« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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lundi 8 décembre 2014

Steven Shapin, Une histoire sociale de la vérité. Science et mondanité dans l'Angleterre du XVIIe siècle

Steven Shapin
Une histoire sociale de la vérité 
Science et mondanité dans l'Angleterre du XVIIe siècle
La Découverte
2014

Présentation de l'éditeur
Quelles sont les conditions nécessaires à l'existence d'un bien collectif comme le savoir ? Comment distinguer le vrai du faux ? Selon quels critères accorder sa confiance ? Dans Une histoire sociale de la vérité, Steven Shapin raconte comment la notion de « vérité scientifique » s'est constituée dans l'Angleterre du XVIIe siècle. Il recrée avec élégance l'univers des gentilshommes philosophes (Francis Bacon et Robert Boyle en tête) à une époque cruciale pour la science moderne. Il livre un tableau très vivant des relations entre culture mondaine et pratique scientifique. Les codes de conduite des gentilshommes d'alors prônant la confiance, la courtoisie, l'honneur et l'intégrité ont en effet fourni des solutions efficaces aux problèmes de crédibilité de la science, et garanti la fiabilité des connaissances sur le monde.
À partir de ce récit historique détaillé, Steven Shapin discute plus largement de l'établissement du savoir factuel en science, mais aussi dans la vie quotidienne. Sa peinture des moeurs des gentilshommes philosophes lui permet d'illustrer l'affirmation selon laquelle la confiance est impérative dans la constitution de tout savoir, qui reste avant tout une entreprise collective. Un ouvrage devenu l'une des références internationales incontournables de la sociologie des sciences et des sciences sociales dans leur ensemble. 
Steven Shapin, né en 1943, historien et sociologue des sciences américain, est professeur à Harvard. Ses recherches lui ont valu de nombreux prix. Il est notamment l'auteur (avec Simon Schaffer) de Leviathan et la pompe à air (La Découverte, 1993)

vendredi 2 mai 2014

Michel Foucault, Subjectivité et vérité. Cours au Collège de France (1980-1981)

Michel Foucault
Subjectivité et vérité
Cours au Collège de France (1980-1981)
Ehess/Gallimard/Seuil
2014

Présentation de l'éditeur
« L’hypothèse de travail est celle-ci : il est vrai que la sexualité comme expérience n’est évidemment pas indépendante des codes et du système des interdits, mais il faut rappeler aussitôt que ces codes sont étonnamment stables, continus, lents à se mouvoir. Il faut rappeler aussi que la façon dont ils sont observés ou transgressés semble elle aussi très stable et très répétitive. En revanche le point de mobilité historique, ce qui sans doute change le plus souvent, ce qui a été le plus fragile, ce sont les modalités de l’expérience. »
Michel Foucault

Foucault prononce en 1981 un cours qui marque une inflexion décisive dans son chemin de pensée et le projet ébauché dès 1976 d’une Histoire de la sexualité. C’est le moment où les arts de vivre deviennent le foyer de sens à partir duquel pourra se déployer une pensée neuve de la subjectivité. C’est le moment aussi où Foucault problématise une conception de l’éthique comprise comme l’élaboration patiente d’un rapport de soi à soi. L’étude de l’expérience sexuelle des Anciens permet ces nouveaux déploiements conceptuels. Dans ce cadre, Foucault analyse des écrits médicaux, des traités sur le mariage, la philosophie de l’amour ou la valeur pronostique des rêves érotiques, afin d’y retrouver le témoignage d’une structuration du sujet dans son rapport aux plaisirs (aphrodisia) antérieure à la construction moderne d’une science de la sexualité, antérieure à la hantise chrétienne de la chair. L’enjeu est en effet d’établir que l’imposition d’une herméneutique patiente et interminable du désir constitue l’invention du christianisme. Mais pour cela, il importait de ressaisir la spécificité irréductible des techniques de soi antiques.
Dans cette série de leçons, qui annoncent clairement L’Usage des plaisirs et Le Souci de soi, Foucault interroge particulièrement le primat grec de l’opposition actif / passif sur les distinctions de genre, ainsi que l’élaboration par le stoïcisme impérial d’un modèle de lien conjugal prônant une fidélité sans faille, un partage des sentiments, et conduisant à la disqualification de l’homosexualité.


