"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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jeudi 5 juillet 2018

Savoir/Agir, 2018, N° 44, Entreprises culturelles

 

Savoir/Agir, 2018, N° 44, Entreprises culturelles 
Editions du Croquant  
2018

 

Page 5 à 8
Frédéric Lebaron
Macronisme et trumpisme, deux idéologies parentes ?

Dossier - Entreprises culturelles

Page 9 à 11
Nicolas Robette, Manuel Schotté
Entreprises culturelles

Page 13 à 19
Julien Duval
Des blockbusters à l’art et essai
La grande famille du cinéma
Page 21 à 27
Myrtille Picaud
Les hiérarchies musicales
Entre art et argent
Page 29 à 35
Sébastien Dubois
Le temps a un prix
Économie et reconnaissance de la poésie contemporaine
Page 37 à 45
Alban Chaplet
« Les artistes, c’est mes produits »
Être humoriste dans un contexte de financiarisation
Page 47 à 53
Sylvain Lesage
La bande dessinée, entre mainstream et avant-gardes
Page 55 à 64

Muriel Mille
« Chaque mot a un coût »
Les contraintes de la fabrication d’un feuilleton télévisé

Paroles

Page 65 à 73
Romuald Bodin
Faire valoir ses droits ou apprendre à rester à sa place ?
La double vérité de la reconnaissance administrative de handicap

Chroniques du monde

Page 75 à 86
Hadrien Clouet
Contrôle des chômeurs : un « modèle allemand » ?
Pourquoi les chômeurs allemands sont plus sanctionnés que leurs homologues français

Actualité

Page 87 à 94
Jean-Baptiste Comby, Christel Coton, Matthieu Hély, Romain Pudal, Jérémy Sinigaglia
À propos de quelques pudeurs de sociologues face à la loi ORE

Culture

Page 95 à 107
Gérard Mauger
Capitaux, dispositions, stratégies populaires
Compte rendu de Elena Ferrante, L’amie prodigieuse I et II, traduit de l’italien par Elsa Damien, Paris, Éditions Gallimard, Folio, 2014 et 2016

Idées 

Page 109 à 112
Un entretien avec Raphaël Desanti 
Lire Bourdieu de l’usine à la fac, histoire d’une révélation, Vulaines-sur-Seine, Éditions du Croquant, 2017

jeudi 17 mai 2018

vidéo: Christel Coton, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme


Christel Coton
Officiers 
Des classes en lutte sous l’uniforme
Agone
L'Ordre des choses
2017

 
Présentation de l'éditeur
La reproduction sociale dans l’armée, un éclairage sur la violence du monde social.
"Les remarques anodines sur les tares des armes non combattantes sont légion et elles contribuent toujours à les dévaluer plus ou moins gentiment.
David, saint-cyrien, évoque la piètre qualité de l’annexe « Génie de l’exercice » dont il fait partie. Damien, membre de l’infanterie, s’en amuse et, tout en élevant la voix et en bombant le torse, il lui lance : « Ça, c’est un truc que tu n’as pas encore compris. Que vous n’êtes qu’une annexe ! Sans nous, vous n’existez pas. » Il lui tend son pied à baiser et lance mi-sérieux, mi-complice : « Sans l’infanterie, vous êtes rien du tout ! Vous n’existez que par nous et pour nous ! » David ne s’en offusque pas et nourrit même l’interaction de quelques clichés bien trouvés sur les sapeurs peu disposés à se surcharger de travail."
Alors que la lutte contre le terrorisme nous habitue toujours plus à la présence de militaires dans l’espace public, et que certains en appellent à l’armée pour « recadrer » et « remotiver » la jeunesse déshéritée, on sait en réalité bien peu de choses sur cette institution. Cet ouvrage, fruit d’une enquête par immersion en milieu officier, nous ouvre les portes d’un univers encore méconnu et en renouvelle les cadres d’analyse tout à la fois sociologiques et politiques. L’auteure, sociologue, a mené cette enquête en devenant stagiaire dans une école d’état-major, puis civile « embarquée » dans un régiment de combat. On découvre une institution étonnante traversée par des conflits et des rapports de force qui nous éclairent sur la violence ordinaire du monde social. Sous l’uniforme, des tensions sociales, scolaires et politiques polarisent très fortement l’entre-soi militaire. Tout en nous apprenant qui sont les futurs chefs de l’armée française, cet ouvrage vient rappeler que tandis que la critique antimilitariste a beaucoup faibli depuis la fin de la conscription, l’armée continue de recruter largement dans les classes populaires.
Christel Coton est maître de conférences en sociologie à l’université Paris Panthéon Sorbonne, membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP-CSE). Ses recherches portent principalement sur l’institution militaire et les rapports de classe.




