« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 29 avril 2021

Vincent Gay, Pour la dignité. Ouvriers immigrés et conflits sociaux dans les années 1980

 

 

Vincent Gay

Pour la dignité

Ouvriers immigrés et conflits sociaux dans les années 1980

PUL

Actions collectives

2021

 

 

Présentation de l'éditeur

Recrutés massivement depuis les années 1960 dans les usines Citroën et Talbot, les travailleurs immigrés, ces « OS à vie », y sont fortement encadrés par des syndicats à la solde des directions et par des organismes émanant de leurs pays d’origine. Or, au printemps 1982, alors que la gauche est au pouvoir depuis peu, ces ouvriers jusqu’alors discrets se mobilisent et s’emparent des répertoires d’action et des mots d’ordre des luttes ouvrières. Face aux conditions de travail déplorables, aux bas salaires, aux menaces de licenciements collectifs, au racisme latent, aux transformations du travail et aux politiques d’immigration, ils réclament ce qui leur est dû : le respect, la liberté, la dignité. Au croisement de l’histoire et de la sociologie, Vincent Gay analyse minutieusement les relations sociales à l’intérieur et à l’extérieur des usines, la place de la politique dans les débats, les pratiques des ouvriers immigrés, leur appropriation du syndicalisme et de la grève. Dans un contexte de crise et de restructurations industrielles, c’est un moment charnière de la contestation sociale, ouvrière et immigrée qui resurgit.

Vincent Gay est maître de conférences en sociologie à l’Université Paris-Diderot et membre du Laboratoire de changement social et politique (LCSP). Ses recherches portent sur l’histoire sociale et politique de l’immigration, notamment au sein du projet de dictionnaire biographique des militant.e.s de l’immigration. Il a publié récemment « Masculinités en conflit, conflits de masculinités. Talbot, Citroën et les ouvriers immigrés » (20 & 21. Revue d’histoire, 2020) et « Contestation et apprentissage, ou l’entrée en citoyenneté des ouvriers immigrés (Talbot-Citroën, 1982-1983) » (Critique internationale, 2020).

 

 

mercredi 5 avril 2017

Savoir/Agir N°39, Les désindustrialisations (re)visitées

 
Savoir/Agir N°39, Les désindustrialisations (re)visitées
éditions du Croquant
2017 

Présentation de l'éditeur
La désindustrialisation s’inscrit de manière récurrente dans les débats publics comme une des transformations économiques et sociales majeures des pays du Nord depuis la fin des années 1970. Pour autant, elle mérite d’être mieux définie dans ses contours et ses effets.
Des historiens relativisent, dans ce numéro, la nouveauté et l’ampleur des désindustrialisations. D’autres articles soulignent les déplacements des industries en fonction des stratégies internationalisées des firmes, notamment dans le secteur de la logistique et dans les zones franches de pays du Sud. Des contributions interrogent également les multiples dimensions des reconfigurations d’anciens bassins industriels et les implications des politiques locales de reconversions de ces espaces. Ce sont enfin les effets des transformations « industrielles » sur les ouvrier.e.s en Europe qui sont présentés. Il s’agit de saisir à la fois la dégradation des conditions d’emploi, de travail et de vie des mondes ouvriers et les formes de résistances individuelles ou collectives qu’elles entraînent.

Table des matières
Éditorial
Une affaire d’ethos. Le cas Fillon et la crise du néolibéralisme, par Frédéric Lebaron
Dossier
Les désindustrialisations (re)visitées. Dossier coordonné par Jean-Luc Deshayes et Cédric Lomba
Les fermetures d’usines dans un espace social localisé de qualification : le Bassin sidérurgique de Longwy, par Jean-Luc Deshayes
Carmaux. La cité de Jaurès à l’épreuve de la désindustrialisation, par Romain Castellesi
Sociologie des modes de gestion de main-d’œuvre «  hors sol  », par Delphine Mercier
Mobilité, ancrage et rapport à l’espace des jeunes des classes populaires rurales, par Thomas Venet
Rester ou partir  ? Déclin minier et paris sur l’avenir en Roumanie postcommuniste, par Maria Voichita Grecu
Des univers ouvriers bousculés par les restructurations répétées, par Cédric Lomba
Produire le flux. L’entrepôt comme prolongement d’un monde industriel sous une forme logistique, par Carlotta Benvegnù et David Gaborieau

Grand entretien avec Michaël Löwy
Penser au sein d’une constellation marxiste. Propos recueillis par Vincent Gay

