« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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dimanche 7 février 2021

Abram de Swaan, Contre les femmes. La montée d'une haine mondiale

 


Abram de Swaan

Contre les femmes

La montée d'une haine mondiale  

Seuil

2021

 

Présentation de l'éditeur

Mutilations, viols, crimes d’honneur, féminicides, vitriolages, avortements forcés… Le patriarcat est un régime de terreur. Les hommes ont tiré pendant des siècles avantage symbolique et matériel d’une domination qu’ils ont établie par la force brute. Aujourd’hui, grâce à la scolarisation et à leur entrée sur le marché du travail, les femmes parviennent en de nombreux endroits à secouer le joug. Mais cette aspiration à l’égalité, dont le mouvement #MeToo a été une manifestation planétaire, ne va pas sans déchaîner en retour la colère ni sans alimenter un désir de représailles. La lutte pour l’émancipation est âpre. Aucun groupe dirigeant ne renonce à sa position de supériorité sans combattre. C’est cette résistance acharnée, parfois sanglante, qu’Abram de Swaan documente de manière implacable, d’un bout à l’autre du monde. Djihadisme, fondamentalisme religieux, courants réactionnaires, mouvements d’extrême droite… : son attention se porte sur tous les groupes qui, quand il s’agit des femmes et du féminisme, montrent une parfaite identité de vue. Cette enquête globale et percutante pose les fondements d’une encyclopédie contemporaine de la misogynie. 

Traduit par : Bertrand Abraham 

Abram de Swaan est professeur émérite de l'Université d'Amsterdam en 2001. Il a enseigné au Collège de France à Paris et à l'Université Columbia à New York. Ses livres sont traduits en douze langues. En français, il a signé notamment Diviser pour tuer. Les régimes génocidaires et leurs hommes de main (Seuil, " Liber ", 2016)

 

 

mardi 30 octobre 2018

Tassadit Yacine, Femmes berbères de part et d'autre de la Méditerranée. Domination, subjectivité et subversion symbolique

Tassadit Yacine
Femmes berbères de part et d'autre de la Méditerranée
Domination, subjectivité et subversion symbolique 
du Croquant
Sociétés et politique en Méditerranée
2018

Présentation de l'éditeur
Dans cet ouvrage Tassadit Yacine s'attache à dévoiler les rapports de domination entre les genres dans des lieux situés socialement et historiquement (Algérie des années 1960-1990) et en France dans des groupes de la "haute" culture, au sein d'univers modernes et contemporains. Malgré toutes les formes de domination qu'elles subissent, les femmes du Sud de la Méditerranée ont su se préserver grâce à la création "littéraire" orale et grâce à une transgression réglée qui leur permet d'exprimer les affects et ainsi d'opposer une résistance (fût-elle symbolique) à leurs dominants.
En revanche, les femmes lettrées, au Nord de la Méditerranée, ayant acquis une place plus importante dans l'espace public grâce à des lois visant à l'égalité des droits entre les genres, peuvent subir toujours et encore de plein fouet la domination symbolique, parce que celle-ci est incorporée, invisible et euphémisée. Dans ce livre on peut trouver des analyses théoriques, des entretiens, des enquêtes dans lesquelles l'auteure redonne la parole aux femmes pour expliquer "avec leurs propres mots" les effets de la domination sur leurs corps et sur leurs existences.
Tassadit Yacine-Titouh est directrice d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris ; elle est membre du Laboratoire d'anthropologie sociale de l'EHESS, du CNRS et du Collège de France.. Spécialiste du monde berbère, on lui doit de nombreux ouvrages : L'Izli ou l'amour chanté en kabyle, préface de Pierre Bourdieu, Paris, Maison des sciences de l'homme, 1988 ; Chacal ou la ruse des dominés, aux origines du malaise des intellectuels algériens, Paris, La Découverte, 2001 ; Si tu m'aimes guéris, Préface de Françoise Héritier ; Paris, Maison des sciences de l'homme, 2006.
Elle a édité de nombreux ouvrages autour de l'oeuvre de Jean Amrouche, Un Algérien s'adresse aux Français, Paris, L'Harmattan, 1994, Journal, 2008, de Pierre Bourdieu, Esquisses algériennes, Paris, Edition Le Seuil, 2008. Elle est également directrice de la revue AWAL, fondée par Mouloud Mammeri et soutenue par Pierre Bourdieu, et d'une collection d'ouvrages "Méditerranée-Sud", à la Maison des Sciences de l'Homme.

