« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 5 novembre 2024

Julien Talpin, La colère des quartiers populaires

 

 

Julien Talpin

La colère des quartiers populaires 

PUF

2024



Présentation de l'éditeur

La colère a fini par éclater : à l’été 2023, suite à la mort de Nahel Merzouk, la France a connu des révoltes aussi violentes qu’éphémères. Comprendre les racines du soulèvement requiert de se plonger dans le quotidien des quartiers populaires. À partir d’une enquête ethnographique de dix ans dans la ville de Roubaix, ce livre saisit la texture de sentiments d’injustice davantage orientés vers l’État que contre le capitalisme. Il suit au long court la trajectoire de militants qui tentent de briser la résignation et de susciter la participation. Ces artisans de l’égalité sont pourtant souvent disqualifiés et leurs luttes, réprimées. La démobilisation populaire apparaît alors comme une production politique, où les difficultés de la gauche à appréhender la nouvelle sociologie des classes populaires apparaissent décisives. On comprend alors pourquoi les quartiers populaires se révoltent et pourquoi ils ne le font pas plus souvent.

Julien Talpin est sociologue, directeur de recherche au CNRS. Ses recherches portent sur la participation politique et l’engagement dans les quartiers populaires. Il est notamment l’auteur de L’épreuve de la discrimination (Puf, 2021) et, plus récemment, de La France, tu l’aimes mais tu la quittes (Seuil, 2024).

 

mardi 19 octobre 2021

Démobiliser les quartiers. Enquêtes sur les pratiques de gouvernement en milieu populaire, Antonio Delfini, Julien Talpin, Janoé Vulbeau (dir.)

 


Démobiliser les quartiers
Enquêtes sur les pratiques de gouvernement en milieu populaire
Antonio Delfini, Julien Talpin, Janoé Vulbeau (dir.)
Septentrion
Espaces politiques
2021
 
 
Présentation de l'éditeur

Si les quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques, l'action collective y demeure fragile et fragmentée et n’a pu se constituer en mouvement social d’ampleur. Pour comprendre ce phénomène, ce livre se concentre sur les pratiques des pouvoirs publics qui contribuent à entraver ces mobilisations : disqualification des militant∙e∙s, cooptation des leaders, divisions des associations, dispersion des habitants, répression des luttes. Ici, pas de grand plan pour démobiliser, mais une articulation de pratiques disparates, de stratégies individuelles et de routines organisationnelles qui rendent toujours plus coûteuse l’action collective.

À partir d’enquêtes de terrains dans plusieurs quartiers populaires, ce livre donne à voir le sort réservé à ces territoires et le visage multiforme que prend la démobilisation. En miroir des ambitions affichées de donner du pouvoir d’agir aux habitant∙e∙s, cet ensemble de recherches témoigne des répressions qu’ils ont à affronter et du peu de place qui leur est laissée dans la maîtrise de leur destin.

 
 
 
 
 

lundi 15 février 2021

L'épreuve de la discrimination . Enquête dans les quartiers populaires

 


L'épreuve de la discrimination
Enquête dans les quartiers populaires
Julien Talpin
Hélène Balazard
Marion Carrel
Samir Hadj Belgacem
Sümbül Kaya
Anaïk Purenne
Guillaume Roux
PUF
2021


