quels défis?» ; Frédéric Neyrat, maître de conférences, université de Limoges (sous réserve) ; Sylvain Broccolichi, maître de conférences, université d’Artois (RECIFES): «Émancipation versus disqualification: enjeux, contraintes et pratiques usuelles en situation scolaire ».
Discutant : Ludovic Marchand, directeur d’école.
14h – Changer l’école ?
Table-ronde avec Ugo Palheta, maître de conférences, université Lille-3, membre du comité de rédaction de Contretemps ; Christine Passerieux, formatrice, responsable nationale du GFEN ; Arnaud Tiercelin, responsable national de la Ligue de l’enseignement.
Face aux ségrégations, aux difficultés à apprendre et à tous les gadgets qui encombrent les politiques scolaires, quelles perspectives tracer pour une école de l’égalité et de l’émancipation pour tous ?
Discutants : Magali Espinasse, professeur de lettres, co-secrétaire académique du SNES-FSU et Tanguy Le Bolloc’h, lecteur dans le Plac’Art.
17h – Espérer ou désespérer de l’école ?
Débat avec des élèves et des étudiants animé par Etienne Douat, maître de conférences à l’université de Poitiers (GRESCO) et Bertrand Geay, professeur à l’université de Picardie (CURAPP).
À partir de quelques extraits d’entretien avec des élèves ou anciens élèves, on propose ici d’explorer la mise en mots de la difficulté ou de la réussite, des heurs et des malentendus qui peuvent se nouer dans les parcours d’apprentissage, dans et hors l’école. La parole est ici d’abord celle des principaux intéressés, les jeunes.
AU CRDP
21h – Projection-débat
L’école buissonnière de Jean-Paul Le Chanois, France / 1948 / 99 min

Présentation du film par Benoît Perraud, réalisateur et programmateur, débat en présence de Stéphane Bonnéry, maître de conférences, université de Paris 8, et de M et Mme Geminey, instituteurs Freinet de l’après-guerre (sous réserve)
1920, dans un petit village de Provence. M. Pascal, jeune instituteur, se heurte au manque d’intérêt de ses élèves. Il décide de changer radicalement ses méthodes. Il écoute les enfants, s’inspire de leurs découvertes, les emmène dans la nature. Les élèves vont retrouver le plaisir d’apprendre, et lui celui d’enseigner. Mais des parents et les notables ne voient pas cette petite révolution d’un bon œil…
Ce film marque un temps fort de l’histoire du cinéma d’après-guerre : produit par la Coopérative Générale du Cinéma Français, et tourné suivant des méthodes nouvelles (les enfants pouvaient décou- vrir les postes techniques du tournage…), il relate aussi les débuts du célèbre pédagogue que fut Célestin Freinet, interprété avec brio par Bernard Blier. Jean-Paul Chanois (1909-1985) est connu pour son grand engagement politique et cinématographique: résistant, syndicaliste dans le milieu du cinéma, il sera un important réalisateur engagé des années 50 mais aussi un homme de théâtre recon- nu. Il est notamment un des co-scénaristes et co- réalisateurs de « La Vie est à Nous », film culte du Front Populaire.

Informations pratiques

Le festival est ouvert à tous. L’accès à l’ensemble des manifestations est libre et gratuit, hormis à la projection de Tempête sous un crâne au cinéma TAP Castille, le jeudi soir au tarif unique de 5 euros. La librairie La Belle Aventure est partenaire du festival et proposera une sélection de livres.

Les lieux

UNIVERSITÉ DE POITIERS – UFR SCIENCES HUMAINES ET ARTS
Hôtel Fumé, 8 rue René Descartes
tel. 05 49 45 45 45 – sha.univ-poitiers.fr
ESPACE MENDÈS FRANCE
1 Place de la Cathédrale
tel. 05 49 50 33 08 – emf.fr
LA BELLE AVENTURE
15 rue des Grandes Écoles
tel. 05 49 01 32 21
CINEMA TAP CASTILLE
24 place du Maréchal Leclerc
tel. 05 49 39 40 00 – tap-poitiers.com
CRDP – CENTRE RÉGIONAL DE DOCUMENTATION PÉDAGOGIQUE
6 rue Sainte-Catherine
tel. 05 49 60 67 00 – cndp.fr/crdp-poitiers

Partenaires

Le festival Raisons d’agir 2013 est organisé par l’association Raisons d’agir Poitiers et L’Associo (Association des étudiants en sociologie de l’université de Poitiers), en partenariat avec le cinéma TAP Castille, l’UFR Sciences humaines et arts, l’Espace Mendès France, l’Association culturelle de l’UFR Lettres et Langues, la librairie La Belle Aventure et le CRDP Poitou-Charentes, avec le soutien financier de l’université de Poitiers, de la ville de Poitiers, de la région Poitou-Charentes et de la Ligue de l’enseignement.

Documents

vendredi 11 janvier 2013

écouter: Frédéric Lordon à propos du film Le grand retournement + Lordon et l'équipe du film au Cinéma des Cinéastes

écouter:
Gérard Mordillat, François Morel, Frédéric Lordon et l'équipe du film
Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, 21.01.2013

Frédéric Lordon à propos du film Le grand retournement
Le RenDez-Vous par Laurent Goumarre, 11.01.2013

Frédéric Lordon et l'équipe du film à l'Avant Premiere du film "Le Grand Retournement" au Cinéma des Cinéastes, 8 janvier 2013

lundi 24 décembre 2012

Bande-annonce: Le Grand Retournement, un film de Gérard Mordillat (d'après la pièce de Frédéric Lordon)