lundi 9 juillet 2018

audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise




audio: Ingrid Hayes, Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980. Les voix de la crise
Paroles d'histoire par André Loez, 20.06.2018


Ingrid Hayes
Radio Lorraine coeur d'acier, 1979-1980
Les voix de la crise
Presses de Sciences Po
Académique 
2018

Présentation de l'éditeur
Le 17 mars 1979, Radio Lorraine cœur d'acier, « radio de lutte » de la CGT, émet pour la première fois, au vu et au su de tous mais en totale illégalité, depuis l’ancien hôtel de ville de Longwy, à l’aide d’une antenne fixée sur le toit de l’église. Au plus fort des mobilisations contre le démantèlement de la sidérurgie, s’y retrouvent syndicalistes, ouvriers, femmes de sidérurgistes, commerçants, immigrés, enseignants, journalistes et artistes venus de Paris. Jusqu’à ce que la CGT mette un terme brutal à l’aventure, quinze mois plus tard.
En s’ouvrant à la société locale, à ses valeurs, ses doutes, ses tensions et ses contradictions, la radio déborde largement du cadre de références cégétistes que le syndicat souhaite diffuser. Elle saisit sur le vif l’ordinaire des rapports sociaux et des modes de domination, qu’ils soient culturels, de genre ou de nationalité.
Témoignage rarissime d’une parole chichement consignée par l’histoire, ce livre singulier puise au fonds volumineux, et inexploité à ce jour, des émissions de « LCA ». Il fait revivre un temps fort de ce territoire ouvrier, un temps où se jouent des formes d'émancipation individuelle et collective, alors que brûlent les derniers feux des années 68.

Ingrid Hayes est maîtresse de conférences en histoire à l'Université de paris Nanterre.


mercredi 4 juillet 2018

Actes de la recherche en sciences sociales, n°223, Juin 2018, La résistible institutionnalisation de la cause des femmes



Actes de la recherche en sciences sociales, n°223, Juin 2018, La résistible institutionnalisation de la cause des femmes
Seuil

Dans de nombreux pays, l’égalité des sexes est devenue, notamment sous l’impulsion des mouvements féministes, une cause endossée par des acteurs et actrices au sein d’institutions variées (administrations, partis politiques, syndicats, entreprises, ONG, etc.). Cette institutionnalisation de la cause des femmes est au coeur de ce dossier, qui s’intéresse tant aux processus par lesquels des institutions s’emparent de cette cause qu’aux effets de cette institutionnalisation. 
En rompant avec une perspective qui pose a priori une rupture entre militantisme et institutions et en s’appuyant sur des études empiriques dans différents contextes nationaux (France, Inde, Égypte), il s’agit d’abord de repenser la question de la dépolitisation à partir d’une analyse des conditions historiques et sociales d’émergence et de diffusion de la cause des femmes dans différents sites institutionnels et pays. En outre, l’attention portée aux propriétés sociales des actrices et acteurs, ainsi qu’aux contraintes institutionnelles pesant sur elles/eux, permet de mettre en évidence les effets ambivalents de ces processus : la définition-même de la cause des femmes est l’objet de renégociations pouvant affecter son contenu et sa diffusion au sein des institutions demeure toujours fragile et réversible.



4 La cause des femmes dans les institutions
Soline Blanchard, Alban Jacquemart,
Marie Perrin et Alice Romerio

12 Les enjeux de la mémoire
chez les historiennes des femmes, 1970-2001
Marion Charpenel

26 La professionnalisation
de la cause des femmes en Inde
Virginie Dutoya

44 Le mouvement des travailleuses domestiques
en Égypte : entre ONG locales et ressources globales
Ranime Alsheltawy

58 L’égalité professionnelle en agriculture
Un féminisme modéré au service du patronat familial
Clémentine Comer

72 Diriger comme un homme moderne
Les élites masculines de l’administration française
face à la norme d’égalité des sexes
Laure Bereni et Alban Jacquemart

88 Résumés


mercredi 6 janvier 2016

mardi 11 juin 2013

video: Coline Cardi et Geneviève Pruvost, auteures de Penser la violence des femmes



cycle  : « Quarante ans de recherches sur les femmes, le sexe et le genre », Institut Émilie du Châtelet, 12/01/2013


Penser la violence des femmes
Sous la direction de Coline Cardi et Geneviève Pruvost
La Découverte
2012