mardi 12 décembre 2017

Discours et (re)constructions identitaires. Analyses interdisciplinaires, Thierry Guilbert, Pascaline Lefort (dir.)


Discours et (re)constructions identitaires
Analyses interdisciplinaires
Thierry Guilbert, Pascaline Lefort (dir.) 
Septentrion
Paradoxa
2017

Présentation de l'éditeur
C'est d’abord par les discours que les individus, groupes sociaux et institutions proclament, utilisent et reconfigurent leurs identités (individuelles, sociales, professionnelles, politiques, nationales, ethniques, etc.). Le parti-pris, qui fait l’originalité de cet ouvrage collectif, n’est pas de chercher une définition de l’identité, mais d’analyser le rôle des discours dans la construction des diverses identités dans le but de mieux en percevoir les enjeux.
Les contributions s’inscrivent en sciences politiques, en droit, en sociologie, en psychologie, en sciences du langage et en sciences de l’information et de la communication. Les analyses portent sur les discours identitaires dans des situations concrètes et des terrains divers : enseignement des langues étrangères, orthographe et transcription du breton, métiers d’art, hôpital, politique, médias traditionnels et en ligne, journalisme, cinéma, musée de la mémoire au Chili, Cour européenne des droits de l’homme…

jeudi 8 juin 2017

En immersion. Pratiques intensives du terrain en journalisme, littérature et sciences sociales, Sous la direction de Pierre Leroux et Eric Neveu

En immersion
Pratiques intensives du terrain en journalisme, littérature et sciences sociales
Sous la direction de Pierre Leroux et Eric Neveu
P.U.Rennes
Res Publica
2017

Présentation de l'éditeur
L’ « IMMERSION », comme entreprise d’insertion – dans un milieu, un terrain, un groupe – qui suppose partage d’expérience et présence prolongée, empathie et peut-être rêve de « devenir indigène », est un geste fondateur de nombreuses pratiques de mise en intelligibilité du monde. On la rencontre en journalisme. Elle est le fait d’écrivains. Elle est, bien sûr, le socle de l’ethnographie mais aussi l’outil de recherches en maintes disciplines. Or, pour avoir suscité nombre de réflexions, cette pratique avait donné lieu à peu de synthèses, moins encore à une prise en compte de la diversité de ses usagers. C’est cette lacune que veut combler ce recueil. 
Il le fait via cinq questions. D’où vient la pratique de l’immersion ? Comment pareilles expériences affectent-elles l’observateur ? Que peut-on ainsi voir de plus, de mieux ? Et si la démarche est génératrice d’un plus d’intelligibilité, de quel prix, de quelles tensions avec le terrain ou une éthique professionnelle ces gains peuvent-ils se payer ? Comment enfin restituer l’immersion... tant en termes de respect de ceux et celles qu’on a côtoyés que de modes d’écriture propices à en communiquer l’expérience, les affects ? 
Ce volume combine une vingtaine de contributions de praticiens et analystes de ces démarches, que viennent mettre en perspective cinq denses textes de cadrage et que ponctue un article important d’Andrew Abbott sur l’écriture du terrain. L’ensemble offre une référence durable sur le terrain des méthodologies de l’enquête, de leurs histoires, de leurs écritures.



