« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 21 février 2017

Stéphane Beaud et Gérard Mauger (dir.), Une génération sacrifiée ? Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée

 
Stéphane Beaud et Gérard Mauger (dir.)
Une génération sacrifiée ? 
Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée
Postface de Florence Weber
Rue d'Ulm 
Sciences sociales
2017

Présentation de l'éditeur
La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les « jeunes des cités  ;» constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d’ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu’elle permet, l’emprise des valeurs consuméristes, ont d’autant plus détérioré leurs capacités de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ». Faut-il en conclure qu’à la culture de rébellion de la « génération ouvriérisée » des années 1970 s’opposerait aujourd’hui « l’individualisme négatif » d’une « génération désouvriérisée » ?
La postface de Florence Weber revient sur le tabou du déclassement qui enferme depuis quinze ans les perdants de la mondialisation dans la colère, le retrait et la honte. La croissance des inégalités territoriales s’est aggravée en France depuis la crise économique de 2008, tandis que la course au diplôme sans création d’emplois qualifiés, notamment dans le secteur de la culture, minait la confiance dans l’école, jusque chez les jeunes des classes moyennes sans patrimoine. 

Stéphane BEAUD est sociologue, professeur de science politique à l’Université Paris-Ouest Nanterre, chercheur à l’Institut des sciences sociales du politique (CNRS-Nanterre). Ses recherches portent sur les classes populaires, la démocratisation scolaire, les descendants d’immigrés avec un détour par la sociologie du football. Il a notamment publié, avec M. Pialoux, Retour sur la condition ouvrière (La Découverte-poche, 2011), Violences urbaines, Violence sociale (Fayard, 2003).
Gérard MAUGER est sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-Paris I). Ses recherches concernent, pour l’essentiel, les générations et les âges de la vie (jeunesse), les pratiques déviantes et délinquantes, les classes populaires, les pratiques culturelles (lecture) et l’œuvre de Pierre Bourdieu. Il a récemment publié Lectures de Bourdieu (codir. F. Lebaron, Ellipses, 2012), Repères pour résister à l’idéologie dominante (Le Croquant, 2013), Lectures numériques. Une enquête sur les grands lecteurs (avec P. Gaudric et X. Zunigo, Bibliothèque du Centre Pompidou, 2014) et Âges et générations (La Découverte, 2015).
Avec la collaboration de Lorenzo BARRAULT-STELLA, Thomas BEAUBREUIL, Clémentine BERJAUD, Charles BERTHONNEAU, Samuel BOURON, Vincent BURCKEL, Benoît COQUARD, Pierig HUMEAU, Sophie ORANGE, Akim OUALHACI, Ugo PALHETA, Martin THIBAULT.
 


jeudi 20 février 2014

Xavier Zunigo, La prise en charge du chômage des jeunes. Ethnographie d’un travail palliatif

Xavier Zunigo
La prise en charge du chômage des jeunes
Ethnographie d’un travail palliatif
éditions du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
Depuis quarante ans, la lutte contre le chômage des jeunes est présentée comme une « prio­rité » sinon comme une « cause nationale ». Mais, si on considère les résultats, le constat d’échec s’impose : depuis le début des années 1980, le taux de chômage des jeunes stationne aux environs de 22 % et atteint plus de 50 % chez les non-diplômés. Cependant, l’incapacité des pouvoirs publics à réduire le chômage ne signifie pas pour autant que les politiques d’insertion sont inutiles.
Si les « travailleurs sociaux » – qui se confrontent aux difficultés de ceux qui accèdent, désarmés, au marché du travail – ne sauraient résoudre le problème du chômage, ils répondent, dans l’intimité des bureaux des missions locales et des salles surchargées des organismes de formation, à de multiples autres attentes. Leurs pratiques, au jour le jour, consolident celles des cadres ordinaires de socialisation (institution scolaire, famille, groupe de pairs, etc.) pour valider les prétentions professionnelles légitimes, indiquer les opportunités ouvertes ou fermées sur le marché du travail, certifier ou renforcer la valeur professionnelle accordée aux candidats, sanctionner et réformer les conduites disqualifiantes dans les entreprises.
Ce travail d’insertion participe à l’« étayage » du rapport au travail de ces publics et ne peut, en ce sens, connaître l’échec. Il s’avère même une modalité à part entière de la gestion publique du chômage des jeunes dans la mesure où ses effets contribuent à la construction du rapport au monde de ceux qui en bénéficient.
Xavier Zunigo est docteur en sociologie. Ses travaux scientiques portent notamment sur les jeunes, et les politiques publiques. Ils ont donné lieu à de nombreuses publications scientifiques, notamment un ouvrage sur le volontariat chez Mère Teresa à Calcutta. Il enseigne notamment à l’université Paris-Dauphine et à l’École normale supérieure et poursuit aujourd’hui ses travaux dans l’agence de recherche ARISTAT dont il est le fondateur.