Présentation de l'éditeur
Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles, délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires, harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones, boxeuses, génocidaires, maricides... Qu'y a-t-il de commun entre toutes ces figures ? Pour le comprendre, il importe d'exhumer, de dénaturaliser, d'historiciser et de politiser la violence des femmes. Telle est l'ambition de cet ouvrage qui propose une approche pluridisciplinaire sur un sujet trop longtemps ignoré des sciences sociales.
Cette somme inédite, réunissant des études historiques, anthropologiques, sociologiques, linguistiques et littéraires, révèle combien la violence des femmes est au coeur d'enjeux d'ordre à la fois politique et épistémologique. Penser la violence des femmes, c'est en faire un véritable levier pour considérer autrement la différence des sexes, la violence et, par-delà, l'ordre social.
Coline Cardi est maîtresse de conférences en sociologie à l’université Paris-VIII, cher-cheuse au CRESPPA-CSU.
Geneviève Pruvost, médaille de bronze du CNRS, est sociologue, chargée de recherche au CESDIP. Elle est l’auteure de Profession : policier. Sexe : féminin (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2007).


mardi 16 octobre 2012

Margaret MARUANI, Monique MERON, Un siècle de travail des femmes en France, 1901-2011

Margaret MARUANI
Monique MERON
Un siècle de travail des femmes en France
1901-2011
La Découverte
2012

Présentation de l'éditeur
Compter le nombre de femmes au travail dans la France du XXe siècle et conter l'histoire de ces chiffres, telle est l'ambition de ce livre. Au prix d'une recherche de grande ampleur, les auteures ont rassemblé- pour la première fois - les statistiques du travail, de l'emploi et du chômage des femmes de 1901 à 2011, ces chiffres basiques que l'on peine à retrouver dans le labyrinthe des publications statistiques.
À rebours des idées reçues, cet ouvrage met en évidence le poids indiscutable de l'activité laborieuse féminine dans le fonctionnement économique, sa remarquable constance, en dépit des crises et des récessions, par-delà les périodes de guerre et d'après-guerre. Jamais moins du tiers - et désormais près de la moitié- de la population active : telle est la part des femmes dans le monde professionnel au XXe siècle en France. Telle est la portée de leur force de travail.
Au fil des recensements de la population, les auteures analysent les fluctuations de la division sexuelle du travail, des métiers d'antan aux professions d'aujourd'hui, et décryptent, d'un début de siècle à l'autre, les illusions d'optique statistique. Un livre original et accessible, qui intéressera, au-delà des spécialistes, toutes celles et ceux qui sont attachés à comprendre comment se construisent les stéréotypes sur la place des femmes dans la société.
Margaret Maruani est sociologue, directrice de recherche au CNRS, rattachée au Centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS/CNRS/Université Paris-Descartes). Elle dirige le réseau de recherche international et pluridisciplinaire « Marché du travail et Genre » (MAGE) qu’elle a créé en 1995, ainsi que la revue Travail, genre et sociétés.
Monique Meron est statisticienne, administratrice de l’INSEE et affiliée au Laboratoire de sociologie quantitative (LSQ) du Centre de recherche en économie et statistique (CREST). Elle a été responsable d’enquêtes nationales et d’études pour l’analyse du marché du travail et la démographie. Elle coordonne le projet "European socioeconomic groups" (ESEG).

mardi 20 septembre 2011

Hyacinthe Ravet, Musiciennes. Enquête sur les femmes et la musique


Hyacinthe Ravet  
Musiciennes 
Enquête sur les femmes et la musique
éditions Autrement
2011

Présentation de l'éditeur
Si les femmes sont majoritaires à apprendre la musique dans les écoles et conservatoires, et nombreuses parmi les enseignants, les métiers de l’interprétation sont parmi les moins féminisés. L’entrée des femmes sur la scène musicale s’est démocratisée au XXe siècle, mais les obstacles demeurent.
Dès lors, quelle place pour les femmes interprètes aujourd’hui ? Comment se faire accepter dans une pro- fession dominée par les hommes ? Les réponses apportées dans cette enquête se nourrissent de nombreux témoignages de musiciennes et musiciens, et nous invitent à repenser certaines idées préconçues : après tout, pourquoi mettre sa fi lle à la fl ûte plutôt qu’au tuba ?
Musique savante ou populaire, en termes de parité, tout reste à faire.
 Hyacinthe Ravet est maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne. À la fois sociologue et musicienne, elle a publié de nombreux articles sur la place des femmes en musique.