Présentation de l'éditeur
La France n’a pas encore pleinement pris la mesure de l’ampleur et des incidences du racisme et des discriminations qui la déchirent. Des millions d’individus, notamment issus de l’immigration postcoloniale, subissent au quotidien micro-agressions et stigmatisation. Ils voient leurs opportunités d’ascension sociale entravée, leurs vies écourtées. Ces épreuves suscitent bien souvent colère et sentiments d’injustice. Elles poussent parfois à l’engagement des personnes qui n’y étaient pas disposées. 
À partir d’une enquête inédite dans plusieurs quartiers populaires en France et en Amérique du Nord, ce livre démontre les conséquences du déni de reconnaissance qui entoure les discriminations : dépression, exil, repli sur soi… Au regard du drame silencieux qui s’opère sous nos yeux, il invite à une prise de conscience collective. 
Mais le racisme suscite aussi des conséquences plus positives : une jeunesse se lève face aux violences policières, se mobilise dans des associations ou investit les partis politiques, en développant des savoirs et savoir-faire nouveaux, et par là son pouvoir d’agir. Peut-être est-ce l’émergence d’une nouvelle génération militante, engagée dans des luttes pour l’égalité ?
Julien Talpin (dir.) est chercheur au CNRS et co-directeur du GIS Démocratie et Participation. Ses recherches portent sur l’engagement dans les quartiers populaires. Il est notamment l'auteur de Community Organizing. De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux Etats-Unis (Raisons d’agir, 2016). 
 

 

mercredi 29 janvier 2020

Julien Talpin, Bâillonner les quartiers. Comment le pouvoir réprime les mobilisations populaires


Julien Talpin
Bâillonner les quartiers
Comment le pouvoir réprime les mobilisations populaires
Les Étaques
2020


Présentation de l'éditeur
Pourquoi les quartiers populaires ne se révoltent-ils pas plus souvent ? Alors qu’ils sont ravagés depuis des décennies par un urbanisme au rabais, le chômage de masse et les humiliations policières, Julien Talpin explore les raisons pour lesquelles ces quartiers peinent à asseoir leurs intérêts. Il montre que les entraves aux mobilisations collectives tiennent moins à ce qui serait l’apathie fataliste des habitants qu’aux multiples tactiques répressives déployées par les pouvoirs publics. Les différents chapitres décortiquent les logiques disciplinaires qui, sans avoir même besoin d’être coordonnées, garantissent le maintien du statu quo. À l’arrière-plan de la répression policière et judiciaire, se déploient quotidiennement le chantage clientélaire aux subventions, la disqualification islamophobe des opposants ou les piqures anesthésiantes de la démocratie participative. En documentant la manière dont cette répression à bas bruit traverse les mobilisations contemporaines, ce livre en dégage la dimension systémique. Il place sous les projecteurs cette trappe à révolte qui fabrique la domestication politique, encourage l’autocensure collective et suscite la résignation individuelle. En livrant les recettes de l’adversaire, il veut contribuer au long chemin des luttes autonomes pour l’égalité.
L’auteur : Julien Talpin est sociologue et chercheur au CNRS. Spécialiste de la politisation des quartiers populaires, il est notamment l’auteur de Community Organizing. De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis (Raisons d’Agir, 2016). Avec Marwan Mohammed, il a co-dirigé l’ouvrage Communautarisme ? (Presses Universitaires de France, 2018).





jeudi 5 avril 2018

audio: Isabelle Coutant, Les Migrants en bas de chez soi



audio: Isabelle Coutant, Les Migrants en bas de chez soi
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau , 17.03.2018



Isabelle Coutant
Les Migrants en bas de chez soi
Seuil
2018 

Présentation de l'éditeur
Au cœur de la crise migratoire de l’été 2015, un lycée désaffecté du quartier de la place des Fêtes, dans le XIXe arrondissement, a été occupé par des migrants, dont le nombre est passé en trois mois de 150 à 1 400. Un « mini-Calais en plein Paris » ont dit des journalistes témoins de l’insécurité et de l’insalubrité du lieu.
Concernée en tant qu’habitante et parent d’élève du collège voisin, Isabelle Coutant, sociologue des quartiers populaires, a vu cette fois le « terrain » venir à elle, tiraillée entre le désir d’aider et l’envie de comprendre. L’ouvrage retrace cet événement, la déstabilisation du quartier qui en a résulté, entre stupeur initiale, colère des riverains livrés à eux-mêmes, tensions mais aussi mobilisations solidaires et bouleversement provoqué par la rencontre.
Il y a là comme un laboratoire de ce qui traverse aujourd’hui les sociétés européennes : comment accueillir ? À quelles conditions les quartiers populaires, au premier chef concernés par l’arrivée des migrants, peuvent-ils continuer d’assurer la fonction d’intégration qui leur est de fait confiée ? À l’heure où Paris, Londres ou New York s’enorgueillissent d’être des villes-monde ayant vocation à devenir des « villes-refuge », peut-on penser la cause des réfugiés indépendamment de la cause des quartiers ?

