"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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jeudi 18 janvier 2018

audio: Ludivine Bantigny, 1968. De grands soirs en petits matins



audio: Ludivine Bantigny, 1968. De grands soirs en petits matins
La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert, le 05.01.2018


Ludivine Bantigny
1968
De grands soirs en petits matins 
Seuil
L'Univers historique
2018
Présentation de l'éditeur
À partir d’un travail dans les archives de toute la France, pour beaucoup inédites, Ludivine Bantigny restitue l’énergie des luttes, des débats, des émotions et des espoirs portés par les acteurs de 68 : toutes celles et tous ceux – ouvriers, étudiants, militants mais aussi danseurs, médecins, paysans, artisans, poètes d’un jour, et les femmes à parts égales avec les hommes – qui ont participé au mouvement. Elle s’intéresse aussi à « l’autre côté » : la police, le pouvoir et les oppositions à la contestation.
Son livre s’attache au vif des événements : à la diversité de leurs protagonistes plus qu’aux seuls porte-parole désignés, à leurs pratiques plus qu’à la rhétorique dont on les a ensuite enveloppés, à la grève qui met le temps en suspens. « Les événements » : si la formule est restée vague faute de pouvoir à coup sûr qualifier ce qui s’était passé, du moins a-t-elle le mérite de revenir précisément aux faits, aux projets, à l’inventivité, à tout ce qui a été imaginé, de grand et de petit, pour réellement « changer la vie ».
Ludivine Bantigny est historienne, maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie. Ses recherches portent sur les engagements politiques et la conscience historique au XXe siècle. Elle a notamment publié La France à l’heure du monde. De 1981 à nos jours (Seuil, 2013 ; « Points Histoire », 2018).


vendredi 21 avril 2017

Paniques identitaires. Identité(s) et idéologie(s) au prisme des sciences sociales, Sous la direction de Laurence De Cock et Régis Meyran

 
Paniques identitaires
Identité(s) et idéologie(s) au prisme des sciences sociales
Sous la direction de Laurence De Cock et Régis Meyran 
Du Croquant
Détox
2017

Présentation de l'éditeur
Femmes en burkini suscitant des bagarres, cafés noyautés par des musulmans et « interdits aux femmes », viols effectués par cinquante individus musulmans à Francfort... Depuis quelques années, des informations inventées de toutes pièces ont pris de l’ampleur dans les grands médias, dans le but d’entretenir la peur d’un ennemi supposé menacer la nation et ses valeurs.
Ces paniques identitaires ne sont pas de simples rumeurs : elles apparaissent dans un contexte de défiance démocratique et sont relayées par des journalistes et des politiques, avant de s’évanouir du jour au lendemain. Mettant en scène le corps pur de la nation à protéger contre les Roms, les musulmans mais aussi l’héritage de Mai 68, la diversité, la « théorie du genre » et le communautarisme, ces récits révèlent en creux les formes actuelles de la domination et de la stigmatisation. Dans ce livre, une dizaine de spécialistes en sciences sociales (histoire, sociologie, anthropologie, science politique) montrent en quoi ces paniques identitaires viennent nourrir le renouveau du nationalisme français, en train de se reformuler et d’occuper presque tout l’espace médiatique.

Sommaire
Introduction, par Laurence De Cock et Régis Meyran
« Malaise identitaire » contre « affirmation identitaire » : les usages du mot « identité », par Régis Meyran
1968 ou le début de la fin. Catastrophisme anticontestataire et contre-sens identitaire, par Ludivine Bantigny
Le roman national au cœur des paniques identitaires, par Laurence de Cock
Le discours du « communautarisme », une logique de la guerre identitaire, par Fabrice Dhume
Le bon genre de l’identité nationale, par Fanny Gallot
L’insécurité culturelle : usages et ambivalences. Notes critiques à propos du livre de Laurent Bouvet, par Klaus-Gerd Giesen
Paniques identitaires, paniques territoriales : une spatialisation des crispations identitaires, par Cécile Gintrac
La diversité « à la française » ou la tentation d’une égalité sous conditions de performance identitaire pour les « non-frères », par Réjane Sénac
Panique sécuritaire et panique identitaire : quelques usages de « l’insécurité »,
par Laurent Mucchielli
L’ Algérie à Cologne, par Jocelyne Dakhlia



 

jeudi 12 janvier 2017

écouter: Patrick Boucheron, Histoire mondiale de la France


La Grande table (2ème partie) Olivia Gesbert, 11.01.2017
Histoire mondiale de la France
Sous la direction de Patrick Boucheron
Coordination : Nicolas Delalande, Florian Mazel,Yann Potin, Pierre Singaravélou 
Seuil