dimanche 17 février 2013

en ligne: Agone 44 | 2010 Rationalité, vérité & démocratie

Agone 44 | 2010, Rationalité, vérité & démocratie

Ce numéro est issu d’un colloque organisé par Jacques Bouveresse, chaire de philosophie du langage et de la connaissance au Collège de France, le 28 mai 2010, sur le thème « Rationalité, vérité et démocratie - Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky ».  Voir les vidéos de ces conférences

jeudi 8 novembre 2012

Quentin Skinner, La vérité et l’historien

Quentin Skinner
La vérité et l’historien
Audiographie n° 5
Ehess
2012

Présentation de l'éditeur
Juin 2010 : Quentin Skinner prononce sa conférence inaugurale à Queen Mary, Université de Londres. Il entend répondre à la question centrale : quel rôle la vérité des croyances étudiées doit-elle jouer dans l’effort visant à les expliquer?
Fidèle à l’esprit de la collection "Audiographie", ce volume traduit et présente la conférence inaugurale de Quentin Skinner en tant que Barber Beaumont Professor of the Humanities à Queen Mary (London University) prononcée en juin 2010.
Plutôt que de présenter les grandes lignes d’un projet de recherche, Quentin Skinner entend répondre à la question méthodologique suivante, centrale dans la pratique de l’histoire et des sciences sociales : quel rôle la vérité des croyances étudiées doit-elle jouer dans l’effort visant à les expliquer ? En soutenant que ce n’est pas la vérité des croyances mais leur rationalité qui doit intéresser l’historien ou l’anthropologue, il mobilise, défend, et illustre certains des principes méthodologiques qui ont fait de lui le chef de file de « l’École de Cambridge », laquelle a profondément renouvelé le paysage de l’histoire intellectuelle.
Skinner expose dans ce texte deux thèses générales qui sont au cœur de sa méthodologie de la lecture des textes du passé.
La première thèse, relative au statut du texte à étudier, affirme qu'interpréter un texte, c’est le saisir comme une prise de position dans un débat intellectuel spécifique. La seconde thèse, elle, est relative à la façon dont l’historien doit traiter les croyances exprimées dans les textes dont il rend compte: selon Skinner, l’historien doit abandonner le souci de déterminer leur vérité et s’intéresser uniquement à ce qui faisait que ces croyances étaient rationnelles pour les penseurs de l’époque.
Ainsi ce texte fournit pour la première fois en français, et sous une forme accessible, un exposé détaillé de plusieurs éléments de la méthodologie de l'histoire intellectuelle associée à l’"Ecole de Cambridge", mondialement connue, mais très peu diffusée en France.
Édition établie et présentée par Christopher Hamel  

mercredi 14 décembre 2011

Séminaire épistémologie des sciences sociales : états de la controverse Bourdieu/Boltanski, de janvier à mai 2012

Séminaire épistémologie des sciences sociales : états de la controverse Bourdieu/Boltanski
Organisation: B. Ambroise et L. Perreau 
5 séances prévues, le dernier vendredi du mois de janvier à mai, au CURAPP-ESS (UMR 6054, Université de Picardie - Jules Verne).
Dans le cadre du projet émergent "Epistémologie de la critique en sciences sociales", financé par la MESHS, l’axe 2 du CURAPP renouvelle cette année son séminaire/atelier de lecture d’épistémologie des sciences sociales, qui sera consacré aux "états de la controverses Bourdieu/Boltanski. Il s’agira de retracer, thématiquement et chronologiquement, la rupture (et l’éventuel retour ?) qui s’est établie entre les travaux de Bourdieu et ceux de Boltanski et d’étudier en quoi elle traduit une rupture épistémologique, indexée notamment sur le statut de la critique et le rapport à la vérité.
La première séance sera consacrée à une présentation des deux figures, basée sur la lecture et l’étude des textes suivants : L. Boltanski & P. Bourdieu, "La production de l’idéologie dominante" (ARSS, 1976), L. Boltanski, Rendre la réalité inacceptable (Démopolis, 2008) et L. Boltanski, De la critique (Gallimard, 2010)
Calendrier :
- 20/01 de 13h30 à 15h30, salle 313, Pôle universitaire cathédrale
- 17/02 de 10h30 à 12h30
- 30/03 de 10h30 à 12h30
- 13/04 de 10h30 à 12h30
- 11/05 de 10h30 à 12h30
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voir également:  en ligne: Pierre Bourdieu et Luc Boltanski

mardi 26 octobre 2010

Agone 44, Rationalité, vérité & démocratie

Agone 44
Rationalité, vérité & démocratie
Agone
2010




Présentation de l'éditeur
Ce numéro est issu du colloque « Rationalité, vérité et démocratie – Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky », organisé au Collège de France le vendredi 28 mai 2010.