Paroles
Mobilisation/démobilisation politique au Val Fourré, par Gérard Mauger et Nasser Tafferant

Chronique de la gauche de gauche
Deux gauches  ? Ou trois  ?, par Louis Weber

La rhétorique réactionnaire
Un champ politique illisible, par Gérard Mauger

Chroniques du monde
Déforestation et palmier à huile. Diversité des productions et réception de la critique, par Stéphanie Barral



vendredi 18 mars 2016

Politiques de l’alternance. Sociologie des changements (de) politiques, Sous la direction de Philippe Aldrin, Lucie Bargel, Nicolas Bué, Christine Pina

Politiques de l’alternance
Sociologie des changements (de) politiques
Sous la direction de Philippe Aldrin, Lucie Bargel, Nicolas Bué, Christine Pina 
éditions du Croquant
SocioPo
2016

Présentation de l'éditeur
À plus d’un an de l’élection présidentielle de 2017, les leaders de l’opposition politique affirment déjà la nécessité d’une alternance au pouvoir. Leur discours, devenu routinier, consiste à valoriser l’alternance à la fois pour elle-même, comme signe de « bonne santé démocratique », et aussi parce qu’elle est supposée porteuse de changements politiques et sociaux. Plus largement, toute une série d’acteurs (responsables politiques et militants, collaborateurs d’élus et agents administratifs, journalistes et commentateurs politiques, représentants de la société civile, des salariés, de groupes de pression, etc.) se positionne dans l’optique d’une éventuelle alternance à venir. Intégrée par les acteurs politiques comme par ceux qui dépendent de leurs décisions, l’alternance est ainsi anticipée par de nombreux pans de la société, en même temps qu’elle est présentée comme salutaire pour le régime et les institutions.
Pourtant, la notion d’alternance au pouvoir n’a pas toujours constitué une catégorie d’entendement du jeu politique. En France, c’est dans les années 1970 que son emploi s’est répandu, tandis que dans de nombreux pays, y compris démocratiques, elle ne fait guère sens.
Comment expliquer que la compétition politique soit désormais pensée en termes d’alternance ? A quelles conditions une alternance se produit-elle ? Quels effets politiques et sociaux peut-on imputer à l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle majorité ?
Cet ouvrage regroupe une quinzaine de contributions de politistes, réparties en trois parties. La première permet de comprendre à quelles conditions une alternance produit du changement. La deuxième partie revient sur la première alternance de la 5e République, celle de 1981, pour en comprendre le caractère historique. Enfin, la troisième partie élargit le regard en étudiant l’alternance dans des espaces politiques infranationaux ou non démocratiques.
Ce livre est destiné aux chercheurs et étudiants en sciences sociales, mais aussi plus largement à toute personne intéressée par la politique et soucieuse de mieux connaître ce phénomène caractéristique des démocraties contemporaines.
Philippe Aldrin, Professeur de science politique, CHERPA, Sciences Po Aix
Lucie Bargel, Maîtresse de conférences en science politique, ERMES, Université de Nice-Sophia Antipolis
Nicolas Bué, Professeur de science politique, CERAPS, Université d’Artois
Christine Pina, Maîtresse de conférences HDR en science politique, ERMES, Université de Nice-Sophia Antipolis et Pacte


mercredi 9 décembre 2015

Le règne des entourages. Cabinets et conseillers de l'exécutif, Sous la direction de Jean-Michel Eymeri-Douzans, Xavier Bioy, Stéphane Mouton

Le règne des entourages
Cabinets et conseillers de l'exécutif
Sous la direction de 
Jean-Michel Eymeri-Douzans, Xavier Bioy, Stéphane Mouton 
Presses de Sciences Po
2015