Extrait
 
Présentation de l'éditeur
« Ce ne serait pas trop de l’histoire du monde pour expliquer la France »
Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle (1831)
Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015.
Une histoire qui ne s’embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l’identité, mais prend au large le destin d’un pays qui n’existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l’incarner tout entier. Une histoire qui n’abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c’est par dates qu’elle s’organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue.
Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l’ouvrage réunit, sous la direction de Patrick Boucheron, un collectif d’historiennes et d’historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : il s’agit de prendre la mesure d’une histoire mondiale de la France, c’est-à-dire de raconter la même histoire – nul contre-récit ici – qui revisite tous les lieux de mémoire du récit national, mais pour la déplacer, la dépayser et l’élargir. En un mot : la rendre simplement plus intéressante !
Ce livre est joyeusement polyphonique. Espérons qu’un peu de cette joie saura faire front aux passions tristes du moment.

mardi 13 janvier 2015

Ludivine Bantigny, La France à l'heure du monde. De 1981 à nos jours


Ludivine Bantigny
La France à l'heure du monde
De 1981 à nos jours
Seuil
L'Univers historique
2013

Présentation de l'éditeur
En quinze chapitres nourris des travaux les plus neufs en histoire, sociologie, géographie, sciences politiques, Ludivine Bantigny dresse un bilan éclairant des évolutions survenues ces trente dernières années. Une histoire très contemporaine dont l’horizon est marqué par la mondialisation, le libéralisme économique, le sentiment de crise. Quel regard porter sur la France, quand le monde semble devenu le meilleur critère pour comprendre cette nouvelle ère ? Quelle pertinence à réfléchir encore en termes nationaux au temps de l’apparent effacement des frontières ? De l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981 au sarkozysme, de la crise du creuset républicain à la scène du travail, des genres de vie aux réflexions sur « l’omniprésent », ce volume fait la part égale au politique, aux transformations sociales et aux imaginaires, dans un monde devenu multipolaire. Une époque nouvelle est née, elle n’est pas encore close. Le volume qu’on va lire ici affronte de plein fouet les défis de la contemporanéité, avec un ton personnel et engagé.
Ludivine Bantigny est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Rouen. Ses travaux portent sur les phénomènes générationnels, l’engagement politique et la conscience historique. Elle a notamment publié Hériter en politique, PUF, 2011 (en codirection avec Arnaud Baubérot) ; Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France, PUF, 2009 (en codirection avec Ivan Jablonka) ; Le plus bel âge ? Jeunes et jeunesse en France de l’aube des Trente Glorieuses à la guerre d’Algérie, Fayard, 2007.


samedi 23 novembre 2013

Journée d'études: 50 ANS APRÈS LES HÉRITIERS, LA QUESTION ÉTUDIANTE DES ANNÉES 1960 A AUJOURD'HUI, 10 décembre 2013


CURAPP-ESS UMR 7319 - MARDI 10 DÉCEMBRE 2013
JOURNÉE D'ÉTUDES

 
50 ANS APRÈS LES HÉRITIERS, LA QUESTION ÉTUDIANTE DES ANNÉES 1960 A AUJOURD'HUI

Trajectoires sociales, conditions d’études et politisation


Salle 110, bâtiment E, UFR de sciences humaines et sociales et philosophie, Chemin du thil – campus - Amiens
Programme 


CETTE JOURNÉE D'ÉTUDES SERA PRÉCÉDÉE LE LUNDI 9 DÉCEMBRE 2013, À 20H30
DE LA PROJECTION
DU FILM DE CHRIS MARKER,
LE JOLI MAI


Maison de la Culture d'Amiens

INSCRIPTION OBLIGATOIRE POUR LA JOURNÉE D'ÉTUDES


Cette journée est la 2e séance du séminaire inter - laboratoires « 50 ans après Les Héritiers », organisé par le CENS (Université de Nantes), le CESSP - CSE (CNRS/Université de Paris - 1 Panthéon Sorbonne), le CRESSPA - CSU (CNRS - Université de Paris 8), le CURAPP (CNRS - Université de Picardie Jules Verne), le CIRCEFT - ESCOL (Université de Paris 8) et le GRESCO (Universités de Poitiers et de Limoges).

mercredi 17 juillet 2013

50 ANS APRES LES HÉRITIERS (séance 2), La question étudiante des années 1960 à aujourd’hui, CURAPP (Université d’Amiens), 10 décembre 2013