Sortie : Le 23 janvier 2013

Le Grand Retournement

 un film de Gérard Mordillat
  • Avec François Morel, Jacques Weber, Edouard Baer, Patrick Mille
  • D’après la pièce de Frédéric Lordon « D’un retournement l’autre. Comédie sérieuse sur la crise financière »
  • Production : Stephan Films
  • France, 2012, 1h17, DCP
Synopsis
C’est la crise, la bourse dégringole, les banques sont au bord de la faillite, le crédit est mort, l’économie se meurt… Pour sauver leurs mises les banquiers font appel à l’État. L’État haï est soudain le sauveur ! Les citoyens paieront pour que le système perdure, que les riches restent riches, les pauvres pauvres. Adapté de la pièce de Frédéric Lordon cette histoire d’aujourd’hui se raconte en alexandrins classiques.  C’est tragique comme du Racine, comique comme du Molière…
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Mercredi 16 janvier 2013, au Théâtre Toursky à Marseille, à partir de 19h00 sera projeté en avant-première le nouveau film de Gérard Mordillat "Le Grand Retournement", réquisitoire sans appel contre la folie financière, tout en truculence et jubilation, et en alexandrins de Frédéric Lordon, un économiste qui nous rassure dans notre capacité à ruiner la pensée unique.

La projection sera suivie d’un débat avec
Gérard Mordillat et Frédéric Lordon.

Ce sera
l’unique projection de ce film à Marseille qui, si elle est la capitale européenne de la culture, n’est malheureusement pas la capitale du cinéma.

Mais avant la projection, le Cercle des Déconnomistes en présence du
Grand Mamamouchi, de Gérard Mordillat et de Frédéric Lordon annoncera officiellement la tenue des deuxièmes Rencontres Déconnomiques qui se dérouleront début juillet à d’Aix en Provence.
La réservation au Théâtre Toursky est absolument indispensable en téléphonant au 04 91 02 58 35.


Dany Bruet
Correspondant des AMD d’Aix-en-Provence
 

vendredi 7 septembre 2012

LIRE LES SCIENCES SOCIALES: Les inégalités scolaires, 28 septembre 2012


LIRE LES SCIENCES SOCIALES

Vendredi
28 septembre 2012
10 h 00 - 12 h 30CNRS/site Pouchet (salle 159), 59-61, rue Pouchet, 75017 Paris
Métro ligne 13 (Guy Moquet/Brochant), Bus 66 (La Jonquière)

 
Les inégalités scolaires

Présentation et discussion des ouvrages :


Wilfried Lignier : La petite noblesse de l'intelligence. Une sociologie des enfants surdoués, La Découverte, 2012.
"Ce livre s'attache à dissiper le halo de mystère qui entoure la figure de l'enfant « surdoué». D'où vient-elle ? Comment est-elle devenue, en France, sous le nom de « précocité intellectuelle », une question éducative sérieuse et officielle ? Dans quelle mesure les psychologues reconnaissent-ils cette notion ? Et surtout : qui sont, qu'attendent et que font les parents qui ont aujourd'hui recours au quotient intellectuel (QI) pour attester la grande intelligence de leur(s) enfant(s) ?À partir d'une enquête menée notamment auprès de parents, de psychologues et de militants associatifs, ce livre relie l'affirmation de cette petite noblesse de l'intelligence que constituent les enfants surdoués à un double contexte : le développement de pratiques psychologiques privées et l'augmentation de la concurrence au sein de l'école massifiée.De façon exemplaire, le cas des surdoués montre comment la psychologie clinique peut fonctionner comme une source légitime de singularisation des enfants dans les secteurs les plus indifférenciés de l'école (de la maternelle au début du collège). Cette singularisation a certes une fonction de réassurance pour des familles qui, bien que plutôt avantagées socialement, sont sujettes à de vives incertitudes éducatives. Mais on ne saurait ignorer les conséquences concrètes qu'a aussi l'anoblissement psychologique : l'institution scolaire se voit pressée d'accorder aux intelligences qui la dépassent les petits privilèges qui leurs sont dus".



Jean-Yves Rochex et Jacques Crinon (dir.), La construction des inégalités scolaires. Au cœur des pratiques et des dispositifs d'enseignement,
Presses universitaires de Rennes, 2011."Cet ouvrage est issu des travaux du réseau RESEIDA, qui vise à mieux décrire et analyser les processus de production des inégalités scolaires en matière d'apprentissage et d'accès au savoir et à la culture écrite. Croisant les regards et les questionnements didactiques et sociologiques, pénétrant au cœur des pratiques et des dispositifs d'enseignement, ses auteurs montrent en quoi la production des inégalités s'alimente à plusieurs sources : les situations et processus dans lesquels sont présupposés chez tous les élèves des dispositions et modes de faire que seuls les élèves familiers de l'univers scolaire sont à même de mettre en œuvre ; mais aussi des modes d'aide et d'adaptation aux caractéristiques (réelles ou supposées) des élèves qui, loin de contribuer à réduire les difficultés et inégalités scolaires, peuvent au contraire les entériner et les renforcer. Les modalités de "cadrage" s'avèrent particulièrement pénalisantes pour les élèves de milieux populaires. Les processus de production des inégalités scolaires apparaissent dès lors tissés de logiques hétérogènes tenant aux enjeux de savoir, aux usages du langage, à l'élaboration et au choix des tâches et supports de travail et aux conceptions que les enseignants se font de ce qu'il est possible et souhaitable d'enseigner à leurs élèves. La récurrence des observations et la convergence des analyses opérées dans des classes et des contextes socio-géographiques différents conduisent à aller au-delà de l'analyse de pratiques enseignantes, pour interroger tes évolutions actuelles de ta forme scolaire. Ces évolutions semblent épouser, voire renforcer, le caractère implicite et socialement inégalitaire du fonctionnement de l'institution scolaire".
 
En présence de Wilfried Lignier et Jean-Yves Rochex

Présentation par Stanislas Morel