« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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vendredi 1 septembre 2017

Savoir/Agir n° 40, Les cadres pris dans la gestion

Savoir/Agir n° 40, Les cadres pris dans la gestion
du Croquant
2017

Présentation de l'éditeur
Selon la logique de l’économie libérale dominante, les entreprises sont confrontées à une exigence croissante de performance. Elles ont peu à peu converti leurs principaux acteurs à une culture managériale et à une logique d’efficacité économique. L’idée de performance fait partie de cet ensemble et suppose, d’une manière générale, compétition et concurrence.
Le management est présenté par ses promoteurs comme une activité rationnelle, professionnelle et scientifique, sans lien, apparent tout au moins, avec les questions de propriété de l’entreprise. Cette idée est relativement récente. Comme beaucoup d’autres dans le domaine de l’économie d’entreprise, elle vient des États-Unis, où elle a émergé comme un des aspects des transformations majeures qui ont redéfini l’économie américaine au tournant du 20ème siècle.
En Europe, et plus particulièrement en France, le processus a été plus tardif. Ce processus a son vocabulaire : identifier le problème, chercher les solutions, évaluer les solutions, choisir, communiquer le choix, mettre en œuvre, contrôler... Il a ses outils :
- La veille (informationnelle, technologique, concurrentielle, sociale), l’arbitrage en groupe, etc.
Comment cela se traduit-il concrètement dans les entreprises, au-delà de la neutralité des présentations sur les Powerpoint des écoles de management ? Les auteurs qui ont contribué au dossier de ce numéro s’appuient sur des enquêtes et des recherches menées dans diverses entreprises et diverses situations professionnelles.
Table des matières
Éditorial
Le changement dans la continuité, par Frédéric Lebaron
Dossier
«  Les cadres pris dans la gestion  », coordonné par Hélène Stevens et Laurent Willemez
Management par les dispositifs et dispositions à manager. De la standardisation du travail d’encadrement au travail d’organisation des encadrants, par Lionel Jacquot
Mythes et réalités du travail par projet. Enquête auprès de salariés de l’ingénierie automobile, par Lucie Goussard
Les cadres et l’idéologie managériale  : entre méconnaissance et mystification, par Gaëtan Flocco
Le travail et les carrières des cadres au prisme du coaching en entreprise. Vers une pacification des rapports sociaux de travail  ?, par Scarlett Salman
«  Vous prendrez en charge le côté humain du projet  ». Paradoxes et malentendus de l’accompagnement des changements en entreprise, par Marie Benedetto-Meyer et Laurent Willemez
Grand entretien avec Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui. Habitus, cinéma et politique, par Line Wies et Vincent Burckel
Idées
Considérations actuelles  : à propos de Nietzsche, par Louis Pinto
Paroles
Juge de proximité, au service des «  honnêtes gens  », par Claire Freile Tebar
La rhétorique réactionnaire.
Un champ politique illisible (2). Recompositions, par Gérard Mauger
Culture
Les coulisses d’un rite d’institution. Ce que montre le film Le Concours, par Hugues Draelants
Chroniques du monde
Répression syndicale en Turquie sous le gouvernement AKP. Vers une perte d’autonomie des syndicats  ?, par Isil Erdinç



mardi 21 février 2017

Stéphane Beaud et Gérard Mauger (dir.), Une génération sacrifiée ? Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée

 
Stéphane Beaud et Gérard Mauger (dir.)
Une génération sacrifiée ? 
Jeunes des classes populaires dans la France désindustrialisée
Postface de Florence Weber
Rue d'Ulm 
Sciences sociales
2017

Présentation de l'éditeur
La massification scolaire, la désindustrialisation, les transformations du paysage politique et culturel ont provoqué une crise de reproduction de longue durée des classes populaires, dont les « jeunes des cités  ;» constituent le point focal. Sans les exclure ni se réduire à leur cas, les enquêtes rassemblées dans ce livre analysent les inadaptations et les tentatives d’ajustement, les engagements et les désengagements, les espoirs et les déboires, les quêtes de compensation et les conversions, mais aussi les formes de reproduction au sein des nouvelles générations de jeunes des classes populaires. La menace du chômage, la précarité et le chantage à la docilité qu’elle permet, l’emprise des valeurs consuméristes, ont d’autant plus détérioré leurs capacités de mobilisation que beaucoup se vivent comme « de passage ». Faut-il en conclure qu’à la culture de rébellion de la « génération ouvriérisée » des années 1970 s’opposerait aujourd’hui « l’individualisme négatif » d’une « génération désouvriérisée » ?
La postface de Florence Weber revient sur le tabou du déclassement qui enferme depuis quinze ans les perdants de la mondialisation dans la colère, le retrait et la honte. La croissance des inégalités territoriales s’est aggravée en France depuis la crise économique de 2008, tandis que la course au diplôme sans création d’emplois qualifiés, notamment dans le secteur de la culture, minait la confiance dans l’école, jusque chez les jeunes des classes moyennes sans patrimoine. 