Isabelle Coutant est sociologue au CNRS (Iris). Elle a notamment publié Politiques du squat (La Dispute, 2000), Délit de jeunesse (La Découverte, 2005) et Troubles en psychiatrie (La Dispute, 2012).

vendredi 16 mars 2018

Isabelle Coutant, Les Migrants en bas de chez soi




Isabelle Coutant
Les Migrants en bas de chez soi
Seuil
2018 

Présentation de l'éditeur
Au cœur de la crise migratoire de l’été 2015, un lycée désaffecté du quartier de la place des Fêtes, dans le XIXe arrondissement, a été occupé par des migrants, dont le nombre est passé en trois mois de 150 à 1 400. Un « mini-Calais en plein Paris » ont dit des journalistes témoins de l’insécurité et de l’insalubrité du lieu.
Concernée en tant qu’habitante et parent d’élève du collège voisin, Isabelle Coutant, sociologue des quartiers populaires, a vu cette fois le « terrain » venir à elle, tiraillée entre le désir d’aider et l’envie de comprendre. L’ouvrage retrace cet événement, la déstabilisation du quartier qui en a résulté, entre stupeur initiale, colère des riverains livrés à eux-mêmes, tensions mais aussi mobilisations solidaires et bouleversement provoqué par la rencontre.
Il y a là comme un laboratoire de ce qui traverse aujourd’hui les sociétés européennes : comment accueillir ? À quelles conditions les quartiers populaires, au premier chef concernés par l’arrivée des migrants, peuvent-ils continuer d’assurer la fonction d’intégration qui leur est de fait confiée ? À l’heure où Paris, Londres ou New York s’enorgueillissent d’être des villes-monde ayant vocation à devenir des « villes-refuge », peut-on penser la cause des réfugiés indépendamment de la cause des quartiers ?

Isabelle Coutant est sociologue au CNRS (Iris). Elle a notamment publié Politiques du squat (La Dispute, 2000), Délit de jeunesse (La Découverte, 2005) et Troubles en psychiatrie (La Dispute, 2012).
migra

mercredi 7 juin 2017

L'islam et la cité. Engagements musulmans dans les quartiers populaires, Julien Talpin, Julien O'Miel, Frank Frégosi (dir.)

L'islam et la cité
Engagements musulmans dans les quartiers populaires
Julien Talpin, Julien O'Miel, Frank Frégosi (dir.)
P.U.du Septentrion
Espaces politiques
2017

Présentation de l'éditeur
L'islam constitue aujourd’hui un objet conflictuel dans le champ politique français. Il serait vecteur de repli sur soi ou l’objet d’instrumentalisations politiques. Pourtant, à distance des discours globalisants présents dans l’espace public et médiatique, ce livre entend démontrer que cette religion peut constituer une ressource dans la mobilisation d’acteurs que tout prédisposait à l’apathie, dans un contexte où la laïcité contraint les formes d’engagement s’appuyant sur l’expérience religieuse. Il vise tout particulièrement à défaire les analyses qui feraient agir la « communauté musulmane » comme un seul et même groupe social homogène. En suivant les acteurs au plus près dans différents quartiers populaires, ce livre restitue les contraintes très fortes qui pèsent sur l’action collective des groupes minoritaires. À rebours d’une lecture qui n’y verrait que des revendications « communautaristes », cet ouvrage démontre que les engagements inspirés de l’islam recherchent avant toute chose l’égalité.