"L’habitude de fonder les opinions sur la raison, quand elle a été acquise dans la sphère scientifique, est apte à être étendue à la sphère de la politique pratique. Pourquoi un homme devrait-il jouir d’un pouvoir ou d’une richesse exceptionnels uniquement parce qu’il est le fils de son père ? Pourquoi les hommes blancs devraient-ils avoir des privilèges refusés à des hommes de complexions différentes ? Pourquoi les femmes devraient-elles être soumises aux hommes ? Dès que ces questions sont autorisées à apparaître à la lumière du jour et à être examinées dans un esprit rationnel, il devient très difficile de résister aux exigences de la justice, qui réclame une distribution égale du pouvoir politique entre tous les adultes."
Bertrand Russell (1961)


SOMMAIRE

Éditorial, Jacques Bouveresse

Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action, Jean-Jacques Rosat
Pourquoi associer les noms de Russell, Orwell et Chomsky ? Quelles parentés y a-t-il entre leurs pensées mais aussi entre leurs engagements militants respectifs ? Quel genre de lumières pouvons-nous espérer d’eux sur le thème « Rationalité, vérité et démocratie » ? Il est largement admis que les tyrannies s’appuient sur le mensonge et les préjugés, et que la démocratie suppose l’existence d’un espace public des raisons où s’affrontent pacifiquement des citoyens éclairés. Mais il est largement admis aussi que le savoir confère habituellement à celui qui le possède une supériorité et une autorité sur celui qui ne le possède pas. Le relativisme, nous dit-on, garantit le droit des dominés et des minorités à défendre leur propre vision du monde. Certes, il peut arriver qu’il leur offre temporairement une protection efficace. Mais, fondamentalement, il est contradictoire avec tout projet d’émancipation car il dépossède les dominés des armes de la critique.

La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?, Pascal Engel
L’une des raisons pour lesquelles la vérité et la démocratie ne semblent pas faire bon ménage est qu’on a tendance à confondre, d’une part, la liberté d’opinion et de parole avec l’égale vérité des opinions, ce qui revient à adopter une forme de relativisme, et, d’autre part, la règle de majorité avec une règle de vérité, ce qui revient à adopter une forme de théorie de la vérité comme consensus. Parce que la démocratie libérale repose sur le principe de la pluralité des valeurs et sur la neutralité axiologique, on a tendance à penser qu’elle exige de traiter toutes les opinions comme également respectables et, moyennant une confusion de plus, comme également vraies. Parce que la démocratie suppose la règle selon laquelle, en matière de décisions, la majorité doit l’emporter, on suppose que les opinions majoritaires ont le plus de chances d’être vraies, et qu’elles sont vraies parce qu’elles sont celles de la majorité.

Tout ça n’est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d’une politique éditoriale, Thierry Discepolo
Comme producteur de « propagande », le métier d’éditeur tient une position paradoxale par bien des aspects. D’un côté, sa marque est bien visible sur le produit « livre » ; de l’autre, on est en droit de se demander ce qu’il fait. L’éditeur n’est ni l’auteur, qui a écrit le livre, ni l’imprimeur, qui l’a fabriqué. Pour une part, il est responsable de la mise en circulation de milliers de phrases ; pour une autre, il ne peut en réclamer la paternité – il ne les a pas écrites. Quelle légitimité cet intermédiaire a-t-il de revendiquer les idées que portent les livres inscrits à son catalogue ? Parce que, sans son travail, de telles idées ne pourraient être ­sorties de l’anonymat ? On donnera quelques éléments de réponse à ces questions à partir de la position spécifique de l’éditeur, un métier qui mêle ­indissociablement l’argent et les idées.

Bertrand Russell, la science, la démocratie et la « poursuite de la vérité », Jacques Bouveresse
Bertrand Russell est convaincu qu’une application stricte, par tout le monde, du principe selon lequel on doit s’efforcer de ne croire, autant que possible, que des choses vraies ou qui du moins ont des chances raisonnables d’être vraies, si elle introduirait assurément des changements importants dans la vie sociale et politique, n’aurait pas le genre de conséquences catastrophiques que l’on prédit généralement. L’illusion et le mensonge ne sont peut-être pas indispensables à la vie en société à un degré aussi élevé qu’on le croit la plupart du temps. Ils ne devraient en tout cas pas l’être dans des sociétés qui ont la prétention d’être réellement démocratiques.