Stéphane BEAUD est sociologue, professeur de science politique à l’Université Paris-Ouest Nanterre, chercheur à l’Institut des sciences sociales du politique (CNRS-Nanterre). Ses recherches portent sur les classes populaires, la démocratisation scolaire, les descendants d’immigrés avec un détour par la sociologie du football. Il a notamment publié, avec M. Pialoux, Retour sur la condition ouvrière (La Découverte-poche, 2011), Violences urbaines, Violence sociale (Fayard, 2003).
Gérard MAUGER est sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS-Paris I). Ses recherches concernent, pour l’essentiel, les générations et les âges de la vie (jeunesse), les pratiques déviantes et délinquantes, les classes populaires, les pratiques culturelles (lecture) et l’œuvre de Pierre Bourdieu. Il a récemment publié Lectures de Bourdieu (codir. F. Lebaron, Ellipses, 2012), Repères pour résister à l’idéologie dominante (Le Croquant, 2013), Lectures numériques. Une enquête sur les grands lecteurs (avec P. Gaudric et X. Zunigo, Bibliothèque du Centre Pompidou, 2014) et Âges et générations (La Découverte, 2015).
Avec la collaboration de Lorenzo BARRAULT-STELLA, Thomas BEAUBREUIL, Clémentine BERJAUD, Charles BERTHONNEAU, Samuel BOURON, Vincent BURCKEL, Benoît COQUARD, Pierig HUMEAU, Sophie ORANGE, Akim OUALHACI, Ugo PALHETA, Martin THIBAULT.
 


vendredi 20 septembre 2013

Savoir/agir n°25, Les enjeux des élections municipales

Savoir/agir n°25
Les enjeux des élections municipales
éd du Croquant
2013
Présentation de l'éditeur
À l’approche des élections municipales de mars 2014, quoi de plus légitime que d’aborder les enjeux de ce scrutin ? La « gauche » va-t-elle conserver les bastions qu’elle a conquis ? L’extrême droite va-t-elle faire une entrée fracassante dans les conseils municipaux ? Le Front de gauche pèsera-t-il désormais dans le pouvoir local ? Ces sujets traditionnellement abordés par les politologues et les journalistes, même s’ils ont leur intérêt, ne sont pas ceux qui seront abordés dans ce dossier.
Nous nous intéressons à des enjeux moins visibles, mais qui tiennent à la structure profonde du pouvoir local.
Qui sont les élus locaux et que sont-ils devenus au cours des trente dernières années ? Quelles sont les conséquences du mode de scrutin et de ses récentes évolutions sur le profil des conseils municipaux et de leurs exécutifs, en terme de parité, de groupes socioprofessionnels et d’âges représentés ? Les citoyens restent-ils cantonnés au rôle de votant (alors que l’abstention dans l’espace local bat à chaque élection de nouveaux records), ou la démocratie participative aurait-elle réussi à leur donner de nouvelles perspectives ? Où en est le pouvoir réel des élus locaux, en terme de ressources financières, humaines et politiques, et face à leur dépendance aux autres collectivités et à l’Etat ? Des chercheurs spécialistes de toutes ces questions font le point.
Sommaire
Éditorial
Est-ce le « retour de la confiance » ?
Frédéric Lebaron

Dossier
Les enjeux des élections municipales
Michel Koebel et Sébastien Vignon

Un scrutin de « proximité » toujours participationniste ?
Quelques éléments de compréhension
de la démobilisation autour des élections municipales
Sébastien Vignon

La démocratie participative marginalisée par le pouvoir local
Julien Talpin

Les hiérarchies du pouvoir local
Michel Koebel

Les rapports de pouvoir entre les élus et l’élite administrative locale
dans les municipalités urbaines
De l’a priori de la subordination à une relation collégiale
Rémy Le Saout

Les stratégies de dépolitisation de députés-candidats de l’UMP
aux élections municipales de 2008 dans la métropole lilloise
Anne-Sophie Petitfils

La désertification des campagnes
La production des désaccords légitimes à la communauté urbaine de Marseille
David Guéranger

Grand entretien avec André Grimaldi
L’hôpital entreprise n’est pas une solution

Paroles
Un « gros con de raciste »
Vincent Burckel

Chronique de la gauche de gauche

Alliance électorale, front ou fusion ?
Louis Weber

Enquête (4)
Sociogenèse du « Front de Gauche »
La gauche unitaire
Propos recueillis par Louis Weber

La rhétorique réactionnaire
« L’autre Europe » attendra
Gérard Mauger

Actualité
L’enseignement supérieur au péril du social-libéralisme
Bertrand Geay

Idées
Y a-t-il quelque chose à comprendre ?
Sur quelques pathologies scolastiques
Louis Pinto

Chronique d’outre-manche
Ed Miliband et la question syndicale
Keith Dixon

Document
Comment l’austérité tue