Pierre Bourdieu, un sociologue de combat | Rembob'INA
« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».Pierre Bourdieu (1992)
Patrick Cohen, en compagnie de Agnès Chauveau de l'INA, reçoit :
Vivre aujourd’hui le musée, un documentaire de Paul Seban, diffusé le 14 janvier 1973 : guidé par Pierre Bourdieu, le réalisateur s’interroge sur le rôle d’un musée, sur son public et ses intentions, le prolongement des premiers travaux du sociologue dans son livre Les héritiers : les étudiants et la culture.
Apostrophes de Bernard Pivot diffusé le 21 décembre 1979 : Pierre Bourdieu présente La distinction, son œuvre la plus connue et la plus importante dans le champ sociologique, qui montre à quel point nos goûts sont conditionnés par notre place dans la société. Le sociologue dialogue avec l’historien Fernand Braudel et le romancier Max Gallo.
Apostrophes de Bernard Pivot diffusé le 29 octobre 1982 : Il échange cette fois avec Pierre Perret sur la langue française et l’argot, alors qu’il vient de publier Ce que parler veut dire.
Les grands entretiens du Cercle diffusé le 28 avril 1998 : interviewé par la journaliste Laure Adler au Collège de France, Pierre Bourdieu évoque son travail sur La misère du monde, une autre œuvre fondamentale paru en 1993, en revenant sur l’importance de la sociologie.
C’est l’occasion d’évoquer ensuite les rapports compliqués entre Pierre Bourdieu et la télévision.
Source LCP
Voir égalemnt: vidéo: Pierre Bourdieu, un sociologue de combat | Rembob'INA
Vidéo:
Vivre aujourd'hui , 2ème chaîne, 14/01/1973
voir également: audio et vidéo: Pierre Bourdieu, à propos du Musée
" J'avais travaillé en Algérie avec des gens de l'Institut de Statistiques, avec tous mes amis de l'INSEE, Alain Darbel, Claude Seibel, Jean-Paul Rivet, avec qui j'ai appris la statistique «sur le tas». Ça a été une des chances de ma vie. Ils étaient dans une tradition de statistique très rigoureuse, qui n'avait rien à envier à la version anglosaxonne, mais qui était ignorée des sociologues. Cela dit, tout en étant très stricts en matière d'échantillonnage ou de modèles mathématiques, ils étaient enfermés dans une tradition bureaucratico-positiviste qui leur interdisait de s'interroger sur les opérations élémentaires de la recherche. Un peu avant de travailler à ce livre , j'enseignais la sociologie à l’École Nationale de la Statistique et des Etudes Economiques (École Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique). En faisant ce cours aux futurs statisticiens, j'avais découvert qu'il fallait enseigner non seulement à traiter les données, mais à conduire l'objet à partir duquel elles étaient recueillies, non seulement à coder, mais à dégager les implications d'un codage, non seulement à faire un questionnaire, mais à construire un système de questions à partir d'une problématique, etc. ça c'était mon expérience." in Entretien avec Pierre Bourdieu — recueilli par Beate Krais en décembre 1988, in Le métier de sociologue. Préalables épistémologiques, Pierre Bourdieu, Jean-Claude Chamboredon, Jean-Claude Passeron, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, Co-éditeur Mouton de Gruyter, 2005 (1968), p.vi
"Pierre-Marc de Biasi: Quelle est la place de la littérature dans votre itinéraire intellectuel ?Pierre Bourdieu : La littérature pour moi n'est pas du tout un hobby. Là, il s'agirait encore de questions biographiques. C'est difficile à dire, et j'ai horreur des gens qui se racontent. Mais pour faire vite, je pourrais dire que l'art a sûrement toujours été pour moi une question vitale. La musique, d'abord, puis les arts plastiques... Comment vous expliquer? Je vous dirai seulement que, quand j'étais à l'École Normale, je me préparais très sérieusement à devenir compositeur, ou chef d'orchestre... Un peu plus tard, je me suis imaginé que je deviendrais critique d'art, ce qui voulait dire, déjà, que j'en rabattais considérablement sur mes aspirations premières. Et finalement je suis devenu philosophe...avant de me transformer en sociologue et de m'occuper d'une revue ou la question de l'art est souvent posée. Mais pour être franc, la création artistique n'a jamais cessé de me préoccuper. J'ai organisé, dès 1963, un séminaire d'histoire de l'art et de la littérature à l'Ecole Normale, où j'ai esquissé les premières recherches dont les résultats sont présentés dans Les Règles de l'art ."
extrait de l'entretien du 10 septembre 1992, in Bourdieu et la littérature, Sous la direction de Jean-Pierre Martin, Cécile Defaut, 2010, p.257-290
