Stéphane Beaud et Gérard Mauger (dir.)
Une génération sacrifiée ?
Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée
Postface de Florence Weber
Rue d'Ulm
Sciences sociales
2017
Présentation de l'éditeur
La massification scolaire, la désindustrialisation, les
transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise
de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les
« jeunes des cités ;» constituent le point focal. Sans les exclure ni
se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent
les inadaptations et les tentatives d’ajustement, les engagements et les
désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation
et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des
nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du
chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu’elle permet,
l’emprise des valeurs consuméristes, ont d’autant plus détérioré leurs
capacités de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ».
Faut-il en conclure qu’à la culture de rébellion de la « génération
ouvriérisée » des années 1970 s’opposerait aujourd’hui
« l’individualisme négatif » d’une « génération désouvriérisée » ?
La
postface de Florence Weber revient sur le tabou du déclassement qui
enferme depuis quinze ans les perdants de la mondialisation dans la
colère, le retrait et la honte. La croissance des inégalités
territoriales s’est aggravée en France depuis la crise économique de
2008, tandis que la course au diplôme sans création d’emplois qualifiés,
notamment dans le secteur de la culture, minait la confiance dans
l’école, jusque chez les jeunes des classes moyennes sans patrimoine.
Stéphane BEAUD
est sociologue, professeur de science politique à l’Université
Paris-Ouest Nanterre, chercheur à l’Institut des sciences sociales du
politique (CNRS-Nanterre). Ses recherches portent sur les classes
populaires, la démocratisation scolaire, les descendants d’immigrés avec
un détour par la sociologie du football. Il a notamment publié, avec
M. Pialoux, Retour sur la condition ouvrière (La Découverte-poche, 2011), Violences urbaines, Violence sociale (Fayard, 2003).
Gérard MAUGER
est sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au
Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-Paris I).
Ses recherches concernent, pour l’essentiel, les générations et les âges
de la vie (jeunesse), les pratiques déviantes et délinquantes, les
classes populaires, les pratiques culturelles (lecture) et l’œuvre de
Pierre Bourdieu. Il a récemment publié Lectures de Bourdieu (codir. F. Lebaron, Ellipses, 2012), Repères pour résister à l’idéologie dominante (Le Croquant, 2013), Lectures numériques. Une enquête sur les grands lecteurs (avec P. Gaudric et X. Zunigo, Bibliothèque du Centre Pompidou, 2014) et Âges et générations (La Découverte, 2015).
Avec la collaboration de Lorenzo BARRAULT-STELLA, Thomas BEAUBREUIL, Clémentine BERJAUD, Charles BERTHONNEAU, Samuel BOURON, Vincent BURCKEL, Benoît COQUARD, Pierig HUMEAU, Sophie ORANGE, Akim OUALHACI, Ugo PALHETA, Martin THIBAULT.