50 ANS APRES LES HÉRITIERS
Séminaire inter-laboratoires
ouvert à toutes et tous
Organisé par le CENS (Université de Nantes), le CESSP-CSE (CNRS/Université de Paris-1 Panthéon Sorbonne), le CRESSPA-CSU (CNRS-Université de Paris 8), le CURAPP (CNRS-Université de Picardie Jules Verne), le CIRCEFT-ESCOL (Université de Paris 8) et le GRESCO (Universités de Poitiers et de Limoges) 
La parution en 1964 du premier livre écrit par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers. Les étudiants et la culture apparaît aujourd’hui comme un des actes fondateurs de la sociologie de l’éducation française. L’ouvrage est en effet rapidement au cœur des discussions sociologiques qui s’intensifient autour de l’augmentation des effectifs étudiants et des inégalités scolaires. Au fur et à mesure que la sociologie s’institutionnalise et s’enseigne à l’université, le livre devient même, aux côtés de La Reproduction. Éléments pour une théorie du système d’enseignement, publié par les mêmes auteurs en 1970, un classique de la discipline. 
Ce projet de séminaire part du constat que cet ouvrage classique demeure paradoxalement peu connu pour ses conclusions sur l’université et l’enseignement supérieur. Il semble dès lors opportun d’entrer dans la mécanique des Héritiers pour comprendre la rupture que représente cet ouvrage dans l’espace académique de l’époque mais aussi en matière de perspective de recherche et de résultat

La question étudiante des années 1960 à aujourd’hui
mardi 10 décembre 2013, Amiens
Cette séance est organisée par le CURAPP (Université d’Amiens)
Journée d’étude en partenariat avec le CSU, le CSE, le CENS, le GRESCO et ESCOL
Programme
Les relations existant entre les trajectoires sociales et scolaires des étudiants, leurs rapports aux études et leurs visions du monde constituent l’un des apports majeurs de l’analyse de Bourdieu et Passeron dans Les Héritiers . Ces relations peuvent être replacées dans leur contexte historique, en restituant les débats politico - universitaires du début des années 1960 . On peut également se donner pour projet d’ actualiser cette analyse structurale et dispositionnelle du monde étudiant, à un moment où l’ on enregistre à la fois les effets en retour de la massification de l’enseignement supérieur et ceux des réformes issues du « processus de Bologne ». Le militantisme et les mobilisations étudiantes , les débats publics sur la condition étudiante voire la publication de travaux scientifiques (comme en leur temps Les Héritiers ) peuvent eux - mêmes être rapportés à ces conditions historiques. Mais ils peuvent aussi être envisagés comme contribuant à la production de la question étudiante.

samedi 9 mars 2013

50 ANS APRES LES HÉRITIERS, 28 mars, 13 juin 2013

50 ANS APRES LES HÉRITIERS

  Séminaire inter-laboratoires
ouvert à toutes et tous

Organisé par le CENS (Université de Nantes), le CESSP-CSE (CNRS/Université de Paris-1 Panthéon Sorbonne) le CRESSPA-CSU (CNRS-Université de Paris 8), le CURAPP (CNRS-Université de Picardie Jules Verne), le CIRCEFT-ESCOL (Université de Paris 8) et le GRESCO (Universités de Poitiers et de Limoges)

La parution en 1964 du premier livre écrit par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers. Les étudiants et la culture apparaît aujourd’hui comme un des actes fondateurs de la sociologie de l’éducation française. L’ouvrage est en effet rapidement au cœur des discussions sociologiques qui s’intensifient autour de l’augmentation des effectifs étudiants et des inégalités scolaires. Au fur et à mesure que la sociologie s’institutionnalise et s’enseigne à l’université, le livre devient même, aux côtés de La Reproduction. Éléments pour une théorie du système d’enseignement, publié par les mêmes auteurs en 1970, un classique de la discipline.
Ce projet de séminaire part du constat que cet ouvrage classique demeure paradoxalement peu connu pour ses conclusions sur l’université et l’enseignement supérieur. Il semble dès lors opportun d’entrer dans la mécanique des Héritiers pour comprendre la rupture que représente cet ouvrage dans l’espace académique de l’époque mais aussi en matière de perspective de recherche et de résultats.

Séance 1.
Le contexte académique, disciplinaire et intellectuel (années 1950-1954)
Jeudi 28 mars 2013, Site Pouchet, Salle 221, Paris 17è Programme détaillé

Séance 2. Reportée au 10 décembre 2013
La question étudiante des années 1960 à aujourd’hui Trajectoires sociales, conditions d’études et politisation
Amiens, Pôle universitaire cathédrale, salle 313 Programme détaillé

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voir également:
en ligne: Pierre Bourdieu avec Jean-Claude Passeron et Jean-Claude Chamboredon, autour des Héritiers, du Métier de Sociologue, de la Reproduction et de Mitosociologia

 Pierre Bourdieu, sociologie de l'éducation