jeudi 9 mars 2017

Lire Les Sciences Sociales, présentation des ouvrages Rester bourgeois d'Anaïs Collet et Tous propriétaires ! d'Anne Lambert, 15 mars 2017


Anaïs Collet, Rester bourgeois. Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction, La Découverte, 2015
Présenté par Violaine Girard

Anne Lambert, Tous propriétaires ! L'envers du décor pavillonnaire, Seuil, 2015
Présenté par Yasmine Siblot


Lire Les Sciences Sociales
mercredi 15 mars 2017 de 14 h à 17h 
salle 124 du site Pouchet 
(59-61 rue Pouchet, 75017)

lundi 16 février 2015

Anaïs Collet, Rester bourgeois. Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction


Anaïs Collet
Rester bourgeois 
Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction 
La découverte
2015

Présentation de l'éditeur
Les anciens faubourgs populaires sont à la mode. Population, boutiques, prix des logements, réputation : tout change dans ces quartiers autrefois ouvriers des grandes villes françaises. La pression immobilière y joue un rôle central et les politiques urbaines, bien souvent, l'accompagnent ; mais ce sont des habitants qui, au jour le jour et à leur échelle, transforment ces lieux. Ce livre leur est consacré et entend montrer, à partir d'enquêtes menées à Montreuil-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis et à la Croix-Rousse, à Lyon, les ressorts sociaux qui se cachent derrière les mutations urbaines.
Disputer des usines désaffectées à des marchands de biens ou des entrepreneurs chinois, transformer un pavillon de banlieue en « vieille maison pleine de charme », se constituer un groupe d'amis-voisins ou travailler à rendre les écoles fréquentables, implique un fort investissement humain et financier ; mais cela procure aussi des bénéfices symboliques et économiques appréciables lorsque le statut social n'est plus garanti. En transformant d'anciens espaces ouvriers à l'image dévalorisée en lieux désirables, les gentrifieurs - ceux que la presse nomme les « bobos » - travaillent à reclasser ces lieux mais aussi à consolider leur propre trajectoire sociale, bref, à « rester bourgeois ». 
Anaïs Collet est sociologue, maître de conférences à l’université de Strasbourg et chercheuse au laboratoire SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe). Elle est spécialiste de la gentrification.

mercredi 28 septembre 2011

Engagements, rébellions et genre dans les quartiers populaires en Europe (1968-2005)

Engagements, rébellions et genre
dans les quartiers populaires en Europe (1968-2005)

sous la direction de  Sophie Beroud, Boris Gobille Abdellali Hajjat et Michelle Zancarini-Fournel
Editions des archives contemporaines
2011




Présentation de l'éditeur
Ce livre fait le pari d’analyser en profondeur les rébellions urbaines sur la moyenne durée (de 1968 à 2005) et de croiser la question des engagements et du genre ce qui implique des approches comparatiste et pluridisciplinaire – histoire, science politique et sociologie sont ainsi convoquées - ainsi que jeux d’échelles – quartier, entreprise, ville, pays, espace européen. Ce qui pourrait apparaître à première vue comme une fragmentation, permet en réalité, tel un kaléidoscope, de recomposer des configurations en désenclavant les phénomènes de rébellions pour leur donner sens et de mettre en lumière la circulation des représentations, des pratiques, des modalités d’action d’un espace et d’une révolte à l’autre. Ainsi se dessinent les processus d’identification et les enjeux identitaires comme les processus d’association et de politisation dans les moments de rupture et de recomposition individuelle et collective. 
Publié sous la direction de Sophie BEROUD, Boris GOBILLE, Abdellali HAJJAT et Michelle ZANCARINI-FOURNEL, avec leurs contributions et celles de Robert FRANK, Marie-Carmen GARCIA, Sophie Body GENDROT, Camille HAMIDI Gérard MAUGER, Foued NASRI Andrea REA, Valérie SALA PALA, Bettina SEVERIN-BARBOUTIE, Anne TATU COLLASSEAU et Gilles VIEILLE MARCHISET