lundi 20 mars 2017

Christel Coton, Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme

Christel Coton
Officiers 
Des classes en lutte sous l’uniforme
Agone
L'Ordre des choses
2017
Présentation de l'éditeur
La reproduction sociale dans l’armée, un éclairage sur la violence du monde social.
"Les remarques anodines sur les tares des armes non combattantes sont légion et elles contribuent toujours à les dévaluer plus ou moins gentiment.
David, saint-cyrien, évoque la piètre qualité de l’annexe « Génie de l’exercice » dont il fait partie. Damien, membre de l’infanterie, s’en amuse et, tout en élevant la voix et en bombant le torse, il lui lance : « Ça, c’est un truc que tu n’as pas encore compris. Que vous n’êtes qu’une annexe ! Sans nous, vous n’existez pas. » Il lui tend son pied à baiser et lance mi-sérieux, mi-complice : « Sans l’infanterie, vous êtes rien du tout ! Vous n’existez que par nous et pour nous ! » David ne s’en offusque pas et nourrit même l’interaction de quelques clichés bien trouvés sur les sapeurs peu disposés à se surcharger de travail."
Alors que la lutte contre le terrorisme nous habitue toujours plus à la présence de militaires dans l’espace public, et que certains en appellent à l’armée pour « recadrer » et « remotiver » la jeunesse déshéritée, on sait en réalité bien peu de choses sur cette institution. Cet ouvrage, fruit d’une enquête par immersion en milieu officier, nous ouvre les portes d’un univers encore méconnu et en renouvelle les cadres d’analyse tout à la fois sociologiques et politiques. L’auteure, sociologue, a mené cette enquête en devenant stagiaire dans une école d’état-major, puis civile « embarquée » dans un régiment de combat. On découvre une institution étonnante traversée par des conflits et des rapports de force qui nous éclairent sur la violence ordinaire du monde social. Sous l’uniforme, des tensions sociales, scolaires et politiques polarisent très fortement l’entre-soi militaire. Tout en nous apprenant qui sont les futurs chefs de l’armée française, cet ouvrage vient rappeler que tandis que la critique antimilitariste a beaucoup faibli depuis la fin de la conscription, l’armée continue de recruter largement dans les classes populaires.
Christel Coton est maître de conférences en sociologie à l’université Paris Panthéon Sorbonne, membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP-CSE). Ses recherches portent principalement sur l’institution militaire et les rapports de classe. 

mercredi 27 juin 2012

Les paradoxes de l’écriture. Sociologie des écrits professionnels dans les institutions d’encadrement

Les paradoxes de l’écriture
Sociologie des écrits professionnels dans les institutions d’encadrement
Christel Coton et Laurence Proteau (dir.) 
P.U.Rennes
2012

Christel Coton et Laurence Proteau sont sociologues, membres du Centre de sociologie européenne (CESSP-CSE) et maîtres de conférences respectivement à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l’université de Picardie Jules-Verne.


dimanche 18 mars 2012

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 191-192 – Mars 2012 //Légitimités culturelles. Classes sociales et modes de domination (2)

Actes de la recherche en sciences sociales, n° 191-192 – Mars 2012 //Légitimités culturelles. Classes sociales et modes de domination (2), Seuil

Numéro coordonné par Delphine Serre
Briller sous l’épaulette
Capital culturel et capital combattant dans le corps des officiers de l’armée de terre
Christel Coton
Les stratégies éducatives des classes supérieures néerlandaises
Professions intellectuelles supérieures, managers et entrepreneurs face au choix entre capital culturel «classique» et capital culturel cosmopolite
Don Weenink
Un cas d’école
L’entrée dans le métier de professeur d’une « enfant de la démocratisation scolaire »
Ludivine Balland
Une petite bourgeoisie au pouvoir
Sur le renouvellement des élus en milieu rural
Ivan Bruneau et Nicolas Renahy
Le capital culturel non certifié comme mode d’accès aux classes moyennes
L’entregent des agents immobiliers
Lise Bernard
Ressources et lignes de clivage parmi les aides à domicile
Spécifier une position sociale : quelles opérations de recherche ?
Christelle Avril
LECTURES CRITIQUES Le caring, un capital culturel populaire ?
Marie Cartier
Parler des classes dans une société présumée égalitaire
Les représentations des inégalités dans une ancienne ville ouvrière danoise
Stine Thidemann Faber et Annick Prieur
Note de recherche sur la fabrique de la nomenclature socio-économique européenne ESeC
Étienne Penissat et Jay Rowell