La soif de pouvoir tempérée par l’auto-aveuglement, Noam Chomsky
Traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Les doctrines du rationalisme économique qui, depuis une génération, constituent le discours dominant dans les sociétés avancées ont façonné les politiques menées, mais elles l’ont fait de manière sélective : une recette pour les plus faibles, une autre radicalement différente pour les puissants – en somme comme par le passé. Il ne semble pas injuste de dire que cette domination ne reflète ni une quelconque rationalité ni un attachement à la vérité, mais plutôt un engagement en faveur des privilèges et du pouvoir. Les conséquences sont immanquables. Alors qu’ils paraissent très riches en comparaison des autres pays, les États-Unis sont en train de revêtir certaines des caractéristiques structurelles des anciennes colonies, qui ont typiquement des secteurs incroyablement prospères et privilégiés au milieu d’un océan de souffrance et de misère.

Dialogue sur la science et la politique, Jacques Bouveresse et Noam Chomsky (entretien avec Daniel Mermet)
Que peut le bon sens comparé à ce que peut peut-être la connaissance scientifique ? Noam Chomsky a rappelé que le progrès des sciences a amené à se rendre compte que le bon sens, ou sens commun, pouvait se tromper de façon spectaculaire. La même chose n’est-elle pas susceptible de se passer en matière morale et politique ? Après tout, le sens commun un peu éduqué ne peut-il suffire pour nous procurer les lumières dont nous avons besoin pour l’action ? Pierre Bourdieu était évidemment convaincu que la connaissance procurée par les sciences sociales est finalement la seule qui soit susceptible de nous permettre de comprendre réellement les mécanismes qui engendrent l’inégalité, l’injustice, l’oppression, etc. [Jacques Bouveresse se souvient] d’avoir pris la défense de Noam Chomsky, au moins une fois, devant Bourdieu, parce que Chomsky avait écrit que comprendre comment opèrent ces mécanismes d’assujettissement et d’oppression qui engendrent l’inégalité et l’injustice n’est pas très difficile ; il suffit d’un peu de bon sens, de psychologie – et de cynisme, ajoutait-il.

LA LEÇON DES CHOSES

À propos de la « pensée (anti-)68 » selon Serge Audier, Alexander Zevin
Traduit de l’anglais par Clément Petitjean
Présenté par Philippe Olivera

Racisme, sexisme et mépris de classe, Walter Benn Michaels
Traduit de l’anglais par Natacha Cauvin

Notes prises en décembre 1981 et janvier 1982 lors des réunions à la CFDT et des conférences de presse en soutien à Solidarnosc, Pierre Bourdieu
Présenté par Franck Poupeau et Thierry Discepolo

HISTOIRE RADICALE

Au-delà du marxisme, de l’anarchisme et du libéralisme : le parcours scientifique et révolutionnaire de Bruno Rizzi, Paolo Sensini
Traduit de l’italien par Miguel Chueca
Présenté par Charles Jacquier

jeudi 8 avril 2010

28 mai, colloque organisé par Jacques Bouveresse - Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky

Vendredi 28 mai, colloque organisé par le Pr. Jacques Bouveresse
Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky

Collège de France
Amphithéâtre Marguerite de Navarre
11 place Marcelin-Berthelot, Paris 5ème

Accès libre sans réservation dans la limite des places disponibles.

Ce colloque sera intégralement retransmis en direct (vidéo) sur le site web du Collège de France

Des vidéos intégrales en français et en anglais seront téléchargeables une semaine plus tard sur la page de la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance.

Programme

9 heures : Jean-Jacques ROSAT, maître de conférences au Collège de France
Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action

10 heures : Pascal ENGEL, professeur à l’université de Genève
La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?

11 heures : Pause

11h15 : Thierry DISCEPOLO, directeur de la revue et des éditions AGONE
Tout ça n'est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d'une ligne éditoriale

14 heures : Jacques BOUVERESSE, professeur au Collège de France
Bertrand Russell, la science, la démocratie et la poursuite de la vérité

15 heures : John NEWSINGER, professeur à Bath Spa University
George Orwell and Democratic Socialism (conférence en anglais)

16 heures : Noam CHOMSKY, professeur au MIT
'Power-hunger tempered by self-deception' (conférence en anglais)

17 heures : Discussion générale

18 heures : Fin du colloque