Présentation de l'éditeur
Pas une ligne de la Constitution française ne les mentionne et pourtant les « collaborateurs de l'ombre » — de moins en moins discrets — qui entourent nos dirigeants politiques n'ont cessé de prospérer au fil des régimes, au point que notre Ve République hyper-présidentielle est devenue une République de conseillers. Rien ne s'accomplit sans ou contre eux.
Quel paradoxe qu'aucun ouvrage savant ne leur ait été consacré depuis plus de trente ans ! Loin des polémiques et des caricatures, ce livre répare l’oubli. Il réunit une équipe d’historiens, politistes, juristes, sociologues et anthropologues, dont maints spécialistes étrangers, ainsi que d’anciens membres de cabinets. Des « créatures » du roi, comme les désignait le Grand Siècle, aux dir’ cab’ et jeunes entourages des présidents Sarkozy et Hollande, en passant par la « cabinetocratie » bruxelloise et les conseillers de la Maison-Blanche, il montre la généralisation du phénomène à tous les échelons du pouvoir dans les démocraties contemporaines.
Érudit autant que savoureux, cet ouvrage ouvre des pistes de réflexion pour enrichir le débat sur le rôle et l’influence des conseillers du Prince.
Jean-Michel Eymeri-Douzans est professeur agrégé de science politique, directeur adjoint de Sciences Po Toulouse et ancien directeur du Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP). 
Xavier Bioy est professeur agrégé de droit public à l'Université Toulouse 1 Capitole, dont il dirige l’Institut Maurice Hauriou et l’Institut fédératif de la recherche « Mutation des normes juridiques ».
Stéphane Mouton est professeur agrégé de droit public à l'Université Toulouse 1 Capitole.



lundi 20 avril 2015

Agone 56. Porte-parole, militants et mobilisations


Agone 56
Porte-parole, militants et mobilisations
2015

Présentation de l'éditeur
Coordination : Baptiste Giraud, Julian Mischi et Étienne Penissat
« C’est le train-train de la vie syndicale puis, un beau matin, on vous appelle. Le patron me dit : ”Voilà, je vais annoncer ce soir que je suis dans l’obligation de virer 250 personnes. Je vous le dis en avant-première.” Vous pensez, c’est 9 heures du matin, j’ai peut-être pas bien compris, je vais lui faire répéter. Et là, c’est vraiment un choc, parce que tout de suite vous réalisez que des mecs que vous côtoyez depuis des années vont se faire virer. Vous êtes assis, scotché, et il vous arrive deux tartes dans la gueule. Mais là où j’ai été surpris, c’est que je pensais que ça allait secouer les mecs, et rien. Ça bougeait pas. Il a fallu que je monte sur l’estrade et là, j’ai vu pour la première fois de ma vie un monde fou. J’ai pensé : t’es là, t’y vas. C’est marrant ce calme relatif. Comme s’ils attendaient que quelqu’un prenne la décision pour eux pour dire, on arrête. Il fallu lancer le truc. Et une fois qu’on a dit qu’il fallait y aller, c’était fini, ils n’attendaient que ça. »
Chaque mobilisation est exposée au risque d’être récupérée par les appareils militants. Tout en éclairant les risques de bureaucratisation et de confiscation des mouvements sociaux dans les processus d’organisation et de représentation, ce numéro se donne pour but de contrer le dénigrement (dans l’air du temps) de l’ensemble des militants au motif qu’ils seraient de toute façon intéressés aux prises de position. Ce dossier veut ainsi contrer l’idée que tous les permanents syndicaux seraient les mêmes – des dirigeants nationaux – alors qu’il est parfaitement possible d’être déchargé de ses heures de travail pour faire de l’action militante (et donc, être en position de force face au patronat, lui aussi organisé) tout en restant profondément lié à son entreprise et à ses collègues.

sommaire :
Porte-parole, militants et mobilisations : Éditorial, par Baptiste Giraud, Julian Mischi et Étienne Penissat - "Les mouvements populaires. Comment ils réussissent, pourquoi ils échouent", par Richard A. Cloward et Frances Fox Piven - "Un usage contrôlé de la grève. Le « sens des limites » d’un délégué syndical de la CGT", par Baptiste Giraud - "Freins et incitations à la promotion des ouvrières dans les syndicats dans les années 1970", par Fanny Gallot - "Entre apprentissage syndical et insubordination ouvrière : les délégués de chaîne de Citroën et Talbot (1982-1983)", par Vincent Gay - "Préserver un entre-soi populaire. Portrait d’un porte-parole associatif comme rempart face aux élus locaux", par Cyrille Rougier - "Construire la demande de participation pour asseoir le marché de la démocratie participative", par Alice Mazeaud et Magali Nonjon - "Sous le bonnet, la classe. Retour sur le mouvement des « Bonnets rouges »", par Marion Rabier
Histoire radicale : "1936 : les comités révolutionnaires en Espagne", par Ronald Fraser - "En catalogne libertaire. Un « simple militant » de la Gauche révolutionnaire de la SFIO témoigne sur Barcelone en juillet 1936", par Maurice Jaquier